dimanche 1 mars 2020

Feux Divers #11 - SFFF takes over the world !


Je ne suis pas trop challenge de lecture mais, ayant été inscrit à l'insu de mon plein gré, je participe au challenge SFFF takes over the world (#DéfiCortex) organisé par Lune. Bon, c'est aussi un peu parce que le principe, consistant à lire des ouvrages d'auteur.ice.s de toute la planète ou se déroulant dans quelques lieux sortant de l'ordinaire, me permet de diversifier un peu mes lectures, mais ne le répétez pas.

Les conditions précises se trouvent ici, avec de belles listes de titres . Notez que le challenge commence ce jour-même, pour une durée d'un an. Autant dire que vous n'êtes pas en retard. Mais ne tardez pas trop à y réfléchir, parce qu'il y a un peu de boulot - c'est le #DéfiCortex après tout. Tiens, justement, réfléchissons à ce que je pourrais lire, et à ce que vous aussi vous pourriez lire.

Liste Terre à Terre (lire un livre d'un.e auteur.ice originaire de la région) :
  • Afrique
Moi : Est-ce que je vous ai dit qu'il y avait le droit à deux jokers ? Et que je sais déjà sur quel livre je pourrais en utiliser un pour l'Afrique ? Bon, je vais quand même essayer de trouver quelque chose, pourquoi pas du Nnedi Okorafor. Ou alors j'ose Les Meurtres de Molly Southborne de Tade Thompson alors que tout dit que ça n'est pas pour moi.
  • Amérique du Nord
Moi : Ce qui me passera sous les yeux, la probabilité que je n'en lise pas en une année est insignifiante.
Vous : Vous ai-je déjà parlé de Griaule ? Ou de Walter Tevis ?
  • Amérique Latine
Moi : Le Livre de sable de Jorge Luis Borges.
Vous : Euh... je vais essayer de ne pas tarder à lire Le Livre de sable, je vous dirai.
  • Antilles
Moi : Deux jokers qu'on vous a dit.
Vous : Planète à louer de Yoss.
  • Asie
Moi : Le Regard de Ken Liu, Les Miracles du bazar Namiya de Keigo Higashino.
Vous : Les nouvelles d'Haruki Murakami valent le coup d'oeil.
  • Bretagne
Moi : Helstrid de Christian Léourier.
Vous : Si vous avez récupéré La Longue Patience de la forêt, n'oubliez pas de la lire.
  • Europe méridionale
Moi : Des Larmes sous la pluie de Rosa Montero.
  • Europe occidentale
Moi : Un roman français, ça devrait normalement se trouver sans chercher.
Vous : À tout hasard, si vous cherchez vraiment quoi lire, vous ai-je déjà dit que la meilleure trilogie de Pierre Pevel est celle de Wielstadt ? Ou que Christian Chavassieux écrit très bien ?
  • Europe orientale et Russie
Moi : Vita Nostra de Marina et Sergueï Diatchenko.
  • Europe septentrionale
Moi : Si je suis exemplaire, je lirai vraiment un roman d'un.e auteur.ice nordique, peut-être Johanna Sinisalo. Sinon... je me rabattrai sur le Royaume-Uni.
Vous : On ne répètera jamais assez qu'il faut lire Jo Walton, particulièrement Mes vrais enfants.
  • Océanie
Moi : Peut-être The Rook de Daniel O'Malley.
Vous : Vous pouvez éviter Aquaforte de K.J. Bishop.
  • Proche/Moyen-Orient
Moi : Vous êtes sûrs que ce n'est pas trois jokers ? Bon, alors peut-être Le Monde de la fin d'Ofir Touché Gafla.
Vous : Débrouillez-vous un peu seul de temps en temps !

Liste Lieux extraordinaires (lire un livre qui se déroule pour partie ou entièrement) :
  • En Antarctique
Moi : Peut-être La Nuit des temps de René Barjavel.
Vous : Vostok de Laurent Kloetzer.
  • Dans un lieu souterrain ou sous-marin
Moi : Peut-être The Deep de Rivers Solomon qui sortira en septembre. Ou bien une autre nouveauté avec Vingt mille lieues sous les mers ou Voyage au centre de la Terre de Jules Verne.
Vous : Neverwhere de Neil Gaiman.
  • Dans le système solaire, mais pas sur Terre ! / Hors système solaire / Dans une dimension parallèle ou une timeline divergente
Moi : Ça devrait se trouver assez naturellement, sans le faire exprès.
Vous : Tout les romans de l'Ekumen d'Ursula Le Guin sont hors système solaire et excellents. En uchronie, osez le trop méconnu Pavane de Keith Roberts.

Comme on dit : yapluka.

jeudi 27 février 2020

Lidia Yuknavitch - Le Roman de Jeanne

Le Roman de Jeanne, Lidia Yuknavitch, 2017, 330 pages

Suite à la dévastation de la Terre, les derniers humains vivent dans le CIEL, une station orbitale, sous la houlette de Jean de Men, tyran cherchant à faire perdurer une race transformée et condamnée à l'extinction. Artiste du griphe, une sorte de scarification avancée, Christine Pizan entreprend de remémorer Jeanne, la dernière à s'être battue contre Jean, présumée morte sur le bucher mais dont les rumeurs disent qu'elle serait encore vivante.

Quel livre. Et je dis ça alors que je ne l'ai nullement apprécié. Le Roman de Jeanne est un livre qui ne peut pas laisser indifférent et qui est indéniablement particulier. Pour le meilleur et pour le pire. C'est un roman riche qui se nourrit de nombreuses thématiques et dans lequel chacun pourra trouver son propre angle de compréhension et d'appréciation. J'y ai aperçu du potentiel, mais ses atours m'ont rebuté, notamment une noirceur et un côté trash très - très - prononcés. Sachez où vous mettez les yeux.

Le problème est malheureusement plus profond et la difficulté proposée par ce livre encore plus grande. En lisant Le Roman de Jeanne, j'ai eu l'impression de lire la conclusion d'une trilogie dont je n'aurais pas lu les deux premiers tomes. Ce qui empêche, sans surprise, d'en savourer pleinement le déroulé et les enjeux. Sans compter que l'attachement aux personnages a énormément de mal à se faire, si jamais il se fait à un moment.

Le Roman de Jeanne est un OLNI - Objet Livresque Non Identifié - qui ne pourra plaire qu'à une minorité de lecteurs tant il est particulier. Sans concession, c'est un livre qui deviendra soit un top (Gromovar, Lhisbei, Tigger Lilly), soit un flop (Lune, Lorhkan, Cédric). À vous de voir si vous vous sentez de prendre le risque.

Couverture : ? / Traduction : Simon Kroeger

dimanche 23 février 2020

Rivers Solomon - L'Incivilité des fantômes

L'Incivilité des fantômes, Rivers Solomon, 2017, 392 pages

Le Matilda est un gigantesque vaisseau-monde, transportant les derniers survivants de la Terre vers une hypothétique nouvelle planète. Aster y fait partie des ponts inférieurs - des ponts où s'entasse une population noire avilie servant de main-d’œuvre - tout en étant liée au Chirurgien, éminent membre des ponts supérieurs. Entre sa propre survie et l'aide apportée à ses consoeurs, Aster se retrouvera sur les traces de sa mère, disparue 25 ans auparavant.

La métaphore, si tant est qu'on puisse encore appeler ça une métaphore, est claire. Pourtant, l'expression de cette oppression des minorités n'est jamais grossière et s'avère même discrète dans toute la première partie. L'occasion de se concentrer sur les protagonistes, et plus particulièrement Aster et Giselle, des personnages déstabilisants au premier abord, notamment de par leurs réactions et psychologies inhabituelles. Au premier abord et même au-delà en ce qui concerne Giselle, difficile à appréhender et apprécier, mais qui s'avèrera un personnage extraordinaire qui nous obligera à faire face à nos notions de tolérance d'une manière impressionnante et remarquable.

Ainsi la première partie nous laisse nous immerger dans ce monde nouveau et pourtant si présent, nous donne le temps de quelque peu l'appréhender et d'être happé par l'histoire et la destinée de son héroïne. Le procédé est intelligent et le texte en sort grandit. Car par la suite, l'oppression se fera de plus en plus marquante, jusqu'à devenir implacable au terme d'une remarquable montée en puissance, faisant de L'Incivilité des fantômes une source de saine rage et de colère nécessaire, tout en étant son propre fantôme pour ne jamais oublier. Grandiose.

Couverture : Elena Vieillard / Traduction : Francis Guévremont
D'autre avis : Lune, Gromovar, FeydRautha, Yogo, Lorhkan, Marc, Vert, ...

jeudi 20 février 2020

Peter Watts - ZeroS

ZeroS, Peter Watts, 2017, 99 pages

Kodjo Asante est pisciculteur. Il trouve la mort, avec tous ses collègues, lorsqu'il est attaqué par des Sāhilites. Il se voit néanmoins donner une nouvelle chance, une deuxième vie, en échange d'un engagement de 5 ans en tant que soldat dans l'unité ZeroS. Mais à quel prix ?

ZeroS est une nouvelle qui appartient à un univers habituel de l'auteur, sur une Terre future à tendance cataclysmique et à la technologie avancée. C'est peut-être la raison pour laquelle l'arrière-plan de cette nouvelle semble quelque peu flou et ne sera jamais pleinement explicité. C'est peut-être pour ça que je n'ai pas été très emballé.

C'est peut-être aussi parce que mon seul point d'empathie avec le protagoniste principal, c'est cette même sensation d'être aveugle, de suivre des évènements à moitié sans en comprendre les tenants et les aboutissants. La nouvelle se lit malgré tout plutôt bien, mais je n'ai jamais réussi à ressentir un grand intérêt pour l'intrigue, ce qui forcément ne donne pas plus envie de se concentrer sur les idées développées. Malgré tout cela, ZeroS n'apparait pas comme une mauvaise nouvelle. Elle ne m'a juste pas touché et j'en suis ressorti absolument neutre.

Lauréate du Prix des Lecteurs Bifrost 2019 dans la catégorie nouvelle étrangère, cette nouvelle est téléchargeable gratuitement jusqu'au 29 février sur le site du Bélial'.
Couverture : Nicolas Fructus / Traduction : Gilles Goullet

lundi 17 février 2020

Estelle Faye - Thya

Thya, Estelle Faye, Tome 1/3 de La Voie des Oracles, 2014, 337 pages

Gaule aquitaine, Vème siècle. L'empire romain commence à décliner mais le christianisme, lui, continue de se propager, annihilant les anciennes croyances. Fille d'un général romain, Thya est une oracle, vivant cachée loin de Rome. Mais lorsque son père est en danger de mort, trahi par son propre fils, elle doit fuir et suivre ses visions pour tenter de le sauver.

Nous lasserons-nous un jour de l'éternelle lutte et passation entre anciennes et nouvelles religions ? Le sujet est habituel mais il fonctionne bien ici, une nouvelle fois. Estelle Faye propose une histoire qui ne révolutionne rien mais qui fait le boulot et fait passer un bon moment, la plume limpide de l'autrice y étant certainement pour beaucoup.

Si l'histoire et la narration sont là, le point faible se trouve peut-être du côté des personnages, dont les réactions et évolutions sont assez faciles et/ou grossières, manquant globalement de profondeur - n'y connaissant rien, je m'abstiendrai d'y voir un aspect young adult. C'est un peu trop simple - sans être simpliste - dans l'ensemble. Si cela peut empêcher de leur être pleinement attaché, cela n'est heureusement pas au point ne pas les apprécier, d'autant plus qu'ils ont le bon goût de ne pas être "têtes à claques".

Un bon premier tome, une lecture correcte - tout de même loin des meilleurs ouvrages de l'autrice - qui donne néanmoins envie de poursuivre, notamment car la suite de l'aventure n'est absolument pas définie et les personnages semblent capables de prendre un peu d'ampleur. Et aussi, avouons-le, parce qu'on a envie d'en voir plus sur ces anciennes divinités, un certain petit Sylvain en tête.

Couverture : Aurélien Police
D'autres avis : Acr0, Lianne, Cédric, Xapur, Célindanaé, Elhyandra, Boudicca, ...