mardi 4 août 2026

Bulles de feu #88 - Juillet 2026

Un petit récapitulatif de mes lectures BDs/mangas/comics du mois, pour en garder une trace.
Le classement est absolument imparfait, insatisfaisant et un peu aléatoire mais peut donner un ordre d'idée. Les avis sont (ultra)brefs, n'hésitez pas à demander un complément d'informations en commentaire si nécessaire.

Mouais


Vagabond T.22-23/? - Takehiko Inoue

Ce n'est pas mauvais mais je n'ai à peu près aucun attachement pour les personnages.
Bien / Ok / Correct


Weekly - Juan Díaz Canalès et Giovanni Rigano

Un spin-off de l'excellente série Blacksad sur la jeunesse de Weekly. C'est ok mais ça reste assez anecdotique.


La Brute et le divin - Léonard Chemineau

Une bonne petite histoire écologique, idéologiquement basique mais agréable à suivre.


La Cuisine des ogres T.1/? - Fabien Vehlmann et Jean-Baptiste Andréae

Une BD qui a autant des airs de jeunesse (une jeune héroïne et une histoire simple) que de pas-jeunesse (sanguinolent et rude, dans les dessins et les idées). Une vraie bonne aventure qui utilise astucieusement plein de figures légendaires connues pour en faire sa propre tambouille.


Slam Dunk T.14/20 - Takehiko Inoue

Un bon tome de transition qui parvient à être intéressant et très important pour la suite.
Très bien


Grandville T.3/5 - Bryan Talbot

L'enquête n'a rien d'exceptionnel mais ce n'est pas un problème parce qu'on lit pour l'univers et les personnages et à ce niveau-là c'est toujours très bien.


Les Carnets de l'apothicaire T.1-2/? - Itsuki Nanao et Nekokurage

Un très bon début de série, à la hauteur de sa réputation, une héroïne attachante et un vrai plaisir de lecture.


Fantasy - Yoann Kavege

Un ouvrage unique qui ne contient pas une mais deux histoires, la première se lisant en prenant le livre dans le sens classique des BDs et la deuxième se lisant en prenant le livre "à l'envers", dans le sens manga. Deux histoires qui partagent une même conclusion mais sont chacune indépendantes et offrent leur propre aventure. Ce n'est pas forcément révolutionnaire dans les thèmes et l'univers mais c'est vraiment malin, ça a de bonnes idées et c'est très bien réalisé, en plus d'être visuellement très agréable.


Les Météores - Jean-Christophe Deveney et Tommy Redolfi

Sur le papier, ce sont des tranches de vies qui se croisent, très simples et peu joyeuses. Dans les faits, c'est une représentation rare de la "vraie vie", très touchante et d'une rare puissance.

mercredi 29 juillet 2026

Rosa Montero - Des animaux difficiles

Des animaux difficiles, Rosa Montero, Tome 4/4 des aventures de Bruna Husky, 2026, 283 pages

La trilogie mettant en scène Bruna Husky s'était clôturée en 2018 avec Le Temps de la haine. Enfin, c'est ce qu'on croyait, avant que n'apparaisse ce quatrième ouvrage mettant en scène la réplicante enquêtrice. Un livre qui prend place peu de temps après la fin du troisième tome et qui trouve justement sa justification dans cette fin (dont évidemment je ne me souvenais pas et qu'aucun résumé ne vient rappeler), Rosa Montero souhaitant traiter les conséquences qu'elle a pour Bruna.

Des conséquences qui ressemblent fortement aux tourments auxquels Bruna était déjà précédemment confrontée. Des atermoiements qui n'ont guère évolué et qui ne vont guère évoluer de presque tout le roman. Sur ce point, et sur les personnages plus globalement, ce retour dans l'univers de Bruna n'apparait pas indispensable. Ce n'est pas mieux au niveau de l'intrigue. L'enquête est réduite à son minimum, sans vrais rebondissements ni même de bonnes péripéties. L'histoire n'est là que pour évoquer deux sujets : le développement de l'IA et la montée du fascisme. Des thèmes très actuels mais qui ne paraissent pas à leur place dans une histoire censée se dérouler au XXIIème siècle. Un décalage qui est amplifié par un traitement basique, sans subtilité ni réel apport.

Difficile de voir en Des animaux difficiles un apport nécessaire et bienvenu à l'univers de Bruna Husky. Ça ne se lit pas si mal que ça et cela permet peut-être à Rosa Montero d'offrir à son héroïne la fin qu'elle lui souhaitait. Mais le chemin pour y parvenir n'était guère plaisant à parcourir.

Couverture : Design VPC ; photo © zf L - Getty Images et © PASIEKA - Getty Images / Traduction : Myriam Chirousse
D'autres avis : ...

jeudi 23 juillet 2026

Stark Holborn - La Porteuse de mort

La Porteuse de mort, Stark Holborn, 2021, 314 pages

Dix Low survit sur Factis, une lune désertique, où elle met à profit ses compétences de médecin pour améliorer le Compte. À la suite du crash d'un vaisseau, elle sauve une jeune fille qui s'avère être la Générale Gabriella Ortiz, une adolescente génétiquement modifiée et l'une des figures les plus connues de l'Accord, la force militaire contrôlant la majorité de l'univers. Et ce crash s'avère rapidement ne pas être accidentel.

Ainsi commence le voyage de Dix et de la Générale pour réussir à faire quitter la planète à cette dernière. Un voyage qui sent (pas) bon le sable, la chaleur, la misère, la poussière, l'aridité. Un voyage rendu difficile tant par les conditions environnementales que par les habitants de Factis, loin d'être tous amicaux. Un voyage, une survie ballottée par les évènements, c'est bien ça qu'est La Porteuse de mort, bien plus qu'une histoire classique avec un objectif clair.

De par son ambiance, La Porteuse de mort a tout du western. Et les fusillades n'y sont qu'un petit bonus. La Porteuse de mort a presque des airs de blockbuster avec cette fuite effrénée où les situations explosives et mortelles reviennent régulièrement. Mais il n'est pas que ça, notamment parce qu'il a aussi un fort aspect mystique, presque métaphysique, notamment avec un élément que je n'ai pas encore évoqué : les Si. Des voix qu'entend Dix, qui se nourriraient des probabilités et des choix, et qui sèmeraient la mort sur le chemin de la médecin. Un élément mi-science-fiction mi-fantastique qui donne une touche particulière et étrange au roman.

La Porteuse de mort est un roman étonnant. Il fait peut-être un peu trop de choses pour son propre bien et a du mal à aboutir pleinement ses idées. Mais il a le mérite d'avoir justement des idées et de tenter des choses. Il est atypique et donne l'impression de lire quelque chose de différent. Il lui manque un petit truc pour être vraiment très bien mais il a dans le même temps ce petit truc qui le rend singulier, et ça c'est déjà remarquable.

Couverture : Manchu / Traduction : Laurent Philibert-Caillat
D'autres avis : Shaya, FeyGirl, Le nocher des livres, Célinedanaë, Lutin82, Anudar, ...


Deuxième escale pour le Summer Star Wars Grogu

vendredi 17 juillet 2026

Megan Whalen Turner - Le Voleur

Le Voleur, Megan Whalen Turner, Tome 1/6 de Le Voleur de la Reine, 1996, 251 pages

Depuis qu'il a volé le sceau royal et s'est montré peu discret à ce sujet, Gen croupit en prison. Jusqu'à ce que le Mage, conseiller principal du roi, vienne le sortir de là. Avec un objectif : que Gen le suive, lui et ses apprentis, dans un royaume voisin et qu'il y vole une relique sacrée.

Le Voleur a tout de la bonne fantasy à capuche. Au-delà de son univers, une péninsule découpée en trois royaumes concurrents, l'aspect imaginaire y est assez limité et se concentrera sur quelques légendes divines et cosmogoniques. L'aspect capuche est lui bien plus présent : Gen se vante de pouvoir tout voler et a la répartie et l'aplomb attendus de ce genre de personnages, tout en étant assez intelligent pour savoir se taire et agir logiquement. Et le vol n'est pas qu'une excuse pour lancer l'histoire, il est bien au coeur du récit.

À l'image de son héros, Le Voleur est un ouvrage extrêmement malin dans sa narration. Toutes les informations, sur l'univers et sur les personnages, sont disséminées au fil des dialogues, qui eux-mêmes ont des raisons diégétiques. Ça ne révolutionne rien mais c'est bien fait et ça rend la lecture encore plus plaisante.

Ça vaut pour l'ensemble du roman : il ne révolutionne rien mais il fait tout très bien. C'est une lecture enthousiasmante avec une histoire prenante, qui réserve quelques surprises, et un héros entraînant. J'ai adoré. C'est en plus un tome 1 qui se suffit à lui-même, ayant une véritable fin. Mais vu l'excellence de celui-ci, impossible de ne pas avoir envie de dévorer les suivants !

Couverture : Sofonisba Anguissola / Traduction : Yoko Lacour
D'autres avis : Sometimes a book, Le nocher des livres, ...

samedi 11 juillet 2026

Haruki Murakami - 1Q84 (Livre 1, Avril-Juin)

1Q84 - Livre 1, Avril-Juin, Haruki Murakami, Tome 1/3 de 1Q84, 2009, 534 pages

1Q84 suit en alternance deux personnages. Aomamé est professeure d'arts martiaux... et secrètement tueuse d'hommes violents envers leurs femmes. Tengo est lui professeur de mathématiques et apprenti écrivain. Son éditeur va lui proposer de réécrire le roman d'une jeune adolescente, exceptionnel sur le fond mais manquant de forme.

Et en dire plus serait quasiment divulgâcher l'ensemble du récit tant les rebondissements et les avancées sont peu nombreuses. Ce premier tome de 1Q84 est une longue mise en place, présentant les personnages et semant les graines du problème et de l'aspect imaginaire - à base notamment d'un potentiel monde parallèle. Des graines, car comme toujours avec Haruki Murakami, le fantastique apparait par petites touches pour juste faire bifurquer, de manière presque naturelle, l'ordinaire dans l'extraordinaire.

Ce livre 1 de 1Q84 se lit bien et le mystère, lié à une secte et à cet aspect fantastique, est prometteur. Mais il est aussi un peu frustrant tant il ne fait qu'effleurer les enjeux. Ce premier tome représente un tiers de la série et je n'ai quasiment aucune idée de ce que je lis ni de ce que j'en pense. Si ce n'est que l'obsession des personnages pour les seins, et la relation un peu trouble entre Tengo et l'adolescente, n'est pas pour me plaire, et ce alors que le roman propose aussi de vrais enjeux féministes. Pour ce sujet comme de manière plus générale, 1Q84 est pour le moment un livre ambivalent, à la fois bon et moins bon, comme les deux faces d'une même pièce. À voir de quel côté celle-ci tombera dans le tome 2.

Couverture : ? / Traduction : Hélène Morita
D'autres avis : FeyGirl, ...