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dimanche 26 juillet 2015

Patrick Rothfuss - La Musique du silence

La Musique du silence, Patrick Rothfuss, 2014, 167 pages.

Si vous lisez un jour La Musique du silence, vous aurez peut-être un léger sentiment de déjà-vu vis-à-vis de tout ce que je vais écrire ci-dessous. Car la préface de Patrick Rothfuss est déjà une chronique parfaite de son livre et un modèle d’objectivité et de lucidité.

La Musique du silence traite d’Auri, un personnage de la série Chronique du tueur de roi du même auteur, et du Sous-Monde. L’histoire se déroule pendant La Peur du sage, même si elle n’apporte aucune information essentielle au récit de ce dernier et que Kvothe n’y apparait pas.

Si La Musique du silence n’est pas un complément nécessaire de la série, c’en est encore moins une bonne introduction. C’est simple : si vous ne lisez pas la série, ne lisez pas ce livre, il vous serait bien incompréhensible.

Alors, qu’est-ce que ce livre ? C’est un moment onirique, une parenthèse dans un autre monde à l’ambiance bien particulière. C’est différent de tout. C’est extrêmement spécial et c’est déroutant. Cela semble même décevant pendant bien longtemps, et puis le charme finit par opérer, doucement, sans qu’on s’en rende compte, et on retrouve tous les sentiments qu’Auri a pu nous faire ressentir.

La Musique du silence est une expérience. À l’attention d’un public très ciblé, exclusivement réservé aux lecteurs acquis à Patric Rothfuss, elle a tout de même tous les risques de ne pas vous plaire. Et pourtant, il y a aussi cette possibilité qui fasse de cette lecture un moment tout particulier et charmant, une sympathique addition à la série.

Sixième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF

samedi 29 mars 2014

Patrick Rothfuss - La Peur du sage, Seconde partie

La Peur du sage, Seconde partie, Patrick Rothfuss, Tome 2b/3 de Chronique du tueur de roi, 2011, 622 pages.

Seconde partie de La Peur du sage, le deuxième tome VO de la Chronique du tueur de roi découpé en deux dans sa version française. La seule bonne nouvelle de ce découpage, c'est qu'il nous permet d'avoir une nouvelle belle couverture de Marc Simonetti.

Il m'aura fallu à peu près deux lignes pour me replonger entièrement dans l'univers et me souvenir complètement de l'histoire. Logiquement, on continue sur la lancée du tome précédent et l'on reste éloigné de l'Université pendant presque l'intégralité du récit. Et c'est toujours aussi plaisant de voyager avec Kvothe, de le voir grandir et engranger les exploits.

L'ensemble respecte les critères de réussite déjà appréciés. L'aventure et l'action. Le mystère, que cela soit sur les Chandrians ou sur Kvothe lui-même (à ce sujet, il faut avouer que l'on avance vraiment pas à pas). La démystification de la figure du héros. Plus un intéressant petit supplément anthropologique avec la découverte des Adems et leur façon de se comporter différente.

En clair, cette seconde partie de La Peur du sage est tout aussi bonne que le reste. Il n'y a que deux problèmes. Le premier - mais est-ce vraiment un problème ? - c'est que l'on avance lentement et que j'ai l'impression qu'il reste énormément de choses à découvrir. À ce rythme, j'ai peur que le troisième tome puisse comporter trois livres dans sa version française. Le second problème, c'est que désormais il va falloir être patient pour lire la fin des aventures de Kvothe.
« Ne vous méprenez pas. J'avais toujours du plaisir à les entendre. Les histoires n'ont pas besoin d'être neuves à l'oreille pour vous plaire. Certaines sont comme des amis très chers. On peut compter sur elles comme sur du bon pain. »

samedi 15 février 2014

Patrick Rothfuss - La Peur du sage, Première partie

La Peur du sage, Première partie, Patrick Rothfuss, Tome 2a/3 de Chronique du tueur de roi, 2011, 574 pages.

Je n'ai pas pu résister très longtemps. J'ai essayé, je vous assure, sachant bien qu'à dévorer trop rapidement cette Chronique du tueur de roi, je devrais ensuite attendre longuement et lentement le dernier tome. L'argument aurait peut-être pu porter, si ce n'est que Bragelonne a décidé de publier le tome 2, The Wise Man's Fear, en deux livres dans sa version française. Ma conscience est tranquille, je peux lire cette Première partie et reporter mon débat interne pour la lecture de la Seconde partie !

J'ai hésité avant d'écrire sur ce livre, étant donné qu'il n'est au final qu'une première moitié. Mais, par peur d'oublier des éléments de celui-ci quand je lirai la suite et par envie de crier ma joie, je n'ai, ici non plus, pas pu résister. Tout comme je ne résiste pas à redire que, tout comme la première, la couverture de Marc Simonetti est sublime.

Je n'avais pas quitté Kvothe depuis très longtemps et pourtant ce fut un réel plaisir de le retrouver. Ce personnage est vraiment très sympathique et donner ce sentiment en étant encore un étudiant laisse espérer de grandes choses. Car oui, dans la continuité directe du Nom du vent, notre héros continue son apprentissage à l'Université. L'histoire suit son cours presque "normalement".
Toute cette première partie est bien, voire très bien. Les meilleurs passages restent pour moi ceux qui évoquent la musique. Particulièrement les scènes à l'Eolian, qui sont vraiment touchantes et me donnent l'impression d'entendre les accords du luth de Kvothe.

Et puis le moment tant attendu est arrivé. Après 300-400 pages. Le départ vers d'autres aventures, vers la grande histoire, celle qui fera l'Histoire. Une nouvelle fois, cela offre un succulent commentaire de Kvothe et cette idée que Rothfuss maîtrise parfaitement ce qu'il fait.
« De toute façon, je me suis attardé trop longtemps sur mon séjour à l’Université. Il vaut mieux consacrer le temps qu’il nous reste à d’autres sujets, à des choses dont personne n’a jamais entendu parler. »
La dernière partie du récit est excellente. L'attrait de la nouveauté, à n'en pas douter. Nouveau lieu, nouveaux personnages, nouvelle intrigue. L'occasion pour Kvothe d'utiliser ses capacités dans le "vrai" monde. Et l'idée que désormais toutes les possibilités s'offrent à lui. L'histoire ne fait que commencer.

jeudi 9 janvier 2014

Patrick Rothfuss - Le Nom du vent

Le Nom du vent, Patrick Rothfuss, Tome 1/3 de Chronique du tueur de roi, 2007, 7782 pages.

Vous aurez déjà remarqué que j'ai de grosses lacunes de lecture, mais je ne sais toujours pas comment j'ai pu attendre autant de temps pour lire ce monument, au moins en devenir, de la fantasy contemporaine. L'erreur est enfin réparée.

Premier tome d'une trilogie qui comprendra plus de trois livres en français (on en reparlera dans le tome 2), Le Nom du vent a déjà pour lui un beau titre et une sublime couverture de Marc Simonetti (auteur aussi des couvertures "J'ai Lu" du Trône de Fer - regardez son site si vous avez 5 minutes, c'est encore plus magnifique en grand et propre). Personnellement, le titre en lui-même me fait rêver. Là où ça tourne déjà au génie, c'est que ce nom du vent va revenir régulièrement au cours du récit et en être une pierre centrale. Un titre beau et sensé, c'est une première réussite.

L'histoire commence dans le présent. Grossièrement, Kvothe va rencontrer Chroniqueur et lui raconter son histoire, sous forme d'un très long flashback. Il décide qu'il lui faudra trois journées pour raconter son récit entièrement. Trois jours, trois livres. J'ai eu très peur quand j'ai vu la direction prise par l'auteur. J'ai du mal avec les flashbacks, qui servent surtout à annuler une partie du suspense pour très souvent ne rien apporter. Mais pas ici. Intelligemment, Patrick Rothfuss se sert de cette situation pour insérer des interludes qui ajoutent quelques éléments, posent des questions et créent une impatience et surtout un mystère supplémentaire. En plus, cela donne une vraie raison d'exister au texte que l'on lit. Tout simplement intelligent.
« Ça devrait suffire pour aujourd'hui, dit Kvothe en faisant signe à Chroniqueur de poser sa plume. C’en est fini du travail préparatoire. Nous avons posé les fondations pour notre histoire. »
L'histoire en elle-même s'avère classique. On y suit la jeunesse de Kvothe avec tous les éléments incontournables du roman d'apprentissage : un grand drame, la survie dans la misère, le temps de l'école, le premier amour, les premiers faits d'armes. Comme le dit Kvothe lui-même, ce premier tome est une introduction. À près de 800 pages l'introduction, surtout pour une histoire qui parait très classique, cela peut sembler long. Personnellement je ne l'ai absolument pas ressenti. Déjà, parce que l'auteur maîtrise parfaitement son histoire et semble savoir où il va et ce qu'il fait, jusqu'à en jouer (à deux trois reprises, après certaines remarques, je l'ai parfaitement imaginé avec un petit sourire en coin). Mais il y a surtout une raison primordiale : le personnage de Kvothe. Sympathique et intelligent, il a tout pour être attachant. Jamais je n'ai eu envie de lui mettre une baffe (coucou Fitz), toujours j'ai eu envie qu'il réussisse. Un bonheur de héros.

Au final, c'est un très bon tome pour entrer dans l'univers. Tout est en place pour que la suite soit exquise. Mais en lui-même, ce livre arrive déjà à transcender son classicisme notamment par son souci des détails et son personnage principal déjà iconique. Une réussite qui ne pourra que se confirmer, je suis confiant.