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vendredi 13 décembre 2019

Neil Gaiman - La Mythologie Viking

La Mythologie Viking, Neil Gaiman, 2017, 293 pages

Jamais titre n'aura été plus explicite. La Mythologie viking conte, en courtes nouvelles, les mythes nordiques, ceux d'Odin, Thor et Loki et de tout un florilège de personnages plus ou moins connus, de la création du monde jusqu'au Ragnarok. À partir notamment de l'Edda poétique et de l'Edda en prose, Neil Gaiman offre une sélection des mythes fondateurs de la mythologie norroise, dans une version stylistiquement "modernisée" - mais toujours "neutre" - plus simple à lire pour le lecteur d'aujourd'hui.

Le résultat est excellent. Limpide à lire, passionnant à découvrir, ne demandant aucune connaissance préalable, c'est le livre parfait pour s'initier à la mythologie nordique avec ses personnages imparfaits et hors du commun, ses aventures improbables et extraordinaires, et ses répercussions sur Midgard, notre Terre. Plaisant et instructif, une réussite de bout en bout.

D'autres avis : Vert, Gromovar, Célindanaé, Alys, ...

jeudi 13 août 2015

Neil Gaiman - L'Océan au bout du chemin

L’Océan au bout du chemin, Neil Gaiman, 2013, 310 pages.

De retour dans le village de sa jeunesse pour un enterrement, un homme va retrouver le lieu de son enfance. L’occasion, au détour d’un plan d’eau, de se remémorer les événements de l’année de ses 7 ans…

L’Océan au bout du chemin est typiquement gaimanien. On y retrouve tout ce qui fait le plaisir de ses romans : des personnages qui prennent vie en peu de mots et une douceur dans les mots malgré des scènes parfois « violentes » dans l’action.

Roman sur l’enfance, mais pas que, L’Océan au bout du chemin n’est absolument pas enfantin. Le ton n’est ni bête ni naïf. Bien au contraire, c’est intelligent et sensé, et cela apporte une note supplémentaire de réalisme et d’empathie. Une empathie qui ira croissante au fil des pages, de la même manière que le roman se fait de plus en plus touchant.

Je m’attendais à une lecture un peu floue, abstraite, quasi-philosophique. J’ai été agréablement surpris. Si la réflexion et le fantastique sont bien là, le récit reste parfaitement concret et clair, et surtout très palpable, augmentant là aussi le lien qui se crée avec le narrateur.

Gaiman fait ce qu’il sait faire et il le fait bien, très bien. Avec son écriture caractéristique, il offre un roman touchant qui monte crescendo en intensité, tant dans l’action que dans l’émotion. Un beau moment à passer. Et qui sait, peut-être finirez-vous aussi pour découvrir un océan au bout du chemin…

« Personne ressemble vraiment à ce qu’il est réellement à l’intérieur. Ni toi. Ni moi. Les gens sont beaucoup plus compliqués que ça. C’est vrai pour tout le monde. »


Dixième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF

lundi 10 mars 2014

Neil Gaiman - Coraline

Coraline, Neil Gaiman, 2002, 153 pages.

Avec Coraline, c'est la première fois que je lis un roman de Neil Gaiman... pour la jeunesse - pour peu que cette classification ait un sens. Et elle semble en avoir, ne serait-ce que par le style de l'auteur sensiblement différent de ses autres romans que j'ai pu lire.

Coraline a tout d'un conte pour enfants. Une histoire simple, celle d'une jeune fille qui découvre sa nouvelle habitation, aux accents fantastiques, courte, facile et rapide à lire. Mais c'est pourtant loin d'être gentillet. Au contraire, c'est plutôt sombre, voire très sombre.

Alors que la simplicité et la noirceur pourrait offrir un cocktail banal ou repoussant, c'est l'opposé qui se déroule. Le texte nous accroche rapidement, bien aidé par une lumineuse héroïne à la fois simple et extraordinaire, tout sauf une tête à claques (ce qui fait toujours plaisir dans un roman jeunesse). Les monstres sous le lit n'ont qu'à bien se tenir.

Bien que court, le livre foisonne de bonnes idées et de belles réflexions. Rien de fondamentalement inédit, mais rien non plus qu'il ne soit inutile de dire. Surtout quand c'est fait en beauté par un Neil Gaiman qui a toujours cette capacité de dire des milliers de choses en quelques mots.
« - On… pourrait être amis, tu sais, reprit-elle.
- Ouais… et on pourrait aussi être des spécimens rares appartenant à une espèce peu commune d’éléphants danseurs originaires d’Afrique. Sauf que ce n’est pas le cas. Du moins en ce qui me concerne. »

mardi 11 juin 2013

Neil Gaiman - Anansi Boys

Anansi Boys, Neil Gaiman, 2005, 488 pages.

Après un début d'année quasiment dédiée à sa découverte, c'est le retour d'une lecture de Neil Gaiman. De Monsieur Neil Gaiman. Et en plus aux éditions du Diable Vauvert, éditions que je trouve toujours belles et agréables à lire. Que demander de plus ? Que cela soit bien ? Mais ça l'est, évidemment !

L'action d'Anansi Boys se situe dans le même univers qu'American Gods, soit un monde contemporain où cohabitent de nombreuses divinités. Ce n'est pas pour autant une suite, bien qu'on y retrouve le personnage de M. Nancy, personnage secondaire d'American Gods. De toute manière, l'histoire se concentre plus sur ses enfants que sur M. Nancy. Mais ça, vous le saviez déjà, puisque vous aviez lu le titre du roman...

Si je devais définir Anansi Boys, je prendrais la définition que donne Neil Gaiman sur la quatrième de couverture. C'est exactement ça, c'est du Gaiman. On y retrouve sa plus grande force : des personnages hauts en couleur et complètement loufoques. Plus toujours une dose d'humour. Au passage, le citron vert (une sorte de running gag hilarant) m'a fait pensé au cachalot et au pot de pétunia d'H2G2. J'avais juste envie de le dire.

Au niveau de l'histoire en elle-même, cela met un peu de temps à se déclencher. La première partie existe sans véritable but, si ce n'est de suivre la vie d'un personnage. Puis, alors qu'on se fait à l'idée que ce livre n'ira nul part, une intrigue se crée. Ce n'est peut-être pas exceptionnel, on sait globalement où le récit va aller, mais la plume de Neil Gaiman sait faire la différence, et rendre cela prenant. Et on pourra peut-être y voir quelques belles métaphores et réflexions sur les histoires et l'enfance.

mercredi 10 avril 2013

Terry Pratchett & Neil Gaiman - De bons présages

De bons présages, Terry Pratchett & Neil Gaiman, 1990, 441 pages.

Prenez l'auteur d'un monde légendaire. Prenez un deuxième génie de la fantasy humoristique. Faites-les travailler ensemble. Savourez une perle. Enfin, pas une vraie perle, un livre. Mais un super livre. Et même un peu plus que super.

Terry Pratchett est un auteur que j'ai envie de lire depuis longtemps. Sauf que s'attaquer aux Annales du Disque-Monde, cela fait un peu peur (mais je commencerai un jour, je le sais). Neil Gaiman, je suis déjà tombé sous le charme, c'est juste fantastique à chaque fois. Du coup, De bons présages était une bonne manière pour moi de débuter avec l'un, tout en s'assurant du plaisir avec l'autre. Au passage, les livres à quatre mains ne sont pas choses communes, et pour ceux que ça intéresse il y a quelques infos sur la méthode de celui-ci ici, c'est intéressant (et drôle).

Mais parlons de l'histoire en elle-même. Le livre commence par narrer l'arrivée sur Terre du fils du Seigneur des Ténèbres, par qui l'Apocalypse doit arriver, 11 ans plus tard. Sauf que ce n'est pas du goût des émissaires du Bien et du Mal présents ici-bas : Aziraphale, ange et libraire, n'a pas envie de voir la planète sombrer dans le chaos ; Rampa, démon aimant le XXème siècle mais détestant le XIVème, n'a pas trop envie de quitter ses habitudes et son terrain de jeu favori (et oui, ce sont les deux personnages présents sur la couverture... elle n'est pas forcément très belle, mais ça annonce bien le côté loufoque du livre). Et rapidement, de onze ans de délai, nous allons les suivre dans les derniers jours avant la fin du monde.

Enfin, nous ne suivons pas que ce duo magique, mais aussi l'Antéchrist et sa bande de copains, les cavaliers de l'Apocalypse, une descendante de la prophétesse Agnès Barge,... un bon paquet de personnages, mais avouons-le, personne n'atteint le niveau d'Aziraphale et de Rampa. D'ailleurs, le milieu du livre où les deux ne sont pas présents est surement le seul passage légèrement en dessous (mais légèrement en dessous du génie à l'état pur, donc c'est encore bon).

Ce livre a tout ce qu'on peut attendre d'un bon livre : des personnages géniaux, une histoire captivante avec du suspense et de l'action, de l'humour sous différentes formes, du rythme (via notamment les nombreux changements de points de vue), quelques réflexions bien placées sur notre époque,...

Pas encore convaincu ? J'ai le argument décisif. Au sein des grandes parties/chapitres (correspondants aux différents jours restants), pour changer de personnage, il n'y a pas juste un saut de trois lignes. Non, au sein de ce blanc, il y a un petit dessin, qui change en fonction de la situation. C'est le détail qui tue et qui est super sympa.

dimanche 3 mars 2013

Neil Gaiman - Stardust : le mystère de l'étoile

Stardust : le mystère de l'étoile, Neil Gaiman, 1999, 289 pages.

Bienvenue dans notre troisième épisode de "Neil Gaiman revisite..." ! Après Neil Gaiman revisite le road-trip, avec American Gods, et après Neil Gaiman revisite la quête, avec Neverwhere, voici Neil Gaiman revisite le conte de fées, avec Stardust ! (Je frémis d'avance de savoir si je découvrirai bientôt un quatrième thème en autant de livres différents)
Voilà, je crois que j'ai tout dit, à la prochaine !

Non ? Bon, ok, je vais essayer de développer un peu. Stardust (et blablabla le sous-titre français) est un roman avant d'être un film (je précise, parce que c'est pas toujours le cas avec Gaiman). N'ayant pas vu le film, je n'en parlerai pas. Même si j'ai tout de même bien envie de l'insulter, parce qu'il a fait qu'on peut se retrouver devant une telle couverture. Définitivement, amis éditeurs, ne faites pas de couvertures de livres à partir d'images de films. Vous me direz peut-être que ce n'est pas pire que certaines autres couvertures, et je vous répondrais que c'est aussi mauvais.

Bref, c'était pour le "coup de gueule" rituel. Stardust est donc un conte de fées. Vous ne me croyez pas ? Page 1, Ligne 1 : "Il était une fois". Ajoutez à cela un jeune homme qui part dans une forêt interdite chercher une étoile filante tombée du ciel... Le ton est donné. Même si je ne suis pas spécialiste, je pense qu'on y retrouve globalement tous les classiques du genre. A la sauce Gaiman, bien sûr. C'est-à-dire avec toujours un soupçon d'humour et une écriture très simple.
Ce n'est pas révolutionnaire. Mais ça se lit très bien. Peu de temps mort, les actions s'enchaînent. Et comme d'habitude avec Gaiman, des personnages remarquables (sacrés 7 frères).

Je ne sais vraiment pas quoi ajouter. Un peu en-dessous de mes précédentes lectures du même auteur (mais quel niveau atteint aussi !), mais un bon moment tout de même.

dimanche 10 février 2013

Neil Gaiman - Neverwhere

Neverwhere, Neil Gaiman, 1996, 360 pages.

Je ne peux pas me retenir, je dois commencer en le disant : comment peut-on oser publier une couverture aussi moche ? Cela ne parait peut-être pas énorme comme ça, en image (quoique déjà, c'est assez affreux), mais en vrai, en dur, c'est réellement horrible. D'autant plus que même en ayant lu le livre, je n'en comprends pas du tout la signification... Un mauvais point de départ, compensé par ma précédente expérience de lecture de Neil Gaiman, American Gods (qui avait une bien meilleure couverture).

Oui, deuxième lecture de Gaiman en peu de temps. Cela ne peut que vous confirmer mon appréciation de la première. Soyons clairs tout de suite : celle-ci est au moins aussi bonne. Peut-être même un peu meilleure. Différentes en tout cas (avec quelques similitudes de style, mais c'est un bon point). Si American Gods revisitait le road-trip, Neverwhere reprend lui le principe de la quête (il doit y avoir un mot pour mieux définir le genre, mais je ne le trouve pas) : la formation d'un groupe de héros, un objectif, des lieux à découvrir, des épreuves, ... Cela peut paraître banal, mais à la sauce Neil Gaiman, c'est juste savoureux.

L'histoire est bonne, mais ce qui fait vraiment la différence, selon moi, ce sont les personnages. Tous plus énormes les uns que les autres. La plupart mériterait un livre à part entière sur leur vie. Chacun à son caractère et ses caractéristiques, mais tous ont en commun d'être attachants (par des côtés différents) et surtout drôles (pas forcément volontairement d'ailleurs, mais l'addition de leurs folies respectives donnent des dialogues qui vous obligeront à garder le sourire).
Et s'il ne fallait en retenir qu'un, j'en garderais deux, mais qui ne font qu'un : Croup et Vandemar. Pardon : M. Croup et M. Vandemar. Duo de tueurs, ce sont les méchants de l'histoire, mais vous ne pourrez que les adorer.
« Il existe quatre moyens faciles, si l'on est observateur, de distinguer M. Croup et M. Vandemar : d'abord, M. Vandemar mesure deux têtes et demie de plus que M. Croup ; ensuite, M. Croup a des yeux d'un bleu de porcelaine fané tandis que M. Vandemar a les yeux marrons ; en troisième lieu, si M. Vandemar a fabriqué à partir des crânes de quatre corbeaux les bagues qu'il porte à la main droite, M. Croup n'arbore aucun bijou visible ; quatrièmement, M. Croup aime les mots, tandis que M. Vandemar a toujours faim. Et de plus, ils ne se ressemblent absolument pas. »
Il y aurait tellement de citations à retranscrire. Mais le plus simple, c'est que vous lisiez Neverwhere.

vendredi 1 février 2013

Neil Gaiman - American Gods

American Gods, Neil Gaiman, 2001, 687 pages.

Prenez des dieux scandinaves, égyptiens, indiens,... un peu de tout (enfin, avouons-le, les nordiques ont quand même une classe supérieure). Prenez un monde moderne. Prenez des symboles de ce monde moderne. Ajoutez un homme ayant à la fois des accroches du côté des Dieux et du côté du modernisme. Mélangez le tout. Saupoudrez d'humour. Savourez American Gods.

Évidemment, les différents ingrédients offrent un cocktail savoureux et explosif. Guerrier même, on peut le dire, puisque c'est quasiment le point de départ de l'intrigue : une guerre entre anciens et "nouveaux" Dieux. Cela semble prometteur, n'est-ce pas ? Ça l'est.

L'histoire se concentre sur la préparation de cette guerre, en suivant le personnage d'Ombre, recruté par Voyageur. Beaucoup de mystères et d'incompréhensions pour Ombre. Pour nous aussi. Au fur et à mesure, quelques révélations, une compréhension globale pour Ombre, ou plutôt une acceptation de la situation. Pour nous aussi.
C'est l'un des gros points forts du livre à mon avis : on se retrouve complètement dans la même situation que le personne principal, à essayer de comprendre ce qui se passe, à se demander si tout cela est réel, à se questionner sur ce que cela représente. Comme lui, on est longtemps incapable d'expliquer clairement et dans le détail tous les éléments, mais on s'intègre au schéma global, on comprend inconsciemment et on accepte. Et cela crée une véritable empathie pour Ombre

Pour le reste, c'est finalement un road-trip (même si honnêtement, je n'y ai pas pensé en le lisant) à travers l'Amérique, ponctué d'aventures, de rebondissements, d'humour et de simplicité (dans le style et la langue), qui donne envie, une fois la lecture complétée, d'aller à la recherche de certains lieux.

Un vraiment bon moment à passer. À essayer (et aimer).