Le Dernier combat de Loretta Thurwar, Nana Kwame Adjei-Brenyah, 2023, 448 pages
États-Unis, futur proche. Chain-Gang All-Stars est le programme de télé-réalité populaire du moment. Des prisonniers s'y affrontent dans des combats à mort. S'ils survivent pendant trois ans, ils obtiennent leur liberté. Une échéance dont se rapproche Loretta Thurwar, superstar du programme.
Le sujet de Le Dernier combat de Loretta Thurwar est évident : la dénonciation du système carcéral américain et de ses dérives. Et pour que l'exagération de cette dystopie ne puisse pas laisser le moindre doute sur ses racines réelles, Nana Kwame Adjei-Brenyah explicite nombre d'inspirations et de données factuelles dans des notes de bas de page. Cela pourra éventuellement sortir un peu de l'immersion dans cet univers - ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose vu la morosité de l'ambiance - mais ce n'est de toute façon clairement pas la priorité.
Le Dernier combat de Loretta Thurwar n'est pas un ouvrage plaisant à lire. C'est une lecture dure et violente, mais surtout percutante et perturbante. Ne serait-ce que parce que la grande majorité des personnages sont des meurtriers - et ceux qui ne le sont pas sont à peu près tous détestables. Même si l'auteur ne tombe pas dans l'angélisme, cela reste particulier pour se positionner vis-à-vis des personnages. C'est une problématique qui est évoquée mais qui aurait mérité d'être plus développée. C'est de manière générale le petit bémol du roman, ce qui l'empêche d'atteindre une plus grande réussite : s'étendre un peu moins sur la dénonciation du système et aller un peu plus loin dans la réflexion, notamment au niveau d'éventuelles autres solutions. Le Dernier combat de Loretta Thurwar donne déjà bien du grain à moudre mais il aurait pu faire s'activer quelques moulins supplémentaires.
Couverture : Kimberly Glyder / Traduction : Héloïse Esquié
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