Affichage des articles dont le libellé est Faye Estelle. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Faye Estelle. Afficher tous les articles

vendredi 15 octobre 2021

Estelle Faye - Brouillard sur la baie

Brouillard sur la baie, Estelle Faye, 2016/2017, 37 pages

Brouillard sur la baie est un recueil de deux nouvelles d'Estelle Faye, Bal de brume (Asclépios) et Les Anges Tièdes, parues précédemment dans des anthologies. Il est offert par Albin Michel Imaginaire pour fêter la sortie de Widjigo de la même autrice, et disponible ici. Les deux nouvelles ont pour point commun la ville de San Francisco et son cadre brumeux.

Les Anges Tièdes est une bonne nouvelle de science-fiction qui renverse le principe de plongée dans un univers virtuel puisque, dans un futur où toute l'humanité vit littéralement en ligne, l'héroïne s'est déconnectée pour retrouver la terre ferme. Une ode simple à la vie telle qu'elle est, où le bonheur n'est possible que s'il existe une possibilité de malheur. Une nouvelle sans grande surprise mais joliment narrée par Estelle Faye. Bien, mais pas autant que l'excellente Bal de brume (Asclépios).

Gael est un étudiant en cinéma français. Il s'apprête à se rendre à un bal d'Halloween chez Daniel Moranges, grand antiquaire de renom avec qui il s'est lié d'amitié dans l'avion qui l'emmenait aux États-Unis. Un personnage charismatique entouré d'une aura mystérieuse qui semble renfermer un secret.

Bal de brume (Asclépios) est une nouvelle qui peut paraitre un peu lambda. Mais malgré sa relative simplicité et son sujet assez commun - avec tout de même un petit twist, lui aussi tout en simplicité, bien amené -, elle fonctionne parfaitement. Car le pouvoir d'évocation d'Estelle Faye dans ce récit est incroyable. La visualisation est très claire pour une atmosphère puissante et immersive. Mais l'autrice ne s'en contente pas et parvient à rendre tout autant une ambiance que des émotions, avec à la clé une nouvelle qui se regarde et se vit autant qu'elle se lit.
« Voilà pourquoi je suis devenu réalisateur. Pour capter ces vies, ces émotions vouées à disparaitre, et les transmettre aux spectateurs à venir. »
Ainsi parle Gael. Et ainsi est Estelle Faye, autrice hors pair pour saisir et transmettre le moment. Et qui prouve avec ce recueil que l'important n'est pas forcément tant ce que l'on raconte que comment on le raconte.

Couverture : ?
D'autres avis : FeydRautha, ...

mardi 17 mars 2020

Estelle Faye - Aylus

Aylus, Estelle Faye, Tome 3/3 de La Voie des Oracles, 2016, 316 pages

Fin de la trilogie de "La Voie des Oracles" après Thya et Enoch. Un tome à la fois dans la lignée du précédent mais aussi tout à fait différent, pour des raisons qu'il n'est pas possible d'évoquer sans divulgâcher allègrement.

Disons simplement que toutes les cartes sont rebattues, dans des proportions importantes et étonnantes. Une surprise qui est en soi une idée intéressante mais qui a malheureusement un contrecoup un peu négatif dans le manque d'attachement aux personnages, (une partie de) la fin du récit étant facilement prévisible.

N'en reste pas moins une proposition intéressante d'Estelle Faye avec ce tome qui aurait pu être un one-shot - en y ajoutant quelques petites explications - mais qui prend une toute autre facette en étant le tome final d'une trilogie. Une conclusion à l'image de la série : sympathique, avec de bonnes idées et mélanges, sans être parfaitement mémorable.

Couverture : Aurélien Police
D'autres avis : Acr0, Cédric, Célindanaé, ...

mardi 3 mars 2020

Estelle Faye - Enoch

Enoch, Estelle Faye, Tome 2/3 de La Voie des Oracles, 2015, 333 pages

Deuxième tome de "La Voie des Oracles", Enoch reprend dans la continuité du premier volume, Thya. Néanmoins, les fils narratifs se multiplient dans cette suite, que les allergiques des romans polyphoniques soient prévenus et se méfient.

Ce deuxième tome confirme les impressions de son prédécesseur : outre qu'il soit une bonne lecture, il est plus agréable de suivre la "grande" histoire, celle des Dieux, qui se situe légèrement en arrière-plan, que la "petite" histoire des personnages principaux. Heureusement, ces premiers vont avoir une importance croissante et les deux vont de plus en plus se mélanger, pour notre plus grand plaisir. Jusqu'à un étonnant final qui laisse le lecteur une nouvelle fois interloqué sur ce que le tome suivant pourra bien lui réserver. Et c'est tant mieux.

Couverture : Aurélien Police
D'autres avis : Acr0, Cédric, Célindanaé, ...

lundi 17 février 2020

Estelle Faye - Thya

Thya, Estelle Faye, Tome 1/3 de La Voie des Oracles, 2014, 337 pages

Gaule aquitaine, Vème siècle. L'empire romain commence à décliner mais le christianisme, lui, continue de se propager, annihilant les anciennes croyances. Fille d'un général romain, Thya est une oracle, vivant cachée loin de Rome. Mais lorsque son père est en danger de mort, trahi par son propre fils, elle doit fuir et suivre ses visions pour tenter de le sauver.

Nous lasserons-nous un jour de l'éternelle lutte et passation entre anciennes et nouvelles religions ? Le sujet est habituel mais il fonctionne bien ici, une nouvelle fois. Estelle Faye propose une histoire qui ne révolutionne rien mais qui fait le boulot et fait passer un bon moment, la plume limpide de l'autrice y étant certainement pour beaucoup.

Si l'histoire et la narration sont là, le point faible se trouve peut-être du côté des personnages, dont les réactions et évolutions sont assez faciles et/ou grossières, manquant globalement de profondeur - n'y connaissant rien, je m'abstiendrai d'y voir un aspect young adult. C'est un peu trop simple - sans être simpliste - dans l'ensemble. Si cela peut empêcher de leur être pleinement attaché, cela n'est heureusement pas au point ne pas les apprécier, d'autant plus qu'ils ont le bon goût de ne pas être "têtes à claques".

Un bon premier tome, une lecture correcte - tout de même loin des meilleurs ouvrages de l'autrice - qui donne néanmoins envie de poursuivre, notamment car la suite de l'aventure n'est absolument pas définie et les personnages semblent capables de prendre un peu d'ampleur. Et aussi, avouons-le, parce qu'on a envie d'en voir plus sur ces anciennes divinités, un certain petit Sylvain en tête.

Couverture : Aurélien Police
D'autres avis : Acr0, Lianne, Cédric, Xapur, Célindanaé, Elhyandra, Boudicca, ...

samedi 25 janvier 2020

Estelle Faye - Les Nuages de Magellan

Les Nuages de Magellan, Estelle Faye, 2018, 274 pages

Un futur où l'humanité a conquis les étoiles. À la suite de l'anéantissement d'une révolte de pilotes spatiaux, Dan, serveuse dans un bar miteux aux confins de la galaxie, chante leur mémoire. Un chant qui deviendra, à son insu, un hymne viral sur les réseaux. De quoi, malheureusement pour elle, attirer l'attention des Compagnies. Dan doit prendre la fuite et se fait passagère clandestine à bord du vaisseau de Mary Reed, une mystérieuse pilote.

Les Nuages de Magellan est un roman simple. Ce qui n'est nullement un défaut, tous les livres n'ayant pas besoin d'être des sommets de complexité pour fonctionner et toucher le lecteur. Simple - mais pas sans consistance ni intelligence pour autant - et efficace, habilement narré par la plume limpide et visuelle d'Estelle Faye dans un rythme tout à fait agréable et sans fausse note.

Simple, efficace, et frais. Une fraicheur bienvenue où se dessine un idéalisme joyeux, une soif de rêves et d'aventures, une recherche d'émerveillement. Les grincheux grincheront, mais c'est tout à fait plaisant, de la même manière qu'un Parleur ou les chroniques d'un rêve enclavé d'Ayerdhal peut être absolument enthousiasmant. Et en plus, il y a des pirates de l'espace. Que peut-on espérer de mieux ?

Couverture : Benjamin Carré
D'autres avis : Lorhkan, Acr0, Célindanaé, OmbreBones, ...

mercredi 7 mars 2018

Estelle Faye - Les Seigneurs de Bohen

Les Seigneurs de Bohen, Estelle Faye, 2017, 592 pages.

Parlons-en tout de suite : oui, Marc Simonetti signe une nouvelle fois une magnifique couverture. Et en parfaite adéquation avec le roman. Car la joie n’est guère au rendez-vous dans Les Seigneurs de Bohen et le sombre est le ton du livre.

Pour autant, pas de déprime dans cette lecture qui reste parfaitement plaisante. Notamment grâce à sa ribambelle de personnages : chose rare dans un roman à autant de voix, je les ai tous appréciés et n’était jamais déçu en en renvoyant un. Certainement une nouvelle preuve de la finesse d’écriture d’Estelle Faye qui réussit une nouvelle fois un très bel ouvrage dans un style pourtant différent de ces précédentes œuvres.

Besoin d’une autre preuve de la qualité d’écriture d’Estelle Faye ? La fin de l’histoire nous est connue dès le début. Et pourtant, nul ennui à la lecture, bien au contraire. Quand c’est bien écrit, c’est bien le chemin qui est le plus important.

samedi 8 novembre 2014

Estelle Faye - Un Éclat de givre

Un Éclat de givre, Estelle Faye, 2014, 245 pages.

« Alors la Nature s’est révoltée. Oh, pas d’un coup. Pas dans un grand chambard général, pas comme dans les films-catastrophes étranges et exagérés qui se multipliaient autour de 2012. L’Apocalypse n’a pas eu lieu dans une immense explosion, une déflagration réduisant à néant, en quelques années, la civilisation entière. Non, le monde a mis du temps à mourir. C’est ça que l’homme n’a pas compris. »

2267. La nature a repris ses droits. Les populations survivantes s'agglutinent dans les capitales. À Paris, Chet est chanteur de jazz la nuit et vivote le jour dans diverses activités plus ou moins légales. Jusqu'au jour où il se retrouve embarqué, bon gré mal gré, dans une mission pour sauver la ville. Et comme il n'a rien de mieux à faire...

Une nouvelle fois, l'écriture d'Estelle Faye fait mouche pour dépayser le lecteur. Après la Chine douce et magique de Porcelaine, elle nous entraîne cette fois dans un Paris aux teintes musicales et sales, entre club de jazz et cour des miracles, où la beauté et la noirceur se mélangent en toute normalité. Saluons aussi la magnifique couverture d'Aurélien Police qui préfigure parfaitement ce cadre avant même d'en lire les premières lignes.

Si le cadre est déjà un argument presque suffisant pour apprécier ce livre, l'histoire n'est pas en reste. Suivre le sympathique et humain Chet, je ne trouve pas d'adjectif plus juste pour le qualifier, chercher son chemin vers la quiétude et la sérénité, tel Ulysse bataillant sur la route du retour, est un vrai régal. D'autant plus que l'intrigue a le bon sens de rester, malgré les implications fortes, à taille humaine. Ce qui n'interdit nullement un sens de l'extraordinaire, littéralement, mais sans jamais tomber dans l'incroyable, littéralement.

Un Éclat de givre est une nouvelle réussite pour Estelle Faye. Même si à froid on peut y déceler quelques faiblesses, la plongée est telle que l'on n'y prête aucune attention lors de la lecture. N'est-ce pas là l'essentiel ?

« Le sort m’offre un second round. L’occasion de me prouver que je peux rentrer là-bas, et en ressortir indemne. L’occasion de solder une partie de mes mauvais rêves. Je suis Chet et je marche seul. Je ne dois plus jamais l’oublier. »

Vingt-quatrième participation au challenge SFFF au féminin

Troisième participation au Challenge Francofou

dimanche 21 juillet 2013

Estelle Faye - Porcelaine : Légende du Tigre et de la Tisseuse

Porcelaine : Légende du Tigre et de la Tisseuse, Estelle Faye, 2013, 274 pages.

Il y a quelques mois déjà, Kissifrott, le Dévoreur de livres, m'avait fait découvrir Porcelaine. Intéressé, je m'étais dit qu'à l'occasion, il me faudrait le lire. Il faut bien l'avouer, la couverture est splendide et la quatrième de couverture intrigante. Pourtant, bien que Vert m'ait permis un rappel, il m'aura fallu un peu de temps avant de m'y mettre.

Ai-je eu un peu d'appréhension sur le "Où ?" et le "Quand ?" de cette histoire ? Peut-être. Mais n'en ayez pas, il n'y a pas de raison. L'action prend place en Chine. Que dire, hormis que c'est sympa et que ça change. C'est un territoire qui est à ma connaissance étonnamment peu utilisé (à l'exception de la littérature asiatique évidemment). On s'y habitue très bien, et cela n'est absolument pas dérangeant. Et n'ayez crainte, il n'y a pas des dizaines de noms chinois à mémoriser (y a t-il plus de 10 personnages déjà ?). Concernant le temporalité de l'action, il faut préciser une chose par rapport à la quatrième de couverture : l'histoire ne se déroule pas pendant quinze siècles. Non, elle se déroule pour une première partie au IIIème siècle, puis dans une seconde partie au XVIIIème siècle.

Porcelaine porte très bien son sous-titre, Légende du Tigre et de la Tisseuse. C'est vraiment ça, une légende, un conte. On entre dans une ambiance aux accents merveilleux et fantastiques. C'est calme et c'est beau. La magie elle-même n'est pas assénée violemment, mais par petites pointes, tout en douceur. Ce livre est à la fois reposant et dépaysant. A cela s'ajoute le fait de suivre une troupe de théâtre ambulante, un synonyme d'aventures en mouvement. Je ne saurais bien l'expliquer, mais vous aurez surement compris que l'élément essentiel pour moi de ce roman est l'atmosphère qui s'en dégage.

L'histoire en elle-même, sortie du contexte, est presque classique. Grossièrement, c'est un triangle amoureux, entre Xiao Chen, jeune homme-tigre, Brume-de-Rivière, fille-fée du IIIème siècle et Li Mei, tisseuse exceptionnelle du XVIIIème siècle, avec d'un côté un amour qui se crée petit à petit et de l'autre un amour qui tourne à la haine. On a un peu de tout (de l'amour se cherchant, de l'amour contrarié, de l'amour s'apprivoisant,...), mais ça n'est pas mielleux ou gnan-gnan. Tout est plus dans le non-dit et la subtilité, c'est à la fois central et en retrait. Du coup, ça passe plutôt bien. Un seul petit regret peut-être : la trop faible utilisation de la porcelaine, qui s'avère pourtant vitale. J'aurais bien vu ça avoir une place un peu plus importante (d'accord, j'avoue que j'avais imaginé quelque chose avec des inspirations du côté de La Mécanique du coeur de Mathias Malzieu).

Au final, bien que ce ne soit pas une histoire pleine d'actions et de rebondissements, pour ne pas dire aux accents sentimentaux, j'ai complètement accroché. J'ai été conquis par l'atmosphère de calme et de simplicité. J'ai eu l'impression de voyager et de m'évader. Que demander de plus ?