lundi 16 juillet 2018

J.M. Erre - Le Grand n'importe quoi

Le Grand n'importe quoi, J.M. Erre, 2016, 294 pages.

Prenez un personnage qu'on pourrait cruellement définir comme un "raté". Mettez-le dans un petit village, Gourdiflot-le-Bombé, pour une soirée chez des culturistes. Expulsez-le de cette même soirée - tout en se faisant larguer par sa copine - puis faites apparaitre des extraterrestres kidnappant un habitant. Ajoutez des personnages tous plus dingues les uns que les autres et secouez bien fort. N'oubliez pas d'agrémenter votre livre avec des éléments de science-fiction et quelques surprises.

Alors, vérité ou mensonge que ce supposé "grand n'importe quoi" ? Eh bien, étonnamment, la promesse est plutôt bien tenue : c'est absurde, c'est loufoque ou c'est grotesque, voire les trois à la fois par moment, mais ça fonctionne et c'est marrant, les bons mots s'enchaînant sans cesse. Surtout, ça ne tombe pas dans le lourdingue et ça parvient à ne pas se répéter et à maintenir l'intérêt.

Difficile de dire si Le Grand n'importe quoi est vraiment un livre de science-fiction. Mettons que la question importe peu. En tout cas, il apporte une initiation, ou un rappel, de quelques concepts basiques de science/SF. Il m'a même semblé vouloir donner une bonne image de la SF à des lecteurs non-initiés, mais je ne pourrais jurer que c'est bel et bien le cas ou tout du moins savoir si le lecteur lambda en sortira avec une vision améliorée.

Peu importe. Le livre est plaisant à lire, c'est là l'essentiel. Certains trouveront peut-être la fin un peu trop facile, mais elle reste bien amenée et bien réalisée. Je n'ai qu'un reproche à faire à ce roman : un name dropping trop important, une pratique que je déteste. Mais à part ça, c'est une bonne surprise !
« Tu ne trouves pas curieux que beaucoup de gens refusent d'en lire a priori ? Quand j'entends "j'aime pas la science-fiction", ça me fait penser à ceux qui disent "j'aime pas les légumes", comme si tout avait le même goût. »

mercredi 11 juillet 2018

Jack Vance - La Planète Géante

La Planète Géante, Jack Vance, 1951, 277 pages.

Une commission terrienne se rend sur la Planète Géante, une planète "anarchique", aux dimensions gigantesques, où se sont installés tous ceux qui n'ont pas trouvé leur place sur notre Terre. Problème : au lieu d'atterrir dans l'Enclave terrienne, elle se retrouve à l'autre bout de la planète avec 65000 kilomètres à faire en territoires hostiles et un possible traitre dans ses rangs.

La Planète Géante est un pur roman d'aventure et d'exploration, saupoudré d'un léger aspect "thriller". La raison du voyage n'est quasiment qu'une excuse pour parcourir cette Planète Géante où se côtoient des ethnies et des environnements étonnants. Le fin mot de l'histoire apporte quelques petites surprises qui, bien qu'anticipables si l'on garde son cerveau sur ON pendant toute la lecture, restent satisfaisantes.

Le roman n'est malheureusement pas exempt de défauts, notamment des descriptions un peu floues (mais cela n'est peut-être que personnel) et des personnages trop peu développés (si l'on peut même dire qu'ils sont développés). Rien d'exceptionnel donc, mais La Planète Géante reste un roman d'aventures lisible, sympa, qu'on appréciera si on aime le style de Jack Vance.

À noter que si ce roman peut se lire seul, Jack Vance a plus tard écrit un autre livre dans le même univers : Les Baladins de la Planète Géante.

mercredi 4 juillet 2018

Ursula Le Guin - Tehanu

Tehanu, Ursula Le Guin, Tome 4 du Cycle de Terremer, 1990, 258 pages.

Tehanu est le quatrième tome du Cycle de Terremer après Le Sorcier de Terremer, Les Tombeaux d'Atuan et L'Ultime rivage. On y retrouve les personnages rencontrés précédemment ainsi qu'un nouveau personnage principal, Therru, jeune fille sévèrement brulée, entre autres monstruosités subies. On y retrouve surtout la plume d'Ursula Le Guin qui fait toujours des merveilles. Et même plus que des merveilles : qui d'autre pourrait rendre intéressant, fascinant, un roman de 250 pages où il ne se passe rien ? Pas grand monde, surtout à un tel niveau de qualité.

Le calme est donc au rendez-vous, à l'exception d'une tornade finale dans les toutes dernières pages. Une nouvelle fois, le chemin est bien plus important que la destination. Ce qui ne veut pas dire que l'ennui est là, au contraire. Il est envoutant de suivre ces personnages en construction ou en reconstruction, dans leurs peines et leurs joies, le tout filé de réflexions diverses sur, notamment, la nature humaine, toujours discrètement et humblement.

Ursula Le Guin, tout simplement.