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vendredi 9 octobre 2020

Ian McDonald - Le temps fut

 
Le temps fut, Ian McDonald, 2018, 140 pages

Dans un recueil de poésie anonyme de piètre qualité, Emmett Leigh, un bouquiniste anglais, découvre une vieille correspondance entre deux amants datée de la Seconde guerre mondiale. Intrigué, Emmett se met en quête de plus amples renseignements et va tomber sur des informations quelque peu contradictoires.

Le temps fut est une romance mais l'histoire d'amour n'est pas centrale. Le temps fut est une histoire de voyage dans le temps mais parfaitement intemporelle. Le temps fut est une quête à suspense mais son dénouement est connu bien à l'avance. Le temps fut est une jolie novella, qui se découvre peu à peu sans grande surprise, tout à fait plaisante, mais. Mais ça n'aura jamais été plus que ça. Mais ça n'aura jamais réussi à provoquer plus qu'une lecture sympathique, plus qu'un attachement lointain, plus qu'une légère envie. Alors que tous les éléments étaient semble-t-il là pour faire bien plus.

Mais Le temps fut reste une sympathique novella, c'est déjà ça.

Couverture : Aurélien Police / Traduction : Gilles Goulet
D'autres avis : Lune, Xapur, Acr0, Yogo, Vert, Gromovar, Lianne, FeydRautha, Dionysos, Boudicca, Célindanaé, Lullaby, Apophis, ...

jeudi 29 mai 2014

Ian McDonald - Brasyl

Brasyl, Ian McDonald, 2007, 395 pages.

Le lecture du mois de mai du Cercle d'Atuan. L'occasion de poursuivre ma découverte de Ian McDonald après une bonne expérience et une moins bonne. Autant le dire tout de suite, c'est dans la deuxième catégorie que se range Brasyl.

Cela ne commençait pourtant pas si mal. Trois histoires, trois époques, un pays : le Brésil. En 1732, le père Quinn mène l'enquête pour son ordre ; en 2006 Marcelina est une productrice de télévision ; en 2032, Edson cherche à faire fortune. Des chapitres courts et une alternance des points de vue, donc du rythme.

Sauf que cela ne mène à rien. Les histoires mettent trop longtemps à se lancer, le rythme est lent, et quand elles le font c'est seulement pour s'embourber dans une théorie de physique quantique incompréhensible. Les personnages ne rattrapent rien : ils sont froids, on ne s'attache pas, on ne s'implique pas. Il faudra en plus attendre les 30 dernières pages pour envisager réellement de comprendre les liens entre les trois histoires. Tout ça pour une fin insatisfaisante qui laisse autant de questions que de réponses.

Le fond n'est pas au rendez-vous. Peut-être que la forme peut venir sauver le livre ? Eh bien non. Le Brésil est fortement présent. On y est immergé. Trop immergé. Ian McDonald parsème son texte d'une pléthore de terme portugais (à la louche, je dirais bien au moins un par page). Oui, ça fait couleur locale. Mais l'intérêt s'effrite rapidement et cela rend surtout la lecture laborieuse.

Arrêtons-nous là. Brasyl n'est pas une lecture recommandable. Globalement inintéressant et compliqué à lire, les rares bonnes idées sont noyées dans la masse de défauts. Un McDonald à oublier.

Les avis des autres Atuaniens : Hilde, Vert

dimanche 2 mars 2014

Ian McDonald - Roi du Matin, Reine du Jour

Roi du Matin, Reine du Jour, Ian McDonald, 1991, 481 pages.

La Maison des derviches m'ayant laissé une bonne impression, je n'ai pas trop hésité avant de lire Roi du Matin, Reine du Jour. Non, en fait, pour être honnête, j'ai vraiment hésité devant la quatrième de couverture. Un mauvais présage ?

La première partie ne commençait pourtant pas si mal. Deux histoires parallèles, un père et sa fille, lui regardant vers les étoiles, elle vers les hôtes de la forêt. Les récits se répondent ce qui donne un minimum de rythme et de relance, quelque chose de bien utile pour passer outre l'écriture chargée de McDonald. L'histoire du père est intéressante. Celle de la fille un peu moins, ce qui est surtout dû je pense à un personnage absolument pas sympathique. Malheureusement, c'est cette dernière qui aura son importance pour tout le reste du roman.

La deuxième partie apporte une nouvelle héroïne. Et un style toujours plus lourd et chargée, avec très régulièrement des pages d'énumérations totalement inutiles. J'ai complètement bloqué sur cette partie, mettant des jours et des jours à lire ces quelques 150 pages. Un vrai calvaire, tant par l'écriture que par l'histoire inintéressante (une somme de passages sans intérêt et d'autres totalement prévisibles).

S'il n'y avait pas eu ces deux premières parties, la troisième aurait pu être bonne. Elle en tout cas clairement moins pire, si l'on oublie certains paragraphes à côté desquels les livres de David Calvo semblent faciles. Plus d'actions, une narration qui va plus à l'essentiel (sans pour autant être facile, mais ce n'est pas gênant quand cela sert un véritable but) et surtout une héroïne bien plus charismatique. Cela ne peut malheureusement pas rattraper le sentiment négatif général.

Ce qui m'étonne le plus, c'est que j'ai lu globalement des avis vraiment positifs sur ce livre et que j'ai l'impression d'être passé à côté de quelque chose (je pense appeler ça le "syndrome La Magnificence des oiseaux"). Pour moi, ce fut un échec quasi-complet. Une écriture compliquée qui n'apporte rien et une/des histoire(s) dont le côté réaliste est souvent plat et inutile et le côté fantastique ne m'a pas accroché, un peu trop fantasque et compliqué pour mon goût et surtout sans véritable sens. Dommage.

Pour compenser, vous pouvez aller lire des gens qui ne pensent pas du tout comme moi : Vert, Julien, Lorhkan, Efelle
« Je soupçonne Maman d’avoir vu des choses, mais, comme les vieilles pierres dressées dont elle m’a parlé, ce qu’elle a autrefois entrevu a dû être recouvert par les atours et ornements du monde où nous vivons. C’est pour cette raison qu’elle les cite dans ses poèmes et ses romans ; car cela lui permet d’entendre de nouveau les cors du pays des elfes résonner dans le lointain. »
Quatrième participation au Winter Mythic Fiction

jeudi 6 février 2014

Ian McDonald - La Maison des derviches

La Maison des derviches, Ian McDonald, 2012, 523 pages.

La Maison des derviches a remporté le Prix Planète SF 2013. Je ne fais habituellement pas vraiment attention aux prix littéraires, mais celui-ci a un caractère spécial puisqu'il est décerné par des blogueurs (un gage de qualité, n'est-ce pas ?). J'avais aussi envie de découvrir un livre qui a été préféré à 22/11/63 (ok, c'est facilement envisageable), Le Calice du Dragon (pas encore lu, mais Griaule est forcément bon) et Anamnèse de Lady Star (une lecture atypique et marquante).

C'est en suivant un vol de cigognes que l'on se pose à Istanbul, cadre du récit. Nous sommes en 2027 et la technologie a poursuivi son avancée. Ici ou là, on aperçoit quelques modifications, quelques nouvelles habitudes. Mais l'aspect "science-fiction" reste léger, par petites touches, avec cette impression que ce monde pourrait réellement et facilement être celui de demain. D'un demain proche.

La Maison des derviches est un livre politique, géopolitique. Ce qui n'est qu'une autre façon de dire qu'il est humain et qu'il nous concerne profondément. Iam McDonald nous présente un futur probable, où technologie, politique et religion se mêlent. Comment ne pas y voir un reflet de notre présent et les critiques afférentes ?

La Maison des derviches est une lecture exigeante. Certains passages sont un peu longs, la trame générale prend son temps pour se mettre en place. Heureusement, l'alternance des points de vue permet de relancer assez régulièrement l'intérêt. Tous les personnages sont globalement intéressants et ont leur place, à l'exception peut-être de l'histoire d'Ayse dont je ne sais quelle morale il faut tirer.

Il y a une scène qui vaudrait quasiment à elle-seule la lecture de ce roman : l'embouteillage sur le pont. Marquante, choquante, cette scène résume presque entièrement ce livre et son message.

La Maison des derviches est un livre qui monte en puissance, photographie d'une ville au carrefour du monde et panorama général de notre société actuelle/future. Tout n'y est pas parfait, mais c'est un livre intelligent qui trouvera un écho en chacun.

L'avis de Gromovar, Efelle, Julien, Lhisbei, Tigger Lilly