La Musique du silence, Patrick Rothfuss, 2014, 167 pages.
Si vous lisez un jour La Musique du silence, vous aurez peut-être un léger sentiment de déjà-vu vis-à-vis de tout ce que je vais écrire ci-dessous. Car la préface de Patrick Rothfuss est déjà une chronique parfaite de son livre et un modèle d’objectivité et de lucidité.
La Musique du silence traite d’Auri, un personnage de la série Chronique du tueur de roi du même auteur, et du Sous-Monde. L’histoire se déroule pendant La Peur du sage, même si elle n’apporte aucune information essentielle au récit de ce dernier et que Kvothe n’y apparait pas.
Si La Musique du silence n’est pas un complément nécessaire de la série, c’en est encore moins une bonne introduction. C’est simple : si vous ne lisez pas la série, ne lisez pas ce livre, il vous serait bien incompréhensible.
Alors, qu’est-ce que ce livre ? C’est un moment onirique, une parenthèse dans un autre monde à l’ambiance bien particulière. C’est différent de tout. C’est extrêmement spécial et c’est déroutant. Cela semble même décevant pendant bien longtemps, et puis le charme finit par opérer, doucement, sans qu’on s’en rende compte, et on retrouve tous les sentiments qu’Auri a pu nous faire ressentir.
La Musique du silence est une expérience. À l’attention d’un public très ciblé, exclusivement réservé aux lecteurs acquis à Patric Rothfuss, elle a tout de même tous les risques de ne pas vous plaire. Et pourtant, il y a aussi cette possibilité qui fasse de cette lecture un moment tout particulier et charmant, une sympathique addition à la série.
Sixième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF