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lundi 25 mars 2024

Terry Pratchett - Les petits dieux

Les petits dieux, Terry Pratchett, Tome 13/35 des Annales du Disque-Monde, 1992, 390 pages

Omnia est un pays dirigé par des religieux croyant en Om, leur dieu. Frangin y est un simple novice, jusqu'à ce qu'une tortue borgne se mette à lui parler. Une tortue qui s'avère être une incarnation de Om, en mal de vrais fidèles pour lui permettre de regagner ses pouvoirs.

Les petits dieux est un tome indépendant du Disque-Monde, n'appartenant à aucun sous-cycle. Si tous les romans peuvent se lire indépendamment, c'est une caractéristique qui se prête particulièrement bien à celui-ci tant il aurait pu être publié à part, sous un autre nom, et fonctionner tout aussi bien. Notamment car l'humour y est moindre, en tout cas moins marqué par le style caractéristique - et propre à diviser - de Terry Pratchett.

Sans surprise, Les petits dieux traite principalement de religion, mais aussi de philosophie, de pouvoir et d'obscurantisme. Il ne révolutionne rien dans son propos, mais il propose une sorte de résumé complet de ce qu'est la religion et ses dérives. C'est très malin et extrêmement bien fait, parodiant de nombreuses références et critiquant l'ensemble tout en douceur. Ce n'est pas forcément le volume le plus excitant mais c'est éminemment respectable.

Couverture : Josh Kirby / Traduction : Patrick Couton
D'autres avis : Lullaby, ...

mardi 26 décembre 2023

Terry Pratchett - Mécomptes de fées

Mécomptes de fées, Terry Pratchett, Tome 12/35 des Annales du Disque-Monde, 1991, 345 pages

Après La Huitième fille et Trois soeurcières, Mécomptes de fées est le troisième volume du Disque-Monde mettant en scène les sorcières, et tout particulièrement Mémé Ciredutemps. Avec Nounou Ogg et Magrat Goussedail, elles mettent le cap sur Genua - à l'étranger ! - pour résoudre une histoire de marraines, de citrouilles, de miroirs, de prince charmant et de contes de fées.

Les sorcières ne sont pas mon arc préféré du Disque-Monde, mais plus j'en lis et plus j'apprécie. Cela vaut autant pour l'enchaînement des romans qu'au sein même de celui-ci, avec ses personnages qui gagnent en sympathie au fur et à mesure des pages. Comme à l'habitude des tomes sur les sorcières, il y a une dose non-négligeable, même sur une échelle de Terry Pratchett, de jeux de mots et d'à-peu-près-isme pas toujours évidents - oui, il m'a fallu l'ensemble des répétitions de la blague sur les crocodiles pour la comprendre. C'est plus contextuel et moins citable, ce n'est pas ce que je préfère, mais c'est resté tout à fait digeste et appréciable. Un bon tome, loin des balbutiements des débuts, toujours plaisant même quand ce n'est pas enthousiasmant.

Couverture : Josh Kirby / Traduction : Patrick Couton

samedi 15 juillet 2023

Terry Pratchett - Le Faucheur

Le Faucheur, Terry Pratchett, Tome 11/35 des Annales du Disque-Monde, 1991, 349 pages

Le Faucheur, comme son titre l'indique, est un tome mettant en scène La Mort. L'un des personnages les plus populaires - hum - et les plus connus du Disque-Monde. Un peu trop au regard des forces régissant l'univers, qui décident que La Mort doit mourir. Ce qui va avoir quelques fâcheuses conséquences, de type vitales.

Avec La Mort au centre du récit, Le Faucheur est forcément un très bon tome. Et ce même si ce dernier sort légèrement de son archétype et s'humanise un peu. Cela ne réduit pas l'aura du personnage, au contraire, chacune de ses apparitions étant un immense plaisir. Il permet aussi d'apporter, notamment sur la fin, un ton un peu plus sérieux - loin d'être désagréable - sur des sujets justement liées à la mort, sans jamais tomber dans la mélancolie, restant du côté de l'apaisement.

Le seul petit défaut de ce volume, c'est la résolution des deux fils narratifs - La Mort qui cherche à survivre et l'alliance mages/êtres surnaturels qui luttent contre un ennemi absolument improbable et imprévisible. Les deux se concluent de manière pas forcément très claire et un peu facilement. Ce qui n'est qu'un demi-bémol, puisque cela permet d’accélérer la dernière partie et d'y garder de la surprise jusqu'au bout, évitant le passage obligé de la longue scène d'action finale sans suspense. C'est peut-être là que Le Faucheur prouve qu'il est un vrai bon tome : même son défaut est finalement une qualité.

Couverture : Josh Kirby / Traduction : Patrick Couton

vendredi 23 décembre 2022

Terry Pratchett - Les Zinzins d'Olive-Oued

Les Zinzins d'Olive-Oued, Terry Pratchett, Tome 10/35 des Annales du Disque-Monde, 1990, 412 pages

Direction Ankh-Morpork pour cette nouvelle escapade sur le Disque-Monde. Pour le début de l'histoire en tout cas, le temps que quelques alchimistes inventent les images animées et les clics. Ensuite, direction Olive-Oued, nouvelle oasis pour les réalisateurs et acteurices en devenir. Rien de vraiment dangereux en somme. Et pourtant, les failles dans la Réalité sont au plus haut.

Enchaînant les tomes par ordre de parution, je ne cherche pas à savoir de quoi va parler le prochain volume. J'ai donc mis un certain temps avant de comprendre le jeu de mots caché derrière "Olive-Oued" et, par conséquent, le thème du livre : le cinéma ! Les Zinzins d'Olive-Oued est un tome 'indépendant' qui retrace les débuts et l'expansion de l'industrie cinématographique. C'est plein d'humour et d'exagération, évidemment, en plus d'un grand nombre de références à des films et personnages cultes, mais c'est surtout un livre très malin et lucide dans la critique qu'il fait de cet univers.

Les Zinzins d'Olive-Oued n'est cela dit pas le meilleur des livres du Disque-Monde. Il est bon sans jamais être réellement brillant. Une preuve en est peut-être l'absence de citations dans ce billet, dû au fait que le roman repose bien plus sur une situation générale qui se file sans cesse que sur des saillies percutantes et mémorables. Il est aussi un peu long dans son dernier quart, quand la résolution devient prévisible et qu'il ne s'agit plus que d'un enchaînement d'actions pour y arriver. Mais ce n'est pas bien grave, le tournage était tout de même agréable. Même si ça manque d'éléphants.

Couverture : Josh Kirby / Traduction : Patrick Couton

samedi 12 novembre 2022

Terry Pratchett - Faust / Eric

Faust Eric, Terry Pratchett, Tome 9/35 des Annales du Disque-Monde, 1990, 163 pages

Comme son titre l'indique, Faust Eric est librement inspiré de la légende de Faust. Sauf qu'ici, c'est Éric, 13 ans, qui tente d'invoquer un démon pour qu'il exauce ses voeux... et se retrouve à la place avec Rincevent. C'est donc le quatrième volume mettant en scène le mage, après La Huitième Couleur, Le Huitième Sortilège et Sourcellerie. Et c'est dans la lignée des précédents : lisible sans être réellement marquant.

Faust Eric est un ouvrage assez foutraque. Sans réelle intrigue, c'est un enchainement de péripéties abracadabrantes - ou disquemondesque -, un peu aléatoires, où Terry Pratchett s'amuse des Enfers et de quelques "figures mythiques". Il y a évidemment quelques fulgurances, une apparition de La Mort et une amusante version d'Ulysse, mais je crois que ça ne restera pas longtemps dans ma mémoire.
« Il comprenait aujourd'hui ce qui rendait l'ennui aussi fascinant. C'était de savoir que des évènements plus graves, des évènements dangereusement excitants, se produisaient tout à côté et qu'on y échappait. Pour que l'ennui soit agréable, il lui faut une référence à quoi le comparer. »
Couverture : Josh Kirby / Traduction : Patrick Couton

mardi 20 septembre 2022

Terry Pratchett - Au guet !

Au guet !, Terry Pratchett, Tome 8/35 des Annales du Disque-Monde, 1989, 408 pages
« Vous avez raison, monsieur le Secrétaire, dit-il. Comptez sur moi pour lui apprendre que c'est illégal d'arrêter les voleurs. »
Le Guet, c'est la police, un peu au rabais, d'Ankh-Morpork. Mené par le capitaine Vimaire, il voit l'arrivée d'un nouveau membre, Carotte, humain élevé par des nains. Ça ne sera pas de trop pour résoudre le mystère des corps calcinés retrouvés dans les rues de la ville et mettre à bas la société secrète, un peu au rabais elle aussi, qui cherche à invoquer un dragon pour prendre le pouvoir.
« Un Ramkin qui se serait adonné à l'introspection aurait reconnu que la réplique manquait singulièrement d'originalité. Mais elle était commode. Elle joua son rôle. Si les clichés deviennent des clichés, c'est qu'ils sont les marteaux et les tournevis dans la boîte à outils de la communication. »
Au guet ! est le premier tome mettant en scène, comme son nom l'indique, le Guet. Et si tous les livres de ce sous-cycle sont à l'image de celui-ci, il a totalement le potentiel d'être mon préféré. Devant La Mort. Car Au guet ! est incontestablement le meilleur des 8 premiers tomes du Disque-Monde, combinant une intrigue solide qui tient en haleine, des saillies à la Pratchett et des pointes d'humour. Sans oublier de sympathiques personnages.
« S'il y avait une chose qui le déprimait davantage que son propre cynisme, c'était bien de le trouver souvent moins cynique que la vie réelle. »
C'est peut-être le point le plus primordial de ce roman : les personnages. S'ils ne sont pas présentés de manière reluisante au départ, les quatre membres du Guet s'avèrent rapidement être agréables à suivre, ayant un bon fond et une capacité à dépasser leurs imperfections. Individuellement, ils sont tous - tous ! - de bons personnages. Mais ensemble ils forment en plus un groupe qui sent bon la saine camaraderie et qui est franchement plaisant à suivre. Vivement le tome 15 pour les recroiser !
« C'est une métaphore de cette putain d'existence, un dragon. Et comme ça ne suffit pas, c'est en plus un putain de grand bestiau volant qui crache le feu. »
Couverture : Josh Kirby / Traduction : Patrick Couton

vendredi 8 juillet 2022

Terry Pratchett - Pyramides

Pyramides, Terry Pratchett, Tome 7/35 des Annales du Disque-Monde, 1989, 364 pages

Lorsque le Pharaon Teppicymon XXVII meurt, c'est à son fils, Teppic, de prendre la relève. Sauf que ce dernier, tout juste diplômé de la Guilde des Assassins d'Ankh-Morpork, n'est pas tout à fait dans le même esprit que ses concitoyens. Et puis, est-ce vraiment une bonne idée de construire une nouvelle pyramide encore plus grande que les précédentes ?

Si la majorité des ouvrages du Disque-Monde sont indépendants, Pyramides l'est d'autant plus car il n'appartient à aucun sous-cycle interne de l'univers. Il est simplement l'occasion pour Terry Pratchett de jouer avec l'Égypte antique. Et de proposer un chameau mathématicien.

Pyramides n'est clairement pas l'ouvrage le plus marquant de la série. Il se lit bien, sans déplaisir mais sans énorme plaisir non plus. Il comporte quelques bonnes trouvailles, évidemment, mais n'est globalement guère éclatant et n'a que peu de réelles fulgurances ou moments très drôles. Un tome correct, 'normal', mais sans plus.

Couverture : Josh Kirby / Traduction : Patrick Couton

vendredi 28 mai 2021

Terry Pratchett - Trois soeurcières

Trois soeurcières, Terry Pratchett, Tome 6/35 des Annales du Disque-Monde, 1988, 348 pages

À la mort du roi Vérence, assassiné par son cousin le duc Kasqueth, son fils, encore nourrisson, est recueilli par trois sorcières. Pour le protéger, et lui permettre d'un jour accomplir son destin, celles-ci le confient à une troupe de théâtre sur le point de quitter le royaume.

Deuxième apparition dans les Annales pour Mémé Ciredutemps, après le peu mémorable La Huitième fille, en compagnie cette fois de ses deux consoeurs Nounou Ogg et Magrat Goussedail. Et le résultat est bien plus probant avec ce tome consacré au théâtre, avec tous les ingrédients classiques du genre, et plus particulièrement aux tragédies

Heureusement, le drame reste bien léger. S'il ne provoque pas un tonnerre de francs éclats de rire, Trois soeurcières reste un livre amusant et bien rythmé avec tout un tas de sympathiques personnages - sauf une (oui, vous, duchesse). Ni le pire ni le meilleur, un tome dans la moyenne.

Couverture : Josh Kirby / Traduction : Patrick Couton
D'autres avis : Tigger Lilly, ...

lundi 3 mai 2021

Terry Pratchett - Sourcellerie

Sourcellerie, Terry Pratchett, Tome 5/35 des Annales du Disque-Monde, 1988, 287 pages

Il est connu que les huitièmes fils de huitième fils deviennent des mages. Mais qu'adviendrait-il si, à l'encontre de toutes les règles leur enjoignant de ne pas fréquenter de femmes, un mage avait lui-même un huitième fils ? Ce dernier serait alors un sourcellier, une source de magie pure d'une puissance incomparable. C'est justement le cas de Thune, huitième fils du mage Ipslore. Oh, ne vous inquiétez pas, ce n'est rien de très grave, cela pourrait juste entraîner l'apocralypse.

Retour sur le Disque-monde un peu moins de 8 ans - ce qui aurait été hautement symbolique - après ma dernière exploration. Si mes précédentes lectures ne m'avaient pas laissé un souvenir irrésistible, Sourcellerie pourrait bien marquer un tournant majeur. Ce cinquième volume est en effet fort plaisant, avec un très bon dosage entre les aventures de Rincevent et compagnie - le Bagage et le Bibliothécaire en tête -, prenantes et engageantes (plus que leurs prédécesseuses), et la régularité des petites phrases rigolotes et amusantes. Un tome tout simplement fun qui se lit d'une traite.

Couverture : Marc Simonetti / Traduction : Patrick Couton
D'autres avis : Tigger Lilly, ...

vendredi 10 mai 2019

Terry Pratchett & Stephen Baxter - La Longue Terre

La Longue Terre, Terry Pratchett et Stephen Baxter, Tome 1/5 de La Longue Terre, 2012, 381 pages.

Suite à la propagation sur internet du schéma d'un mystérieux engin, le Passeur, composé d'éléments électroniques autour d'une pomme de terre, l'humanité est désormais capable d'accéder à une infinité de Terres parallèles, la "Longue Terre", vierges de toute présence humaine. C'est dans ce nouveau contexte que Josué Valienté, capable de passer d'une Terre à une autre sans Passeur, et Lobsang, un réparateur de motocyclettes tibétain réincarné dans une intelligence artificielle, partent explorer les confins de la Longue Terre.

Il n'y a pas à réfléchir longtemps pour voir l'influence des deux auteurs, avec cette trame "scientifique" qui va bien à Stephen Baxter sur laquelle viennent immanquablement éclore des loufoqueries à la Terry Pratchett. C'est d'ailleurs l'une des forces de La Longue Terre : réussir à conjuguer parfaitement les styles des deux auteurs, dans un ensemble cohérent et équilibré qui sait toujours garder de la simplicité.

L'autre grande force de ce roman, c'est le sense of wonder, via la découverte de ce multivers qui dévoilera peu à peu ses surprises. Et heureusement que cet émerveillement est là car La Longue Terre repose essentiellement sur lui, un véritable enjeu "concret" n'arrivant pas avant 250 pages. C'est étonnant et un peu perturbant mais ça fonctionne.

La Longue Terre aurait pu être un excellent one-shot de 250/300 pages. Mais il en fait près de 400, grâce/à cause d'une "intrigue" secondaire qui est essentiellement là pour préfigurer la suite de la série et qui oblige le lecteur à poursuivre l'aventure s'il veut connaître le fin mot de l'histoire. C'est en partie tentant, la qualité étant ici au rendez-vous, mais c'est aussi un peu effrayant, le sense of wonder ayant une fâcheuse tendance à disparaitre avec le temps. C'est aussi frustrant, la qualité du présent roman dépendant donc désormais en partie des tomes suivants. La Longue Terre aurait pu être un excellent one-shot : c'est seulement un très bon premier tome.

D'autre avis : Lorhkan, Lune, Lhisbei, Xapur ...

mardi 21 octobre 2014

Terry Pratchett - Mortimer

Mortimer, Terry Pratchett, Tome 4/35 des Annales du Disque-Monde, 1987, 297 pages.

« Je faisais passer les âmes dans l’autre monde. J’étais le tombeau de tous les espoirs. J’étais la réalité ultime. J’étais l’assassin devant qui aucune serrure ne résiste.
- Oui, j’entends bien, mais avez-vous des compétences particulières ? »

Mortimer, mais tout le monde l'appelle Morty, est un garçon qui n'est pas méchant mais qui n'arrive pas à grand chose. Quand son père essaye de lui trouver un apprentissage, il ne trouve personne. Ou presque. Puisque La Mort accepte de le prendre à son service.

Le voici, le voilà, La Mort est là ! Et il tient toutes ses promesses, tant les scènes où il apparaît sont autant de bons moments. Même si Morty est un bon personnage, il porte tout de même ce tome sur ses épaules.

C’est marrant, les sourcils, songea-t-il. C’est une fois qu’ils sont partis qu’on les remarque vraiment.

Pour le reste, c'est le Disque-Monde, avec les mêmes qualités et les mêmes défauts des tomes précédents. Les fulgurances humoristiques sont exquises, mais j'ai du mal à rester accrocher et impliquer continuellement dans l'histoire. Les personnages secondaires, bien que souvent forts incroyables, me donnent rarement envie d'en apprendre plus sur eux. Et l'intrigue a parfois des allures de listing de péripéties interchangeables, qui se résoudront toutes dans la frénésie finale.

Le plaisir est là, il y a de très bons passages, mais ça n'atteint toujours pas un niveau exceptionnel sur la longueur. Je ne désespère pas, cela va bien finir par arriver, non ?

Une seule et unique créature aurait pu reproduire l’expression de leurs visages : un pigeon qui vient d’apprendre non seulement que Lord Nelson est descendu de sa colonne mais qu’on l’a aussi aperçu qui achetait un fusil à répétition calibre 12 et une boîte de cartouches.

jeudi 9 octobre 2014

Terry Pratchett - La Huitième fille

La Huitième fille, Terry Pratchett, Tome 3/35 des Annales du Disque-Monde, 1987, 269 pages.
« La présente histoire parle de magie (...). Peut-être permettra-t-elle, cependant, d’expliquer pourquoi Gandalf ne s’est jamais marié et pourquoi Merlin était un homme. Parce que la présente histoire parle aussi de sexe, mais probablement pas dans le sens athlétique, acrobatique, comptez-les-jambes-et-divisez-par-deux du terme, à moins que les personnages n’échappent totalement au contrôle de l’auteur. Ils en seraient parfaitement capables. »
Première apparition de Mémé Ciredutemps, La Huitième fille conte l'aventure d'Esk pour entrer à l'Université Invisible et devenir la première femme mage (ou plutôt fille mage dans ce cas précis). Même si d'aventures, il n'y en a finalement que très peu, hormis sur la fin, et qu'il ne se passe globalement pas grand chose. Du coup, un peu comme dans La Huitième couleur, j'ai eu tendance à ne pas m'intéresser plus que ça aux personnages.
« Les chances sur un million, dit-elle, elles se réalisent neuf fois sur dix. »
Cela partait pourtant sur les chapeaux de roues avec des premières pages qui donnent envie d'être citées entièrement, se moquant intelligemment de la fantasy et de la magie. Par la suite, on notera tout de même une quelconque critique des droits, tronqués, des femmes. À ce propos, le titre anglais est bien plus parlant (Equal rites).

Un tome assez banal, qui se lit malgré tout très bien et qui contient tout de même quelques belles fulgurances. À coup sûr, le prochain sera meilleur.
« C’était en fait une de ces localités qui n’existent que pour permettre à des gens d’en être originaires. L’univers en est infesté : villages cachés, petites villes balayées par les vents sous des cieux immenses, voire cabanes isolées dans des montagnes glaciales, dont l’histoire retient seulement qu’ils ont été le lieu incroyablement ordinaire où un événement extraordinaire a pris naissance. Souvent il n’y a rien de plus qu’une petite plaque pour signaler que, contre toute vraisemblance gynécologique, un personnage très célèbre a vu le jour à mi-hauteur d’un mur. »
Couverture : Josh Kirby / Traduction : Patrick Couton

mardi 12 août 2014

Terry Pratchett - Roublard

Roublard, Terry Pratchett, 2012, 404 pages.

Roublard, il l'est. Et il le faut bien pour survivre à Londres, au XIXème siècle, dans la crasse et la misère. Roublard est un jeune ravageur : il fouille les égouts pour gagner sa vie. Un jour, il sauve une jeune demoiselle assaillie par deux hommes. Et sa vie bascule.

Difficile de ne pas faire la comparaison avec un livre de Charles Dickens. L'atmosphère est la même : le début de l'époque victorienne, un Londres sombre et sale, le regard tourné vers une pauvreté ignorée des élites, un jeune héros qui cherche à survivre et à grimper les échelons. Ce n'est donc pas surprenant de retrouver ce même Charles Dickens en tant que personnage de Roublard.

Et ce n'est pas la seule figure connue que le lecteur rencontrera, Terry Pratchett assaisonnant ici et là son récit de quelques faits historiques, s'autorisant quelques légères libertés sur les dates pour combiner le tout. Et c'est à peu près la seule chose qui classer ce roman en SFFF.

Intelligent, malin, débrouillard, Roublard a tout pour plaire. Surtout que le petit gars est en réussite et c'est une joie de le voir faire son chemin en dehors de la misère. C'est là que la comparaison avec Dickens s'arrête. Les péripéties sont globalement positives, Terry Pratchett est gentil avec son héros. Gentil, c'est le mot qui résume bien Roublard. Et c'est une bonne chose, cela fonctionne parfaitement.

lundi 14 avril 2014

Terry Pratchett - Le Huitième sortilège

Le Huitième sortilège, Terry Pratchett, Tome 2/35 des Annales du Disque-Monde, 1986, 270 pages.
« On n’a jamais vraiment voyagé tant qu’on n’est pas rentré chez soi. »
Le Huitième sortilège est la suite directe de La Huitième couleur. On y retrouve Rincevent et Deuxfleurs quelques minutes après leur décollage spatial. J'avais eu presque hâte que le premier tome se termine. J'ai hâte de lire le troisième.

J'ai rarement (jamais ?) vu une progression aussi impressionnante entre deux tomes. Alors que La Huitième couleur s'embarquait dans une suite d'aventures sans queue ni tête qui ne m'accrochait pas plus que ça, trouvant même le temps un peu long, Le Huitième sortilège m'a happé du début à la fin.

Je ne saurais précisément expliquer ce qui a fait la différence. Peut-être l'histoire plus définie et ayant un véritable fil conducteur. Le rythme est lui aussi mieux géré avec une capacité à être rapide ou lent aux bons moments (ne me demandez pas d'expliciter cela). Moins de - nouveaux - personnages aussi et une meilleure concentration de l'action. Mais surtout de l'humour à foison. Alors que dans le premier tome je n'avais trouvé que quelques fulgurances, ici les vannes sont grandes ouvertes et ce sans que la qualité du récit n'en pâtisse.

Le Huitième sortilège est donc un très bon roman. Il me réconcilie avec Rincevent que j'ai désormais envie de retrouver. Si la suite se maintient à ce niveau, je pense rapidement devenir accro. Une mention spéciale pour La Mort (qui a une nouvelle fois les meilleurs passages) et le Bagage (que j'imagine toujours en Coffrapatte de chez Rayman).
« La Mort ne répondit pas. Il regardait Spold à la façon d’un chien qui lorgne un os, sauf que dans le cas présent c’étaient plutôt les os qui lorgnaient le chien. »

lundi 24 février 2014

Terry Pratchett - La Huitième couleur

La Huitième couleur, Terry Pratchett, Tome 1/35 des Annales du Disque-Monde, 1983, 286 pages.
« Il est gênant de se savoir dieu d’un monde qui existe seulement parce que toute courbe d’improbabilité doit bien s’arrêter quelque part. »
Dans la catégorie "je n'ai honte de rien, même pas d'avouer n'avoir jamais lu ce livre hyper-connu", voici Les Annales du Disque-Monde. Cela fait bien longtemps que je pense à m'y mettre sans jamais oser franchir le pas, principalement par peur d'être déçu. Car sur le papier, cette série a tout pour me plaire. Les faits confirmeront-ils ce potentiel ?

Oui et non. Oui parce que c'est éminemment sympathique à lire. Comme prévu, c'est de la fantasy qui ne se prend pas au sérieux et se moque gentiment de ses clichés. Les aventures s'enchaînent et on voyage tranquillement à travers le Disque-Monde. C'est bien sans être totalement transcendant. L'humour est là en filigrane. Mais les meilleurs moments sont assurément les fulgurances de Pratchett, hilarantes mais qu'on ne peut que trouver trop rares.

Je dois avouer que le "non" est en grande partie du chipotage. La huitième couleur est un bon livre, voire très bon. Mais il aurait fallu au minimum quelque chose d'exceptionnel pour que je sorte complètement rassasié et satisfait. Là c'est "simplement" bien et sympathique. Je n'ai pas d'inquiétude pour autant, il me reste un paquet de tomes à lire et autant d'occasions d'être entièrement conquis.
« Certains pirates s'assuraient l'immortalité par de grands actes de cruauté ou de bravoure. D'autres en amassant de grandes richesses. Mais le capitaine avait depuis longtemps décidé qu'il préférait, en fin de compte, s'assurer l'immortalité en évitant de mourir. »

mercredi 10 avril 2013

Terry Pratchett & Neil Gaiman - De bons présages

De bons présages, Terry Pratchett & Neil Gaiman, 1990, 441 pages.

Prenez l'auteur d'un monde légendaire. Prenez un deuxième génie de la fantasy humoristique. Faites-les travailler ensemble. Savourez une perle. Enfin, pas une vraie perle, un livre. Mais un super livre. Et même un peu plus que super.

Terry Pratchett est un auteur que j'ai envie de lire depuis longtemps. Sauf que s'attaquer aux Annales du Disque-Monde, cela fait un peu peur (mais je commencerai un jour, je le sais). Neil Gaiman, je suis déjà tombé sous le charme, c'est juste fantastique à chaque fois. Du coup, De bons présages était une bonne manière pour moi de débuter avec l'un, tout en s'assurant du plaisir avec l'autre. Au passage, les livres à quatre mains ne sont pas choses communes, et pour ceux que ça intéresse il y a quelques infos sur la méthode de celui-ci ici, c'est intéressant (et drôle).

Mais parlons de l'histoire en elle-même. Le livre commence par narrer l'arrivée sur Terre du fils du Seigneur des Ténèbres, par qui l'Apocalypse doit arriver, 11 ans plus tard. Sauf que ce n'est pas du goût des émissaires du Bien et du Mal présents ici-bas : Aziraphale, ange et libraire, n'a pas envie de voir la planète sombrer dans le chaos ; Rampa, démon aimant le XXème siècle mais détestant le XIVème, n'a pas trop envie de quitter ses habitudes et son terrain de jeu favori (et oui, ce sont les deux personnages présents sur la couverture... elle n'est pas forcément très belle, mais ça annonce bien le côté loufoque du livre). Et rapidement, de onze ans de délai, nous allons les suivre dans les derniers jours avant la fin du monde.

Enfin, nous ne suivons pas que ce duo magique, mais aussi l'Antéchrist et sa bande de copains, les cavaliers de l'Apocalypse, une descendante de la prophétesse Agnès Barge,... un bon paquet de personnages, mais avouons-le, personne n'atteint le niveau d'Aziraphale et de Rampa. D'ailleurs, le milieu du livre où les deux ne sont pas présents est surement le seul passage légèrement en dessous (mais légèrement en dessous du génie à l'état pur, donc c'est encore bon).

Ce livre a tout ce qu'on peut attendre d'un bon livre : des personnages géniaux, une histoire captivante avec du suspense et de l'action, de l'humour sous différentes formes, du rythme (via notamment les nombreux changements de points de vue), quelques réflexions bien placées sur notre époque,...

Pas encore convaincu ? J'ai le argument décisif. Au sein des grandes parties/chapitres (correspondants aux différents jours restants), pour changer de personnage, il n'y a pas juste un saut de trois lignes. Non, au sein de ce blanc, il y a un petit dessin, qui change en fonction de la situation. C'est le détail qui tue et qui est super sympa.