vendredi 12 avril 2024

Tristan Garcia - 7

7, Tristan Garcia, 2015, 570 pages

Une nouvelle drogue qui fait rajeunir, une archéologie de la musique, deux visages liés entre eux, une révolution uchronique, la croyance envers les extraterrestres, des bulles communautaires et un homme immortel. C'est le (vague et imparfait) programme des 7 textes qui composent 7. Un ouvrage qui doit être considéré comme un recueil de nouvelles, même si le dernier texte, La Septième, est bien plus long - la moitié du livre environ - et qu'il dévoile quelques éléments "méta", reliant l'ensemble, qui restent toutefois assez anodins.

Il y a pas mal de bonnes choses dans 7. À commencer par des petites idées fantastico-SF qui servent de base aux différentes histoires. Agrémentées d'une écriture qui sait se faire captivante par moment, cela donne six nouvelles tout à fait correctes à lire, avec Sanguine et L'Existence des extraterrestres un cran au-dessus des autres.

Malheureusement, la novella qui conclut l'ouvrage est à mon goût le texte le plus faible du recueil. Là où les autres récits peinaient seulement dans leurs démarrages, la longueur de La Septième fait revenir plus d'une fois une certaine lassitude et désintérêt - surtout à la 42ème évocation de l'odeur de la cannelle. Il y a indéniablement des idées et un projet mais, pour être dans le cliché, là où il existait une certaine balance entre littérature blanche et littérature de genre dans les textes précédents, elle semble pencher ici vers la littérature générale, avec des considérations et des thématiques qui ne m'ont pas emballées. Une lecture en dents de scie qui se termine sur une note un peu négative, pour un ouvrage qui n'a pourtant pas que du négatif à proposer.

Couverture : /
D'autres avis : Vert, ...

samedi 6 avril 2024

Bulles de feu #60 - Mars 2024

Un petit récapitulatif de mes lectures BDs/mangas/comics du mois, pour en garder une trace.
Le classement est absolument imparfait, insatisfaisant et un peu aléatoire mais peut donner un ordre d'idée. Les avis sont (ultra)brefs, n'hésitez pas à demander un complément d'informations en commentaire si nécessaire.

Bien / Ok / Correct


L'Oxalis et l'Or T.1-2/10 - Eiichi Kitano

Un manga consacré à l'émigration irlandaise et à la ruée vers l'or, qui sans être mauvais est à deux doigts du "mouais", à cause surtout de son mélange des tons perturbant, à la fois très dramatique mais aussi très loufoque par moment.


Panda Detective Agency T.1/? - Pump Sawae

Un manga dont les "enquêtes" sont une excuse pour proposer de petites tranches de vie sur des individus atteints de métamorphie, une maladie les faisant se changer peu à peu en animaux. Ce n'est pas mauvais mais c'est trop rapide et survolé pour être réellement attachant.


Fends le vent ! T.1/5 - Wataru Midori

Un bon premier tome pour ce manga de sport assez classique mais qui a un mérite : parler de handisport avec son héros amputé d'une jambe.


Insomniaques T.10/14 - Makoto Ojiro

Un tome un peu vide, mais tout de même toujours agréable.
Très bien


Hirayasumi T.2-3/? - Keigo Shinzô

Une série vraiment agréable à lire, feel-good, aux personnages attachants.


Friday T.1/3 - Ed Brubaker, Marcos Martín et Muntsa Vicente

Un tome introductif mais très prometteur pour ce polar/thriller fantastique sur une base très maline d'un duo de jeunes détectives type Sherlock/Watson qui a grandi et dont la relation a changé.


Tsugai - Deamons of the Shadow Realm T.1-2/? - Hiromu Arakawa

Une très bonne surprise que cette nouvelle série de l'autrice, avec toujours ses dessins caractéristiques mais un univers bien différent, plus urban fantasy moderne que ce que la couverture et le titre laissent penser ; un très gros potentiel.

dimanche 31 mars 2024

Becky Chambers - Archives de l'exode

Archives de l'exode, Becky Chambers, Tome 3/? des Voyageurs, 2018, 364 pages

Il y a fort longtemps, lorsqu'ils ont quitté leur Terre dévastée, les humains sont partis à bord de gigantesques vaisseaux-mondes, la Flotte d'exode. Si les descendants des terriens ont désormais essaimés sur d'autres planètes, la Flotte est toujours là, en orbite autour d'un soleil, formant un territoire aux moeurs particulières. Archives de l'exode suit 5 personnages vivant sur l'Asteria, un vaisseau de cette Flotte.

Archives de l'exode est dans la droite lignée des précédents romans de la série des Voyageurs mais n'en est nullement une répétition, ne serait-ce que dans son schéma général. Alors que L'Espace d'un an suivait un petit équipage au complet et que Libration suivait un personnage principal, Archives de l'exode suit plusieurs personnages qui ne sont pas liés entre eux même s'ils se croiseront aux détours de leurs vies respectives. Ce n'est pas une différence révolutionnaire mais cela donne tout de même le sentiment de lire des romans réellement différents et ayant leurs identités propres. Le même constat vaut pour les idées développées, proches dans leur thématique générale mais pourtant sensiblement différentes à chaque fois. Ce renouvellement est une des grandes qualités de la série.

Cette lecture m'a aussi confirmé pourquoi je préfère très largement les romans de Becky Chambers à ses novellas Histoires du moine et du robot, les deux partageant pourtant une même thématique de recherche de sa place dans le monde. Outre qu'elle y a plus de temps pour développer son propos, Becky Chambers y propose surtout plus de situations concrètes et variées, qui sonnent bien plus vraies notamment car il y a - très modérément - un peu d'antagonisme. Et avec aussi un peu plus de subtilité, où tout du moins une meilleure intégration des idées au récit, permettant une lecture à la fois prenante dans son déroulé, attachante par ses personnages et touchante lors de quelques très beaux passages, parfois pourtant assez anodins. Archives de l'exode est une nouvelle fois une combinaison du meilleur de ce que Becky Chambers a à proposer.
« Grâce au sol, debout ; grâce aux vaisseaux, vivants ; par les étoiles, l'espoir. »
Couverture : Nicolas Sarter / Traduction : Marie Surgers
D'autres avis : Shaya, Yuyine, OmbreBones, Alys, ...

lundi 25 mars 2024

Terry Pratchett - Les petits dieux

Les petits dieux, Terry Pratchett, Tome 13/35 des Annales du Disque-Monde, 1992, 390 pages

Omnia est un pays dirigé par des religieux croyant en Om, leur dieu. Frangin y est un simple novice, jusqu'à ce qu'une tortue borgne se mette à lui parler. Une tortue qui s'avère être une incarnation de Om, en mal de vrais fidèles pour lui permettre de regagner ses pouvoirs.

Les petits dieux est un tome indépendant du Disque-Monde, n'appartenant à aucun sous-cycle. Si tous les romans peuvent se lire indépendamment, c'est une caractéristique qui se prête particulièrement bien à celui-ci tant il aurait pu être publié à part, sous un autre nom, et fonctionner tout aussi bien. Notamment car l'humour y est moindre, en tout cas moins marqué par le style caractéristique - et propre à diviser - de Terry Pratchett.

Sans surprise, Les petits dieux traite principalement de religion, mais aussi de philosophie, de pouvoir et d'obscurantisme. Il ne révolutionne rien dans son propos, mais il propose une sorte de résumé complet de ce qu'est la religion et ses dérives. C'est très malin et extrêmement bien fait, parodiant de nombreuses références et critiquant l'ensemble tout en douceur. Ce n'est pas forcément le volume le plus excitant mais c'est éminemment respectable.

Couverture : Josh Kirby / Traduction : Patrick Couton
D'autres avis : Lullaby, ...

mardi 19 mars 2024

Claire North - Les Quinze premières vies d'Harry August

Les Quinze premières vies d'Harry August, Claire North, 2014, 570 pages

Harry August est sur le point de mourir. Pour la 11ème fois. Car à chaque fois qu'il meurt, il renait dans les mêmes circonstances que la première fois, mais avec une particularité : il conserve tous ses souvenirs. Sauf qu'avant de s'éteindre une nouvelle fois, il reçoit une visite. Une jeune fille qui a un message à lui transmettre : la fin du monde approche, de plus en plus vite.

Sur cette base très intrigante, Claire North crée une histoire encore plus timey-wimey qu'un 'simple' voyage dans le temps et revisite de manière très maline ce genre, avec toutes les problématiques habituelles mais des implications peut-être encore plus importantes. Le tout en restant parfaitement compréhensible et palpable. Il n'y a guère qu'un élément qui soit un peu plus complexe à appréhender, mais le roman est dans son ensemble étonnamment simple et abordable.

Il y a une raison à cela. Les Quinze premières vies d'Harry August se lit bien plus comme un thriller que comme un récit de voyage dans le temps. Dans une forme qui ne manquera pas de rappeler La Maison des jeux à celleux qui l'ont lue tant il partage d'innombrables points communs avec cette excellente trilogie. Cela se retrouve aussi bien dans le style vif de l'autrice que dans la manière plus générale de narrer une intrigue d'ampleur mondiale à taille humaine, portée par quelques personnages forts.

Et à l'image de La Maison des Jeux, Les Quinze premières vies d'Harry August est un excellent roman. C'est prenant et excitant à lire, satisfaisant de la première à la dernière ligne.

Couverture : Fabrice Borio d'après © Magdalena Russoka - Trevillon Images / Traduction : Isabelle Troin
D'autres avis : Le chien critique, Célinedanaë, Lianne, Anudar, Le Maki, ...