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mercredi 20 décembre 2023

Louise Roullier - Grain de sable

Grain de sable, Louise Roullier, 2022, 470 pages

Depuis la mort de son père, un illustre mage, lors du tournoi des Sept Oriflammes, la vie de Lidia va de mal en pis. Quinze ans plus tard, alors que sa famille est aux bords de la ruine, son frère est tué, ce qui entraîne le suicide de sa mère. Elle-même devenue une jeune mage, Lidia découvre une vieille légende qui évoque la possibilité de modifier le passé. Elle part en quête de ce pouvoir pour sauver son père et changer son destin.

Grain de sable est un roman mélangeant fantasy et voyage dans le temps. C'est clairement son point fort, ce qui dénote le plus et en fait une lecture à part. Une particularité qui ne se restreint d'ailleurs pas au fond du récit mais agit aussi pleinement sur sa forme, Louise Roullier ayant trouvé une manière habile pour présenter ces luttes pour le contrôle du passé et les modifications en résultant au travers de la typographie.

Pour le reste, Grain de sable fait bien le boulot. Il n'est pas parfait, tire parfois un chouïa en longueur et possède quelques facilités pour arriver au final, mais c'est avant tout une lecture satisfaisante, maline dans son ensemble et porté par son mélange des genres très bien réussi.

Couverture : Sébastien Annoni
D'autres avis : L'ours inculte, Zoé, Sometimes a book, Le nocher des livres, Boudicca, ...

lundi 16 janvier 2023

Christian Léourier - Danseuse de corde

Danseuse de corde, Christian Léourier, 2020, Tome 2/2 de La Lyre et le Glaive, 518 pages
« Il ne voulait pas mourir dans l'indifférence générale, sous la pluie, avec en guise d'oraison les ahans de ceux qui resteraient debout. Il ne voulait pas sentir sa chair se déchirer de nouveau, voir son sang s'écouler, laisser ses membres se refroidir. Il ne voulait pas, surtout pas, mourir. Cela faisait-il de lui un lâche ? »
Danseuse de corde est la suite directe de Diseur de mots. Emballé par ce premier tome qui ne cessait de gagner en qualités, j'étais très motivé par la lecture de ce second volume. Malheureusement, mon enthousiasme s'est quelque peu étiolé au fil des centaines de pages.

Non pas que Danseuse de corde soit un mauvais roman. J'ai globalement pris du plaisir à le lire. Mais là où Diseur de mots trouvait sa patte - Kelt, pour ne pas le nommer - pour apporter le sentiment de lire quelque chose de différent, Danseuse de corde a des airs bien plus classiques. Malgré la multiplication des points de vue, qui étoffent la grandeur de l'univers et permettent une gestion maline des sauts dans le temps, on perd quelque peu cet attachement à l'individu pour vivre bien plus une intrigue d'ampleur et un affrontement général.

J'écrivais dans mon premier billet : « il y a à la fois un cheminement d'individus, des péripéties à taille humaine, tout autant que des batailles d'ampleur et des jeux de pouvoir plus politiques. Sans que l'un ne prenne le pas sur l'autre ». À mon sens, la balance n'est cette fois pas équilibrée - et, ironiquement, le roman n'est pas réellement punchy pour autant. Ce qui n'est pas fondamentalement une mauvaise chose. Ce n'est simplement pas ce que j'espérais et ce qui m'aurait fait le plus vibrer. C'était bien, mais il m'a manqué l'étincelle qui aurait pu en faire une lecture vraiment unique.

Couverture : Éric Scala
D'autres avis : Célinedanaë, Marc, lutin82, ...

vendredi 25 novembre 2022

Christian Léourier - Diseur de mots

Diseur de mots, Christian Léourier, 2019, Tome 1/2 de La Lyre et le Glaive, 371 pages

En suivant son dé à 8 faces, Kelt parcourt le monde à la recherche de la mythique Urskogar, la mère des forêts. En chemin, il prédit l'effondrement d'un pont et se retrouve arrêter en tant que coupable. Car Kelt est un diseur de mots : de sa bouche ne peut sortir que la Vérité. Quitte à ce que le monde autour de lui s'y adapte ?
« Le temps fait moins injure à une cité qu'à ceux qui l'habitent. Néanmoins, qu'on la croie éternelle ne l'empêche pas de s'écrouler. »
Les premières pages de Diseur de mots enchainent les tropes de la fantasy. Un prologue abscons aux airs de prophétie, un monde typé féodal, des noms de personnages et de lieux exotiques, quelques termes inventés, ... Nul doute qu'il s'agit d'un livre de fantasy. C'est peut-être le seul défaut de ce roman : la peur d'être devant quelque chose de lambda et de peu engageant lors des premières minutes de lecture. Heureusement, il ne faut pas beaucoup plus de temps pour passer outre et se plonger pleinement dans l'univers et ses personnages. Car si les grandes lignes restent classiques, il y a un détail qui change tout : elles sont tracées par Christian Léourier.

Si la plume de l'auteur m'a d'abord semblé un peu moins marquée que dans ses nouvelles, elle monte en puissance au fil des pages, en même temps que le récit se fait toujours plus humain et touchant. Car l'attachement aux personnages - en tout cas pour Kelt, Varka et Hòggni - est un facteur essentiel du plaisir de lecture. Mais il n'y a pas que ça au sein de ce livre. C'est justement son autre force : il y a à la fois un cheminement d'individus, des péripéties à taille humaine, tout autant que des batailles d'ampleur et des jeux de pouvoir plus politiques. Sans que l'un ne prenne le pas sur l'autre, le dosage de Christian Léourier étant admirable.

Diseur de mots est un très bon roman, une vraie réussite qui est indéniablement un tome 1 tout en offrant un agréable sentiment de complétude et de satiété, tout ça en moins de 400 pages. Et si le test ultime de la qualité d'un premier tome est de savoir si l'on a envie de lire la suite, il le passe haut la main : j'en ai très envie.

Couverture : Jean-Baptiste Hostache
D'autres avis : Yuyine, Zina, Lorhkan, Célinedanaë, Dionysos, Marc, lutin82, ...

mercredi 31 juillet 2019

Thomas Geha - Des Sorciers et des Hommes

Des Sorciers et des Hommes, Thomas Geha, 2018, 318 pages

Hent Guer est un guerrier, Pic Caram un sorcier. Extrêmement doués individuellement, chacun dans son domaine, ils forment ensemble un duo plus qu'efficace. Une alliance qu'ils mettent à disposition de quiconque proposera une récompense sonnante et trébuchante suffisante. En n'oubliant jamais qu'ils ne servent les intérêts que d'un seul maître : eux-mêmes.

Des Sorciers et des Hommes conte les aventures d'un duo de méchants. Pas de ces voleurs gouailleurs et sympathiques qu'on trouve parfois, non, de vrais méchants qui prennent plaisir à arnaquer, voler, tuer et autres joyeusetés. Si vous vous demandiez pourquoi on n'en voit pas plus souvent, une partie de la réponse est ici : on s'y attache quand même beaucoup moins. Heureusement pas au point de rendre déplaisants les cinq premiers épisodes de ce livre, cinq courtes histoires contant chacune une malfaisante aventure du duo.

Le sixième épisode est lui bien plus long et est la conclusion logique - trop logique - des cinq premiers. Passée la surprise initiale, tout y est trop linéaire, sans la fraicheur et la différence des aventures précédentes. Même le développement, attendu, de certains personnages et surtout de l'univers n'est pas si satisfaisant et ne rassasie pas.

Entendons-nous bien : Des Sorciers et des Hommes est loin d'être un mauvais livre, mais je n'ai pas trouvé ça assez plaisant à lire pour en être pleinement satisfait. Ma déception est d'autant plus grande que le roman et l'univers sont remplis de bonnes idées et de potentiel, mais malheureusement leur traitement ne m'a pas convaincu. Il n'en reste pas moins que Thomas Geha fait ici une vraie proposition, offre quelque chose de différent, et, cet aspect-là ne peut être que salué.

D'autres avis : Lune, Lorhkan, Célindanaé, ...

mercredi 7 mars 2018

Estelle Faye - Les Seigneurs de Bohen

Les Seigneurs de Bohen, Estelle Faye, 2017, 592 pages.

Parlons-en tout de suite : oui, Marc Simonetti signe une nouvelle fois une magnifique couverture. Et en parfaite adéquation avec le roman. Car la joie n’est guère au rendez-vous dans Les Seigneurs de Bohen et le sombre est le ton du livre.

Pour autant, pas de déprime dans cette lecture qui reste parfaitement plaisante. Notamment grâce à sa ribambelle de personnages : chose rare dans un roman à autant de voix, je les ai tous appréciés et n’était jamais déçu en en renvoyant un. Certainement une nouvelle preuve de la finesse d’écriture d’Estelle Faye qui réussit une nouvelle fois un très bel ouvrage dans un style pourtant différent de ces précédentes œuvres.

Besoin d’une autre preuve de la qualité d’écriture d’Estelle Faye ? La fin de l’histoire nous est connue dès le début. Et pourtant, nul ennui à la lecture, bien au contraire. Quand c’est bien écrit, c’est bien le chemin qui est le plus important.

jeudi 22 février 2018

Lionel Davoust - Port d'Âmes

Port d'Âmes, Lionel Davoust, 2015, 531 pages.

Port d’âmes est un livre étonnant. Contant le retour à la vie « normale » de Rhuys ap Kaledan après 8 années d’enrôlement forcé dans la Marine, il narre aussi une certaine histoire d’amour qui, bien qu’intimement liée à l’histoire de Rhuys, peut être considérée comme une partie à part du roman. Si j’espérais passer un bon moment en suivant la vie de Rhuys, je n’attendais pas grand chose de l’histoire d’amour - voire pire. Pourtant, et c’est là que le livre est étonnant, j’ai été happé, petit à petit, par cette histoire qui sort de l’ordinaire.

Tout n’est pas sans « défaut », notamment un rythme parfois bizarre (un peu lent sur une longue partie puis tout d’un coup rapide, voire trop rapide…) et un héros pour lequel on hésite longtemps entre empathie et antipathie (j’hésite toujours en fait…). Mais Port d’âmes était ma porte d’entrée dans l’univers d’Evanégyre et j’ai désormais envie de lire les autres livres de cet univers. Je crois que cela en dit suffisamment sur mon sentiment vis-à-vis de ce livre, non ?

mardi 24 février 2015

Anne Fakhouri & Xavier Dollo - American Fays

American Fays, Anne Fakhouri et Xavier Dollo, 2014, 420 pages.

Chicago, 1925. Comme dans notre ligne temporel, l'époque est à la Prohibition et aux bandes qui se partagent la ville, Al Capone en tête. Il n'y a qu'une seule différence : les fays. Car oui, ici, les êtres féeriques en tout genre sont de la partie, intégrés comme - presque - n'importe quelle communauté humaine.

Dans cet ambiance fantastique, on suit les No Ears Four, une bande de chasseurs de fays sous la houlette de Capone, déjà rencontrés dans la nouvelle Du Rififi entre les oreilles d'Anne Fakhouri. Au programme cette fois : trouver le meurtrier de partisans de la Prohibition pour disculper Capone.

Le cadre du récit est incroyable et fait tout le charme de ce livre. American Fays, c'est la joie du Chicago des années 20, l'odeur de la poudre et des embuscades menées en vieille voiture, sous le patronage du mythique Al Capone, avec une bonne dose de fantasy pour apporter de l'inédit et des situations inimaginables. Si l'on n'est pas réfractaire à la fantasy urbaine, on aura de quoi s'évader de belle manière.

Si l'ambiance est forte, les personnages n'ont pas à rougir. Les No Ears Four sont parfois un peu cliché dans leurs grandes lignes mais n'en oublient pas d'être éminemment sympathiques. Au niveau de l'histoire, les péripéties s'enchaînent avec un sens du rythme certain, tout en ne donnant jamais l'impression d'être simplement une suite de scénettes mais bien une véritable histoire. Le seul petit bémol, qu'on excusera facilement, va à la scène finale, un chouïa longue, notamment à cause d'une conclusion inévitable et prévisible.

American Fays est une belle réussite. Un divertissement de qualité, dynamique et enlevé, dans une atmosphère qu'on ne croise pas tous les jours. On saluera aussi la beauté de l'objet-livre, autant dans le dessin de couverture que dans son toucher. Un livre agréable sur le fond et sur la forme, pourquoi se priver ?


Treizième participation au Challenge Francofou

Trente-deuxième participation au challenge SFFF au féminin

Quatrième voyage dans les landes du Winter Mythic Fiction

jeudi 11 décembre 2014

Laurent Whale - Les Étoiles s'en balancent

Les Étoiles s'en balancent, Laurent Whale, 2011, 397 pages.

En cette fin de XXIème siècle, la France a changé. L'État s'est effondré, la misère est partout. Les Villes-États font la loi et la population se divise entre citadins pauvres et hors-murs encore plus miséreux. Ambiance post-apocalypse light. À Pontault, Tom Costa pilote l'un des rares avions encore en état et parvient ainsi à assurer sa survie. Mais dans le nord, la révolte gronde et une vague noire s'apprête à chambouler sa vie.

Une fois n'est pas coutume, commençons par une comparaison. Vous avez lu l'intégrale Alone de Thomas Geha ? Si vous avez aimé l'un, vous risquez d'apprécier l'autre. Je ne dis pas ça parce que les deux ont des références à L'Autoroute sauvage de Julia Verlanger sur leurs quatrièmes de couverture. Mais bien parce que nous sommes vraiment dans un même genre de livre, le pur roman d'action/aventure, qui plus est dans un cadre post-apocalyptique français.

Malheureusement, j'ai les mêmes réserves concernant Les Étoiles s'en balancent que celles que j'avais pour l'oeuvre de Thomas Geha. Les ficelles sont grosses, le déroulé est assez attendu, l'ensemble est un peu caricatural et s'offre quelques belles facilités. Je ne suis pas contre des romans "simples", bien plus porté sur l'action que sur la réflexion, mais je n'arrive pas à y accrocher pendant près de 400 pages. Au bout d'un moment, c'est trop répétitif et cela perd son intérêt premier de divertissement.

Je ne nierai pas que le roman comporte tout de même des qualités qui en font un bel exemple (et un potentiel hommage) de roman populaire. On découvre des personnages sympathiques et l'enchaînement des situations est fluide et dynamique. Surtout, la mise en scène du monde aéronautique apporte quelque chose de nouveau et de particulier à ce roman.

Si je n'ai pas pleinement apprécié Les Étoiles s'en balancent, c'est principalement parce que je ne suis pas la cible de ce roman. Malgré cela, j'ai tout de même passé un relatif bon moment et je pense avoir vu ce qui en faisait un bon roman pour d'autres lecteurs. Si vous appréciez le genre, il y a des chances que vous puissiez y trouver votre bonheur.


Huitième participation au Challenge Francofou

vendredi 5 décembre 2014

P.-J. Hérault - Le Chineur de l'espace / La Famille

Le Chineur de l'espace / La Famille, P.-J. Hérault, 2014 (1995/1987), 362 pages.

(Le Chineur de l'espace) Glen et Pali sont deux chasseurs d'épaves à la recherche du mythique vaisseau 3M. Mais alors que leur longue recherche touche à son terme, ils s'écrasent sur une planète à la végétation luxuriante. Pire, Pali meurt et Glen se retrouve seul à errer sur cette planète déserte de tout autre être intelligent. Enfin, peut-être pas tout à fait seul...

Le Chineur de l'espace commence comme un simple roman d'aventures, un space-opera de survie. Mais il devient rapidement bien plus que ça, grâce à une rencontre étonnante que je ne vous spoilerai pas, qui peut laisser à douter au départ mais devient rapidement magnifique. Un court roman tout en douceur et très touchant.

(La Famille) Quand il voit la bulle-taxi qu'il aurait dû emprunter exploser, Romaric se rend compte qu'il vient d'échapper pour la troisième fois à une mort accidentelle. Ce qui l'amène à se rendre sur sa planète natale où il obtient confirmation que des tueurs sont à ses trousses, comme à celles de toute sa famille.

La Famille commence quant à lui comme un simple roman d'aventures... et reste un simple roman d'aventures. Après un début quasi-effrayant et un lancement de l'intrigue légèrement forcé, le récit se met en place. Une quête du héros solitaire contre le méchant bien plus fort, héros qui recueille au cours de son aventure quelques amis pour finir par lui botter les fesses. C'est simple, c'est sympa, c'est à tendance Jack Vance et cela fonctionne car ça a l'intelligence de ne pas être trop long.

Un livre, deux courts romans : un superbe texte et une sympathique aventure. Deux récits efficaces qui savent faire plaisir au lecteur en parvenant à toucher deux cordes différentes. Une très bonne manière de découvrir P.-J. Hérault.


Septième participation au Challenge Francofou

jeudi 11 septembre 2014

François Baranger - Dominium Mundi, Livre II

Dominium Mundi, Livre II, François Baranger, Tome 2/2, 2014, 796 pages.

J'ai été, parait-il, quelque peu négatif concernant le premier tome de Dominium Mundi. Voire virulent. Malgré tout, comme preuve de ma bonne foi (ahah) et puisque de nombreuses personnes y ont semble-t-il trouver leur compte, je me suis lancé dans ce deuxième tome.

Ainsi, après un premier livre où la croisade voyageait dans l'espace (ce qui résume quasiment tout ce qu'il faut en savoir pour attaquer ce deuxième livre), elle arrive ici sur Akya du Centaure, prête à en découdre avec l'ennemi. Et enfin il va se passer quelque chose digne d'intérêt vis-à-vis de l'histoire.

Rassurez-vous, j'ai préféré ce livre II, bien meilleur que son prédécesseur et objectivement plutôt bon. J'ai eu cette fois l'impression que ce que je lisais avait un vrai but et que cela participait de l'avancée du récit. Toujours plaisant à la lecture, il tient sur une sympathique idée centrale qui, étonnamment, n'aura pas - trop - traîné en longueur avant de nous être révélée. Et il se passe des choses.

Mais. Mais je ne peux pas oublier les faiblesses du Livre I. Le cadre me pose toujours un certain problème de crédibilité, loin d'être résolu par les fragments d'explications donnés. Certains passages sont répétitifs, d'autres sentent trop l'artificiel et l'envie de prolonger le suspense. Sans compter d'autres petits détails, insignifiants par rapport à l'ampleur des problèmes précédents.

Je respecte le travail de François Baranger et je ne nie pas qu'il y a de bonnes choses dans cette duologie. Au contraire, j'ai justement une impression de gâchis vis-à-vis d'une histoire qui aurait pu être un très bon roman. Elle aurait simplement méritée de nombreuses coupes, un raccourcissement général, un retour à l'essentiel. Je pense sincèrement que Dominium Mundi aurait pu être un bon space-opera de 600 pages.

J'ai donc un problème pour juger ce livre en lui-même. Objectivement, isolement, il est plutôt intéressant. Mais mon avis ne peut pas s'affranchir de l'impression laissée par son prédécesseur (ni du cadre général), et je ne me vois pas conseiller la lecture de cette duologie. Il y a peut-être une solution : essayez de lire directement le Livre II sans vous embarrasser du Livre I. On ne sait jamais, ça pourrait en faire une chouette découverte.


Douzième participation pour le Summer Star Wars : Episode II

vendredi 5 septembre 2014

François Baranger - Dominium Mundi, Livre I

Dominium Mundi, Livre I, François Baranger, Tome 1/2, 2013, 603 pages.

2202. L'Empire Chrétien Moderne règne sur Terre. Et elle s'apprête à lancer la plus grande croisade de tous les temps. Vers Akya du Centaure, où des colons semblent avoir trouver le tombeau du Christ avant d'être exterminés par la population locale.

Avant ma lecture, j'avais connaissance d'un "schisme" (pour être thématique) entre blogueurs : une moitié l'a adoré, l'autre a eu bien du mal. De quel côté vais-je me situer ?

Reconnaissons au premier groupe que Dominium Mundi a des qualités non négligeables. C'est sympathique à lire, l'écriture est fluide et l'histoire est intéressante. L'idée générale est bonne, la religion a toujours été un terreau fertile pour les mystères, les complots et les aventures, et c'est le cas ici (tout du moins potentiellement). Je ne me suis pas ennuyé tout au long des 600 pages, j'ai toujours eu envie de continuer.

Mais je suis tout de même obligé de souligner de nombreux problèmes. Le premier, le plus important, est un problème au niveau de la suspension d'incrédulité concernant le cadre de l'histoire. Entre autres, le récit est centré sur la religion chrétienne et l'Europe de l'Ouest. Qu'en est-il du reste du monde ? Comment en est-on arrivé là ? On ne le saura pas. Pourtant, une phrase ou deux nous donne à penser qu'il s'est passé quelque chose. Tout comme on croise de temps en temps une phrase qui nous tease un grand mystère, des complots sous-jacents, des luttes de pouvoir. Juste de quoi penser qu'on aura bientôt de quoi se mettre sous la dent. Mais quand ?

Dominium Mundi, Livre I est en fait un vaste teaser de 600 pages pour son Livre II. On n'y apprend presque rien, on ne fait qu'effleurer tout ce qui pourrait être intéressant. C'est un tome sans surprise dont toutes les informations essentielles se résument en quelques pages. Surtout, malgré un volume si important, on est loin d'être rassasié (et pas dans le bon sens). Pour aller encore plus loin, j'ai trouvé que ce roman est symptomatique d'une certaine écriture moderne, qui tire à la ligne et cherche trop le détail et l'exhaustivité, oubliant bien souvent d'aller à l'essentiel et de faire vivre son histoire.

Malgré ces nombreux points négatifs, je ne regrette pas ma lecture et j'y ai même pris du plaisir. J'ai même l'envie de lire le deuxième tome. Histoire de savoir si François Baranger peut faire oublier ce presque inutile premier tome et bonifier les qualités et le potentiel qui affleurent.


Dixième participation pour le Summer Star Wars : Episode II

dimanche 3 août 2014

David S. Khara - Le Projet Bleiberg


Le Projet Bleiberg, David S. Khara, Tome 1 des Projets, 2010, 261 pages.

Trader de qualité, Jay Novacek vit une existence dépravée, entre luxe et luxure, pour s'échapper de sa dépression. Jusqu'au jour où l'armée vient lui annoncer la mort de son père, qu'il n'a pas vu depuis son enfance. Et que sa mère lui remette une mystérieuse clé portant un symbole nazi. Sans oublier un agent du Mossad lancé sur ses traces.

CIA, Mossad, MI6, Nazi. Un cocktail qui a tout pour faire peur. Gare au complot mondial et à l'intrigue invraisemblable. Ou pas. Car David S. Khara ne tombe pas dans le piège d'en faire trop. Bien sûr, on n'évite pas quelques petits écueils, mais les gros ne pointent pas leur nez.

La réussite principale, c'est d'avoir limiter l'action à une certaine crédibilité grâce à un certain minimalisme : l'action se borne à quelques personnages, dure quelques jours, en peu de lieux. Pas de surenchère d'explosions et de cascade de rebondissements plus incroyables les uns que les autres (il y en a tout de même, mais en nombre acceptable). Plutôt de la simplicité qui donne bien plus de crédit au sujet sous-jacent : les recherches secrètes nazies.

Après ma lecture, j'en suis arrivé à comparer ce livre avec Point Zéro d'Antoine Tracqui. Si ce dernier est un gros blockbuster qui aime en faire beaucoup, Le Projet Bleiberg est en quelque sorte sa version soft (enfin, c'est en fait l'inverse, vu les dates de publication).

Le Projet Bleiberg est un donc bon thriller, qui préfère garder de la simplicité plutôt que de tomber dans l'excès et l'accumulation d'actions de péripéties. N'en reste pas moins un foisonnement d'espions et d'organisations internationales, un cocktail vitaminé qui offre un bon moment de lecture pour peu que l'on arrive à une certaine suspension d'incrédulité.

lundi 28 juillet 2014

Thomas Geha - Alone, L'Intégrale

Alone, l'intégrale, Thomas Geha, 2014 (2005 et 2008 originellement), 436 pages.

Cette intégrale contient deux romans, A comme Alone et Alone contre Alone, ainsi que deux nouvelles, L'Ère du Tambalacoque et Le Silence est d'or. Passons rapidement sur ces deux dernières. En soi, elles n'ont rien d'exceptionnelles mais sont pour le fan un sympathique ajout à l'ensemble.

France, futur proche. Les nadrones, robots nettoyeurs des villes, ont dégénérés, semant mort et apocalypse et rendant les villes impraticables. Dans ce nouveau monde, les survivants se divisent en deux catégories. D'un côté les Rasses, ceux qui se regroupent, souvent sous la coupe d'un leader fanatique. De l'autre les Alones, ceux qui vont seuls et évitent les premiers. Pépé, le narrateur, est un Alone.

En résulte deux bons romans d'action/aventure dans une France dévastée. Comme toute oeuvre écrite à la première personne, il faut un narrateur fort. Pépé l'est. Héros gouailleur et sympathique, il a cette petite touche de désillusion et de solitude qui le rendrait presque touchant. On pourra d'ailleurs regretter que Thomas Geha ne s'attarde pas plus à développer la profondeur et les faiblesses de son héros.

C'est un mal pour un bien. L'histoire est simple, va à l'essentiel. On ne se perd pas dans des considérations philosophiques, on évite toutes péripéties inutiles. Et c'est hautement agréable, une lecture plaisir sans prise de tête. Elle réveille même les instincts patriotiques en situant son intrigue dans l'hexagone, et ce n'en est que plus sympathique que de suivre les protagonistes déambuler sur des territoires connus.

mercredi 24 juillet 2013

Antoine Tracqui - Point Zéro

Point Zéro, Antoine Tracqui, Tome 1/3 ?, 2013, 878 pages.

Une nouvelle fois, c'est grâce/à cause de Kissifrott, le Dévoreur de livres, que j'ai découvert Point Zéro, le premier roman d'Antoine Tracqui. Un énorme coup de coeur pour lui (et encore, "énorme" est peut-être réducteur...). Il a d'ailleurs réussi à en convaincre Lune et Cornwall, et pour elles aussi ce fut le coup de coeur. Comment dire... vous aussi vous sentez l'obligation de lire ce livre, et la pression qui en découle ?

Bon, je me lance et je vais le dire tout de suite : j'ai moins aimé qu'eux, ce n'est pas un énorme coup de coeur. Non, ne me tapez pas, s'il vous plait, je vais quand même en dire du bien ! Pour un premier roman, c'est extrêmement impressionnant. Près de 900 pages où l'intrigue est millimétrée, ce n'est pas donné à tout le monde. Mais ce que j'ai le plus aimé, c'est le côté historique/réalisme. Oui, c'est une fiction, et même de la science-fiction, mais tout est basé sur des faits réels. Que cela soit les événements, les théories, les objets (un avion est-il un objet ?), et même les personnages, on retrouve énormément de références à notre réalité et à notre Histoire et ses mystères. C'est à la fois fascinant et effrayant. Un grand chapeau en tout cas pour le travail de recherche et d'imagination pour tout intégrer en une théorie (parce que oui, pour moi ce livre est presque une théorie).

Il y a une comparaison qui m'a sauté aux yeux assez rapidement dans ma lecture : Power Plays. Tout d'abord dans la structure, avec un récit très cadré, avec changement de points de vue au bon moment, et des sous-chapitres commençant toujours par la date et l'heure (il manque le lieu pour être exactement comme dans Power Plays). Et puis comme dans la série de Tom Clancy/Jerome Preisler (selon le point de vue...), on a une histoire avec des implications géopolitiques, où un très riche et puissant Monsieur, dirigeant une organisation mondiale s'occupant d'un peu de tout, a sous ses ordres un groupe de personnes toutes plus fortes et invraisemblables les unes les autres, pour servir ses intérêts et le monde dans des situations toujours plus improbables et sanglantes (d'accord, c'est un peu très caricatural, mais ça colle parfaitement aux deux oeuvres). Je donne tout de même un avantage à Point Zéro pour les personnages qui m'ont paru plus vivants, et pour l'ambiance plus chaude (la série de Tom Clancy est assez froide dans mon souvenir). Précisons tout de même que j'aime bien Power Plays, c'est sympa dans son genre, un genre proche du blockbuster. Et c'est exactement ça : Point Zéro est un blockbuster, que j'imagine très bien adapté par Hollywood.

Sauf que, et c'est surement un contrecoup du côté blockbuster, il y a un moment où je n'y ai plus cru. Quand les héros passent 42 fois à un cheveu de la mort dans les 242 premières pages, j'arrête de me faire du souci pour eux ensuite. En fait, je dois avouer m'être un peu ennuyé par moment. Toute l'histoire est très détaillée, très minutée,... et finalement peut-être un peu trop. La partie en Arctique m'a semblé ne jamais vouloir finir... Vous ne pouvez imaginer mon soulagement quand j'ai vu apparaître la nouvelle partie et une nouvelle carte (parce que oui, point positif, il y a des cartes, et ça c'est le bien, même si je n'ai toujours pas trouvé le point n°4 de la légende de la deuxième carte...). Et je n'ai pas eu vraiment une très grande empathie pour les personnages, à l'exception de One-Shot. Enfin, sous réserve que ce ne soit pas moi qui l'ai ratée, c'est un détail mais il y a une petite explication qui me manque concernant une révélation (et pas une qu'on aura dans la suite à mon avis), mais je ne peux rien vous expliquer sous peine de vous spoiler.

Au final, malgré quelques longueurs et un aspect blockbuster américain (tiens, un point que j'ai oublié d'aborder, mais j'ai trouvé ça très américanisé) qui apporte quelques défauts, Point Zéro reste un bon livre, avec un bon titre (mystérieux tout en ayant du sens après lecture). Une mention spéciale pour l'utilisation de faits historiques troubles, qui donne de la profondeur à une intrigue tout-en-bourrin. Et puisqu'il y a un peu de mystère en suspens, j'attends la suite (puisque ce sera une trilogie, comme on l'apprend dans l'excellente interview d'Antoine Tracqui par Arieste, à lire ici).