Affichage des articles dont le libellé est J'ai Lu. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est J'ai Lu. Afficher tous les articles

mercredi 1 septembre 2021

Serge Lehman - Aucune étoile aussi lointaine

Aucune étoile aussi lointaine, Serge Lehman, 1998, 373 pages

Héritier d'une dynastie d'explorateurs ayant découvert et régnant sur la planète Murmank, le destin d'Arkadih est tout tracé : il sera un naute, arpentant l'espace pour protéger son peuple et ramener les récits de ses aventures. Tout bascule pourtant lorsqu'est installé sur Murmank un Toboggan, liant la planète au reste de l'Omnium en permettant à chacun de voyager instantanément à l'autre bout de la galaxie, rendant de fait inutiles les nautes et leurs vaisseaux.

Une grande aventure attend pourtant Arkadih. Une aventure qui emmènera le héros, et le lecteur avec lui, loin, très loin, et ce tant dans l'espace que dans le temps. Une impression de grandeur très bien rendue par Serge Lehman, qui parvient à faire pleinement ressentir ce gigantisme tout en ne délayant pas son récit et en gardant un rythme satisfaisant. Un excellent dosage pour du pur sense of wonder.

Aucune étoile aussi lointaine est un roman qui m'a pris par surprise et m'a gagné à sa cause sur la longueur, passant d'un roman correct mais assez lambda à une oeuvre touchante et captivante, grâce à la variété de ses péripéties, aux développements de ses personnages et au grand tout qui se forme peu à peu. J'ai un peu peur qu'il ne me marque pas durablement, par manque d'un vrai choc, mais ce serait bien dommage vu la qualité du texte, un space opera qui met des étoiles aussi bien dans les yeux que dans le coeur.

Couverture : ?
D'autres avis : Vert, ...

Première escale pour le SSW 2021

lundi 1 mars 2021

Joe Haldeman - La Guerre éternelle

La Guerre éternelle, Joe Haldeman, 1975, 283 pages

William Mandella est réquisitionné dans un contingent d'élite de l'armée pour aller combattre les Taurans, la première race extraterrestre rencontrée par l'humanité. Après un périlleux entraînement et quelques sauts spatio-temporels, Mandella va entamer la première bataille d'une longue guerre.

La Guerre éternelle est un roman de space-opera militariste et hard-SF. Sans surprise, ce ne sont pas ces deux aspects qui m'ont le plus enchanté, même s'ils comportent chacun des qualités. Ainsi l'aspect militaire a surtout - un peu à la manière de Étoiles, garde à vous ! de Robert Heinlein, en plus évident - un esprit anti-militariste montrant l'absurdité de la guerre et la bêtise humaine. Et si l'aspect scientifique pointu, surtout dans la première partie, m'est un peu passé au-dessus de la tête, il permet tout de même une dilatation temporelle bien utilisée par l'auteur pour présenter un récit sur un temps (très) long, avec les évolutions de la société qui vont avec, la sexualité en tête.

C'est, à le découvrir aujourd'hui, un récit qui se lit bien mais est finalement assez classique, jusque dans son dénouement, manquant de surprises et d'enjeux imprévus. Correct sans plus en somme. Mais le juger de ce seul point de vue serait quelque peu malhonnête : on ne demande pas à un roman de 1975 de renouveler le genre. Force est de constater que son caractère de pierre fondatrice du genre est lui tout à fait respectable.

Couverture : Christian Volckman / Traduction : Gérard Lebec & Diane Brower
D'autres avis : FeydRautha, Lorhkan, Le chien critique, Lianne, Nébal, ...

lundi 12 août 2019

Laurent Genefort - La Muraille Sainte d'Omale

La Muraille Sainte d'Omale, Laurent Genefort, Tome 3/? d'Omale, 2004, 372 pages

Suite de l'exploration d'Omale avec cette fois une expédition scientifique à destination du Landor, cette région ceinte par la Muraille Sainte d'Omale, gigantesque ouvrage construit par des religieux humains dans le but de se prémunir du contact des chiles et des hodgqins. Une région habituée à vivre en quasi-autarcie mais qui fait désormais face à un exode massif, la population fuyant "la fin du monde".

Après deux premiers tomes en légère demi-teinte, La Muraille Sainte d'Omale est très clairement un ton au-dessus et peut facilement être considéré comme le tome tant attendu, celui où Omale devient véritablement l'univers fascinant entraperçu, et ce sans mettre de côté l'histoire. Pourtant cette dernière n'est toujours pas flamboyante, mais elle est cette fois parfaitement équilibrée et possède des personnages qui donnent envie de s'intéresser à eux. Sans compter un aspect ethnologique habilement mené et une découverte d'Omale qui continue dans la démesure et l'étonnement.

La Muraille Sainte d'Omale est une belle récompense à la hauteur du chemin parcouru jusqu'ici. Un tome qui redonne pleinement l'envie de poursuivre l'aventure omalienne.

D'autres avis : Gromovar, Tigger Lilly, Le chien critique, ...

Deuxième escale pour le Summer Star Wars - Solo

samedi 20 avril 2019

Joëlle Wintrebert - Les Olympiades truquées

Les Olympiades truquées, Joëlle Wintrebert, 1998, 313 pages.

Sphyrène est une nageuse se préparant pour les Jeux Olympiques, avec tout ce que cela implique du culte du corps. Maël, elle, est une clone, réplique d'une grande musicienne disparue dans un accident, dont le père - du clone - est l'ancien mari - du modèle. Les Olympiades truquées est un roman qui traite du corps dans tous ses états, et pas nécessairement les plus ragoûtants. Ce qui donnera le droit à quelques scènes forts crues et sexuées qui m'auront personnellement quelque peu sorti du livre.

Mais Les Olympiades truquées est aussi, évidemment, un roman qui parle du sport et plus précisément du "toujours plus", des enjeux qui explosent et du développement du dopage. Des idées intéressantes, toujours d'actualité même si leur écho est sensiblement différent - mais pas moindre - du moment de l'écriture, malgré un certain manichéisme et une vision très sombre qui amoindrissent quelque peu le constat.

Tout ça, et même plus, via des chapitres courts et des points de vue changeant sans cesse, en seulement 300 pages. Malheureusement, cela ne laisse pas la place nécessaire au bon développement de l'histoire ou des idées. C'est le problème du livre : il y a trop de choses, beaucoup trop de choses, et du coup tout parait survolé, et un peu plat, jusqu'à une partie finale - les JO, enfin ! - bouclée en si peu de pages. C'est d'autant plus dommage que ça aurait pu être vraiment bien.

dimanche 25 mars 2018

La Fille Automate - Paolo Bacigalupi

La Fille automate, Paolo Bacigalupi, 2009, 639 pages.

Étonnamment, la fille automate n’est pas le personnage principal de ce roman. Certes elle en est un élément central, pivot, mais on ne la voit finalement que peu. Elle n’est qu’une parmi tous les personnages que suit ce livre.

Le vrai personnage principal, c’est la ville de Bangkok, luttant pour sa survie et son indépendance, luttant contre les puissances extérieures et contre ses démons intérieurs. C’est notre monde, tel qu’il pourrait devenir…

Mais toute la force de La Fille automate, c’est de ne pas être moralisateur et d’être discret. Ian MacDonald Paolo Bacigalupi nous conte simplement l’histoire de personnages essayant chacun de survivre et d’avancer, sans chercher ouvertement à passer un message. Et c’est ainsi qu’il passe de manière encore plus frappante.

Pourtant le début de l’ouvrage parait parfaitement banal. Un peu ardu même, le temps de réussir à se repérer dans un univers dont on ne nous donne pas clairement les clés. Et puis les pages se tournent. Il ne se passe pas énormément de choses, mais pourtant les pages filent rapidement. Et, sans s’en rendre compte, la dernière page est tournée. Ne reste alors qu’une impression : pas celle d’avoir lu un roman banal, oh non, mais bien celle d’avoir lu un très grand livre. Chapeau !

vendredi 10 novembre 2017

Glen Cook - La Rose blanche

La Rose blanche, Glen Cook, Tome 3 des Annales de la Compagnie noire, Tome 3/3 des Livres du Nord, 1985, 443 pages.

Troisième tome des Annales de la Compagnie noire, après La Compagnie noire et Le Château noir, et fin du cycle des "Livres du Nord". Et c'est indéniablement une fin de cycle.

Je ne sais trop quoi penser de ce troisième tome. Il est d'un côté dans la lignée du deuxième tome, assez convenu et gentillet dans son enchaînement. Et d'un autre côté, il regorge de surprises et d'éléments assez étonnants. Une bonne chose me direz-vous ? Certes. Mais avec un bémol : est-ce toujours de la surprise ou est-ce parfois un peu de facilité ? Je suis incapable de répondre à cette question. Car il me faudrait d'abord répondre à une autre : suis-je objectif ou ai-je simplement désapprouvé certaines tournures de l'aventure ?

Il reste néanmoins un élément objectif : j'ai lu ce troisième tome aussi vite que les deux premiers. Et avec plaisir. Oui, nous ne sommes pas dans l'exceptionnel et la baffe infligée par le premier volume. Mais cela reste une bonne suite et une bonne épopée. Et c'est bien là l'essentiel !

dimanche 5 novembre 2017

Glen Cook - Le Château noir

Le Château noir, Glen Cook, Tome 2 des Annales de la Compagnie noire, Tome 2/3 des Livres du Nord, 1984, 411 pages.

Deuxième tome des Annales de la Compagnie noire, après La Compagnie noire.

Un tome en deux temps. La première partie est assez perturbante car elle change presque du tout au tout par rapport au tome précédent : des chapitres courts, deux points de vue alternés, une compagnie globalement en retrait, ... La magie ne s'opère plus vraiment, la lecture se fait moins passionnante. Ce qui, étrangement et involontairement - n'est-ce pas ? - correspond un peu à l'état d'esprit de la compagnie : démoralisée, lassée, ... Heureusement, la seconde partie du tome vient relever le niveau en se recentrant sur la compagnie et en nous remettant au coeur de l'action.

Au final, Le Château noir est de qualité inférieure au premier tome. Outre la première partie moyenne, on perd énormément d'éléments qui faisait la particularité et le charme de La Compagnie noire pour se retrouver ici avec une histoire bien plus linéaire et convenue. Néanmoins, la seconde partie reste plaisante à lire et laisse espérer une fin de cycle en apothéose. Réponse dans La Rose blanche...

samedi 28 octobre 2017

Glen Cook - La Compagnie noire

La Compagnie noire, Glen Cook, Tome 1 des Annales de la Compagnie noire, Tome 1/3 des Livres du Nord, 1984, 380 pages.

Le Bien. Le Mal. Que des conneries.
C'est à peu près ainsi qu'on peut résumer ce premier tome des Annales de la Compagnie noire.

Être un membre de la Compagnie noire, dernière des Compagnies Franches de Khatovar, c'est faire partie d'une famille, leur seule famille. Et d'en suivre les ordres, à la vie à la mort. Qu'importe de quel côté on se bat : l'essentiel, c'est la Compagnie.

Oh, bien sûr, il y a plein de romans où le protagoniste principal n'est pas un "gentil". Mais aucun - ou très peu - ne présentent les choses comme Glen Cook. Sans fioriture. Sans chercher à expliquer ou à dédouaner. C'est la guerre - fictive ici, réelle de la même manière ailleurs - dans son plus simple appareil. Ne serait-ce que pour ça, pour sa différence de ton, ce premier tome est une lecture indispensable. Et si en plus je vous dis qu'il y a une histoire intéressante et des personnages fascinants, que vous faut-il de plus ?
« Tout gouvernant se crée des ennemis. La Dame ne fait pas exception. Les Fils de la Rose Blanche sont partout... Si on choisit son camp sous le coup de l’émotion, alors c’est aux rebelles qu’il faut se joindre. Ils combattent pour tout ce que les hommes prétendent honorer : la liberté, l’indépendance, la vérité, le droit... Toutes les illusions subjectives, les sempiternels mots-déclics. Nous sommes les valets du méchant de la pièce. Nous montrons que ce ne sont qu’illusions sans objet.
Il n’y a pas de méchants qui se proclament tels, seulement des régiments de soi-disant saints. Les historiographes des vainqueurs décident de quel côté sont le bien et le mal.
Nous, nous rejetons les étiquettes. Nous combattons pour l’argent et une vague fierté. La politique, l’éthique, la morale n’ont rien à voir dans l’affaire. »

mercredi 30 septembre 2015

Arthur C. Clarke - Les Enfants d'Icare

Les Enfants d'Icare, Arthur C. Clarke, 1953, 253 pages.

En pleine Guerre Froide, la course aux étoiles fait rage. Alors que les États-Unis et la Russie sont tous les deux sur le point de faire décoller leurs fusées, un évènement bouleverse complètement la donne : des vaisseaux extraterrestres abordent la Terre.

Par nécessité de pouvoir parler quelque peu de l'histoire, j'évoque ce retournement de situation qui arrive après quelques pages. L'effet est excellent. Et si on ne l'a pas lu sur la quatrième de couverture ou dans une chronique auparavant, ou si on a la chance de l'avoir oublié comme ce fut mon cas, il est encore plus excellent. Et si au lieu de partir à la conquête des étoiles, les étoiles elles-mêmes venaient nous apporter leurs lumières ? En renversant la donnée initiale, Arthur C. Clarke parvient à créer une sorte de planet-opera terrestre, où l'on redécouvre, sur une période de temps assez longue, notre planète Terre et ses évolutions.

Les Enfants d'Icare est un très bon roman. Il allie à la fois un côté mystérieux, et une recherche de réponses qui tient en haleine le lecteur, à un environnement plaisant. Pas (ou peu) de luttes et de conflits ici, l'histoire s'avère presque paisible et reposante. Un premier trait de caractère inhabituel et fort agréable.

Le second, c'est son aura de grande science-fiction, celle qui apporte quelque chose, qui voit plus loin et différemment. J'ai été il y a peu scotché par La Création a prix huit jours de Robert Heinlein. Bien que le traitement diffère sensiblement, leurs idées générales peuvent se rapprocher, tout comme les sensations qui s'en dégagent. C'est fascinant et l'on se sent tout petit une fois la dernière page tournée. Mais pas de tristesse ou de gêne pour autant. Le sentiment d'inéluctabilité et la douce mélancolie qui en découle ne sombrent jamais dans le pathos. Tout est juste dit, simplement dit, bien dit. Cela suffit. Et fait ce de roman, un grand roman.

CITRIQ

mercredi 19 août 2015

Orson Scott Card - La Stratégie Ender

La Stratégie Ender, Orson Scott Card, 1985, 383 pages.

Andrew Wiggins, dit Ender, est le Troisième enfant de sa famille. Surdoué, monitoré depuis toujours, il représente le dernier espoir de l'humanité face aux doryphores, l'envahisseur extraterrestre. Il est envoyé dans une école orbitale, basé sur les jeux, pour apprendre à devenir un grand commandant.

Sur le papier, La Stratégie Ender est un roman de sf militariste tout ce qu'il y a de plus classique. Un jeune héros intelligent qui doit sauver l'humanité après avoir passé un paquet d'épreuves, c'est presque habituel. Et pourtant, il apparaît au fil des pages être bien plus que ça : c'est un grand roman.

Si l'utilisation du jeu en tant que péripéties principales peut déjà être satisfaisante en soi, elle n'est qu'un des multiples éléments qui rendent l'intrigue prenante. Le principal étant surement Ender, héros empathique, parfaitement adulte, humain, malgré son âge, qui donne envie de le suivre et de le voir réussir.

Mais le rythme de l'intrigue ne fait pas tout et, alors qu'il aurait pu juste être un bon roman de science-fiction, La Stratégie Ender ne cesse de s'améliorer et s'avère bien plus profond que prévu, ajoutant de la qualité à la qualité. Cerise sur le gâteau, même s'il comporte des suites, il peut se lire indépendamment et ne nécessite pas impérativement de lire les tomes suivants. Aucune excuse de ne pas rattraper ce classique si ce n'est pas encore fait.


Deuxième escale pour le Summer Star Wars

vendredi 13 février 2015

Philip K. Dick - Blade Runner

Blade Runner, Philip K. Dick, 1968, 251 pages.

La Terre est désormais sous-peuplée, les humains étant poussés à coloniser Mars pour échapper aux retombées nucléaires qui s'étendent sur la planète bleue, où les espèces animales s'éteignent les unes après les autres. Sur cette Terre dégénérescente, il reste tout de même des êtres. Mais tous ne sont pas humains. Et pour chasser les androïdes, les blade runner sont là.

Blade Runner, originellement Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, communément renommé suite au film de Ridley Scott, est un classique de Philip K. Dick. Au même titre qu'un Maître du Haut-Château, bien que les deux appartiennent à des thématiques différentes de l'auteur. Même combat dans mon esprit, puisque la conclusion est la même : Dick n'est pas pour moi.

Blade Runner n'est pas un mauvais roman en soi, pas quelque chose d'illisible. Il est juste banal à mes yeux. Je me suis passablement ennuyé pendant le premier tiers, puis n'ai rien trouvé d'exceptionnel à la suite. L'intrigue, un thriller d'action un peu flou, ne m'a pas accroché plus que ça. Et ce ne sont pas les personnages qui peuvent sauver le livre puisqu'ils ne font éprouver aucune empathie (un peu ironique, n'est-ce pas ?).

Dans le même temps, je suis passé très loin du questionnement qu'entreprend - que tente d'entreprendre - Dick sur l'humain et sur la conscience. Blade Runner m'est apparu seulement comme la course contre la montre d'un chasseur de primes d'androïdes, sans que mon esprit ait envie de réfléchir à quoi que ce soit de plus. Je peux à la rigueur envisager où est le potentiel, mais je ne vois absolument pas où est le génie. C'est un simple roman d'action. Et encore, pas vraiment un de qualité dans le genre. Vraiment, Dick n'est pas pour moi.

Livre gagné chez Lorhkan, merci à lui.

mercredi 27 août 2014

Robert A. Heinlein - Étoiles, garde à vous !

Étoiles, garde à vous !, Robert A. Heinlein, 1959, 315 pages.

À l'époque des guerres interstellaires, la Terre doit se défendre contre ses nombreux ennemis et notamment les "Punaises". Le jour de ses 18 ans, Juan Rico s'engage dans l'Infanterie Mobile, une section utilisant des scaphandres propulsés et très mobiles. On suit son entrainement et sa progression dans les rangs de l'armée.

Étoiles, garde à vous !, c'est Full Metal Jacket dans le futur. La comparaison m'est apparue très rapidement et ne s'est jamais démentie. Tout d'abord pour le héros, un gars normal, juste peut-être un peu plus intelligent que la moyenne, qui s'engage dans l'armée. Le découpage du récit est lui aussi proche. La première partie voit Juan subir, avec ses camarades, un entraînement rude et musclé. La deuxième suit une bataille. L'accent n'est pas porté sur la guerre en elle-même, on ne la suivra que de loin, mais bien sur le personnage de Juan et des gens qui l'entourent.

L'analogie peut se poursuivre avec le trouble qu'apporte les idées développées. Le roman est militariste, voire pire, mais est difficilement haïssable par la maîtrise que Robert Heinlein semble avoir du sujet et par le talent qu'il a de conter une histoire intéressante tout en insérant de grandes tirades sur la politique, la citoyenneté, l'éducation,... Si le fond est discutable, la forme doit être saluée et respectée.

Ainsi, comme Full Metal Jacket, Étoiles, garde à vous ! est un roman vis-à-vis duquel il est difficile de se placer intellectuellement, entre éloge pro-militariste et absurdité du système. Dans tous les cas, il reste que c'est un roman prenant et très facile à lire, qu'on ne peut qu'admirer dans sa vision d'ensemble. Comme Full Metal Jacket.


Huitième participation pour le Summer Star Wars : Episode II

mercredi 6 août 2014

George R.R. Martin - Le Trône de fer, Intégrale 4

Le Trône de fer, Intégrale 4, George R.R. Martin, 2005, 891 pages.

Après une fin de troisième tome mouvementée (d'accord, plus que mouvementée), le quatrième tome s'annonçait forcément un peu plus calme. Ne serait-ce que pour garder quelques personnes en vie, dans l'optique de parvenir à terminer l'histoire avec autre chose que seulement des enfants.

Et effectivement, l'histoire est relativement calme. Moins de morts, en tout cas chez les personnages que nous suivons. Peu de grands chamboulements. Pourtant, ça n'empêche pas ce tome d'être toujours aussi intéressant. George R.R. Martin a cette faculté de rendre captivant même le fait le plus mineur. Surement parce que l'on sait que tous les détails sont importants, que tout peut basculer à la moindre phrase. Et parce qu'on y est attaché à cette brochette de personnages, même ceux qu'on n'apprécie guère.

Ainsi, les pions se remettent en place sur l'échiquier. On sent se profiler quelques coups importants dans le futur mais nous n'en avons ici que les prémisses. Mais il faudra attendre le tome 6 pour véritablement voir l'enfer se déchaîner de nouveau sur Westeros. Car ce quatrième tome n'est quasiment qu'un demi-tome, contant seulement les événements se déroulant au sud du continent (Port-Réal, Dorne, Eyrié,...) ainsi que sur les îles de Fer et Braavos. Pour le reste du monde, direction le tome 5.

Fondamentalement, on retrouve dans ce livre les mêmes ingrédients qui ont fait la qualité des trois premiers, je ne perdrai donc pas de temps dessus. Il y a tout de même une chose qui semble évoluer : la place des femmes. Bien aidé par le taux de mortalité croissant de la gent masculine, il s'avère que Le Trône de fer est de plus en plus une série avec des personnages féminins d'importance. La série en compte depuis le début un certain nombre en tant qu'héroïnes, dans des rôles et caractères bien différents, mais je trouve que leur place est de plus en plus importante. Une caractéristique qu'on ne s'attendrait pas forcément à rencontrer dans un tel univers et une nouvelle preuve de la grandeur de cette série.

vendredi 4 juillet 2014

Arthur Conan Doyle - Le Monde perdu

Le Monde perdu, Arthur Conan Doyle, 1912, 252 pages.

Arthur Conan Doyle. Sir Arthur Conan Doyle. Le Conan Doyle. Sans qui Benedict Cumberbatch et Martin Freeman seraient encore figurants dans des soaps anglais (bon, d'accord, peut-être pas...). Le papa, contrarié, de Sherlock Holmes. Mais aussi l'auteur de nombreux autres romans, dont ceux dédiés à un autre héros récurrent, le Professeur Challenger. Le Monde perdu est le premier le mettant en scène.

Pour autant, le Professeur Challenger n'est pas le personnage principal. S'il fallait en nommer un, ce serait surement le narrateur, le journaliste Edouard Malone. Mais plus vraisemblablement, le personnage principal est le groupe de 4 personnages dans son entièreté : à Malone et Challenger, rajoutez le Professeur Summerlee (le rival de Challenger) et John Roxton l'aventurier.

Après diverses péripéties préalables, ce groupe est établi pour partir en Amérique du Sud où le professeur Challenger pense qu'il existerait encore des dinosaures. S'en suit un véritable roman d'aventures, qu'on pourrait qualifier d'à l'ancienne même si sa date de parution ne se laisse absolument pas sentir.

Enfin, pas sentir... Peut-être que les descriptions de certains dinosaures vous feront bondir si vous êtes un spécialiste, les connaissances d'aujourd'hui n'étant pas celles du début du XXème siècle. Néanmoins, il est bon de rappeler que Le Monde perdu était à l'époque un roman à la pointe de l'actualité. Pour écrire, Conan Doyle se base sur des découvertes récentes d'ossements préhistoriques et sur les récits d'un ami explorateur en... Amérique du Sud.

Bon, il y a des dinosaures, c'est cool. Mais finalement, bien qu'ayant une grande place, ils ne sont pas le véritable coeur de l'intrigue. Pas le seul en tout cas. Ce qui aura été une surprise. La surprise, c'est d'ailleurs un motif récurrent de ce roman. Beaucoup de rebondissements et une lecture jamais prévisible.

Au final, Le Monde perdu est un bon roman d'aventures prenant et surprenant. Des personnages un poil caricaturaux mais finalement sympathiques et une histoire qui tient la route. Et des dinosaures.

Deuxième participation au Rupestre Fiction

mercredi 7 mai 2014

Connie Willis - Sans parler du chien

Sans parler du chien, Connie Wilis, 1997, 535 pages.

Je connaissais Connie Willis de nom, notamment pour toutes les chroniques positives que j'ai pu lire sur sa série Blitz. Sans aucun esprit de contradiction, je me suis donc décidé à lire... Sans parler du chien.

L'histoire jongle, voyage temporel aidant, entre trois époques. En 2057, le présent, la cathédrale de Coventry est en train d'être reconstruite. En 1940, date de destruction de la cathédrale lors d'un raid nazi, les historiens cherchent ce qui est advenu de la potiche de l'évêque. En 1888, l'époque principal du récit, un chat a été sauvé : paradoxe temporel en vue.

Même si cela peut sembler un peu chargé au départ, l'histoire se cale rapidement et est étonnamment peu compliquée à suivre. Le thème du paradoxe temporel, central et habituel dès que l'on parle de voyage dans le temps, est amené par étapes et détaillé pour être le plus compréhensible possible. En parallèle de ce paradoxe, la question principale est "qu'est-ce qui fait l'Histoire ?" : les actions individuelles, les petits riens, les forces supérieures,... Tous les éléments sont traités avec de nombreux exemples à l'appui et en particulier la bataille de Waterloo.

Sans parler du chien c'est aussi, comme son titre l'indique, un hommage à la littérature. Tout d'abord à Trois hommes dans un bateau (sans parler du chien) de Jerome K. Jerome : le cadre est identique et les références sont multiples. Il n'est pas gênant de ne pas connaître le livre, mais cela vous donnera peut-être envie, comme moi, de le lire ensuite. Un autre hommage est fait à la littérature policière des années 1930, Agatha Christie en tête. La deuxième partie du roman tend vers le polar et reprend, en les citant explicitement et en s'en amusant, tous les codes du genre.

De la réflexion et des références donc. Mais n'ayez pas peur, cela est parfaitement intégré. Sans parler du chien est avant tout une histoire légère, une aventure dans l'Angleterre victorienne qui se lit comme un thriller avec toujours une pointe d'humour et de loufoquerie qu'on qualifierait facilement "d'humour anglais" si Connie Willis n'était pas américaine. Le tout est porté par un texte fluide, un enchaînement de courts paragraphes et de nombreux dialogues. Un texte vivant pour un bon moment.

Cinquième participation au challenge SFFF au féminin

vendredi 20 décembre 2013

Joe Abercrombie - L'Éloquence de l'épée

L'Éloquence de l'épée, Joe Abercrombie, Tome 1/3 de La Première Loi, 2006, 574 pages.

Avec la sortie récente de Les Héros, un one-shot bien tentant, il était temps que je me plonge dans l'univers de Joe Abercrombie et de sa trilogie La Première Loi (qui utilise le même monde que Les Héros). À noter que ce premier tome s'intitule L'Éloquence de l'épée dans sa première édition mais a été renommé Premier sang dans les versions suivantes.

Classiquement, la première partie du récit nous offre un tour d'horizon des différents protagonistes. Mais une chose est frappante : tous sont plus ou moins présentés comme mauvais. Certains peuvent avoir quelques excuses ou donner l'impression de changer, mais les faits sont là, pas de grand chevalier blanc ici. C'est une fantasy très sombre et pessimiste que décrit Abercrombie.

Cela ne donne pas une entrée en matière facile, avec des personnages que l'on a pas forcément envie d'apprécier (Logen est peut-être le seul sympathique, Glotka étant fascinant pour d'autres raisons) et quelques moments difficiles (j'ai encore des frissons de la scène de torture...), mais cela crée une vraie ambiance particulière. Certes c'est noir, mais c'est surtout rare et génial. Le style d'Abercrombie aide aussi à rentrer dedans. Tout en dialogues et en actions simples (à deux scènes près), les pages s'enchaînent facilement.

Puis vient l'histoire en elle-même. Après un début si particulier et porteur d'espoir, la suite semble malheureusement très banale. Légère déception sur ce point. Les protagonistes vont caricaturalement passer 500 pages à voyager pour se regrouper et effectuer un remake de La Communauté de l'Anneau : des personnages bien différents, qui ne s'aiment pas, sont réunis par un mage, qui en sait plus qu'il ne le dit, pour partir dans une quête qui sauvera le monde.

Comme je l'ai déjà dit, cela se lit malgré tout très bien. L'histoire de Glotka, personnage le plus trouble, donne un vrai intérêt à ce premier tome. L'ambiance est excellente et l'univers semble avoir du potentiel. Considérons que ceci est une longue introduction pour poser les bases. À voir si le deuxième tome saura redonner un peu de folie à tout cela.
« Ah, le chagrin de l’amante délaissée. Privation. Colère. Honte. Impression qu’on ne s’en remettra jamais. Quel poète a donc écrit qu’il n’y a pire chagrin que celui d’un coeur brisé ? Niaiseries sentimentales. Il aurait dû passer plus de temps dans les geôles de l’empereur. (...) Un coeur brisé finit par guérir ; des dents cassées, jamais. »
À lire aussi, l'avis de Lorhkan et BlackWolf.

jeudi 24 octobre 2013

George R.R. Martin - Le Trône de fer / Intégrale 3

Le Trône de fer, l'Intégrale 3, George R.R. Martin, 2000, 1150 pages.

Après l'Intégrale 1 et l'Intégrale 2, place tout à fait étonnamment à l'intégrale 3. Je me suis permis de bien attendre avant de m'y mettre, recherchant le moment optimal. Et il était là, encore plein d'envie et de motivation après une lecture du Sang des 7 Rois enthousiasmante. Feu à volonté !

Replonger dans Le Trône de fer est une aventure en soi. Tout d'abord parce qu'il faut attendre près de 200 pages pour retrouver tous les narrateurs (même si le dernier rencontré n'était pas forcément la meilleure nouvelle possible, désolé Sam). Et puis parce qu'il y a toujours cette impression par moment de lire Le Silmarillion, avec sa douzaine de noms de personnages et de lieux par page. Cela fait un peu peur au départ, jusqu'à se qu'on reprenne ses marques et tout le bonheur qui va avec. Ne vous inquiétez, il y a du temps pour ça.

Avant d'ouvrir cette nouvelle intégrale, je doutais un peu. Est-ce que c'est vraiment aussi bon que ça ? Est-ce que je ne me suis pas un peu emballé sur les deux premiers tomes ? Est-ce que je ne me le survends pas du fait de sa réputation ? Ahaha, que de bonnes blagues. Non, définitivement, cette saga est légendaire.

Aux alentours de la page 700, je me suis rendu compte qu'il n'y avait eu aucun gros rebondissement. Pourtant, je ne m'ennuyais absolument pas. J'apprécie plus ou moins tous les narrateurs (même Sansa désormais, c'est dire), même si j'avoue avoir un faible pour les chapitres de Tyrion et de Jaime. Ce qui peut s'expliquer par le fait qu'ils sont souvent les plus immergés dans les complots et jeux de pouvoir, ce qui reste le plus intéressant. Et quelle ne fut pas ma joie quand la première scène de Tyrion eut lieu avec Pod et Bronn : le trio légendaire est dans la place ! Par la suite, on ne verra malheureusement que trop peu Podrick Payne, qui reste l'un de mes personnages préférés.

Bref, 700 pages complètement prenantes et totalement maîtrisées. Avec même un petit aspect philosophique par moment (bon honnêtement j'avais repéré plusieurs petits instants de réflexions, mais je ne me souviens que d'un seul : un individu vaut-il plus ou moins que la vie d'un groupe, avec Stannis). Pas de grandes surprises, mais les choses prennent leur place petit à petit. Et puis tout changea. Parce que peu de temps après que je me fasse cette réflexion, Monsieur Martin a décidé de faire un peu de rebondissement. Et ce que je viens de dire est pire qu'un euphémisme. De la folie jusqu'au bout, de l'inattendu en veux-tu en voilà encore plus. Et même dans les 150 dernières pages, où j'ai cru que ça allait se tasser et se préparer pour le tome 4, ce n'est qu'une occasion de plus pour bouleverser la vie de Westeros. Rien que l'avant-dernier chapitre est monumental.

J'ai terminé ce troisième tome et je n'ai qu'une envie : lire le tome 4. Après cette fin tonitruante, je n'ai absolument aucune idée de la tournure que vont prendre les événements. Je ne sais qu'une chose : cela sera bien, et même plus que bien.
« On fait par trop ttt ttt dans ce royaume, si vous me demandez. »

vendredi 27 septembre 2013

Ayerdhal - Parleur ou les chroniques d'un rêve enclavé

Parleur ou les chroniques d'un rêve enclavé, Ayerdhal, 1997, 309 pages.

Une couverture rouge ? Un personnage au poing levé ? Un rêve ? Un parleur ? Oui, il y a des livres comme ça où l'on sent très rapidement ce qu'on attend d'eux. Alors, Ayerdhal va t-il réussir à réveiller nos instincts révolutionnaires ?

La réponse est oui. Parleur est l'histoire d'une "utopie", le rêve d'une société juste, la révolte du peuple contre les élites, mais pacifiquement. Et on a envie d'y croire, envie que cela réussisse. On regrettera peut-être un petit peu de manichéisme, les choses paraissant parfois un peu faciles. Mais j'ai préféré y voir une note d'espoir. Aussi, certains pourront peut-être trouver un manque de mise en application de cette nouvelle société. Il est vrai que l'on reste dans les grandes lignes et, hormis la question de l'argent, on voit peu de discussions sur les problèmes concrets que pose une autarcie. Ça ne m'a pas particulièrement gêné : ce livre n'est pas une utopie concrète, c'est un rêve.

Le personnage essentiel de l'histoire est, comme le titre l'indique, Parleur, l'orateur qui canalise ces idées de révolte. Mais c'est aussi Karel, qui n'apparaît jamais mais qui est présent dans l'esprit de tous, lui qui en premier a écrit et décrit cet esprit de révolte. J'ai bien aimé tout au long du récit cette réflexion sur comment naît le changement, le rôle des précurseurs, toujours trop tôt pour leurs temps, et de ceux qui vont reprendre ces idées pour les concrétiser. Car au final, le personnage central du roman, ce sont les idées.

Parleur ou les chroniques d'un rêve enclavé est un livre vraiment beau, qui donne envie de se lever et de changer les choses. Il fait assurément rêver, et n'est-ce pas tout ce que l'on demande ? Et puis, les amoureux de citations pourront se faire plaisir, puisque ce roman est rempli de phrases que l'on a envie de noter. Je ne vous gâche pas le plaisir de les découvrir, et n'en donne qu'une :
« - Si le monde ne te convient pas, tu n’as qu’à le changer. »

mardi 17 septembre 2013

Oliver Peru - Druide

Druide, Oliver Peru, 2010, 603 pages.

C'est le mois d'Oliver Peru chez Book en Stock ! Bon, d'accord, c'était au mois d'avril, mais j'y suis presque, non ? Et puis son chat s'appelle Gilead, alors cela méritait que je m'y intéresse. Tant que je donne des informations utiles, avez-vous noté que c'est Oliver (nom d'auteur), et non pas Olivier (nom réel) ? Oui, c'est assez insignifiant, mais ça m'a pris pas mal de temps avant de le remarquer, et ça m'a fait un choc.

La particularité de Druide est d'être autant un roman de fantasy qu'un polar. Bien sûr, les deux ne sont pas de base incompatibles, mais il n'est pas pour autant fréquent de les rencontrer ensemble. Tout commence donc avec un meurtre, ou plutôt un massacre, dans le genre du Mystère de la chambre jaune. Sur fond de conflits entre royaumes, le druide Obrigan a 21 jours pour résoudre l'énigme, et éviter une guerre.

J'ai été étonné par le rythme du roman. Les jours s'enchaînent rapidement, tout comme les avancées et révélations de l'enquête. Après 200 pages, j'avais vraiment un doute sur le fait que cela puisse durer 600 pages. Et finalement, oh étonnement, si.

Une autre chose que j'ai appréciée est la gestion des personnages, ou plutôt le flou qui entoure les notions de bien et de mal. Il n'y a (presque) pas de personnage qui ne soit pas un peu mauvais, mais dans le même temps chacun a ses raisons pour agir, des raisons souvent compréhensibles qui font que chaque individu pour être aimé (ou détesté, ou entre les deux). Et puis, il y a des druides. Alors même si cela me fait toujours penser soit à Panoramix, soit à des elfes avec bien moins de super-pouvoirs, c'est sympa puisque non habituel.

Malheureusement, je dois finir avec une note un peu plus négative. Et c'est ironique que je finisse avec ça, puisque je n'ai absolument pas aimé la fin. À une exception près, j'ai trouvé ça très prévisible et décevant. Alors qu'il y avait de bonnes idées auparavant, cela retombe à plat.

Au final, Druide est un livre qui se lit bien. Surprenant par sa forme, un policier dans un monde de fantasy, le fond ne m'a pas convaincu jusqu'au bout. Bon sans être exceptionnel.

mercredi 29 mai 2013

George R.R. Martin - Le Trône de fer / Intégrale 2

Le Trône de fer, l'Intégrale 2, George R.R. Martin, Tome 2/, 1998, 955 pages.

Je continue de rattraper mon retard sur Le Trône de fer, après l'Intégrale 1 en mars dernier. J'avais encore l'histoire bien en tête, je me souvenais de l'état des intrigues à la fin du premier tome et je me sentais donc plutôt à l'aise pour reprendre. J'avais par contre un peu oublié qu'il y avait autant de personnages secondaires. J'ai finalement mis quelques dizaines de pages (un nombre dérisoire pour la taille du monstre) à complètement me remettre dedans, et à être prêt pour dévorer la suite. Et quelle suite !

Ai-je vraiment besoin de dire quelque chose d'autre ? C'est dans la continuité du premier tome, totalement maîtrisé, avec un rythme pas effréné mais constant. L'histoire se déroule parfaitement par le changement de point de vue, sans jamais tourner à la redite (je l'avais déjà dit, mais c'est vraiment une chose qui me marque). Et on ne nous fait pas juste tourner en rond : les intrigues se développent, et on obtient des réponses aux mystères précédemment posés.

Pour un pavé de ce genre, il y a relativement peu de longueurs. Pour ne pas dire qu'il n'y en a quasiment pas. Les rares viendront surement d'un personnage auquel on accroche moins. Mais même les personnages qui semble les moins intéressants (non, je ne vise pas Sansa) ne sont pas ennuyants (notamment par le fait qu'ils ne sont jamais seuls, j'imagine). Mon préféré sur ce tome est incontestablement Tyrion. Et j'attends de voir ce qui est réservé à Podrick Payne, dont je crois pouvoir aisément devenir fan (déjà que là je l'ai trouvé énorme).

Si vous n'avez pas encore commencé Le Trône de fer, foncez sur la première intégrale ! Personnellement, j'attends avec impatience le moment où j'ouvrirai la troisième. Et peut-être vais-je me lancer dans la série télévisée. Assez vite, car l'hiver vient.