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samedi 15 février 2014

Patrick Rothfuss - La Peur du sage, Première partie

La Peur du sage, Première partie, Patrick Rothfuss, Tome 2a/3 de Chronique du tueur de roi, 2011, 574 pages.

Je n'ai pas pu résister très longtemps. J'ai essayé, je vous assure, sachant bien qu'à dévorer trop rapidement cette Chronique du tueur de roi, je devrais ensuite attendre longuement et lentement le dernier tome. L'argument aurait peut-être pu porter, si ce n'est que Bragelonne a décidé de publier le tome 2, The Wise Man's Fear, en deux livres dans sa version française. Ma conscience est tranquille, je peux lire cette Première partie et reporter mon débat interne pour la lecture de la Seconde partie !

J'ai hésité avant d'écrire sur ce livre, étant donné qu'il n'est au final qu'une première moitié. Mais, par peur d'oublier des éléments de celui-ci quand je lirai la suite et par envie de crier ma joie, je n'ai, ici non plus, pas pu résister. Tout comme je ne résiste pas à redire que, tout comme la première, la couverture de Marc Simonetti est sublime.

Je n'avais pas quitté Kvothe depuis très longtemps et pourtant ce fut un réel plaisir de le retrouver. Ce personnage est vraiment très sympathique et donner ce sentiment en étant encore un étudiant laisse espérer de grandes choses. Car oui, dans la continuité directe du Nom du vent, notre héros continue son apprentissage à l'Université. L'histoire suit son cours presque "normalement".
Toute cette première partie est bien, voire très bien. Les meilleurs passages restent pour moi ceux qui évoquent la musique. Particulièrement les scènes à l'Eolian, qui sont vraiment touchantes et me donnent l'impression d'entendre les accords du luth de Kvothe.

Et puis le moment tant attendu est arrivé. Après 300-400 pages. Le départ vers d'autres aventures, vers la grande histoire, celle qui fera l'Histoire. Une nouvelle fois, cela offre un succulent commentaire de Kvothe et cette idée que Rothfuss maîtrise parfaitement ce qu'il fait.
« De toute façon, je me suis attardé trop longtemps sur mon séjour à l’Université. Il vaut mieux consacrer le temps qu’il nous reste à d’autres sujets, à des choses dont personne n’a jamais entendu parler. »
La dernière partie du récit est excellente. L'attrait de la nouveauté, à n'en pas douter. Nouveau lieu, nouveaux personnages, nouvelle intrigue. L'occasion pour Kvothe d'utiliser ses capacités dans le "vrai" monde. Et l'idée que désormais toutes les possibilités s'offrent à lui. L'histoire ne fait que commencer.

mercredi 12 février 2014

Pierre Pevel - Les Lames du Cardinal, l'intégrale de la trilogie

Les Lames du Cardinal, l'intégrale de la trilogie, Pierre Pevel, 2007-2010, 765 pages.

Le cycle de Wielstadt m'a laissé un souvenir impérissable, notamment pour son personnage du chevalier Kantz (un de mes préférés tous livres compris). Il était grand temps que je m'attaque à l'autre grande trilogie de Pierre Pevel : Les Lames du Cardinal. Pas de demi-mesure : les trois tomes (Les Lames du Cardinal, L'Alchimiste des Ombres, Le Dragon des Arcanes) à la suite grâce à cette intégrale !

La découverte de ce Paris, 1633, s'ouvre par une surprise (déjà annoncée dans le titre, mais une surprise tout de même) : c'est une troupe au service du Cardinal de Richelieu que nous allons suivre. Contre-pied aux habituelles aventures des mousquetaires où Richelieu est le plus souvent un antagoniste, Pierre Pevel a changé ma vision légèrement manichéenne de la situation.

Mais avant de découvrir "Les Lames" en tant que groupe, c'est individuellement que l'on rencontre un beau petit nombre de personnages tous plus extraordinaires, sympathiques et arrogants les uns que les autres. L'écriture est vive et rythmée, un changement de point de vue toutes les 2-3 pages en moyenne, et le restera tout au long de la trilogie.

L'histoire est exactement celle que l'on attend, un roman de cape et d'épée avec son lot de combats de rapières toujours très visuels. Le petit plus de Pierre Pevel (outre la canicule), ce sont les dragons. Ils sont là, un peu partout, sous diverses formes (résidus d'âmes, sang-mêlés, humanisés,...), formant une société qui n'est pas sans rappeler la franc-maçonnerie. Évidemment, ils vont être les adversaires des Lames et cela va être explosif. Les dragons sont aussi au coeur de mon seul bémol : un petit problème de crédibilité de temps à autre, leur puissance n'étant jamais très claire, je me suis parfois demandé pourquoi ils ne dominaient pas le monde. Mais le problème n'est pas gênant pour vivre pleinement les aventures et apprécier la lutte.

La trilogie est maîtrisée. Chaque tome a une histoire propre mais l'ensemble forme un véritable tout tant les éléments précédemment lus ont leur importance dans la suite. Certains regretteront peut-être le manque d'informations sur le passé des personnages : on sait juste exactement le minimum qu'il nous faut connaitre. Cela ne m'a pas gêné plus que ça, c'est une concession d'un élément non essentiel qui permet de se concentre sur le plus important : l'aventure et le présent.

Les Lames du Cardinal sont donc une bonne trilogie, très sympathique pour quiconque recherche une lecture d'actions/aventures agréable et facile à lire. On retrouve tout ce qu'on peut attendre d'un roman de cape et d'épée dans un cadre historique très bien utilisé. On se sent véritablement plongé dans Paris au XVIIème siècle, bien aidé en cela par quelques paragraphes "historiques" et de multiples références.

Je dédie le silence qui suit ce billet à Almadès, fière Lame du Cardinal, il le mérite.

Dernière lecture pour le Challenge Francofou

jeudi 6 février 2014

Ian McDonald - La Maison des derviches

La Maison des derviches, Ian McDonald, 2012, 523 pages.

La Maison des derviches a remporté le Prix Planète SF 2013. Je ne fais habituellement pas vraiment attention aux prix littéraires, mais celui-ci a un caractère spécial puisqu'il est décerné par des blogueurs (un gage de qualité, n'est-ce pas ?). J'avais aussi envie de découvrir un livre qui a été préféré à 22/11/63 (ok, c'est facilement envisageable), Le Calice du Dragon (pas encore lu, mais Griaule est forcément bon) et Anamnèse de Lady Star (une lecture atypique et marquante).

C'est en suivant un vol de cigognes que l'on se pose à Istanbul, cadre du récit. Nous sommes en 2027 et la technologie a poursuivi son avancée. Ici ou là, on aperçoit quelques modifications, quelques nouvelles habitudes. Mais l'aspect "science-fiction" reste léger, par petites touches, avec cette impression que ce monde pourrait réellement et facilement être celui de demain. D'un demain proche.

La Maison des derviches est un livre politique, géopolitique. Ce qui n'est qu'une autre façon de dire qu'il est humain et qu'il nous concerne profondément. Iam McDonald nous présente un futur probable, où technologie, politique et religion se mêlent. Comment ne pas y voir un reflet de notre présent et les critiques afférentes ?

La Maison des derviches est une lecture exigeante. Certains passages sont un peu longs, la trame générale prend son temps pour se mettre en place. Heureusement, l'alternance des points de vue permet de relancer assez régulièrement l'intérêt. Tous les personnages sont globalement intéressants et ont leur place, à l'exception peut-être de l'histoire d'Ayse dont je ne sais quelle morale il faut tirer.

Il y a une scène qui vaudrait quasiment à elle-seule la lecture de ce roman : l'embouteillage sur le pont. Marquante, choquante, cette scène résume presque entièrement ce livre et son message.

La Maison des derviches est un livre qui monte en puissance, photographie d'une ville au carrefour du monde et panorama général de notre société actuelle/future. Tout n'y est pas parfait, mais c'est un livre intelligent qui trouvera un écho en chacun.

L'avis de Gromovar, Efelle, Julien, Lhisbei, Tigger Lilly

jeudi 9 janvier 2014

Patrick Rothfuss - Le Nom du vent

Le Nom du vent, Patrick Rothfuss, Tome 1/3 de Chronique du tueur de roi, 2007, 7782 pages.

Vous aurez déjà remarqué que j'ai de grosses lacunes de lecture, mais je ne sais toujours pas comment j'ai pu attendre autant de temps pour lire ce monument, au moins en devenir, de la fantasy contemporaine. L'erreur est enfin réparée.

Premier tome d'une trilogie qui comprendra plus de trois livres en français (on en reparlera dans le tome 2), Le Nom du vent a déjà pour lui un beau titre et une sublime couverture de Marc Simonetti (auteur aussi des couvertures "J'ai Lu" du Trône de Fer - regardez son site si vous avez 5 minutes, c'est encore plus magnifique en grand et propre). Personnellement, le titre en lui-même me fait rêver. Là où ça tourne déjà au génie, c'est que ce nom du vent va revenir régulièrement au cours du récit et en être une pierre centrale. Un titre beau et sensé, c'est une première réussite.

L'histoire commence dans le présent. Grossièrement, Kvothe va rencontrer Chroniqueur et lui raconter son histoire, sous forme d'un très long flashback. Il décide qu'il lui faudra trois journées pour raconter son récit entièrement. Trois jours, trois livres. J'ai eu très peur quand j'ai vu la direction prise par l'auteur. J'ai du mal avec les flashbacks, qui servent surtout à annuler une partie du suspense pour très souvent ne rien apporter. Mais pas ici. Intelligemment, Patrick Rothfuss se sert de cette situation pour insérer des interludes qui ajoutent quelques éléments, posent des questions et créent une impatience et surtout un mystère supplémentaire. En plus, cela donne une vraie raison d'exister au texte que l'on lit. Tout simplement intelligent.
« Ça devrait suffire pour aujourd'hui, dit Kvothe en faisant signe à Chroniqueur de poser sa plume. C’en est fini du travail préparatoire. Nous avons posé les fondations pour notre histoire. »
L'histoire en elle-même s'avère classique. On y suit la jeunesse de Kvothe avec tous les éléments incontournables du roman d'apprentissage : un grand drame, la survie dans la misère, le temps de l'école, le premier amour, les premiers faits d'armes. Comme le dit Kvothe lui-même, ce premier tome est une introduction. À près de 800 pages l'introduction, surtout pour une histoire qui parait très classique, cela peut sembler long. Personnellement je ne l'ai absolument pas ressenti. Déjà, parce que l'auteur maîtrise parfaitement son histoire et semble savoir où il va et ce qu'il fait, jusqu'à en jouer (à deux trois reprises, après certaines remarques, je l'ai parfaitement imaginé avec un petit sourire en coin). Mais il y a surtout une raison primordiale : le personnage de Kvothe. Sympathique et intelligent, il a tout pour être attachant. Jamais je n'ai eu envie de lui mettre une baffe (coucou Fitz), toujours j'ai eu envie qu'il réussisse. Un bonheur de héros.

Au final, c'est un très bon tome pour entrer dans l'univers. Tout est en place pour que la suite soit exquise. Mais en lui-même, ce livre arrive déjà à transcender son classicisme notamment par son souci des détails et son personnage principal déjà iconique. Une réussite qui ne pourra que se confirmer, je suis confiant.

vendredi 20 décembre 2013

Joe Abercrombie - L'Éloquence de l'épée

L'Éloquence de l'épée, Joe Abercrombie, Tome 1/3 de La Première Loi, 2006, 574 pages.

Avec la sortie récente de Les Héros, un one-shot bien tentant, il était temps que je me plonge dans l'univers de Joe Abercrombie et de sa trilogie La Première Loi (qui utilise le même monde que Les Héros). À noter que ce premier tome s'intitule L'Éloquence de l'épée dans sa première édition mais a été renommé Premier sang dans les versions suivantes.

Classiquement, la première partie du récit nous offre un tour d'horizon des différents protagonistes. Mais une chose est frappante : tous sont plus ou moins présentés comme mauvais. Certains peuvent avoir quelques excuses ou donner l'impression de changer, mais les faits sont là, pas de grand chevalier blanc ici. C'est une fantasy très sombre et pessimiste que décrit Abercrombie.

Cela ne donne pas une entrée en matière facile, avec des personnages que l'on a pas forcément envie d'apprécier (Logen est peut-être le seul sympathique, Glotka étant fascinant pour d'autres raisons) et quelques moments difficiles (j'ai encore des frissons de la scène de torture...), mais cela crée une vraie ambiance particulière. Certes c'est noir, mais c'est surtout rare et génial. Le style d'Abercrombie aide aussi à rentrer dedans. Tout en dialogues et en actions simples (à deux scènes près), les pages s'enchaînent facilement.

Puis vient l'histoire en elle-même. Après un début si particulier et porteur d'espoir, la suite semble malheureusement très banale. Légère déception sur ce point. Les protagonistes vont caricaturalement passer 500 pages à voyager pour se regrouper et effectuer un remake de La Communauté de l'Anneau : des personnages bien différents, qui ne s'aiment pas, sont réunis par un mage, qui en sait plus qu'il ne le dit, pour partir dans une quête qui sauvera le monde.

Comme je l'ai déjà dit, cela se lit malgré tout très bien. L'histoire de Glotka, personnage le plus trouble, donne un vrai intérêt à ce premier tome. L'ambiance est excellente et l'univers semble avoir du potentiel. Considérons que ceci est une longue introduction pour poser les bases. À voir si le deuxième tome saura redonner un peu de folie à tout cela.
« Ah, le chagrin de l’amante délaissée. Privation. Colère. Honte. Impression qu’on ne s’en remettra jamais. Quel poète a donc écrit qu’il n’y a pire chagrin que celui d’un coeur brisé ? Niaiseries sentimentales. Il aurait dû passer plus de temps dans les geôles de l’empereur. (...) Un coeur brisé finit par guérir ; des dents cassées, jamais. »
À lire aussi, l'avis de Lorhkan et BlackWolf.

jeudi 24 octobre 2013

George R.R. Martin - Le Trône de fer / Intégrale 3

Le Trône de fer, l'Intégrale 3, George R.R. Martin, 2000, 1150 pages.

Après l'Intégrale 1 et l'Intégrale 2, place tout à fait étonnamment à l'intégrale 3. Je me suis permis de bien attendre avant de m'y mettre, recherchant le moment optimal. Et il était là, encore plein d'envie et de motivation après une lecture du Sang des 7 Rois enthousiasmante. Feu à volonté !

Replonger dans Le Trône de fer est une aventure en soi. Tout d'abord parce qu'il faut attendre près de 200 pages pour retrouver tous les narrateurs (même si le dernier rencontré n'était pas forcément la meilleure nouvelle possible, désolé Sam). Et puis parce qu'il y a toujours cette impression par moment de lire Le Silmarillion, avec sa douzaine de noms de personnages et de lieux par page. Cela fait un peu peur au départ, jusqu'à se qu'on reprenne ses marques et tout le bonheur qui va avec. Ne vous inquiétez, il y a du temps pour ça.

Avant d'ouvrir cette nouvelle intégrale, je doutais un peu. Est-ce que c'est vraiment aussi bon que ça ? Est-ce que je ne me suis pas un peu emballé sur les deux premiers tomes ? Est-ce que je ne me le survends pas du fait de sa réputation ? Ahaha, que de bonnes blagues. Non, définitivement, cette saga est légendaire.

Aux alentours de la page 700, je me suis rendu compte qu'il n'y avait eu aucun gros rebondissement. Pourtant, je ne m'ennuyais absolument pas. J'apprécie plus ou moins tous les narrateurs (même Sansa désormais, c'est dire), même si j'avoue avoir un faible pour les chapitres de Tyrion et de Jaime. Ce qui peut s'expliquer par le fait qu'ils sont souvent les plus immergés dans les complots et jeux de pouvoir, ce qui reste le plus intéressant. Et quelle ne fut pas ma joie quand la première scène de Tyrion eut lieu avec Pod et Bronn : le trio légendaire est dans la place ! Par la suite, on ne verra malheureusement que trop peu Podrick Payne, qui reste l'un de mes personnages préférés.

Bref, 700 pages complètement prenantes et totalement maîtrisées. Avec même un petit aspect philosophique par moment (bon honnêtement j'avais repéré plusieurs petits instants de réflexions, mais je ne me souviens que d'un seul : un individu vaut-il plus ou moins que la vie d'un groupe, avec Stannis). Pas de grandes surprises, mais les choses prennent leur place petit à petit. Et puis tout changea. Parce que peu de temps après que je me fasse cette réflexion, Monsieur Martin a décidé de faire un peu de rebondissement. Et ce que je viens de dire est pire qu'un euphémisme. De la folie jusqu'au bout, de l'inattendu en veux-tu en voilà encore plus. Et même dans les 150 dernières pages, où j'ai cru que ça allait se tasser et se préparer pour le tome 4, ce n'est qu'une occasion de plus pour bouleverser la vie de Westeros. Rien que l'avant-dernier chapitre est monumental.

J'ai terminé ce troisième tome et je n'ai qu'une envie : lire le tome 4. Après cette fin tonitruante, je n'ai absolument aucune idée de la tournure que vont prendre les événements. Je ne sais qu'une chose : cela sera bien, et même plus que bien.
« On fait par trop ttt ttt dans ce royaume, si vous me demandez. »

lundi 2 septembre 2013

Jean-Philippe Jaworski - Gagner la guerre

Gagner la guerre, Jean-Philippe Jaworski, 2009, 684 pages.

Dire que Le Dévoreur de livres m'a légèrement incité à lire ce livre serait peu dire. Et même les dévoreurs, puisque à la fois Kissifrott et Eäron Valil l'ont encensé. Et même si j'avais promis de le lire il y a de ça quelques mois, mieux vaut tard que jamais et patati patata, non ?

Un livre qui commence par une bataille navale marque tout de suite de bons points. Mais un livre qui utilise son premier chapitre pour complètement berner le lecteur et faire un énorme rebondissement passe presque aussitôt dans la catégorie des bons livres. Il ne reste plus qu'à confirmer dans les quelques 600 pages restantes.

Et c'est le cas. Les héros voleurs et/ou assassins sont une valeur sûre en fantasy, et sont toujours plaisants à suivre. D'autant plus quand les implications dans les intrigues politiques sont importantes. Si vous aimez Le Trône de fer mais avez toujours trouvé que les manigances et ruses mettaient du temps à se mettre en place, la première partie de Gagner la guerre devrait vous satisfaire.

Par la suite, une part plus importante est donnée à l'action/aventure, mais cela reste bien sympathique, surtout que cela reste, relativement, réaliste. Cela va de pair avec notre protagoniste principal, Benvenuto Gesufal, qui n'a rien d'un super-héros : intelligent, cynique et conscient de ce qu'il est. Le tout offre un sentiment de vérité.

J'ai trouvé la plume de Jean-Philippe Jaworski à la fois fluide et dense, dans un bon compromis, et l'histoire bien menée, même l'interlude, avec son lot de bons rebondissements. La taille du livre fait un peu peur au départ, mais n'est finalement pas une difficulté. On s'attache à Benvenuto, dont les réparties ne sont jamais dénuées d'humour, et qui s'offre parfois quelques envolées à l'attention directe du lecteur, brisant le quatrième mur, qui sont quasiment pour moi les meilleurs moments du livre (et dont l'auteur n'a, très intelligemment, pas abusé). Et si vous n'êtes pas convaincu, un dernier argument, et pas des moindres : Gagner la guerre est un one-shot, avec un début et une fin.
« Notre destin, c’était de gagner la guerre, quitte à détruire ce que nous croyions défendre. »

vendredi 23 août 2013

Alain Damasio - La Horde du Contrevent

La Horde du Contrevent, Alain Damasio, 2004, 701 pages.

J'avais lu beaucoup d'avis positifs (et pour être plus précis, que des avis positifs) sur ce livre, notamment chez Le Dévoreur de Livres, AcrO ou Lune. Considéré quasiment par tous comme un chef d'oeuvre, la pression était assez énorme avant l'ouverture. Alea Jacta Est !

Les premières pages sont troublantes. Une longue liste de personnages avec des petits symboles bizarres, puis deux pages énigmatiques, pour finir avec le moment "ouvre-bien-grand-tes-yeux" : le livre commence à la page 701, pour aller en décroissant. J'avais déjà lu cette particularité, mais je l'avais oublié au moment de commencer le livre, et autant dire que cela fait un petit choc. On entre clairement dans un nouvel univers.
Une sensation amplifiée par le début du récit, qui démarre en trombe, en pleine action, sans aucune explication. Cela peut faire peur, mais c'est finalement un excellent choix. Rapidement, bien que sans comprendre tous les tenants et aboutissants, on se retrouve, comme par magie, happé par la lutte que mène cette horde pour sa survie contre le vent.

Mais ce n'est que le début d'une aventure inoubliable, où peu à peu les éléments de compréhension vont venir s'insérer dans le récit. Alain Damasio a réussi à créer un univers unique, porté par une horde de 23 personnages exceptionnelle. Chacun des personnages va être en alternance le conteur de cette histoire, bien que certains seront, assez logiquement, plus utilisés que d'autres. Mais là où l'écriture d'Alain Damasio devient géniale, c'est dans la faculté qu'il a à transmettre une vie propre à chacun de ses 23 personnages, avec une façon de parler se modifiant pour coller au plus près du caractère de chacun. J'ai surement été influencé par la mini-biographie de l'auteur où il est écrit qu' « Alain Damasio écrit peu, par exigence », mais j'ai vraiment trouvé qu'il y avait de la recherche dans l'écriture, que chaque mot était pesé.

Nous avons donc un groupe de personnages attachant, menant une quête improbable vers l'Extrême-Amont, servi par une écriture intelligente. Cela vous semble suffisant à en faire un bon livre ? Il n'empêche que La Horde du Contrevent est bien plus que cela. C'est un fourmillement d'idées et de raisonnements, allant du sens de la vie à l'origine du monde, en passant par le mouvement et même l'écriture. Et bien sûr, le vent. Le vent qui est l'élément central du livre, presque plus important que la Horde elle-même. Si Les Piliers de la Terre a changé à jamais mon point de vue sur les églises et cathédrales, La Horde du Contrevent aura le même effet sur ma manière de ressentir le vent.

mercredi 24 juillet 2013

Antoine Tracqui - Point Zéro

Point Zéro, Antoine Tracqui, Tome 1/3 ?, 2013, 878 pages.

Une nouvelle fois, c'est grâce/à cause de Kissifrott, le Dévoreur de livres, que j'ai découvert Point Zéro, le premier roman d'Antoine Tracqui. Un énorme coup de coeur pour lui (et encore, "énorme" est peut-être réducteur...). Il a d'ailleurs réussi à en convaincre Lune et Cornwall, et pour elles aussi ce fut le coup de coeur. Comment dire... vous aussi vous sentez l'obligation de lire ce livre, et la pression qui en découle ?

Bon, je me lance et je vais le dire tout de suite : j'ai moins aimé qu'eux, ce n'est pas un énorme coup de coeur. Non, ne me tapez pas, s'il vous plait, je vais quand même en dire du bien ! Pour un premier roman, c'est extrêmement impressionnant. Près de 900 pages où l'intrigue est millimétrée, ce n'est pas donné à tout le monde. Mais ce que j'ai le plus aimé, c'est le côté historique/réalisme. Oui, c'est une fiction, et même de la science-fiction, mais tout est basé sur des faits réels. Que cela soit les événements, les théories, les objets (un avion est-il un objet ?), et même les personnages, on retrouve énormément de références à notre réalité et à notre Histoire et ses mystères. C'est à la fois fascinant et effrayant. Un grand chapeau en tout cas pour le travail de recherche et d'imagination pour tout intégrer en une théorie (parce que oui, pour moi ce livre est presque une théorie).

Il y a une comparaison qui m'a sauté aux yeux assez rapidement dans ma lecture : Power Plays. Tout d'abord dans la structure, avec un récit très cadré, avec changement de points de vue au bon moment, et des sous-chapitres commençant toujours par la date et l'heure (il manque le lieu pour être exactement comme dans Power Plays). Et puis comme dans la série de Tom Clancy/Jerome Preisler (selon le point de vue...), on a une histoire avec des implications géopolitiques, où un très riche et puissant Monsieur, dirigeant une organisation mondiale s'occupant d'un peu de tout, a sous ses ordres un groupe de personnes toutes plus fortes et invraisemblables les unes les autres, pour servir ses intérêts et le monde dans des situations toujours plus improbables et sanglantes (d'accord, c'est un peu très caricatural, mais ça colle parfaitement aux deux oeuvres). Je donne tout de même un avantage à Point Zéro pour les personnages qui m'ont paru plus vivants, et pour l'ambiance plus chaude (la série de Tom Clancy est assez froide dans mon souvenir). Précisons tout de même que j'aime bien Power Plays, c'est sympa dans son genre, un genre proche du blockbuster. Et c'est exactement ça : Point Zéro est un blockbuster, que j'imagine très bien adapté par Hollywood.

Sauf que, et c'est surement un contrecoup du côté blockbuster, il y a un moment où je n'y ai plus cru. Quand les héros passent 42 fois à un cheveu de la mort dans les 242 premières pages, j'arrête de me faire du souci pour eux ensuite. En fait, je dois avouer m'être un peu ennuyé par moment. Toute l'histoire est très détaillée, très minutée,... et finalement peut-être un peu trop. La partie en Arctique m'a semblé ne jamais vouloir finir... Vous ne pouvez imaginer mon soulagement quand j'ai vu apparaître la nouvelle partie et une nouvelle carte (parce que oui, point positif, il y a des cartes, et ça c'est le bien, même si je n'ai toujours pas trouvé le point n°4 de la légende de la deuxième carte...). Et je n'ai pas eu vraiment une très grande empathie pour les personnages, à l'exception de One-Shot. Enfin, sous réserve que ce ne soit pas moi qui l'ai ratée, c'est un détail mais il y a une petite explication qui me manque concernant une révélation (et pas une qu'on aura dans la suite à mon avis), mais je ne peux rien vous expliquer sous peine de vous spoiler.

Au final, malgré quelques longueurs et un aspect blockbuster américain (tiens, un point que j'ai oublié d'aborder, mais j'ai trouvé ça très américanisé) qui apporte quelques défauts, Point Zéro reste un bon livre, avec un bon titre (mystérieux tout en ayant du sens après lecture). Une mention spéciale pour l'utilisation de faits historiques troubles, qui donne de la profondeur à une intrigue tout-en-bourrin. Et puisqu'il y a un peu de mystère en suspens, j'attends la suite (puisque ce sera une trilogie, comme on l'apprend dans l'excellente interview d'Antoine Tracqui par Arieste, à lire ici).

mercredi 26 juin 2013

Frédéric Lenoir - L'Oracle della Luna

L'Oracle della Luna, Frédéric Lenoir, 2006, 736 pages.

Je ne connaissais pas Frédéric Lenoir avant de lire ce livre. J'ai découvert ensuite qu'il était philosophe et sociologue, spécialiste des religions (d'accord, wikipédia le dit). Ce qui explique beaucoup de choses. Mais je brûle des étapes, on y reviendra plus tard. Je dois avouer qu'on m'a offert ce livre. Je ne sais pas si je l'aurais découvert sans cela. Et si comme moi, à la lecture de la quatrième de couverture, vous pensez peut-être tombé sur un livre se rapprochant des Piliers de la Terre (en forcément moins bien, mais dans l'idée), je dois vous dire... que pas du tout.

L'Oracle della Luna est l'histoire de Giovanni, jeune paysan italien du XVIème siècle. On va le suivre dans sa quête initiatique pour retrouver celle dont il est tombé éperdument amoureux au premier regard, mais qui s'avère être une aristocrate vénitienne. Étonnamment, je ne peux pas critiquer l'histoire d'amour. Bien qu'un peu surréaliste au départ (un coup de foudre quoi...), je l'ai trouvée très bien tourné. Pas gnan-gnan, intéressante et même surprenante. Je n'aurais jamais cru écrire ça un jour, mais l'histoire d'amour est un point fort de ce roman.

Mais évidemment, bien qu'elle soit toujours le but final, l'essentiel de l'histoire se concentre sur le personnage de Giovanni, et ses péripéties pour vivre avec sa bien-aimée. Bienvenue dans les aventures de Donald Duck ! Oui, après quelques temps de lecture, c'est la comparaison qui m'est venu à l'esprit. Pourquoi ? Parce qu'il va énormément voyager, et dans chaque lieu il va quasiment vivre une nouvelle vie, avec toujours à la clé des situations rocambolesques. C'est presque un enchaînement de petites histoires (j'aurais pu comparer avec les Martine, mais je maîtrise plus Donald) : Giovanni est paysan, Giovanni est apprenti, Giovanni est astrologue, Giovanni est moine,...

Bon, cela semble parfois un peu trop gros. Mais dans l'ensemble, cela reste sympathique (mais j'ai dit que j'aimais Donald... je me doute que ça ne plaira pas à tout le monde). Si ce n'est que ce parcours initiatique n'a finalement pas pour but de lui faire retrouver sa chère et tendre. Non, c'est en fait juste le moyen pour l'auteur de nous abreuver de ses connaissances sur les religions. C'est un livre comme on devait en écrire au temps des Lumières. Une histoire qui n'est là que pour permettre de servir des propos philosophiques. Il faut avouer que c'est intéressant, et qu'on sent que Frédéric Lenoir sait de quoi il parle. Mais sur la longueur, il y en a trop. Vraiment trop. D'autant plus que cela traite toujours des religions, de leurs différentes visions et de l'apport qu'on peut en tirer. Bien qu'il y ait toujours des choses à prendre, ce n'est pas non plus un sujet des plus actuels et modernes (enfin, oui mais non , le livre est vraiment axé sur la théologie). Je n'ai rien contre le principe, mais c'est lassant sur la durée.

Au final, l'histoire en elle-même n'est pas si longue que ça, mais elle reste prenante et surprenante. Malheureusement, les longueurs de l'initiation théologique font perdre du rythme. Il est toujours triste de devoir lire des passages en diagonale pour aller chercher les morceaux essentiels.

mercredi 29 mai 2013

George R.R. Martin - Le Trône de fer / Intégrale 2

Le Trône de fer, l'Intégrale 2, George R.R. Martin, Tome 2/, 1998, 955 pages.

Je continue de rattraper mon retard sur Le Trône de fer, après l'Intégrale 1 en mars dernier. J'avais encore l'histoire bien en tête, je me souvenais de l'état des intrigues à la fin du premier tome et je me sentais donc plutôt à l'aise pour reprendre. J'avais par contre un peu oublié qu'il y avait autant de personnages secondaires. J'ai finalement mis quelques dizaines de pages (un nombre dérisoire pour la taille du monstre) à complètement me remettre dedans, et à être prêt pour dévorer la suite. Et quelle suite !

Ai-je vraiment besoin de dire quelque chose d'autre ? C'est dans la continuité du premier tome, totalement maîtrisé, avec un rythme pas effréné mais constant. L'histoire se déroule parfaitement par le changement de point de vue, sans jamais tourner à la redite (je l'avais déjà dit, mais c'est vraiment une chose qui me marque). Et on ne nous fait pas juste tourner en rond : les intrigues se développent, et on obtient des réponses aux mystères précédemment posés.

Pour un pavé de ce genre, il y a relativement peu de longueurs. Pour ne pas dire qu'il n'y en a quasiment pas. Les rares viendront surement d'un personnage auquel on accroche moins. Mais même les personnages qui semble les moins intéressants (non, je ne vise pas Sansa) ne sont pas ennuyants (notamment par le fait qu'ils ne sont jamais seuls, j'imagine). Mon préféré sur ce tome est incontestablement Tyrion. Et j'attends de voir ce qui est réservé à Podrick Payne, dont je crois pouvoir aisément devenir fan (déjà que là je l'ai trouvé énorme).

Si vous n'avez pas encore commencé Le Trône de fer, foncez sur la première intégrale ! Personnellement, j'attends avec impatience le moment où j'ouvrirai la troisième. Et peut-être vais-je me lancer dans la série télévisée. Assez vite, car l'hiver vient.

mercredi 15 mai 2013

Stephen King - 22/11/63

22/11/63, Stephen King, 2011, 937 pages.

Je suis en possession de ce livre depuis quasiment sa sortie. J'étais plutôt motivé par sa lecture, mais j'ai tout de même attendu le moment propice, celui où je me sentirai capable d'enchaîner ce pavé sans trop bloquer. Et paf, d'un coup, c'était le moment ! (oui, j'aime raconter des faits très concrets et parlants).

Je ne suis pas un grand connaisseur de Stephen King, mais j'ai quelques bases, dont La Tour Sombre. Une saga qui ne représente pour moi qu'une des meilleures de tous les temps. Et que vous devez vous empresser de lire si ce n'est pas déjà fait, en vous forçant à continuer après le premier tome.

Bref, 22/11/63. Date de l'assassinat de Kennedy à Dallas. Enfin, l'attentat possible. Puisque, la quatrième de couverture vous l'aura surement fait deviner, l'histoire va peut-être changer. En effet, par le biais de son ami Al Templeton qui a trouvé un portail temporel (ou je-ne-sais-comment-on-peut-appeler-ça), Jake Epping va être capable de remonter le temps, et plus précisément en 1958, et décide (est légèrement forcé de décider) d'empêcher le meurtre de JFK.

L'idée de départ est bonne, et les 100 premières pages aussi. C'est bien amené, le personnage principal est attachant, et on a le droit à un peu de réflexion sur les conséquences du voyage dans le temps. Pour un sujet très abordé en science-fiction, j'ai trouvé ça plutôt clair et bien parti. Allez hop, il part en 1958, et on s'attend à passer assez rapidement à une uchronie (on voit tout de même JFK des deux côtés de la couverture...). Oui, mais non. Car nous n'atteindrons pas la date du 22/11/63 avant environ la 800ème page... La centaine de pages qui conclut le livre est du niveau de la première, avec un mélange d'actions, de réflexions et d'une uchronie troublante (ce qu'elle nous amène à penser est assez particulier...).

Et entre temps me demanderez-vous ? Et bien, nous avons le droit à une histoire d'amour. D'accord, je grossis un peu le trait, mais fondamentalement je n'en suis pas loin... Il y a des éléments importants dans ce coeur du roman, et de très bons passages. Mais pas de quoi justifier près de 700 pages... Le pire, c'est que ça se lit plutôt bien, mais j'attendais toujours le moment où ça allait vraiment décoller.

   Finalement, je ne sais pas trop quel est mon avis sur ce livre. Je m'attendais à quelque chose de plus uchronique, et ça a perturbé ma lecture. Si je n'avais pas attendu autant de ce changement du cours de l'Histoire (et je n'en prends pas l'entière responsabilité, on nous parle du sauvetage de Kennedy au début du roman, forcément on y pense...), peut-être l'aurais-je encore plus apprécié, puisqu'il y a vraiment de bonnes choses, une vraie plongée dans les années 60, une belle histoire et de nombreuses questions posées. A tenter si vous êtes capable de patienter avant de voir Kennedy.

mardi 23 avril 2013

Daniel Keyes - Les mille et une vies de Billy Milligan

Les mille et une vies de Billy Milligan, Daniel Keyes, 1982, 464 pages.

Si le nom de Daniel Keyes ne vous dit rien, c'est que vous êtes passés à côté d'un must-read absolu : Des fleurs pour Algernon. Je ne sais comment cela peut être possible (non non, je ne l'ai absolument pas personnellement découvert il y a seulement quelques mois...), mais si c'est le cas, vous devez vous ruer dessus immédiatement ! Les yeux fermés ! (sauf au moment de la lecture, bien sûr)

L'ayant lu, je connaissais le talent de Daniel Keyes pour évoquer toutes les facettes d'un être humain, et nous les faire partager et ressentir. Il me semble que ce talent est encore à l'oeuvre ici, bien que la forme soit complètement différente. En effet, outre le fait que cela soit une histoire réelle, tout est raconté de la manière la plus objective et neutre possible. Pourtant, ce qui pourrait sembler être une lecture plate et ennuyante s'avère être prenante et captivante.

Pour ceux qui n'ont pas lu le synopsis, il s'agit de l'histoire vraie de Billy Milligan, individu souffrant de personnalité multiple (grossièrement, plusieurs personnes habitant un même corps), accusé de viols, dont l'histoire fera jurisprudence aux Etats-Unis et la une des journaux pendant des années. Personnellement, je ne saurais expliquer d'où cela vient, mais j'ai toujours été fasciné par les troubles dissociatifs de l'identité. Forcément, je partais avec un à priori positif. Et je n'ai pas été déçu : c'est fascinant, et tout bonnement incroyable.

Attention, c'est un livre qui n'est pas forcément facile d'accès, le sujet n'étant pas des plus gais. Il peut aussi être exigeant d'un point de vue psychologique. Peut-on avoir de l'empathie pour un violeur ? Une maladie excuse-t-elle tout ? C'est un livre qui apporte des faits, et nous laisse des questions personnelles, sur un sujet compliqué. Un livre qui fait réfléchir et qui pousse à vouloir en débattre ou partager plus en profondeur ses avis avec d'autres personnes (si certains sont intéressés, je suis là).

J'ai un seul regret : ne pas avoir l'avis des victimes. Ceci n'est pas de la curiosité malsaine, mais cela aurait été simplement pour apporter un point de vue qui me semble difficilement imaginable. Hormis cela, il ne me semble pas avoir de critiques à émettre. Certains n'accrocheront pas, mais c'est une expérience à tenter (en connaissance de cause).

Convaincu ou non, je ne peux que vous conseiller, si ce livre passe à portée de votre main, d'en lire au moins la préface de Daniel Keyes, qui explique la démarche, la méthode, et les bases de la vie de William Stanley Milligan, dit Billy Milligan.

mercredi 6 mars 2013

George R.R. Martin - Le Trône de fer / Intégrale 1

Le Trône de fer, l'intégrale 1, George R.R. Martin, Tome 1/?, 1996, 786 pages.

Des années. Cela faisait des années que je voulais, que je devais lire Le Trône de fer. La machine est enfin lancée, avec cette première intégrale, qui n'est en fait que le premier tome originel. Magie de l'édition française...
Forcément, après tant de temps, et tant de critiques positives et d'engouement (bon, l'engouement récent est surtout télévisuel, mais tout de même), mes attentes sont assez élevées, ce qui n'est jamais bon. Sauf si le livre s'avère être au niveau espéré. Ce qui est le cas.

Comment parler du Trône de fer ? Que dire ?
Je vais rapidement reprendre la base pour ceux qui seraient passer à côté (quand on voit que je commence seulement la saga, je ne peux pas vraiment me permettre de jeter la pierre...). Prenez un royaume. Prenez diverses grandes familles habitant au sein de ce royaume (ou pas totalement d'ailleurs). Prenez un Trône de fer symbolisant le roi et son pouvoir. Et je vous laisse imaginer ce que vous pouvez obtenir. Un grand bordel remplit d'intrigues, de complots, de trahisons et de guerres est une possibilité.

J'ai osé dire "grand bordel", mais c'est en fait tout le contraire. Tout est contrôlé, tout est millimétré. On suit différents personnages, de différentes familles, mais principalement la famille Stark (pas celle de Tony, bien qu'il soit lui l'homme de fer... coïncidence ?). On change de point de vue à chaque chapitre, mais la beauté de la chose c'est qu'il n'y a aucune répétition dans les actions. On ne va pas lire une scène, puis la relire avec une autre vision. Non, tout s'enchaîne, tout est parfaitement orchestré.

C'est réellement grandiose. Prenant de tous les côtés, dans tous les aspects de l'histoire. Le livre est impressionnant à prendre en main, et pourtant ça se lit assez facilement. Je pourrais faire une liste d'adjectifs mélioratifs, mais je pense que vous avez compris l'idée. C'est à la hauteur de sa réputation et de ce qu'on peut en attendre. Je n'ai qu'une envie : lire la suite.

Oh, j'allais oublier ! Prenez garde, l'hiver vient.

vendredi 1 février 2013

Neil Gaiman - American Gods

American Gods, Neil Gaiman, 2001, 687 pages.

Prenez des dieux scandinaves, égyptiens, indiens,... un peu de tout (enfin, avouons-le, les nordiques ont quand même une classe supérieure). Prenez un monde moderne. Prenez des symboles de ce monde moderne. Ajoutez un homme ayant à la fois des accroches du côté des Dieux et du côté du modernisme. Mélangez le tout. Saupoudrez d'humour. Savourez American Gods.

Évidemment, les différents ingrédients offrent un cocktail savoureux et explosif. Guerrier même, on peut le dire, puisque c'est quasiment le point de départ de l'intrigue : une guerre entre anciens et "nouveaux" Dieux. Cela semble prometteur, n'est-ce pas ? Ça l'est.

L'histoire se concentre sur la préparation de cette guerre, en suivant le personnage d'Ombre, recruté par Voyageur. Beaucoup de mystères et d'incompréhensions pour Ombre. Pour nous aussi. Au fur et à mesure, quelques révélations, une compréhension globale pour Ombre, ou plutôt une acceptation de la situation. Pour nous aussi.
C'est l'un des gros points forts du livre à mon avis : on se retrouve complètement dans la même situation que le personne principal, à essayer de comprendre ce qui se passe, à se demander si tout cela est réel, à se questionner sur ce que cela représente. Comme lui, on est longtemps incapable d'expliquer clairement et dans le détail tous les éléments, mais on s'intègre au schéma global, on comprend inconsciemment et on accepte. Et cela crée une véritable empathie pour Ombre

Pour le reste, c'est finalement un road-trip (même si honnêtement, je n'y ai pas pensé en le lisant) à travers l'Amérique, ponctué d'aventures, de rebondissements, d'humour et de simplicité (dans le style et la langue), qui donne envie, une fois la lecture complétée, d'aller à la recherche de certains lieux.

Un vraiment bon moment à passer. À essayer (et aimer).