vendredi 17 juillet 2026

Megan Whalen Turner - Le Voleur

Le Voleur, Megan Whalen Turner, Tome 1/6 de Le Voleur de la Reine, 1996, 251 pages

Depuis qu'il a volé le sceau royal et s'est montré peu discret à ce sujet, Gen croupit en prison. Jusqu'à ce que le Mage, conseiller principal du roi, vienne le sortir de là. Avec un objectif : que Gen le suive, lui et ses apprentis, dans un royaume voisin et qu'il y vole une relique sacrée.

Le Voleur a tout de la bonne fantasy à capuche. Au-delà de son univers, une péninsule découpée en trois royaumes concurrents, l'aspect imaginaire y est assez limité et se concentrera sur quelques légendes divines et cosmogoniques. L'aspect capuche est lui bien plus présent : Gen se vante de pouvoir tout voler et a la répartie et l'aplomb attendus de ce genre de personnages, tout en étant assez intelligent pour savoir se taire et agir logiquement. Et le vol n'est pas qu'une excuse pour lancer l'histoire, il est bien au coeur du récit.

À l'image de son héros, Le Voleur est un ouvrage extrêmement malin dans sa narration. Toutes les informations, sur l'univers et sur les personnages, sont disséminées au fil des dialogues, qui eux-mêmes ont des raisons diégétiques. Ça ne révolutionne rien mais c'est bien fait et ça rend la lecture encore plus plaisante.

Ça vaut pour l'ensemble du roman : il ne révolutionne rien mais il fait tout très bien. C'est une lecture enthousiasmante avec une histoire prenante, qui réserve quelques surprises, et un héros entraînant. J'ai adoré. C'est en plus un tome 1 qui se suffit à lui-même, ayant une véritable fin. Mais vu l'excellence de celui-ci, impossible de ne pas avoir envie de dévorer les suivants !

Couverture : Sofonisba Anguissola / Traduction : Yoko Lacour
D'autres avis : Sometimes a book, Le nocher des livres, ...

samedi 11 juillet 2026

Haruki Murakami - 1Q84 (Livre 1, Avril-Juin)

1Q84 - Livre 1, Avril-Juin, Haruki Murakami, Tome 1/3 de 1Q84, 2009, 534 pages

1Q84 suit en alternance deux personnages. Aomamé est professeure d'arts martiaux... et secrètement tueuse d'hommes violents envers leurs femmes. Tengo est lui professeur de mathématiques et apprenti écrivain. Son éditeur va lui proposer de réécrire le roman d'une jeune adolescente, exceptionnel sur le fond mais manquant de forme.

Et en dire plus serait quasiment divulgâcher l'ensemble du récit tant les rebondissements et les avancées sont peu nombreuses. Ce premier tome de 1Q84 est une longue mise en place, présentant les personnages et semant les graines du problème et de l'aspect imaginaire - à base notamment d'un potentiel monde parallèle. Des graines, car comme toujours avec Haruki Murakami, le fantastique apparait par petites touches pour juste faire bifurquer, de manière presque naturelle, l'ordinaire dans l'extraordinaire.

Ce livre 1 de 1Q84 se lit bien et le mystère, lié à une secte et à cet aspect fantastique, est prometteur. Mais il est aussi un peu frustrant tant il ne fait qu'effleurer les enjeux. Ce premier tome représente un tiers de la série et je n'ai quasiment aucune idée de ce que je lis ni de ce que j'en pense. Si ce n'est que l'obsession des personnages pour les seins, et la relation un peu trouble entre Tengo et l'adolescente, n'est pas pour me plaire, et ce alors que le roman propose aussi de vrais enjeux féministes. Pour ce sujet comme de manière plus générale, 1Q84 est pour le moment un livre ambivalent, à la fois bon et moins bon, comme les deux faces d'une même pièce. À voir de quel côté celle-ci tombera dans le tome 2.

Couverture : ? / Traduction : Hélène Morita
D'autres avis : FeyGirl, ...

dimanche 5 juillet 2026

Bulles de feu #87 - Juin 2026

Un petit récapitulatif de mes lectures BDs/mangas/comics du mois, pour en garder une trace.
Le classement est absolument imparfait, insatisfaisant et un peu aléatoire mais peut donner un ordre d'idée. Les avis sont (ultra)brefs, n'hésitez pas à demander un complément d'informations en commentaire si nécessaire.

Bien / Ok / Correct


Vagabond T.20-21/37 - Takehiko Inoue

Dans la continuité, les mêmes qualités de fluidité du dessin mais la même inanité de l'histoire.


Kaiju n°8 T.16/16 - Naoya Matsumoto

Une vraie bonne conclusion pour une vraie bonne série qui n'aura rien révolutionné mais qui aura toujours été plaisante et qui se termine pile au bon moment.


La Dent - Nicolas Pitz et Pierre Lecrenier

Un exemple de "show, don't tell". Une BD historique qui se lit totalement 'comme une histoire', sans aucune cartouche. Elle n'a pas vocation à être exhaustive sur la figure de Lumumba mais elle permet un bon premier aperçu à approfondir par soi-même.


Fannie la Renoueuse Tome indépendant 4/? des Contes de la Pieuvre - Gess

L'univers est toujours aussi bon mais cette histoire est la moins bonne des quatre publiées. Notamment car moins indépendante et un peu plus commune, plus un développement de personnages vus dans le deuxième tome qu'une nouvelle découverte.
Très bien


Gachiakuta T.1-3/16 - Kei Urana

Un très bon début de série tant au niveau de l'univers que de l'histoire et des personnages. Un potentiel évident avec pour l'instant une clarté remarquable, hormis pour les dessins des scènes de combats.


Dans le sens du vent T.1-2/? - Aki Irie

Un manga difficile à résumer tant les deux premiers tomes n'ont rien à voir l'un et l'autre. Le premier a une approche enquête/mystère quand le deuxième est plus une grande présentation de l'Islande. Un bémol sur la (future) romance adolescente assez cliché shonen mais ça reste un aspect mineur pour le moment, qui ne doit pas masquer un très bon potentiel, un côté atypique et une passion pour l'Islande qui se ressent.


Knight Club T.1/? - Arthur De Pins

Une très bonne revisite des sept samouraïs/mercenaires version "au XIIème siècle pendant les croisades". Les personnages sont hauts en couleur et l'histoire est très dynamique, tant par son scénario que par son dessin, ça donne l'impression de regarder un film d'animation.

lundi 29 juin 2026

Becky Chambers - Apprendre, si par bonheur

Apprendre, si par bonheur, Becky Chambers, 2019, 135 pages

Apprendre, si par bonheur est le rapport de mission que quatre astronautes, partis il y a bien longtemps explorer quatre exoplanètes, ont envoyé à la Terre. Une certaine urgence et une grande importance émergent des premières lignes, mais il faudra attendre la conclusion pour comprendre la raison de cet envoi et le besoin crucial d'une réponse. Ce qui n'est nullement un moyen de faire durer le suspense, le chemin étant essentiel pour bien comprendre la destination.

Le chemin, c'est donc l'exploration de quatre planètes et la recherche de formes de vie. À l'image des personnages, les quatre mondes sont totalement différents et offriront des expéditions mouvementées et surprenantes. L'histoire est très simple mais ça ne l'empêche pas d'être prenante, d'être complète malgré sa concision et de permettre de s'attacher à ce groupe d'astronautes positifs mais loin d'être lisses.

Apprendre, si par bonheur - dont la référence, absolument parfaite, est expliquée en toute fin d'ouvrage - est une novella qui a clairement un but, qui est là pour poser une question. Et si elle incite à une réponse, Becky Chambers a l'intelligence de laisser toutes les voies ouvertes. Car le vrai objectif est la réflexion, pas la réponse en elle-même. Et tout ça sans oublier de proposer une vraie aventure. Que peut-on demander de plus à une novella ?

Couverture : Nicolas Sarter / Traduction : Marie Surgers
D'autres avis : Vert, Le Maki, Yuyine, Lorhkan, Le chien critique, FeydRautha, Zoéprendlaplume, Lectures du panda, Célinedanaë, Lune, Anne-Laure, OmbreBones, ...


Première escale pour le Summer Star Wars Grogu

mardi 23 juin 2026

Ketty Steward - Confessions d'une séancière

Confessions d'une séancière, Ketty Steward, 2023, 187 pages

Confessions d'une séancière est un recueil alternant courtes nouvelles et encore plus courts poèmes. Je ne dirai rien de particulier sur ces derniers, ils ne m'ont rien évoqué et je suis resté parfaitement neutre à leur lecture. Ce qui n'est pas un problème puisque les nouvelles restent le contenu principal, au moins en quantité.

Les nouvelles donc. Qu'on devrait presque plus appeler des contes. Voire des mythes. Car toutes vont mettre en scène différentes figures du folklore antillais, dans des récits qui ont à la fois des airs de pierres fondatrices de cette mythologie que de petites histoires communes et modernes. Ça se lit bien et ça permet de découvrir un peu la magie antillaise. Avec en prime, pour renforcer l'immersion, quelques passages en créoles bien intégrés pour les lecteurices ne le parlant pas.

Je peux résumer mon avis très facilement : c'est bien. Ni plus, ni moins. C'est à peu près la définition même du bien. Vous pouvez le lire parce que Confessions d'une séancière, c'est bien.

Couverture : Kévin Deneufchatel
D'autres avis : Le chien critique, ...