samedi 22 août 2026

Sarah Beth Durst - La Petite Boutique de sortilèges

La Petite Boutique de sortilèges, Sarah Beth Durst, 2024, 413 pages

Kiela est bibliothécaire. Plus à l'aise avec les livres qu'avec les gens, elle vit littéralement dans la Grande Bibliothèque d'Alyssium. Jusqu'au jour où la révolution éclate dans l'empire et qu'elle doit fuir la bibliothèque incendiée. Elle retourne alors sur l'île de son enfance, dans la maison héritée de ses parents, accompagnée de Caz, son assistant plante araignée, et de quelques livres de sortilèges illégalement sauvés.

La Petite Boutique de sortilèges est un livre de cosy fantasy, un livre amical et bienveillant où les choses finissent bien. C'est évident dès les premières pages et c'est explicité par l'autrice dans ses remerciements. C'est l'effet recherché et c'est aussi l'effet réalisé car Sarah Beth Durst réussit parfaitement son objectif en offrant une petite bulle de joie et de bonheur.

Même la romance, clairement pas ma partie préférée de l'ouvrage, a le bon goût de rester limitée en effusions et de ne pas retarder son dénouement par des péripéties inutiles. Elle reste mignonne, surtout qu'elle est portée par des personnages sympathiques et attachants. C'est d'ailleurs ce qui porte le roman dans son ensemble : les personnages sont agréables et charismatiques. L'intrigue est là pour les mettre en valeur et, à défaut de se demander comment cela va finir, elle est efficace pour se demander de quelle manière iels vont s'en sortir.

Je ne pourrais pas lire ça tous les jours mais en l'occurrence ce fut une vraie bonne lecture. Une dose de bienveillance offerte avec intelligence et sans tomber dans la niaiserie, ça ne fait pas de mal, bien au contraire.

Couverture : Lulu Chen / Traduction : Clémentine Curie
D'autres avis : Lullaby, ...

dimanche 16 août 2026

Ursula K. Le Guin - Searoad

Searoad, Ursula K. Le Guin, 1987-1991, 295 pages

Searoad est un recueil de nouvelles ayant pour point commun de se dérouler dans la ville fictive de Klatsand, dans l'Oregon, en bordure de l'océan Pacifique. Les douze nouvelles proposent des tranches de vie d'habitantes, plus ou moins installées ou de passage, en proie aux difficultés communes de la vie. Chaque récit est indépendant mais certains éléments pourront parfois se faire écho d'un texte à l'autre.

Il ne se passe rien d'exceptionnel dans Searoad. Ce sont de pures tranches de vie, pas particulièrement tristes ou joyeuses. La lecture immédiate est satisfaisante mais je suis assez sûr que je n'en aurai rapidement aucun souvenir. Le seul élément vraiment saillant à la lecture étant l'écriture, particulièrement dans Main, coupe, coquillage qui présente trois points de vue sans aucune différenciation visuelle, pas même un saut de paragraphe, et qui est pourtant extrêmement clair. Ce qui rend assez ironique le fait que La Maison Herne, la dernière nouvelle et la plus longue (une centaine de pages), est celle qui m'a le moins plu, trop décousue alors que les changements de points de vue sont là très bien marqués.

S'il ne m'a pas particulièrement emballé, Searoad reste un bon recueil dont les qualités en font presque autant un recueil de poésie qu'un recueil de nouvelles. Une écriture humaine au service de textes humains.

Couverture : Miles Hyman / Traduction : Hélene Collon

lundi 10 août 2026

James S.A. Corey - La Guerre de Caliban

James S.A. Corey, La Guerre de Caliban, Tome 2/9 de The Expanse, 2012, 620 pages

La Guerre de Caliban est le deuxième tome, après L'Éveil du Léviathan, de The Expanse, la saga spatiale qui prend littéralement tout le système solaire pour cadre de son histoire. Une histoire qui se découpe cette fois encore en deux fils principaux - tous les deux d'un même intérêt - dont l'un suit toujours Jim Holden et son équipage.

La Guerre de Caliban a un défaut : il ne commence pas par un résumé du premier tome - merci aux contributeurices de Wikipédia pour la compensation. À part ça, c'est un pur plaisir du début à la fin. The Expanse, c'est la définition même du space opera : des voyages dans l'espace, des conflits entre superpuissances, du mystère alien, des batailles spatiales, tout y est. De manière dosée et sans jamais perdre de vue le plus important : l'humain. C'est un savant mélange d'actions et de discussions, ainsi qu'une capacité à rendre compte de la grandeur des enjeux et des actions tout en conservant une hauteur humaine dans le point de vue et le ressenti.

Parler de grandeur des enjeux est presque trop faible au regard de ceux qui sont développés ici. C'est absolument gigantesque. Planétairement gigantesque. Et il reste pourtant encore sept tomes. Je n'ai aucune idée de comment ça va bien pouvoir continuer sur ce rythme. Mais j'ai une idée sur comment le savoir : en poursuivant la lecture de cette excellente grande aventure spatiale.

Couverture : DR / Traduction : Thierry Arson
D'autres avis : shaya, Lorhkan, Le Maki, Gromovar, Anudar, Apophis, Herbefol, Lune, ...


Troisième escale pour le Summer Star Wars Grogu

mardi 4 août 2026

Bulles de feu #88 - Juillet 2026

Un petit récapitulatif de mes lectures BDs/mangas/comics du mois, pour en garder une trace.
Le classement est absolument imparfait, insatisfaisant et un peu aléatoire mais peut donner un ordre d'idée. Les avis sont (ultra)brefs, n'hésitez pas à demander un complément d'informations en commentaire si nécessaire.

Mouais


Vagabond T.22-23/? - Takehiko Inoue

Ce n'est pas mauvais mais je n'ai à peu près aucun attachement pour les personnages.
Bien / Ok / Correct


Weekly - Juan Díaz Canalès et Giovanni Rigano

Un spin-off de l'excellente série Blacksad sur la jeunesse de Weekly. C'est ok mais ça reste assez anecdotique.


La Brute et le divin - Léonard Chemineau

Une bonne petite histoire écologique, idéologiquement basique mais agréable à suivre.


La Cuisine des ogres T.1/? - Fabien Vehlmann et Jean-Baptiste Andréae

Une BD qui a autant des airs de jeunesse (une jeune héroïne et une histoire simple) que de pas-jeunesse (sanguinolent et rude, dans les dessins et les idées). Une vraie bonne aventure qui utilise astucieusement plein de figures légendaires connues pour en faire sa propre tambouille.


Slam Dunk T.14/20 - Takehiko Inoue

Un bon tome de transition qui parvient à être intéressant et très important pour la suite.
Très bien


Grandville T.3/5 - Bryan Talbot

L'enquête n'a rien d'exceptionnel mais ce n'est pas un problème parce qu'on lit pour l'univers et les personnages et à ce niveau-là c'est toujours très bien.


Les Carnets de l'apothicaire T.1-2/? - Itsuki Nanao et Nekokurage

Un très bon début de série, à la hauteur de sa réputation, une héroïne attachante et un vrai plaisir de lecture.


Fantasy - Yoann Kavege

Un ouvrage unique qui ne contient pas une mais deux histoires, la première se lisant en prenant le livre dans le sens classique des BDs et la deuxième se lisant en prenant le livre "à l'envers", dans le sens manga. Deux histoires qui partagent une même conclusion mais sont chacune indépendantes et offrent leur propre aventure. Ce n'est pas forcément révolutionnaire dans les thèmes et l'univers mais c'est vraiment malin, ça a de bonnes idées et c'est très bien réalisé, en plus d'être visuellement très agréable.


Les Météores - Jean-Christophe Deveney et Tommy Redolfi

Sur le papier, ce sont des tranches de vies qui se croisent, très simples et peu joyeuses. Dans les faits, c'est une représentation rare de la "vraie vie", très touchante et d'une rare puissance.

mercredi 29 juillet 2026

Rosa Montero - Des animaux difficiles

Des animaux difficiles, Rosa Montero, Tome 4/4 des aventures de Bruna Husky, 2026, 283 pages

La trilogie mettant en scène Bruna Husky s'était clôturée en 2018 avec Le Temps de la haine. Enfin, c'est ce qu'on croyait, avant que n'apparaisse ce quatrième ouvrage mettant en scène la réplicante enquêtrice. Un livre qui prend place peu de temps après la fin du troisième tome et qui trouve justement sa justification dans cette fin (dont évidemment je ne me souvenais pas et qu'aucun résumé ne vient rappeler), Rosa Montero souhaitant traiter les conséquences qu'elle a pour Bruna.

Des conséquences qui ressemblent fortement aux tourments auxquels Bruna était déjà précédemment confrontée. Des atermoiements qui n'ont guère évolué et qui ne vont guère évoluer de presque tout le roman. Sur ce point, et sur les personnages plus globalement, ce retour dans l'univers de Bruna n'apparait pas indispensable. Ce n'est pas mieux au niveau de l'intrigue. L'enquête est réduite à son minimum, sans vrais rebondissements ni même de bonnes péripéties. L'histoire n'est là que pour évoquer deux sujets : le développement de l'IA et la montée du fascisme. Des thèmes très actuels mais qui ne paraissent pas à leur place dans une histoire censée se dérouler au XXIIème siècle. Un décalage qui est amplifié par un traitement basique, sans subtilité ni réel apport.

Difficile de voir en Des animaux difficiles un apport nécessaire et bienvenu à l'univers de Bruna Husky. Ça ne se lit pas si mal que ça et cela permet peut-être à Rosa Montero d'offrir à son héroïne la fin qu'elle lui souhaitait. Mais le chemin pour y parvenir n'était guère plaisant à parcourir.

Couverture : Design VPC ; photo © zf L - Getty Images et © PASIEKA - Getty Images / Traduction : Myriam Chirousse
D'autres avis : ...