dimanche 9 décembre 2018

Liu Cixin - Avec ses yeux

Avec ses yeux, Liu Cixin, 2011, 20 pages.
« Elle m’en donna la localisation ; je me mis en route avec ses yeux. »
Ses yeux, ce sont des lunettes capables de proposer au récepteur toutes les sensations perçues par leur porteur. L'occasion pour les nombreux individus vivants dans l'espace de passer des vacances à moindre frais sur notre bonne vieille planète bleue.

L'intérêt d'Avec ses yeux réside dans le mystère que l'on sent exister sur l'identité et la situation de cette jeune femme pour laquelle le narrateur utilise ses yeux. Pour autant, le dénouement est amené avec calme et simplicité, comme l'ensemble de la nouvelle, ce qui donne pas une réelle sensation de "Wahou !" propre aux nouvelles à chute. Si cela freine quelque peu l'enthousiasme immédiat vis-à-vis de ce récit, Avec ses yeux reste une très bonne nouvelle. Simple et touchante, elle propose un cadre rare tout en faisant la part belle aux petits plaisirs de la vie et à la beauté de la Terre. Et c'est déjà beaucoup.

lundi 3 décembre 2018

Hugh Howey - Phare 23

Phare 23, Hugh Howey, 2015, 233 pages.
« Et je me dis que jusqu'à ce qu'on arrive à surpasser l'Intelligence Artificielle, la Nasa aura toujours besoin de singes comme nous dans l'espace. Pour prendre ce genre de décisions stupides. »
Milieu du XXIIIème siècle. Le narrateur vit seul dans une balise, dans l'espace, au bord d'un champ d'astéroïdes. Gardien de phare moderne, il doit gérer les imprévus tout en ressassant son passé de soldat.

Le pitch n'est pas forcément des plus enthousiasmants, mais pourquoi pas. Surtout que le démarrage est plutôt actif, au contraire de ce que l'on pourrait imaginer dans l'histoire d'un gardien de phare solitaire. L'intérêt est là dans toute la première moitié, entre plaisir d'observer un phare de l'espace et quelques étrangetés du narrateur.

Et puis ça se tasse. Ce n'est pas mauvais en soi, mais le désintérêt pointe un peu dans la seconde moitié. La lecture n'est pas nécessairement désagréable mais il manque quelque chose d'accrochant, de marquant, de réellement intéressant. Un sentiment qui n'est pas aidé par un cinquième chapitre - ou cinquième nouvelle tant on peut considérer, dans la forme et dans le fond, que Phare 23 est un fix-up de 5 nouvelles - qui est sûrement le plus faible malgré une bonne idée de fond. Reste au final une lecture mitigée sans réellement réussir à cerner les points négatifs.

D'autre avis : Lune, Samuel Ziterman, Yogo, AcrO, ...

mardi 27 novembre 2018

Mike Resnick - Santiago

Santiago, Mike Resnick, 1986, 271 & 245 pages.

Livre lu il y a plusieurs mois, mais non-chroniqué ici-bas. Par souci d'exhaustivité, en voici quelques bafouilles encore plus courtes que d'habitude, sur la base de mes souvenirs.

Qu'est-ce que c'est bien ! En même temps, comment peut-il en être autrement quand Mike Resnick associe western et space opera dans un véritable western spatial, avec chasseurs de primes et personnages étonnants à chaque coin de planète ?

Le tout dans un univers qui apparait comme immense et riche, avec ses propres légendes distillées à chaque début de chapitre par les quatrains d'Orphée Noire. Et pourtant, tout est fluide et dynamique, notamment car les points de vue varient et que les dialogues l'emportent aisément sur les descriptions. Du très bon divertissement !

mercredi 21 novembre 2018

Stéphane Beauverger - Le Déchronologue

Le Déchronologue, Stéphane Beauverger, 2009, 554 pages.

Cela dit, Le Déchronologue est une lecture sympathique. Ça aurait été encore mieux avec une centaine de pages de moins ou une fin plus marquante, mais cela reste un bon roman de pirates dans un cadre fort documenté - chapeau - qui est agréable à lire pour le(s) mystère(s) qui l'entoure(nt).

Si ce succinct résumé ne dévoile pas les véritables enjeux du roman, c'est que le principal intérêt du Déchronologue réside dans la découverte, la surprise et la compréhension de cet univers à la fois connu et inconnu. On peut tout de même dire, sans rien divulgâcher puisque le titre l'évoque, qu'il sera question de temps.

D'autre avis : Nikao, Lorhkan, Julien, Thom, Vert ...

Caraïbes, milieu du XVIIème siècle. Ayant quitté la France après la chute de La Rochelle, le capitaine Henri Villon est devenu flibustier et aide les huguenots à s'implanter dans les Caraïbes. Mais une chose l'intéresse davantage : la découverte de maravillas, ces petits objets étonnants qui apparaissent de plus en plus fréquemment dans les alentours.
« - Je pourrais le faire maintenant ?
- Non,
capitan. (...) Il faut que les choses se fassent dans l'ordre. »
Et puisqu'on parle de temps, il faut nécessairement signaler la particularité du roman qui est d'avoir ses chapitres mélangés, ne suivant pas l'ordre chronologique. C'est marrant, ça ménage un peu plus le suspense, ça rebondit, ça donne l'impression de lire un livre avec plusieurs points de vue (alors qu'il s'agit en fait toujours du même personnage). C'est marrant un temps. Et puis ça s'essouffle dans la seconde moitié, tant dans le procédé que dans l'histoire. Jusqu'à me faire dire, une fois le live refermé, que c'est une jolie fantaisie mais que ça n'apporte pas grand chose, voire rien.
« Je suis le capitaine Henri Villon et je mourrai bientôt. »

jeudi 15 novembre 2018

Philip K. Dick - Le Dernier des maîtres

Le Dernier des Maîtres, Philip K. Dick, 1952-1967, 363 pages.

Le Dernier des Maîtres est un recueil de 11 nouvelles qui pourrait presque être confondu avec une anthologie tant les textes semblent tous se rapporter aux mêmes thématiques : Réalités et Guerres. C'est cette dernière qui est la plus présente avec des récits montrant, en tant qu'élément central ou en arrière-plan, des conflits d'ampleur se préparer, se prolonger ou se dénouer.

Au-delà de ces conflits, c'est le danger du nucléaire - et particulièrement les bombes H - qui apparait omniprésent dans bon nombre de nouvelles. Rappelons qu'à l'exception de deux récits - Le Retour du refoulé et Match retour, parus en 1965 et 1967 - toutes les nouvelles ont été publiées entre 1952 et 1957, de quoi certainement expliquer cette obsession. Et cela reste toujours - toujours plus ? - d'actualité, tant dans la forme que dans le fond.

Si évidemment 2-3 nouvelles sont en-dessous - La Révolte des jouets qui ouvre l'ouvrage est parfaitement banale et Les Rampeurs n'apporte pas grand chose - il faut noter que le recueil est dans son ensemble de bonne, voire très bonne, qualité. De quoi me réconcilier avec l'auteur, avec lequel j'avais été quelque peu frustré en version longue, au travers de récits plus efficaces. Avec une mention spéciale pour Les Assiégés, ma préférée du recueil. À découvrir.