dimanche 19 septembre 2021

Céline Minard - Le Dernier Monde

Le Dernier Monde, Céline Minard, 2007, 464 pages

En mission dans une station spatiale, Jaume Roiq Stevens refuse les ordres d'évacuation d'urgence et se retrouve seul dans l'espace. Jusqu'au jour où des phénomènes étranges semblent se dérouler sur Terre et qu'il ne capte plus aucune source de vie humaine. Il se décide alors à rentrer, sur une planète désormais vide.

Est-ce que cette situation de départ vous parait absolument improbable ? C'est pourtant ce qu'il y a de plus rationnel dans ce livre. C'est alors encore plus dommage que ce début soit complètement hystérique et ne donne absolument pas envie de suivre le personnage principal.

Je suis passé complètement à côté de Le Dernier Monde, dont j'ai lu les deux tiers en diagonale - ce qui ne m'a pas empêché, à mon avis, d'en comprendre autant que si j'en avais lu scrupuleusement tous les mots. C'est un livre complètement dingue et halluciné qui part dans tous les sens, une plongée dans la folie dont l'aspect SF n'est qu'une base pour les divagations de l'autrice - rien d'étonnant à ce qu'il ne soit pas publié en FolioSF. Cette lecture est à peu près l'idée que je me fais d'un trip sous acide. Et l'acide, ça n'a pas l'air pour moi. Un point positif tout de même : ma lecture d'Aleph Zero d'Olivier Caruso m'apparait désormais parfaitement sensée et claire.

Couverture : d'après photo Gaëlle Magder / Picturetank

lundi 13 septembre 2021

Olivier Caruso - Aleph Zéro

Aleph Zéro, Olivier Caruso, 2013, 10 pages (epub)

Des années après s'être connus au lycée, deux personnages se retrouvent à bord d'un train Paris-Marseille. L'occasion de parler du passé, aux souvenirs quelque peu différents pour chacun, mais aussi de mondes parallèles. Et de homard.

Si ce résumé ne parait pas clair, c'est normal : Aleph Zéro n'est pas une nouvelle qui brille par sa clarté. Si en filigrane on devine les tourments de la vie lycéenne, Olivier Caruso plaque là-dessus une sombre histoire d'ouverture de portail entre les mondes. L'ensemble est particulièrement foutraque tout en étant assez tragique. Il y a certainement de bonnes idées dans cette nouvelle, mais elles ne sont pas faciles à saisir. Et malheureusement la fin fait complètement retomber le soufflé. À réserver aux aventuriers de l'étrange.

Nouvelle offerte en téléchargement gratuit par Le Bélial' jusqu'au 30 septembre pour fêter la parution de "Symposium, Inc" du même auteur dans la collection Une Heure-Lumière.

Couverture : Olivier Jubo

mardi 7 septembre 2021

Bulles de feu #34 - Action !

Bookhunter, Jason Shiga, 2007, 148 planches

L'Agent Bay appartient à la Police des Bibliothèques. Sa mission ? Traquer les livres disparus et trouver les coupables de ces méfaits. Son enquête du jour le mettra sur la route d'un précieux incunable mystérieusement volé à la Bibliothèque Publique d'Oakland.

Bookhunter est une sympathique enquête qui reprend bon nombre de codes des films policiers et d'action - tendance old school - avec gadgets, armes, cascades, courses-poursuites et toute la panoplie imaginable. Non, ça ne rigole pas à la Police des Bibliothèques. Si c'est parfois un peu confus, ça fonctionne grâce à cet improbable décalage entre ces gros moyens et l'univers des bibliothèques. Ça n'est pas voué à rester profondément dans les mémoires, mais c'est une amusante BD, bien pensée et qui rendrait certainement très bien sur grand écran.

D'autres avis : Lune, Vert, ...

Yojimbot, Sylvain Repos, Tome 1/?, 2021, 147 planches

Dans ce parc d'attractions à l'abandon d'un Japon post-apocalyptique, les robots continuent d'effectuer leurs tâches habituelles, à l'image de ce robot-samouraï qui simule des combats avec ses confrères. Jusqu'à ce qu'un jeune garçon et son père surgissent de nulle part, pourchassés par une troupe armée. La première des trois lois de la robotique va alors le pousser à les sauver.

Des robots-samouraïs. Faut-il vraiment ajouter quelque chose pour démontrer l'intérêt de cette BD ? Ils sont classes, ils sont multiples, ils se battent bien, ils sont robots, ils sont samouraïs. Voilà.

Yojimbot est une bande-dessinée axée purement sur l'action, avec un soupçon d'aventure, mais surtout de l'action. Un petit peu trop à mon sens, même pour une BD de ce genre, ça manque d'un peu de respiration et d'un petit plus pour tenir sans lassitude et avec un véritable attachement les presque 150 planches de l'album. Malgré quelques cases un peu chargées et trop colorées, il n'en reste pas moins une bonne BD qui offre des cases majoritairement fluides et compréhensibles, aspect essentiel vu le nombre de scènes de combats. À voir si le tome 2 parviendra à gommer ces quelques bémols et à développer cet univers à fort potentiel. En attendant, il y a des robots-samouraïs.

Quelques planches ici.
D'autres avis : Yuyine, ...

mercredi 1 septembre 2021

Serge Lehman - Aucune étoile aussi lointaine

Aucune étoile aussi lointaine, Serge Lehman, 1998, 373 pages

Héritier d'une dynastie d'explorateurs ayant découvert et régnant sur la planète Murmank, le destin d'Arkadih est tout tracé : il sera un naute, arpentant l'espace pour protéger son peuple et ramener les récits de ses aventures. Tout bascule pourtant lorsqu'est installé sur Murmank un Toboggan, liant la planète au reste de l'Omnium en permettant à chacun de voyager instantanément à l'autre bout de la galaxie, rendant de fait inutiles les nautes et leurs vaisseaux.

Une grande aventure attend pourtant Arkadih. Une aventure qui emmènera le héros, et le lecteur avec lui, loin, très loin, et ce tant dans l'espace que dans le temps. Une impression de grandeur très bien rendue par Serge Lehman, qui parvient à faire pleinement ressentir ce gigantisme tout en ne délayant pas son récit et en gardant un rythme satisfaisant. Un excellent dosage pour du pur sense of wonder.

Aucune étoile aussi lointaine est un roman qui m'a pris par surprise et m'a gagné à sa cause sur la longueur, passant d'un roman correct mais assez lambda à une oeuvre touchante et captivante, grâce à la variété de ses péripéties, aux développements de ses personnages et au grand tout qui se forme peu à peu. J'ai un peu peur qu'il ne me marque pas durablement, par manque d'un vrai choc, mais ce serait bien dommage vu la qualité du texte, un space opera qui met des étoiles aussi bien dans les yeux que dans le coeur.

Couverture : ?
D'autres avis : Vert, ...

Première escale pour le SSW 2021

jeudi 26 août 2021

Priya Sharma - Ormeshadow

Ormeshadow, Priya Sharma, 2019, 170 pages

Contraint de quitter Bath avec ses parents, Gideon va désormais vivre dans la région d'Ormeshadow. Loin de son ancienne vie citadine, il va découvrir la ferme d'Ormesleep, dont la légende dit qu'elle est située sur les flancs de l'Orme, un dragon endormi depuis des siècles et qui cacherait un trésor.
« - C"est une histoire triste. Tout ce que tu racontes sur l'Orme est triste.
- Triste, joyeux : cela n'a pas de sens. Les choses sont ainsi.
»
Et ainsi est Ormeshadow. C'est dur et c'est triste, certes, c'est beau aussi par moment, mais c'est surtout très vrai.

La plupart des textes sont écrits pour paraitre plausibles, mais Priya Sharma parvient à rendre son récit et ses personnages, jusqu'à l'Orme, tout à fait réels, existants. Palpables. Il n'est pas question ici de paraître plausible : les choses sont, de toute évidence. Cela donne un superbe texte sur un garçon qui doit devenir homme au milieu de l'amertume et des non-dits des adultes qui l'entourent. Et c'est poignant.

Couverture : Aurélien Police / Traduction : Anne-Sylvie Homassel
D'autres avis : Gromovar, FeydRautha, Yuyine, Lhisbei, Célinedanaé, Vert, Boudicca, Anouchka, ...