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vendredi 17 avril 2015

Connie Willis - Black-Out

Black-Out, Connie Willis, Blitz tome 1/2, 2010, 672 pages.

En 2060, les historiens utilisent le voyage dans le temps pour étudier et vérifier précisément l'Histoire. Bien que les moments cruciaux, les noeuds de l'Histoire, soient inatteignables, chacun rêve de les étudier et de s'en approcher, malgré la dangerosité de ces périodes. L'une des plus dangereuses est évidemment la seconde guerre mondiale, et précisément le Blitz contre Londres en 1940.

Je n'ai pas terminé Black-Out, mais je tiens quand même à en donner mon avis, ou plutôt les raisons de mon arrêt. La principale, c'est que je m'ennuyais. Comme dans nombre de ses livres, Connie Willis utilise le même procédé et univers, c'est à dire le voyage temporel d'historiens anglais, qui vivent tous des aventures en visitant différentes époques majeures de notre Histoire. Ayant déjà lu Sans parler du chien, je n'ai pas nullement été surpris ou animé d'un sentiment de découverte.

Beaucoup considèrent Black-Out comme un page-turner et je peux voir pourquoi. L'écriture est simple, fluide, avec de nombreux changements de point de vue. Mais elle m'est apparue trop mécanique, trop inflexible, trop propre. Encore une fois, l'écriture ne m'a jamais offert un sentiment de potentielle surprise : l'enchaînement logique est tel qu'il en devient trop froid.

Ainsi, au bout de 300 pages, je me suis arrêté. Parce que je ne prenais aucun plaisir à ma lecture. Parce que le récit n'avançait pas, que les intrigues en étaient toujours à se mettre en place sans qu'un véritable but ne se dessine à l'horizon, que les personnages ne me tiraient aucune empathie. Et une "plongée" en plein Blitz ne suffit pas à tenir en éveil mon intérêt. Si vous avez envie de découvrir Connie Willis, je ne peux que vous conseiller de commencer par un plus petit volume.

Deuxième décalage temporel pour le challenge Retour vers le Futur

mercredi 7 mai 2014

Connie Willis - Sans parler du chien

Sans parler du chien, Connie Wilis, 1997, 535 pages.

Je connaissais Connie Willis de nom, notamment pour toutes les chroniques positives que j'ai pu lire sur sa série Blitz. Sans aucun esprit de contradiction, je me suis donc décidé à lire... Sans parler du chien.

L'histoire jongle, voyage temporel aidant, entre trois époques. En 2057, le présent, la cathédrale de Coventry est en train d'être reconstruite. En 1940, date de destruction de la cathédrale lors d'un raid nazi, les historiens cherchent ce qui est advenu de la potiche de l'évêque. En 1888, l'époque principal du récit, un chat a été sauvé : paradoxe temporel en vue.

Même si cela peut sembler un peu chargé au départ, l'histoire se cale rapidement et est étonnamment peu compliquée à suivre. Le thème du paradoxe temporel, central et habituel dès que l'on parle de voyage dans le temps, est amené par étapes et détaillé pour être le plus compréhensible possible. En parallèle de ce paradoxe, la question principale est "qu'est-ce qui fait l'Histoire ?" : les actions individuelles, les petits riens, les forces supérieures,... Tous les éléments sont traités avec de nombreux exemples à l'appui et en particulier la bataille de Waterloo.

Sans parler du chien c'est aussi, comme son titre l'indique, un hommage à la littérature. Tout d'abord à Trois hommes dans un bateau (sans parler du chien) de Jerome K. Jerome : le cadre est identique et les références sont multiples. Il n'est pas gênant de ne pas connaître le livre, mais cela vous donnera peut-être envie, comme moi, de le lire ensuite. Un autre hommage est fait à la littérature policière des années 1930, Agatha Christie en tête. La deuxième partie du roman tend vers le polar et reprend, en les citant explicitement et en s'en amusant, tous les codes du genre.

De la réflexion et des références donc. Mais n'ayez pas peur, cela est parfaitement intégré. Sans parler du chien est avant tout une histoire légère, une aventure dans l'Angleterre victorienne qui se lit comme un thriller avec toujours une pointe d'humour et de loufoquerie qu'on qualifierait facilement "d'humour anglais" si Connie Willis n'était pas américaine. Le tout est porté par un texte fluide, un enchaînement de courts paragraphes et de nombreux dialogues. Un texte vivant pour un bon moment.

Cinquième participation au challenge SFFF au féminin