samedi 3 octobre 2026

Bulles de feu #90 - Septembre 2026

Un petit récapitulatif de mes lectures BDs/mangas/comics du mois, pour en garder une trace.
Le classement est absolument imparfait, insatisfaisant et un peu aléatoire mais peut donner un ordre d'idée. Les avis sont (ultra)brefs, n'hésitez pas à demander un complément d'informations en commentaire si nécessaire.

Bien / Ok / Correct


Ces lignes qui tracent mon corps - Mansoureh Kamari

Un témoignage autobiographique sur la répression iranienne vis-à-vis des femmes. Assez minimaliste mais ça ne l'empêche d'être rude et effroyable. Très joliment et intelligemment dessiné.


Peanut rain - Yôjirô Orita

Un manga étonnamment bon alors que son point de départ - un quiproquo sur un baiser volé élève/prof - avait tout pour être hasardeux. Une volonté de lueur d'espoir dans un désespoir crédible et sans pitié.


Blue Lock T.11-13/? - Muneyuki Kaneshiro et Yûsuke Nomura

Un manga hyper efficace, avec pour le moment une bonne créativité pour les matchs, et un côté malsain qui s'atténue.


La Maison - Paco Roca

Une bonne histoire sur une adelphie qui se retrouve suite au décès de leur père. Un peu classique sur le principe et pas forcément renversant, mais c'est bien réalisé et c'est plein d'humanité.


Sous un ciel nouveau - Kei Fujii et Cocoro Hirai

Un recueil de quatre histoires portées sur les relations humaines. Une histoire moyenne, deux histoires bonnes et une dernière - qui donne son titre à l'ouvrage et en occupe la moitié - vraiment très bonne, un bel hymne à la vie.
Très bien


Frieren T.15/? - Kanehito Yamada et Tsukasa Abe

Un très bon tome, plein de tension entre trois groupes d'adversaires crédibles. La série parvient à créer plus d'intrigue et d'action tout en conservant son ton particulier, un peu détaché, l'évolution est remarquable.


Beat & Motion T.1-2/? - Naoki Fujita

Ma très bonne surprise du mois. Un très sympathique manga sur la création artistique - musique et animation - avec un duo de protagonistes attachants. Et qui évite les habituelles longues hésitations, tâtonnements et quiproquos, passant rapidement à une relation intelligente et agréable à suivre.


Evol T.9-10/10 - Atsushi Kaneko

Voilà, Evol c'est terminé, avec une conclusion satisfaisante qui ajoute un peu d'explications à l'ensemble. Dix tomes, dix baffes. La série est imparfaite et est certainement critiquable sur plein de points, mais c'est un hurlement qui fait du bien, c'est un exutoire nécessaire pour une rage et un désespoir qui ont besoin de sortir.

dimanche 27 septembre 2026

Loïc Henry - Un Soupçon d'humanité

Un Soupçon d'humanité, Loïc Henry, 2025, 348 pages

Dans un futur proche, la France, comme une majorité du monde, fait confiance aux IA pour diriger le pays. Ce qui semble avoir résolu de nombreux problèmes, pauvreté et criminalité en tête. Mais l'infaillibilité supposée des IA est mise à mal lorsqu'un dirigeant d'une grande société de sécurité est abattu par un drone, sans que l'IA ne trouve à y redire. Deux policiers vont assister l'IA de la police pour résoudre ce mystère et en chemin mettre au jour une frange de la société opposée aux IA.

Avez-vous compris le thème de ce roman ? Indice : j'ai déjà utilisé cinq fois le terme IA. Un Soupçon d'humanité parle donc d'IA, de leur impact mais surtout des conséquences qu'une généralisation et une prise de pouvoir pourraient avoir. Encore plus que l'IA, Un Soupçon d'humanité parle de transhumanisme. Des mots qui peuvent faire peur mais que Loïc Henry traite avec simplicité et accessibilité, dans un roman dynamique découpé en courts chapitres alternant les points de vue.

N'ayant aucune affinité avec le sujet de l'IA, cette relative simplicité était la bienvenue. À défaut d'être emballé, j'ai trouvé la lecture tout à fait correcte. Je ne suis pas totalement convaincu par le contexte et le propos, qui me paraissent un peu trop théorique et basés sur de généreuses hypothèses. Mais le roman a le mérite d'avoir un objectif, une idée claire qu'il veut mettre en avant, ce qui est toujours appréciable et respectable.

Couverture : Kévin Deneufchatel
D'autres avis : Le Maki, FeydRautha, Le nocher des livres, ...

lundi 21 septembre 2026

Adam-Troy Castro - La Marche funèbre des marionnettes

La Marche funèbre des marionnettes, Adam-Troy Castro, Tome 1/2 des Marionnettes, 1997, 116 pages

La planète Vlhan a une particularité. Autre que ses habitants, les Vlhanis, de grands êtres faisant penser à des marionnettes et au langage presque incompréhensible. Non, la vraie particularité c'est le Ballet, une gigantesque danse annuelle de milliers de Vlhanis qui se termine par leur mort. Attirant de nombreux observateurs en quête de compréhension, le phénomène va changer de dimension lorsqu'une humaine, augmentée pour l'occasion, va tenter d'y prendre part.

La Marche funèbre des marionnettes prend place dans un univers bien connu de l'auteur, celui d'Andrea Cort. Son histoire ne pourra pas manquer d'évoquer des souvenirs à celleux ayant lu la trilogie puisque les évènements relatés ici ont été évoqués dans le troisième tome, La Guerre des marionnettes. Et si la novella reste lisible de manière indépendante, mon avis est forcément biaisé par le plaisir que j'ai eu à revenir dans cet univers.

Bien que mes souvenirs étaient déjà assez flous, cela a indéniablement facilité ma compréhension et ma visualisation de la situation de base. Mais les qualités du reste du texte ne peuvent pas être uniquement attribuées à cela. La Marche funèbre des marionnettes est un texte prenant qui se lit d'une traite. Malgré un côté un peu vain de l'intrigue, elle accroche de bout en bout, faisant trembler et réfléchir. C'est tout simplement un très bon texte et une nouvelle preuve qu'Adam-Troy Castro excelle dans le format court.

Couverture : Aurélien Police / Traduction : Benoît Domis
D'autres avis : Tigger Lilly, Le Maki, Yuyine, FeyGirl, FeydRautha, Gromovar, Le nocher des livres, Jean-Yves, lutin82, Anudar, Herbefol, ...


Quatrième et dernière escale pour le Summer Star Wars Grogu

mardi 15 septembre 2026

Perrine Tripier - Conque

Conque, Perrine Tripier, 2024, 197 pages

Martabée est convoquée par l'Empereur. En sa qualité d'universitaire réputée, elle est désignée pour être la rapporteuse officielle des fouilles archéologiques qui viennent de démarrer. Un chantier pas comme les autres puisqu'il concernerait les Morgondes, le peuple légendaire dont Martabée et les siens seraient les descendants.

Un empire inconnu, un peuple légendaire, le cadre et le début de Conque respire la fantasy. Une impression qui s'effritera peu à peu. Plus que de la fantasy, c'est surtout une intemporalité qui est apportée par cet univers imaginaire. Ce qui correspond parfaitement au propos, qui lui-même ne se restreint ni à une époque ni à un lieu, et ce alors même que sa modernité est évidente.

Conque est un roman qui se lit très bien dès son démarrage. Mais sa première moitié pourrait laisser quelque peu dubitatif. Hormis la présence un peu malsaine de l'Empereur et quelques thématiques qui se laissent entrevoir, les enjeux paraissent un peu flous. Il faudra attendre la bascule du dernier tiers pour vraiment les saisir. Les ressentir.

Dans Conque, il est question d'histoire, de roman national, de mémoire et de vérité. Des thèmes importants qui sont traités ici avec finesse et intelligence. C'est un roman beau dans son écriture mais dur dans son propos. Un roman qui laisse un goût un peu amer en bouche une fois la dernière page tournée. Mais une bonne amertume, celle qui est désirée et qui fait sens. Celle qui marque, comme marque Conque.

Couverture : /
D'autres avis : Noni, ...

mercredi 9 septembre 2026

Audrey Pleynet - Sintonia

Sintonia, Audrey Pleynet, 2025, 408 pages

Tout commence par un massacre dans la ville-tige de Venise. Dont les victimes sont, ironiquement, la guilde Sintonia, une famille d'assassines toutes liées entre elles par le Diapason. Malgré tout, quatre soeurs parviennent à survivre, chacune pensant être la dernière et devant réapprendre à vivre seule.

Sintonia happe dès les premières pages, avec son énergique prologue sanglant, créant instantanément l'envie d'en savoir plus sur cet univers et sur la vengeance possible des Sintonia. L'univers, c'est une science-fiction technologique, basée sur des nanobots. Dans un monde extérieur qu'on devine avoir des airs post-apocalyptiques. Avec des structures et des dynamiques qui sonnent fantasy. Fourre-tout ? Pas du tout. L'assemblage fonctionne parfaitement bien.

L'histoire fonctionne elle aussi très bien. Le point de vue change régulièrement entre les quatre soeurs, pour quatre fils tout aussi différents et intéressants les uns que les autres. Il y a du mystère et de la montée en puissance, c'est prenant et plaisant à découvrir. La progression est croissante et régulière... jusqu'à une brusque accélération finale, un peu trop rapide, qui ne donne pas le sentiment d'apothéose espéré, plutôt l'idée que bon, allez, il faut finir.

C'est d'autant plus dommage qu'il y a une vraie proposition dans cette fin, qui ajoute au fond développé pendant tout le roman. C'est le petit détail qui l'empêche pour moi d'atteindre le plus haut niveau d'excellence. La bonne nouvelle, c'est que ça ne l'empêche pas d'atteindre le palier juste en-dessous, celui des très bonnes lectures qui se lisent avec grand plaisir.

Couverture : Aurélien Police
D'autres avis : Vert, shaya, Le Maki, FeydRautha, Célinedanaë, Boudicca, Anudar, ...