dimanche 24 mai 2026

Ken Follett - Une Colonne de feu

Une Colonne de feu, Ken Follett, Tome indépendant 3/5 de Kingsbridge, 2017, 923 pages

Une Colonne de feu est le troisième roman à se dérouler dans la ville anglaise fictive de Kingsbridge, après Les Piliers de la terre et Un monde sans fin. Il se lit de manière totalement indépendante et ne demande aucune connaissance de ses prédécesseurs, si ce n'est pour apprécier d'infimes clins d'oeil à l'histoire de Kingsbridge. Pour l'avoir moi-même lu et apprécié plus de quinze ans après les livres précédents, je peux totalement témoigner de ce caractère indépendant.

Une Colonne de feu se déroule de 1558 à 1605 autour d'un nombre à la fois important (au regard de leur impossible énumération) et restreint (au regard du nombre de pages et de la facilité du suivi) de personnages. Le principal étant certainement Ned Willard, jeune fils d'une famille marchande qui va devenir un membre important de l'entourage de la reine Élisabeth et être au coeur de la lutte politico-religieuse de l'Angleterre.

Si la base du roman reste la ville de Kingsbridge, Une Colonne de feu va, contrairement à ses prédécesseurs, énormément s'en éloigner et voyager dans une grande partie de l'Europe de l'ouest, voire plus loin. Car plus qu'une pure fiction, Une Colonne de feu est totalement une fiction historique. Ken Follett y mélange personnages inventés et personnages historiques, prenant quelques libertés tout en retraçant un demi-siècle d'Histoire. Une Histoire avec l'Angleterre, la France et l'Espagne comme protagonistes principaux et une opposition entre catholiques et protestants comme fil rouge.

Sans surprise, Ken Follett maitrise admirablement bien son sujet et le rythme de son récit. Bien que cela s'accélère un peu dans le dernier quart, le roman réussit dans l'ensemble à prendre le temps de développer ses personnages et ses situations tout en parvenant à avancer régulièrement dans le temps sans paraitre précipité. Une Colonne de feu est ainsi un très bon roman dont le presque millier de pages se dévore, alliant à la fois le plaisir de vivre une grande aventure à celui d'apprendre un peu d'Histoire, saupoudré d'un rappel de toute la bêtise des guerres de religion et de l'intolérance.

Couverture : Graphic Hainaut / Traduction : Cécile Arnaud, Jean-Daniel Brèque, Odile Demange, Nathalie Gouyé-Guilbert et Dominique Haas
D'autres avis : Kahlan, ...

lundi 18 mai 2026

Sacha Bertrand - 11h02, le vent se lève

11h02, le vent se lève, Sacha Bertrand, 2025, 348 pages

L'humanité a disparu à la suite d'une catastrophe écologique. Dans un massif montagneux, Myriam survit seule depuis sept ans, se terrant lorsque la brume toxique revient sur les hauteurs. Jusqu'à ce qu'elle découvre un jeune garçon sauvage, qu'elle prénomme Jonas et tente d'apprivoiser.

11h02, le vent se lève - dont le titre provient d'une horloge en panne sur cet horaire - est entre le post-apo et le nature writing. Mais il n'a ni l'aspect angoissant que le premier peut avoir, ni l'aspect un peu longuet et contemplatif que le second peut avoir. Ce qui ne l'empêche pas de bien faire ressentir une ambiance "huis clos sur une montagne inhabitée".

Si je dis qu'il n'est pas angoissant, cela ne veut pas pour autant dire qu'il est joyeux. Principalement parce que l'histoire repose essentiellement sur la relation d'emprise que crée Myriam sur Jonas. Une situation très bien rendue, crédible et peu réjouissante. Mais la personnalité de Jonas, sa soif de découverte, va heureusement permettre de conserver un côté lumineux à l'ensemble, salvateur et plein de pulsions de vie.

11h02, le vent se lève n'est pas un roman parfait, notamment parce qu'il demande un petit effort de suspension d'incrédulité sur certains éléments, notamment la situation de base. Mais une fois cet écueil dépassé, il s'avère un ouvrage rondement mené et découpé, bien rythmé par l'enchaînement de courts chapitres prenant tour à tour le point de vue des deux protagonistes, jusqu'à un final logique mais réussi et satisfaisant. Une vraie bonne surprise.

Couverture : Samuel Boivin

mardi 12 mai 2026

Silène Edgar - La Ville miraculeuse

La Ville miraculeuse, Silène Edgar, Tomes 2/3 et 3/3 de La Fille de Diké, 2024, 552 pages

Par un prodige éditorial, La Ville miraculeuse est le deuxième et dernier tome de la trilogie La Fille de Diké. Il fait suite à Une Maison de feu dont mes souvenirs étaient plus que flous. Ce qui tombe mal, c'est que ce volume ne commence pas par un résumé. Ce qui tombe bien, c'est que suite aux évènements précédents, notre petite famille d'îliens débarque à la capitale où ils repartent quasiment de zéro et ont tout à découvrir. Une situation qui aide bien à se (re)mettre dedans.

L'ironie, c'est que l'entrée dans ce deuxième volume fut finalement plus facile que celle du premier tome. La découverte se fait de manière bien moins aride et ardue, plus portée par les différents personnages que par l'univers en lui-même. Car si le cadre d'inspiration polynésienne (mais pas que, comme on l'apprend dans la postface) donne une vraie note de différence et que sa cosmogonie poursuit son chemin de science-fantasy entrevu dans le livre précédent, ce sont bien les personnages qui sont le coeur et l'âme de la trilogie. Iels sont variés, évolutifs, réels. Et le plus beau reste la relation qu'iels entretiennent entre elleux, une vraie famille, touchante et attachante.

Je ne sais pas ce que j'aurais pensé de chacun des deux romans compilés ici si je les avais lus séparément. Mais mon avis aurait eu de grandes chances d'être le même puisque j'ai déjà senti une différence entre les deux tomes en les enchaînant. Dans une sorte d'adéquation avec la croissance des trois jeunes frères et soeurs, les trois romans sont eux-aussi comme un être qui grandit. Le premier correspond à l'enfance, un peu ardu avec la nécessité d'assimilation de la nouveauté. Le deuxième correspond à l'adolescence, période active, pleine de fougue et de tous les possibles. Le troisième correspond au passage à l'âge adulte, avec plus de sérieux, de prise de conscience et de responsabilités.

En toute logique, le tome 2 est le plus excitant quand le tome 3 est un peu plus traînant. Mais ce diptyque final reste globalement de vraiment bonne qualité, plaisant à lire pour son univers exotique mais surtout pour sa famille ô combien attachante.

Couverture : Abigaïl Lacourly

mercredi 6 mai 2026

Bulles de feu #85 - Avril 2026

Un petit récapitulatif de mes lectures BDs/mangas/comics du mois, pour en garder une trace.
Le classement est absolument imparfait, insatisfaisant et un peu aléatoire mais peut donner un ordre d'idée. Les avis sont (ultra)brefs, n'hésitez pas à demander un complément d'informations en commentaire si nécessaire.

Mouais


Grand petit homme - Zanzim

Une aventure assez loufoque avec une idée générale qui pourrait être bonne mais qui souffre de personnages assez détestables et d'une fin abrupte.
Bien / Ok / Correct


Vagabond T.16-19/37 - Takehiko Inoue

L'histoire est vaine mais les dessins ont une bonne dynamique.


Kagurabachi T.6/? - Keigo Shinzô

Un bon tome qui avance l'histoire et fait apparaitre de nouveaux personnages plutôt cools.


Billy Lavigne - Anthony Pastor

Un bon western, imparfait avec une fin pas totalement satisfaisante mais qui réussit à avoir un vrai grain de vie alors que tout y est condensé.


The Bugle Call T.7-8/? - Mozoku Sora et Higoro Toumori

Ça manque d'un petit truc que je n'arrive pas à définir pour passer au niveau supérieur mais ça reste plaisant et avec toujours une bonne utilisation des différents pouvoirs.


FRNCK T.7-8/? - Olivier Bocquet et Brice Cossu

Deux bons tomes, en partie anodins et développant plus l'univers que l'histoire mais en restant tout à fait plaisant à lire.
Très bien


Hirayasumi T.9/? - Keigo Shinzô

Ça peut parfois paraître anodin, un pur enchainement de petites tranches de vie, mais les personnages sont vraiment adorables.


Drome - Jessie Lonergan

Un gros ouvrage avec peu de textes, sorte de cosmogonie avec entités divines et superhéroïques, dont l'histoire semble peu poussée tout en étant hypnotisante. Très bon travail graphique, notamment sur l'utilisation du gaufrier. Étrange et sans effet wahou, mais très plaisant et avec un vrai truc.


Blue Period T.17/? - Tsubasa Yamaguchi

Encore un très bon tome qui parvient à véhiculer autant de réflexions sur l'art que d'émotions.


Là où tu vas - Étienne Davodeau

Un très bon ouvrage sur les troubles neurodégénératifs et leur accompagnement, ni anxiogène ni larmoyant, juste profondément humain. Très intéressant et très instructif.

jeudi 30 avril 2026

Michael McDowell - Katie

Katie, Michael McDowell, 1982, 456 pages

États-Unis, 1871. Philomela Drax vit seule avec sa mère, au bord de la misère. Une lettre de son grand-père pourrait les tirer de cette situation, mais il faut pour cela le sauver des Slape, sa belle-famille qui en a après son héritage et fait tout pour accélérer son trépas. C'est ce que va entreprendre Philo, malgré la dangerosité des Slape, des êtres sans foi ni loi, notamment la jeune Katie et ses dons de voyance.

Katie est un ouvrage horrible. Car la moitié du roman - surement un peu moins en réalité, mais beaucoup plus en ressenti - est consacrée aux Slape et à leurs répugnantes actions. Ce sont des méchants, des vrais. Ils ne sont pas fous, ils n'ont pas de grandes intentions, ils n'ont simplement aucun sens moral et se comportent essentiellement pour leur bon plaisir, quitte à laisser des cadavres derrière eux. Je n'ai pris aucun plaisir à lire ces passages mais ils sont indéniablement très bien rendus et font forte impression.

Et puis il y a l'autre côté du spectre, l'exact opposé, en la personne de Philo. Une héroïne entraînante, volontaire, travailleuse, un rayon de soleil qu'on ne peut qu'espérer voir s'épanouir et réussir. Si les Slape sont la noirceur incarnée, Philo a elle tout de la pureté incarnée. Elle est l'une des rares exceptions parmi une galerie de personnages marquants mais détestables et la raison qui pousse à avoir cette envie de lire un court chapitre de plus. Car si Katie est horrible, c'est aussi un bon feuilleton qui se lit tout seul. C'est en quelque sorte horriblement bon.

Couverture : Pedro Oyarbide / Traduction : Jean Szlamowicz
D'autres avis : FeyGirl, ...

vendredi 24 avril 2026

Éclats dormants / Éclats miroitants - Alix E. Harrow

Éclats dormants / Éclats miroitants, Alix E. Harrow, 2021/2022, 374 pages

Atteinte d'une maladie incurable, Zinnia sait depuis toujours qu'elle mourra jeune. Lors d'une dernière fête d'anniversaire organisée par sa meilleure amie sur le thème de La Belle au bois dormant, elle se retrouve projetée dans un autre monde. Où elle rencontre Primerose, une princesse dont l'histoire semble justement sortir tout droit de son conte de fées préféré.

Quand on pense conte de fées, on peut aussi bien imaginer les sombres histoires des Grimm ou Andersen que leurs plus joyeuses versions par Disney. Quand on pense réécriture de conte de fées, on peut aussi bien imaginer une manière de mettre en scène différemment des schémas classiques que l'occasion d'en moderniser les participants et les enjeux. Alix E. Harrow ne choisit pas. Elle fait tout cela à la fois.

Éclats dormants et Éclats miroitants sont deux novellas jouant avec les contes de fées, respectivement La Belle au bois dormant et Blanche-Neige. "Jouant" n'est pas un terme anodin : il y a une passion communicative qui se dégage de ces pages, provenant tout autant d'Alix E. Harrow que de Zinnia, son héroïne moderne qui a parfaitement conscience des codes du conte et qui connait sa classification ATU par coeur.

Éclats dormants / Éclats miroitants sont deux textes très malins, qui sont aussi bons en tant que réflexion méta sur les réécritures de contes que pour l'histoire de Zinnia elle-même. Deux textes qui suivent un principe proche mais sans être nullement répétitif. Au contraire, ils se complètent très bien et forment un tout cohérent et très agréable à lire, frais et moderne. Et ce qu'on soit adepte ou non des contes de fées.

Couverture : Pauline Ortlieb / Traduction : Thibaud Eliroff
D'autres avis : Vert, ...

samedi 18 avril 2026

Benjamin Stevenson - Tout le monde dans ce train est suspect

Tout le monde dans ce train est suspect, Benjamin Stevenson, Tome 2/? d'Ernest Cunningham, 2024, 370 pages

Après le succès de son premier livre qui racontait son périlleux séjour dans un hôtel de montagne, Tous les membres de ma famille ont déjà tué quelqu'un, Ernest Cunningham est devant l'angoisse de la page blanche alors qu'il doit écrire un deuxième roman, une fiction cette fois. Puisqu'il ne va tout de même pas de nouveau se retrouver au milieu d'une mystérieuse scène de crime, n'est-ce pas ? Si, évidemment. Le tout pendant un festival littéraire organisé à bord d'un train traversant l'Australie, avec à son bord plusieurs auteurices de polars.

Tous les membres de ma famille ont déjà tué quelqu'un était un roman marquant pour son style, brisant allègrement le quatrième mur et jouant avec les codes du polar "à la Agatha Christie". Mais est-ce possible de renouveler l'expérience une deuxième fois, sans être répétitif, lassant ou donner une impression de déjà vu ? Benjamin Stevenson prouve que oui avec ce Tout le monde dans ce train est suspect au moins aussi enthousiasmant que le premier.

Tout le monde dans ce train est suspect n'est pas un récit surprenant. Ne serait-ce que parce l'auteur annonce rapidement le plan de son ouvrage et qu'il met bien en lumière les indices qui seront utilisés lors de la résolution - et qui correspondent à peu près à tous les éléments du roman, comme il se doit. Il est même possible de résoudre quelques petites énigmes en avance. Et pourtant, cela ne l'empêche pas d'être tout de même surprenant, de parvenir à une grande scène finale avec son lot de révélations et avec l'immense satisfaction de voir toutes les pièces du puzzle s'imbriquer parfaitement.

La plus grosse surprise reste surement qu'il tient la route de bout en bout et que le gimmick de briser le quatrième mur reste bien intégré jusqu'à la toute fin, d'être justement bien plus qu'un simple gimmick. La maitrise du récit et le sens du détail de Benjamin Stevenson sont impressionnants. Ce qui lui permet d'offrir autant un bon polar qu'un ouvrage amusant. Et surtout un pur plaisir de lecture.

Couverture : Rémi Pépin / Traduction : Cindy Colin-Kapen
D'autres avis : Le Maki, Sometimes a book, ...

dimanche 12 avril 2026

Claire North - Pénélope, reine d'Ithaque

Pénélope, reine d'Ithaque, Claire North, Tome 1/3 de Le Chant des déesses, 2022, 477 pages

Après la guerre de Troie, Ulysse mit des années à rentrer chez lui à Ithaque, une épopée bien connue, contée dans L'Odyssée d'Homère. Ce qui est moins connu, c'est ce qui se passa à Ithaque pendant ce temps-là, au-delà de Pénélope détissant la nuit l'ouvrage qu'elle tissait le jour.

C'est cette zone d'ombre que Claire North éclaire ici, donnant une voix à celles - Pénélope mais aussi bien d'autres, divinités incluses - que les poètes n'évoquaient guère autrement que comme des objets. Une bonne dose de féminisme nécessaire dans une mythologie grecque aux comportements affligeants vus de notre époque.

Même sans grand suspense et avec ses atours de tragédie grecque, Pénélope, reine d'Ithaque est un ouvrage qui propose une vraie tension, preuve de la maitrise d'écriture de Claire North. Une écriture agréable malgré les faits qui ne le sont pas, dynamisée par quelques apostrophes narratives - d'Héra, rien que ça -, une habitude de l'autrice. Un vrai bon livre dont le sujet pourra limiter son nombre de lecteurices mais qui est pourtant de qualité tant pour son côté réécriture féministe que pour son récit en lui-même.

Couverture : Lisa Marie Pompilio d'après © Shutterstock / Traduction : Karine Forestier
D'autres avis : Lullaby, Boudicca, ...

lundi 6 avril 2026

Bulles de feu #84 - Mars 2026

Un petit récapitulatif de mes lectures BDs/mangas/comics du mois, pour en garder une trace.
Le classement est absolument imparfait, insatisfaisant et un peu aléatoire mais peut donner un ordre d'idée. Les avis sont (ultra)brefs, n'hésitez pas à demander un complément d'informations en commentaire si nécessaire.

Bien / Ok / Correct


Kaiju n°8 T.15/16 - Naoya Matsumoto

Vous prendrez bien un peu plus de puissance et de combats ?


Kagurabachi T.2-5/? - Hokazono Takeru

Rien d'exceptionnel mais un bon shonen nekketsu. Un peu trop de dépassement de soi de manière rapprochée mais ça reste une bonne histoire.


Slam Dunk T.12-13/20 - Takehiko Inoue

Le seul défaut de la série reste son héros, lassant, mais à part ça c'est du bon, l'auteur sait faire passer des émotions.


1629... ou l'effrayante histoire des naufragés du Jakarta T.1-2/2 - Xavier Dorison et Thimothée Montaigne

Avec une relecture du tome 1 pour profiter pleinement de ce diptyque. Enfin, "profiter", vu que ce n'est clairement pas une BD joyeuse, même si les dessins sont eux superbes. Une bonne BD d'inspiration historique qui montre bien les atrocités dont les humains sont capables.


Minuit passé - Gaëlle Geniller

Une histoire de maison hantée douce et lumineuse, pas sans défaut mais avec une très bonne ambiance.
Très bien


Evol T.9/10 - Atsushi Kaneko

Pas le tome le plus marquant mais un pas en avant nécessaire vers le dernier volume.


Grandville mon amour T.2/5 - Bryan Talbot

Une enquête sans suspense et qui est pourtant prenante du début à la fin, grâce à son univers captivant et ses personnages charismatiques.


Krimi - Alex W. Winter et Thibault Vermot

Une BD très riche évoquant autant la vie de Fritz Lang que la montée du nazisme ou les notions de peur et de violence. Un vrai travail sur la mise en scène et sur l'ambiance, une forme en parfaite adéquation avec le fond. C'est sombre et ce n'est pas la BD la plus évidente au premier abord mais ça s'avère excellent.


Deux filles nues - Luz

Une excellente idée - une histoire racontée littéralement du point de vue d'un tableau - qui offre une bonne histoire en soi ainsi qu'un petit panorama de l'impact du nazisme sur l'art.

mardi 31 mars 2026

Christelle Dabos - La Tempête des échos

La Tempête des échos, Christelle Dabos, Tome 4/4 de La Passe-Miroir, 2019, 566 pages

De la même manière que Les Disparus du Clairdelune était dans la continuité immédiate de Les Fiancés de l'hiver, La Tempête des échos prend directement la suite de La Mémoire de Babel. Même lieu, mêmes personnages et même problématique dont les conséquences se font de plus en plus dangereuses et potentiellement désastreuses.

Comment conclure une saga de manière satisfaisante et sur une note haute quand il est sous-entendu depuis le début que les enjeux sont gigantesques ? En y allant à fond et en passant un vrai cap. La Tempête des échos n'est pas le tome le plus abordable ou le plus palpable de la série. Il s'éloigne d'un certain classicisme et des sentiers battus que pouvaient suivre les volumes précédents. Tout n'y est pas parfait, surtout lors de certains passages qui m'ont évoqué À la croisée des mondes de Philip Pullman (et pas ses meilleurs aspects) ou quand cela tourne un peu trop à la démesure.

Mais Christelle Dabos y a le mérite de prendre des risques et d'aller au bout de ses idées. Ce que j'ai trouvé vraiment appréciable, redynamisant la saga, permettant une relation plus saine entre Ophélie et Thorn et, surtout, offrant une conclusion vraiment bonne et sensée. Au point que s'il est difficile de comparer avec la fraicheur et l'émerveillement du tome 1, ce tome 4 est proche d'être le meilleur livre de la série.

Couverture : Laurent Gapaillard
D'autres avis : Vert, Yuyine, Alys, Acr0, Boudicca, Sometimes a book, ...

mercredi 25 mars 2026

Antoine Bello - Les Éclaireurs

Les Éclaireurs, Antoine Bello, Tome 2/3 des Falsificateurs, 2009, 477 pages

Après sa prise de fonction dans Les Falsificateurs, Sliv Dartunghuver est désormais bien intégré au sein du Consortium de Falsification du Réel, cette organisation secrète qui influe discrètement sur le destin du monde. Il continue d'y grimper les échelons avec l'objectif d'en connaitre la finalité. Le tout dans un monde en pleine bascule en ce début de siècle, entre développement d'internet et attaques terroristes du 11 septembre.

Avec Les Éclaireurs, Antoine Bello passe un cap niveau ampleur. Il suffit de voir les deux grands dossiers autour desquels le roman est construit : la reconnaissance par l'ONU du Timor oriental et le déclenchement de la guerre en Irak. On ne peut pas faire beaucoup plus grand niveau géopolitique. Et quand on sait qu'on parle de falsification de la réalité, cela peut faire peur. À tort.

Malgré son sujet, Les Éclaireurs ne tombe jamais dans le complotisme. Au contraire, l'ouvrage est là pour réfléchir à ce qu'est la vérité, à la manière dont les faits peuvent être manipulés, aux affirmations qui permettent de jouer sur les biais et les zones d'ombre. C'est aussi effrayant que fascinant, d'autant plus quand ça résonne aussi fortement avec l'actualité du moment.

Il faudrait des heures pour pleinement se rendre compte de la masse de travail abattu par Antoine Bello, digne des plus grands agents de CFR, et distinguer les petits arrangements avec la réalité. Mais la somme de données et de connaissances assimilées, synthétisées et rendues de manière claire et limpide est dans tous les cas impressionnante. Et ce sans pour autant oublier de traiter l'enjeu le plus important: l'humain. Un très bon deuxième tome, intelligent et passionnant, encore meilleur que son prédécesseur.

Couverture : Photo © Roy Botterell/Corbis
D'autres avis : Alys, ...

jeudi 19 mars 2026

Laurine Roux - Sur l'épaule des géants

Sur l'épaule des géants, Laurine Roux, 2022, 372 pages
« Parfois, le soir, Maman essayait de me parler d'elle. Elle disait, Tu sais Gaby, ton arrière-arrière-grand-mère a plus de cent sept ans. Elle a vécu plein d'aventures extraordinaires. C'est vraiment quelqu'un.
Pour moi, seul Spiderman est vraiment quelqu'un d'extraordinaire. »
Pourtant la maman de Gaby a raison. C'est ce que va nous permettre de découvrir Laurine Roux dans ce roman qui retrace l'histoire d'une famille sur plusieurs générations, de 1850 au début de notre siècle, entre les Cévennes et Paris. Une histoire mouvementée qui suivra le cours de la grande Histoire et où quelques personnalités connues passeront parfois une tête.

Mais ce sont bien les personnages inconnus, cette famille Aghulon, qui sont les plus marquants et les moteurs de cette grande fresque familiale. Même si les chats philosophes qui parcourent le récit se récrieraient s'ils me lisaient et se réserveraient évidemment la place d'honneur - ce qu'ils ont au moins à égalité, avouons-le. Tous en tout cas sont hauts en couleurs et donnent énormément d'allant au récit.

Sur l'épaule des géants se lit comme un bon feuilleton. Les chapitres sont courts, l'histoire est rythmée et dynamique, tout en étant limpide et fluide dans son évolution sur des dizaines d'années. C'est entraînant et ça se lit tout seul. Avec en prime de très jolies gravures d'Hélène Bautista qui parsèment les pages. Une belle et grande aventure, pleine de vie(s), qui se dévore avec grand plaisir.

Couverture et illustrations intérieures : Hélène Bautista

vendredi 13 mars 2026

Sam J. Miller - La Cité de l'orque

La Cité de l'orque, Sam J. Miller, 2018, 394 pages
« Ce qui se disait : elle était venue à Qaanaaq dans une embarcation que tirait une orque harnachée à la manière d'un cheval. »
C'est sur cet incipit que commence la découverte de Qaanaaq, cette gigantesque ville-flottante située quelque part au large du Groenland. Un lieu de survie pour des millions de personnes contraintes de fuir des terres ravagées par le dérèglement climatique. Cette découverte se fera par le point de vue de quatre personnages dont le destin va basculer suite à l'apparition de cette femme arrivée à dos d'orque.

La Cité de l'orque est de ces romans qui ne sont pas évidents à entamer (et à résumer). Il faut quasiment la moitié du roman pour comprendre de quelle manière les différents fils narratifs vont se rejoindre. Cela fera basculer le livre dans quelque chose de plus unitaire tout en permettant d'obtenir un nouvel objectif. Voire un premier objectif tant on ne sait pas trop où l'on va avant ça. Est-ce un problème ? Pas du tout. Parce que l'exploration est agréable et parce que les personnages ne sont pas lisses.

Mais surtout parce que l'intérêt principal de La Cité de l'orque est quasiment tout le questionnement sur l'urbanisme que propose Sam J. Miller. La ville, dans toutes ses facettes, est pleinement au coeur du roman. Qaanaaq est comme un personnage à part entière et tous les enjeux socio-économiques qui y sont liés résonnent totalement avec notre présent. Ce qui donne aussi une coloration beaucoup moins post-apo que ce que le pitch pourrait laisser penser.

La Cité de l'orque n'est certainement pas parfait et se permet quelques facilités mais il a le mérite de proposer quelque chose qui sonne différent, de tenter des choses et de prendre des décisions. Avec en prime une très bonne unité entre son intrigue, son univers et ses idées, tous mettant en avant à la fois l'individuel et le collectif. Un vrai bon roman.

Couverture : Aurélien Police / Traduction : Anne-Sylvie Homassel
D'autres avis : Tigger Lilly, TmbM, Le chien critique, Le Maki, Yuyine, Lorhkan, FeydRautha, Gromovar, Jean-Yves, Lune, Sometimes a book, Célinedanaë, Marc, Boudicca, Anudar, ...

samedi 7 mars 2026

Karim Berrouka - Le Jour où l'humanité a niqué la fantasy

Le Jour où l'humanité a niqué la fantasy, Karim Berrouka, 2021, 311 pages

Tout commence par une prise d'otages à la bibliothèque Léo Henry par un lutin bariolé d'un mètre quatre-vingts. Ses revendications ? Que l'humanité arrête de niquer la fantasy. Et ce n'est que le début d'une invasion pour y remédier. Face à cette irruption se dressent deux amies trentenaires, trois auteurices d'imaginaire, deux enquêteurs paranormaux, un enfant mi-saint mi-démon et trois punks musiciens.

Sans surprise au vu de l'auteur, du titre et du pitch, Le Jour où l'humanité a niqué la fantasy est un roman assez déjanté. Sans tomber pour autant dans le total loufoque ou le grand n'importe quoi : c'est barré mais ça conserve un vrai sens interne ainsi qu'une bonne notion d'aventure. 

Le Jour où l'humanité a niqué la fantasy est un roman qui réussit une chose rare : tous ses fils narratifs sont aussi prenants les uns que les autres. Ce qui est bien aidé par la plume de Karim Berrouka, familière et tranchante, qui donne un rythme constant à ses courts chapitres. Et qui offre une lecture fun et plaisante.

Couverture : Diego Tripodi
D'autres avis : L'ours inculte, Yuyine, Le chien critique, Célinedanaë, ...

dimanche 1 mars 2026

Bulles de feu #83 - Février 2026

Un petit récapitulatif de mes lectures BDs/mangas/comics du mois, pour en garder une trace.
Le classement est absolument imparfait, insatisfaisant et un peu aléatoire mais peut donner un ordre d'idée. Les avis sont (ultra)brefs, n'hésitez pas à demander un complément d'informations en commentaire si nécessaire.

Mouais


La dernière maison juste avant la forêt - Jean-Blaise Djian et Régis Loisel

Ma réaction pendant l'entièreté de ma lecture : "Euh...". Un vaudeville qui part dans tous les sens et dans tous les excès (avec des choses assez limites). J'ai trouvé ça vraiment pas bon.
Bien / Ok / Correct


L'Escamoteur - Philippe Collin et Sébastien Goethals

Un début hésitant qui finit par devenir un thriller politique haletant sur le groupe Action Directe et particulièrement sur la figure floue de Gabriel Chahine. Une bonne BD, lucide sur la difficulté d'être objectif et de connaître la vérité.
Très bien


Grass Kings T.1-3/3 - Matt Kindt et Tyler Jenkins

Une trilogie qui démarre comme une fresque sociale d'une petite communauté de marginaux avant de tourner plus clairement au polar (même si la souffrance humaine restera un sujet au moins aussi important que le mystère en lui-même). Ça se lit très bien, c'est accrocheur avec une belle galerie de personnages cabossés.

lundi 23 février 2026

Nana Kwame Adjei-Brenyah - Le Dernier combat de Loretta Thurwar

Le Dernier combat de Loretta Thurwar, Nana Kwame Adjei-Brenyah, 2023, 448 pages

États-Unis, futur proche. Chain-Gang All-Stars est le programme de télé-réalité populaire du moment. Des prisonniers s'y affrontent dans des combats à mort. S'ils survivent pendant trois ans, ils obtiennent leur liberté. Une échéance dont se rapproche Loretta Thurwar, superstar du programme.

Le sujet de Le Dernier combat de Loretta Thurwar est évident : la dénonciation du système carcéral américain et de ses dérives. Et pour que l'exagération de cette dystopie ne puisse pas laisser le moindre doute sur ses racines réelles, Nana Kwame Adjei-Brenyah explicite nombre d'inspirations et de données factuelles dans des notes de bas de page. Cela pourra éventuellement sortir un peu de l'immersion dans cet univers - ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose vu la morosité de l'ambiance - mais ce n'est de toute façon clairement pas la priorité.

Le Dernier combat de Loretta Thurwar n'est pas un ouvrage plaisant à lire. C'est une lecture dure et violente, mais surtout percutante et perturbante. Ne serait-ce que parce que la grande majorité des personnages sont des meurtriers - et ceux qui ne le sont pas sont à peu près tous détestables. Même si l'auteur ne tombe pas dans l'angélisme, cela reste particulier pour se positionner vis-à-vis des personnages. C'est une problématique qui est évoquée mais qui aurait mérité d'être plus développée. C'est de manière générale le petit bémol du roman, ce qui l'empêche d'atteindre une plus grande réussite : s'étendre un peu moins sur la dénonciation du système et aller un peu plus loin dans la réflexion, notamment au niveau d'éventuelles autres solutions. Le Dernier combat de Loretta Thurwar donne déjà bien du grain à moudre mais il aurait pu faire s'activer quelques moulins supplémentaires.

Couverture : Kimberly Glyder / Traduction : Héloïse Esquié
D'autres avis : Le nocher des livres, ...

mardi 17 février 2026

Elly Bangs - Unity

Unity, Elly Bangs, 2021, 360 pages

Dans la cité sous-marine de Bloom City, Danaë (sur)vit sous la terreur du clan des Méduses. Il faut pourtant qu'elle parte au plus vite pour atteindre un mystérieux rendez-vous dans le désert. Aidé de Naoto, son ami graffeur, elle va embaucher Alexeï, un mercenaire tourmenté, pour la sortir de là.

Démarrant sans scène d'exposition ni explications, Unity est le genre de roman que l'on apprend à comprendre sur le tas. Ce choix d'attendre près de la moitié du récit avant de donner des détails clairs sur le passé des personnages s'avère une bonne décision tant la compréhension parvient à se faire sans ça - je remercie tout de même mes lectures préalables de Adam-Troy Castro et Daniel O'Malley - au point de rendre les explications finalement presque inutiles. Cela n'en demeure pas moins un peu perturbant au démarrage, laissant presque une fausse impression sur ce que le livre est. Les premières pages crient "blockbuster post-apo" mais le récit ne tombera jamais pleinement dans ces deux termes - qui ne sont pas ce que je préfère, ça tombe bien. Il en aura des influences fortes et en prendra des qualités, mais Elly Bangs va proposer plus que ça et y développer plus de subtilités.

Unity est un roman qui porte très bien son nom. Il y est question d'unité sous de multiples formes, à la fois avec soi-même, avec les autres et avec le monde dans son ensemble. Il y est question de l'union nécessaire qui elle-seule peut amener à la compréhension et à l'acceptation. Cela peut paraitre un peu simpliste dit ainsi mais ce n'est nullement le cas sous la plume d'Elly Bangs. C'est un roman riche qui traite de nombreux sujets connexes mais qui n'est jamais plus marquant que lorsqu'il parle de tout un chacun.

Unity est un roman dur, d'une couleur grisâtre tirant sur le noir mais qui ménage pourtant une pointe de lumière au bout du tunnel de la haine et de la violence humaine. C'est surtout un roman qui ne cesse de s'améliorer au fil des pages, jusqu'à une excellente fin, apothéose d'un récit qui unit admirablement bien son histoire et ses idées.

Couverture : Aurélien Police / Traduction : Gilles Goullet
D'autres avis : Le Maki, Alias, Gromovar, Le nocher des livres, Anne-Laure, Célinedanaë, Apophis, Anudar, ...

mercredi 11 février 2026

Keigo Higashino - Le Fil de l'espoir

Le Fil de l'espoir, Keigo Higashino, 2019, 363 pages

Le Fil de l'espoir est la quatrième enquête traduite en français mettant en scène le personnage de Kaga Kyōichirō (Les Doigts rouges, Le Nouveau, Les Sept Divinités du bonheur). Sauf qu'il n'a cette fois qu'un rôle de superviseur et de personnage secondaire. C'est son jeune cousin Matsumiya, déjà rencontré précédemment, qui va être au centre du récit. Doublement même : à la fois pour résoudre l'affaire d'une femme retrouvée morte dans son salon de thé mais aussi pour son histoire personnelle avec la découverte que son père n'est pas aussi mort qu'il le croyait. Deux mystères qui ne sont pas liés mais auront des thématiques communes : les secrets de famille, les non-dits et la parentalité.

Malgré la potentielle déception de ne pas voir Kaga et ses déductions à l'oeuvre, Le Fil de l'espoir est une nouvelle belle réussite de la part de Keigo Higashino. Ce n'est pas son plus marquant, notamment parce que l'enquête y est encore plus minime que dans d'autres - au point d'en faire quasiment plus un drame familial qu'un pur polar - mais cela fonctionne tout de même très bien et ça se lit avec avidité. L'auteur y fait toujours preuve de son ton particulier, assez doux, qui donne des airs cosy à une histoire qui est pourtant dramatique à plus d'un titre. Et comme d'habitude, l'ensemble est admirablement bien construit et mené, réservant toujours une petite révélation supplémentaire. Une nouvelle preuve que même avec peu de personnages, peu de rebondissements et peu de fausses pistes il est possible, quand on s'appelle Keigo Higashino, de faire beaucoup et d'offrir un nouveau très bon roman.

Couverture : Koji Kitai / Traduction : Sophie Rèfle

jeudi 5 février 2026

Bulles de feu #82 - Janvier 2026

Un petit récapitulatif de mes lectures BDs/mangas/comics du mois, pour en garder une trace.
Le classement est absolument imparfait, insatisfaisant et un peu aléatoire mais peut donner un ordre d'idée. Les avis sont (ultra)brefs, n'hésitez pas à demander un complément d'informations en commentaire si nécessaire.

Mouais


Eco T.2-3/3 - Guillaume Bianco et Jérémie Almanza

L'univers graphique est fort et unique et l'idée générale est bonne et assez satisfaisante. Mais des transitions et un rythme parfois un peu brusque, une héroïne peu appréciable et globalement une histoire peu engageante.
Bien / Ok / Correct


Kaiju n°8 T.14/? - Naoya Matsumoto

Un manga de pur combat, définition : Kaiju n°8.


Teenage Mutant Ninja Turtles - The Last Ronin II - Re-Evolution T.3/? - Tom Waltz, Kevin Eastman, Esau Escorza, Isaac Escorza et Ben Bishop

Un bon tome dans la continuité de l'univers des deux premiers mais qui peut se lire indépendamment. Une nouvelle génération de tortues mais une histoire bien moins nouvelle. Ça manque d'un quelque chose pour dépasser le stade du correct.


Vagabond T.14-15/37 - Takehiko Inoue

Changement de perspective avec ce duo de tomes consacré à Kojiro Sasaki, le sabreur sourd, un personnage fascinant. Ça peut quasiment se lire comme une bonne oeuvre à part.


Kagurabachi T.1/? - Hokazono Takeru

Ça respecte les codes du shonen mais l'idée est bonne, c'est compréhensible et il y a une crédibilité pour que ça tienne sur la durée. Un très bon premier tome.


Slam Dunk T.10-11/20 - Takehiko Inoue

Du basket, du basket et du basket, tout ce qu'on en attend en somme. Avec un vrai bon nombre de personnages charismatiques.
Très bien


Ulysse & Cyrano - Antoine Cristau, Xavier Dorison et Servain

Une excellente BD "de terroir" pleine d'amour de la cuisine, qui n'invente rien mais qui est très bien menée, avec des personnages attachants et des cases de taille généreuse joliment dessinées. Un régal à lire.


Tokyo, ces jours-ci T.1-3/3 - Taiyo Matsumoto

Un manga sur l'univers du manga, coté mangaka et éditeur, qui fonctionne surement encore mieux en connaissant déjà un peu ce monde. Un ton particulier qui offre une lecture unique, à la fois désenchanté (et lucide) sur les difficultés du métier et la perte des illusions mais jamais désespéré pour autant, plein d'un amour sincère pour le manga.
Excellent


L'Abîme de l'oubli - Paco Roca et Rodrigo Terrasa

Une excellente BD sur le sujet sensible de l'ouverture des fosses communes de l'Espagne franquiste. Puissant et poignant mais toujours avec dignité et respect. Admirablement bien construit, c'est passionnant du début à la fin et jamais lourd. Une très grande oeuvre.