lundi 14 janvier 2019

Laurent Genefort - Les Conquérants d'Omale

Les Conquérants d'Omale, Laurent Genefort, Tome 2/? d'Omale, 2002, 504 pages

Deuxième partie de l' "intégrale" 1 d'Omale après le roman éponyme, Les Conquérants d'Omale n'en est pas la suite car elle prend place bien plus tôt chronologiquement, à une époque où Humains et Chiles étaient en guerre ouverte. L'occasion donc d'en apprendre un peu plus sur l'Histoire d'Omale. Ou pas.

Ce deuxième tome confirme une constante : ce n'est pas pour les histoires qu'on lit Omale. Même si elle est ici meilleure - moins artificielle - que dans le premier livre, cela reste assez banal. J'y vois deux problèmes majeurs : c'est linéaire (on sait dès le départ qu'on va vivre une histoire du point A au point B et entre temps les péripéties sont... très mineures) et c'est froid (je ne me suis jamais pleinement senti investi, à l'exception des dernières pages/lignes). Sans évoquer la répartition des pages entre les trois histoires.

Quant à l'univers... Certes je l'ai mieux compris, saisi, et c'est déjà beaucoup. Mais j'en attendais un peu plus - une remarque qu'on peut généraliser à toute l'oeuvre - et surtout cela m'a semblé trop humain. Néanmoins la création reste admirable et je rejoins Gromovar sur tout le bien qu'il en dit.

Petite déception donc pour Les Conquérants d'Omale, et cette première intégrale en général. Cela manque d'un peu de flamboiement pour être réellement plaisant.

D'autre avis : Tigger Lilly, Vert, Xapur, Lorhkan, Julien, Le chien critique, ...

mardi 8 janvier 2019

Écran de fumée #9 - Mozart in the Jungle

Mozart in the Jungle, 2014-2018, terminée en 4 saisons de 10 épisodes de 25-30 minutes.

Ce n'est certes pas la série de la décennie, mais Mozart in the Jungle est suffisamment sympathique pour mériter quelques mots et, pourquoi pas, quelques heures de votre temps de visionnage. Après tout, qui peut résister à une bonne dose de folie douce et de bonne humeur ? C'est en tout cas le programme de cette comédie dramatique (comprendre : on s'amuse mais pas que, et ce sans ridicule ni vannes à gogo) qui tourne autour de l'orchestre du New York Symphony. Ah oui, j'ai oublié : la série parle de musique classique.

Ne partez pas en courant ! Oubliez vos clichés et vos mauvaises impressions : c'est de la musique classique mais c'est cool, bien plus "rock'n'roll" que ce qu'on peut imaginer. Et ce grâce aux personnages tous plus ou moins doux dingues. Ils peuvent paraitre un peu exagérés, voire caricaturaux, au premier abord mais c'est finalement pour la bonne cause et pour apporter une saine loufoquerie qui ne tourne jamais au ridicule. Tout cette bande est sublimée par le "héros" de l'histoire, le nouveau chef d'orchestre Rodrigo De Souza (et son maté), interprété magistralement par Gael Garcia Bernal, bien loin d'un chef banal et ordinaire, respirant la bonne humeur et la différence.

Mozart in the Jungle compte de nombreuses qualités mais l'une de ses principales est certainement de sans cesse se réinventer et de tenter des choses. C'est florissant et ça en est jubilatoire de voir quelles surprises nous réserve la suite. C'est étonnant et surprenant dans le bon sens des termes. Ajoutez à ça un intelligent format court (des épisodes de 25-30 minutes qu'on prend plaisir à laisser dérouler jusqu'à la dernière seconde pour profiter des morceaux de musique classique habillant les génériques de fin) qui permet de garder de la fraîcheur et vous avez une très sympathique série aussi imaginative que plaisante !

mercredi 2 janvier 2019

Laurent Genefort - Omale

Omale, Laurent Genefort, Tome 1/? d'Omale, 2001, 537 pages

Sur Omale cohabitent, plus ou moins difficilement - plutôt difficilement d'ailleurs - trois peuples : des Humains, des Chiles et des Hodgqins. Sur ce monde au passé mystérieux, plusieurs individus convergent dans une même direction, suivant d'anonymes instructions. Pour qui, pour quoi ? Telles sont les questions...

Mais plus que la quête des personnages, l'intérêt d'Omale repose sur la découverte de cette planète et de ces deux peuples extraterrestres que sont les Chiles et les Hodgqins. Ce n'est d'ailleurs pas toujours facile à imaginer et visualiser - ne me demandez pas d'expliquer clairement Omale - mais cela reste une intéressante gymnastique de l'esprit, même si de nombreux éléments rappellent - un peu trop - un certain passé terrestre.

Omale a tout du tome d'introduction. L'histoire en elle-même est peu mouvementée et est surtout une excuse pour découvrir le passé des personnages, et par conséquent visiter la planète. Cela mène à une fin assez brusque, ce qui n'est heureusement pas si dérangeant étant donné les faibles enjeux soulevés par l'intrigue.

J'aurais certainement été (très) déçu si Omale avait été un one-shot - je le suis quand même un peu, avouons-le. En l'occurrence, d'autres romans et nouvelles prennent place dans cet univers, ce qui rend acceptable ce premier volume - et première moitié de cette "intégrale 1" pour la version présentement lue. Une lecture sympathique en tant qu'introduction, qui pose plus de questions et d'envies qu'elle n'apporte de satisfaction immédiate.

jeudi 27 décembre 2018

Thierry Di Rollo - Proscenium

Proscenium, Thierry Di Rollo, 2017, 22 pages.

Sorn est un semi-mort : son corps ne ressent plus rien, n'a plus de besoin et n'est maintenu en vie que grâce à des injections de succédanés toutes les six heures. Juste de quoi lui permettre de poursuivre sa quête : retrouver Naëva.

Proscenium est une nouvelle frustrante. Frustrante car on s'attache à cet étonnant héros qu'est Sorn. Frustrante car on aime découvrir cet univers. Frustrante car on voudrait que cela continue, qu'il se passe plus de choses, ... Mais la fin arrive vite, après une histoire simple, sans guère de rebondissements. Entendons-nous bien : Proscenium est une bonne nouvelle, douce-amère. Mais un peu frustrante - dans le bon sens ?

vendredi 21 décembre 2018

Yoss - Planète à louer

Planète à louer, Yoss, 2002, 265 pages.

La Terre n'appartient plus aux humains. Alors qu'une guerre nucléaire s'apprêtait à être déclenchée, les xénoïdes sont arrivés et en ont pris le contrôle d'une main de fer. La Terre est désormais un monde touristique où les humains survivent, misérablement, avec pour seul espoir de quitter la planète.
« Toute ressemblance entre la Cuba des années 1990 et cette Terre du XXIe siècle est purement intentionnelle. »
Tout est dit dans cet extrait de la courte préface écrite par l'auteur. Et si l'on pourrait s'inquiéter de la nécessité de préciser ce fait, il n'en est rien : cette précision ne fait que renforcer notre nécessaire perception du texte. Un texte ou même des textes d'ailleurs : Planète à louer est un fix-up de 7 nouvelles suivant chacune un personnage - prostituée, policier, sportif, scientifique, ... - cherchant à améliorer ses conditions de vie. Et un fix-up de qualité, les différents récits se faisant écho les uns les autres via leurs personnages secondaires.

L'analogie à Cuba est parfaitement compréhensible et frappante, à en faire froid dans le dos. Pour autant, Planète à louer n'est pas juste un triste constat - sans apitoiement - sur un pays au travers de ses habitants. Il est bien plus que ça. C'est Cuba mais c'est aussi tout le reste du monde. C'est le passé, le présent et le futur. Ce sont des propos forts qui n'oublient pas le plaisir de la lecture. C'est la forme - les formes mêmes, tant le style d'écriture varie au gré des récits - et le fond au service d'un même objectif : informer plaisamment.

Pour moi, Planète à louer représente l'intérêt même de la science-fiction. Grâce à l'universalité qui en découle. Grâce à cet aspect imaginaire qui permet un certain recul psychologique et un plaisir de lecture augmenté, mais sans jamais atténuer la force des propos, bien au contraire. Pour toutes ces raisons et bien d'autres, Planète à louer est un chef-d’œuvre jusqu'à la dernière ligne. Une lecture indispensable. Gracias señor Yoss.

D'autre avis : Xapur, Lhisbei, Gromovar, Julien, ...