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jeudi 15 novembre 2018

Philip K. Dick - Le Dernier des maîtres

Le Dernier des Maîtres, Philip K. Dick, 1952-1967, 363 pages.

Le Dernier des Maîtres est un recueil de 11 nouvelles qui pourrait presque être confondu avec une anthologie tant les textes semblent tous se rapporter aux mêmes thématiques : Réalités et Guerres. C'est cette dernière qui est la plus présente avec des récits montrant, en tant qu'élément central ou en arrière-plan, des conflits d'ampleur se préparer, se prolonger ou se dénouer.

Au-delà de ces conflits, c'est le danger du nucléaire - et particulièrement les bombes H - qui apparait omniprésent dans bon nombre de nouvelles. Rappelons qu'à l'exception de deux récits - Le Retour du refoulé et Match retour, parus en 1965 et 1967 - toutes les nouvelles ont été publiées entre 1952 et 1957, de quoi certainement expliquer cette obsession. Et cela reste toujours - toujours plus ? - d'actualité, tant dans la forme que dans le fond.

Si évidemment 2-3 nouvelles sont en-dessous - La Révolte des jouets qui ouvre l'ouvrage est parfaitement banale et Les Rampeurs n'apporte pas grand chose - il faut noter que le recueil est dans son ensemble de bonne, voire très bonne, qualité. De quoi me réconcilier avec l'auteur, avec lequel j'avais été quelque peu frustré en version longue, au travers de récits plus efficaces. Avec une mention spéciale pour Les Assiégés, ma préférée du recueil. À découvrir.

vendredi 13 février 2015

Philip K. Dick - Blade Runner

Blade Runner, Philip K. Dick, 1968, 251 pages.

La Terre est désormais sous-peuplée, les humains étant poussés à coloniser Mars pour échapper aux retombées nucléaires qui s'étendent sur la planète bleue, où les espèces animales s'éteignent les unes après les autres. Sur cette Terre dégénérescente, il reste tout de même des êtres. Mais tous ne sont pas humains. Et pour chasser les androïdes, les blade runner sont là.

Blade Runner, originellement Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, communément renommé suite au film de Ridley Scott, est un classique de Philip K. Dick. Au même titre qu'un Maître du Haut-Château, bien que les deux appartiennent à des thématiques différentes de l'auteur. Même combat dans mon esprit, puisque la conclusion est la même : Dick n'est pas pour moi.

Blade Runner n'est pas un mauvais roman en soi, pas quelque chose d'illisible. Il est juste banal à mes yeux. Je me suis passablement ennuyé pendant le premier tiers, puis n'ai rien trouvé d'exceptionnel à la suite. L'intrigue, un thriller d'action un peu flou, ne m'a pas accroché plus que ça. Et ce ne sont pas les personnages qui peuvent sauver le livre puisqu'ils ne font éprouver aucune empathie (un peu ironique, n'est-ce pas ?).

Dans le même temps, je suis passé très loin du questionnement qu'entreprend - que tente d'entreprendre - Dick sur l'humain et sur la conscience. Blade Runner m'est apparu seulement comme la course contre la montre d'un chasseur de primes d'androïdes, sans que mon esprit ait envie de réfléchir à quoi que ce soit de plus. Je peux à la rigueur envisager où est le potentiel, mais je ne vois absolument pas où est le génie. C'est un simple roman d'action. Et encore, pas vraiment un de qualité dans le genre. Vraiment, Dick n'est pas pour moi.

Livre gagné chez Lorhkan, merci à lui.

dimanche 26 mai 2013

Philip K. Dick - Le Maître du Haut Château

Le Maître du Haut Château, Philip K. Dick, 1962, 318 pages.

De nombreuses fois, j'ai pu lire des avis sur ce livre, Le Maître du Haut Château. Et des avis (plus que) positifs. Il fallait donc que je passe le pas, et que je lise du Philip K. Dick, chose que je ne me souviens pas avoir déjà fait (ou du moins pas dans un passé proche). Oui, je sais, je suis vraiment irrécupérable...

La quatrième de couverture a fait la différence. C'est une uchronie des plus basiques dans l'idée, sur un des éléments les plus importants de notre histoire, et pourtant cela m'a semblé original. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Bref, je me suis plongé dans ce monde où, à l'instar de l'Allemagne après notre Seconde Guerre Mondiale, les Etats-Unis sont divisés entre les vainqueurs de la guerre, le Japon et l'Allemagne.

On y suit plusieurs personnages, de tous bords et de préoccupations différentes. Chacun vit sa propre aventure, nous invitant à découvrir ce monde sur plusieurs échelles (du plus haut niveau politique à la vie d'un ouvrier). Il est intéressant d'envisager ce qui aurait pu se passer, mais j'avoue n'avoir pas profité pleinement des références politiques. Il m'aurait fallu je pense faire quelques recherches sur l'état du monde en 1962 et sur le fonctionnement du système nazi pour en profiter pleinement. Ça sera pour une relecture, les bases que j'avais m'ont suffi pour cette fois (même si les intrigues politiques sont quand même un peu compliquées...).

Tous les personnages sont liés par quelques rapides interférences. Mais ils sont surtout liés par deux livres : le Yi-king et La sauterelle pèse lourd. Le premier est un outil de divination, d'origine chinoise, que tous utilisent. J'ai l'impression de lire en ce moment beaucoup de livres utilisant le Tao, et cela me donne de plus en plus envie de m'y intéresser sérieusement. Le deuxième (aussi nommé Le poids de la sauterelle selon les traductions) est une uchronie où les Alliés remportent la Seconde Guerre Mondiale. Vous la sentez la mise en abyme ?

On ne sait pas énormément de choses sur La sauterelle pèse lourd, seulement des bribes ici ou là. Mais tous les personnages vont s'y retrouver confrontés, et cela va apporter son lot de réflexions et d'interrogations. Et surtout, il va se développer un grand jeu de mise en abyme et de double sens, absolument fabuleux.

Toutes les petites histoires que l'on suit sont sympathiques, mais tout ce qui tourne autour de La sauterelle pèse lourd est vraiment à un niveau au-dessus. Au point d'en vouloir plus, et surtout plus tôt dans le récit. Le petit point faible du livre peut-être : ne pas décoller assez rapidement. Mais cela reste un bon livre, qui attendra une relecture pour potentiellement devenir un très bon livre.