mercredi 6 mai 2026

Bulles de feu #85 - Avril 2026

Un petit récapitulatif de mes lectures BDs/mangas/comics du mois, pour en garder une trace.
Le classement est absolument imparfait, insatisfaisant et un peu aléatoire mais peut donner un ordre d'idée. Les avis sont (ultra)brefs, n'hésitez pas à demander un complément d'informations en commentaire si nécessaire.

Mouais


Grand petit homme - Zanzim

Une aventure assez loufoque avec une idée générale qui pourrait être bonne mais qui souffre de personnages assez détestables et d'une fin abrupte.
Bien / Ok / Correct


Vagabond T.16-19/37 - Takehiko Inoue

L'histoire est vaine mais les dessins ont une bonne dynamique.


Kagurabachi T.6/? - Keigo Shinzô

Un bon tome qui avance l'histoire et fait apparaitre de nouveaux personnages plutôt cools.


Billy Lavigne - Anthony Pastor

Un bon western, imparfait avec une fin pas totalement satisfaisante mais qui réussit à avoir un vrai grain de vie alors que tout y est condensé.


The Bugle Call T.7-8/? - Mozoku Sora et Higoro Toumori

Ça manque d'un petit truc que je n'arrive pas à définir pour passer au niveau supérieur mais ça reste plaisant et avec toujours une bonne utilisation des différents pouvoirs.


FRNCK T.7-8/? - Olivier Bocquet et Brice Cossu

Deux bons tomes, en partie anodins et développant plus l'univers que l'histoire mais en restant tout à fait plaisant à lire.
Très bien


Hirayasumi T.9/? - Keigo Shinzô

Ça peut parfois paraître anodin, un pur enchainement de petites tranches de vie, mais les personnages sont vraiment adorables.


Drome - Jessie Lonergan

Un gros ouvrage avec peu de textes, sorte de cosmogonie avec entités divines et superhéroïques, dont l'histoire semble peu poussée tout en étant hypnotisante. Très bon travail graphique, notamment sur l'utilisation du gaufrier. Étrange et sans effet wahou, mais très plaisant et avec un vrai truc.


Blue Period T.17/? - Tsubasa Yamaguchi

Encore un très bon tome qui parvient à véhiculer autant de réflexions sur l'art que d'émotions.


Là où tu vas - Étienne Davodeau

Un très bon ouvrage sur les troubles neurodégénératifs et leur accompagnement, ni anxiogène ni larmoyant, juste profondément humain. Très intéressant et très instructif.

jeudi 30 avril 2026

Michael McDowell - Katie

Katie, Michael McDowell, 1982, 456 pages

États-Unis, 1871. Philomela Drax vit seule avec sa mère, au bord de la misère. Une lettre de son grand-père pourrait les tirer de cette situation, mais il faut pour cela le sauver des Slape, sa belle-famille qui en a après son héritage et fait tout pour accélérer son trépas. C'est ce que va entreprendre Philo, malgré la dangerosité des Slape, des êtres sans foi ni loi, notamment la jeune Katie et ses dons de voyance.

Katie est un ouvrage horrible. Car la moitié du roman - surement un peu moins en réalité, mais beaucoup plus en ressenti - est consacrée aux Slape et à leurs répugnantes actions. Ce sont des méchants, des vrais. Ils ne sont pas fous, ils n'ont pas de grandes intentions, ils n'ont simplement aucun sens moral et se comportent essentiellement pour leur bon plaisir, quitte à laisser des cadavres derrière eux. Je n'ai pris aucun plaisir à lire ces passages mais ils sont indéniablement très bien rendus et font forte impression.

Et puis il y a l'autre côté du spectre, l'exact opposé, en la personne de Philo. Une héroïne entraînante, volontaire, travailleuse, un rayon de soleil qu'on ne peut qu'espérer voir s'épanouir et réussir. Si les Slape sont la noirceur incarnée, Philo a elle tout de la pureté incarnée. Elle est l'une des rares exceptions parmi une galerie de personnages marquants mais détestables et la raison qui pousse à avoir cette envie de lire un court chapitre de plus. Car si Katie est horrible, c'est aussi un bon feuilleton qui se lit tout seul. C'est en quelque sorte horriblement bon.

Couverture : Pedro Oyarbide / Traduction : Jean Szlamowicz
D'autres avis : FeyGirl, ...

vendredi 24 avril 2026

Éclats dormants / Éclats miroitants - Alix E. Harrow

Éclats dormants / Éclats miroitants, Alix E. Harrow, 2021/2022, 374 pages

Atteinte d'une maladie incurable, Zinnia sait depuis toujours qu'elle mourra jeune. Lors d'une dernière fête d'anniversaire organisée par sa meilleure amie sur le thème de La Belle au bois dormant, elle se retrouve projetée dans un autre monde. Où elle rencontre Primerose, une princesse dont l'histoire semble justement sortir tout droit de son conte de fées préféré.

Quand on pense conte de fées, on peut aussi bien imaginer les sombres histoires des Grimm ou Andersen que leurs plus joyeuses versions par Disney. Quand on pense réécriture de conte de fées, on peut aussi bien imaginer une manière de mettre en scène différemment des schémas classiques que l'occasion d'en moderniser les participants et les enjeux. Alix E. Harrow ne choisit pas. Elle fait tout cela à la fois.

Éclats dormants et Éclats miroitants sont deux novellas jouant avec les contes de fées, respectivement La Belle au bois dormant et Blanche-Neige. "Jouant" n'est pas un terme anodin : il y a une passion communicative qui se dégage de ces pages, provenant tout autant d'Alix E. Harrow que de Zinnia, son héroïne moderne qui a parfaitement conscience des codes du conte et qui connait sa classification ATU par coeur.

Éclats dormants / Éclats miroitants sont deux textes très malins, qui sont aussi bons en tant que réflexion méta sur les réécritures de contes que pour l'histoire de Zinnia elle-même. Deux textes qui suivent un principe proche mais sans être nullement répétitif. Au contraire, ils se complètent très bien et forment un tout cohérent et très agréable à lire, frais et moderne. Et ce qu'on soit adepte ou non des contes de fées.

Couverture : Pauline Ortlieb / Traduction : Thibaud Eliroff
D'autres avis : Vert, ...

samedi 18 avril 2026

Benjamin Stevenson - Tout le monde dans ce train est suspect

Tout le monde dans ce train est suspect, Benjamin Stevenson, Tome 2/? d'Ernest Cunningham, 2024, 370 pages

Après le succès de son premier livre qui racontait son périlleux séjour dans un hôtel de montagne, Tous les membres de ma famille ont déjà tué quelqu'un, Ernest Cunningham est devant l'angoisse de la page blanche alors qu'il doit écrire un deuxième roman, une fiction cette fois. Puisqu'il ne va tout de même pas de nouveau se retrouver au milieu d'une mystérieuse scène de crime, n'est-ce pas ? Si, évidemment. Le tout pendant un festival littéraire organisé à bord d'un train traversant l'Australie, avec à son bord plusieurs auteurices de polars.

Tous les membres de ma famille ont déjà tué quelqu'un était un roman marquant pour son style, brisant allègrement le quatrième mur et jouant avec les codes du polar "à la Agatha Christie". Mais est-ce possible de renouveler l'expérience une deuxième fois, sans être répétitif, lassant ou donner une impression de déjà vu ? Benjamin Stevenson prouve que oui avec ce Tout le monde dans ce train est suspect au moins aussi enthousiasmant que le premier.

Tout le monde dans ce train est suspect n'est pas un récit surprenant. Ne serait-ce que parce l'auteur annonce rapidement le plan de son ouvrage et qu'il met bien en lumière les indices qui seront utilisés lors de la résolution - et qui correspondent à peu près à tous les éléments du roman, comme il se doit. Il est même possible de résoudre quelques petites énigmes en avance. Et pourtant, cela ne l'empêche pas d'être tout de même surprenant, de parvenir à une grande scène finale avec son lot de révélations et avec l'immense satisfaction de voir toutes les pièces du puzzle s'imbriquer parfaitement.

La plus grosse surprise reste surement qu'il tient la route de bout en bout et que le gimmick de briser le quatrième mur reste bien intégré jusqu'à la toute fin, d'être justement bien plus qu'un simple gimmick. La maitrise du récit et le sens du détail de Benjamin Stevenson sont impressionnants. Ce qui lui permet d'offrir autant un bon polar qu'un ouvrage amusant. Et surtout un pur plaisir de lecture.

Couverture : Rémi Pépin / Traduction : Cindy Colin-Kapen
D'autres avis : Le Maki, Sometimes a book, ...

dimanche 12 avril 2026

Claire North - Pénélope, reine d'Ithaque

Pénélope, reine d'Ithaque, Claire North, Tome 1/3 de Le Chant des déesses, 2022, 477 pages

Après la guerre de Troie, Ulysse mit des années à rentrer chez lui à Ithaque, une épopée bien connue, contée dans L'Odyssée d'Homère. Ce qui est moins connu, c'est ce qui se passa à Ithaque pendant ce temps-là, au-delà de Pénélope détissant la nuit l'ouvrage qu'elle tissait le jour.

C'est cette zone d'ombre que Claire North éclaire ici, donnant une voix à celles - Pénélope mais aussi bien d'autres, divinités incluses - que les poètes n'évoquaient guère autrement que comme des objets. Une bonne dose de féminisme nécessaire dans une mythologie grecque aux comportements affligeants vus de notre époque.

Même sans grand suspense et avec ses atours de tragédie grecque, Pénélope, reine d'Ithaque est un ouvrage qui propose une vraie tension, preuve de la maitrise d'écriture de Claire North. Une écriture agréable malgré les faits qui ne le sont pas, dynamisée par quelques apostrophes narratives - d'Héra, rien que ça -, une habitude de l'autrice. Un vrai bon livre dont le sujet pourra limiter son nombre de lecteurices mais qui est pourtant de qualité tant pour son côté réécriture féministe que pour son récit en lui-même.

Couverture : Lisa Marie Pompilio d'après © Shutterstock / Traduction : Karine Forestier
D'autres avis : Lullaby, Boudicca, ...