Les Chevaux célestes, Guy Gavriel Kay, Tome indépendant 1/2 des Chevaux célestes, 2010, 650 pages
Fils d'un grand général Kitai décédé, Shen Tai a décidé de porter le deuil en enterrant les cadavres des soldats morts autour du lac de Kuala Nor, lieu d'une gigantesque bataille. Pour gratifier sa bravoure et l'honneur de son acte, l'impératrice des Tagur, la nation ennemie, décide de lui offrir 250 chevaux sardiens, la plus grande richesse possible pour un Kitai. Un cadeau généreux mais empoisonné car il met Shen Tai au centre de toutes les attentions.
Les Chevaux célestes est un roman de Guy Gavriel Kay. C'est un résumé presque suffisant pour quiconque a déjà lu un livre de l'auteur tant sa plume et son travail sont uniques et particuliers. C'est seulement ma deuxième incursion dans sa bibliographie (après l'excellent Les Lions d'Al-Rassan) et j'y ai pourtant déjà retrouvé toutes ses qualités.
Ainsi Les Chevaux célestes est un livre prenant, une brique qui se dévore sans peine, qui est minutieusement détaillé mais qui garde pourtant toujours un rythme entraînant. Un livre dont la trame est logique et implacable, où chaque pièce s'imbrique parfaitement, mais qui ne l'empêche jamais de conserver la saveur de la surprise. Et au-dessus de tout cela, au-dessus de ce récit dans les hautes sphères fait de manigances et de secrets où les discussions sont l'arme la plus dangereuse, se tient la qualité première de l'auteur : ses personnages, charismatiques, raisonnés et complets.
Les Chevaux célestes n'est pas exempt de quelques défauts, comme la surprésence de romance et de sexe ou le fait qu'un des fils narratifs - celui de Li-Mei - soit un peu plus faible, ou en tout cas un peu moins bien intégré. Mais ce sont des points de détails au regard de l'ensemble qui donne envie de se plonger dans les pages Wikipédia consacrées à la dynastie Tang et à la révolte d'An Lushan. Car c'est là tout le génie de Guy Gavriel Kay : en plus de proposer un roman tout à fait plaisant et dépaysant en soi, celui-ci est en plus inspiré de périodes et faits historiques - la Chine du VIIIème siècle en l'occurrence. Et c'est passionnant. Guy Gavriel Kay est incontestablement l'empereur de la fantasy historique.
Couverture : Larry Rostant / Traduction : Mikael Cabon
D'autres avis : L'ours inculte, Lorhkan, Xapur, Apophis, Boudicca, Acr0, lutin82, , ...
















