mercredi 4 septembre 2019

Stuart Turton - Les Sept Morts d'Evelyn Hardcastle

Les Sept Morts d'Evelyn Hardcastle, Stuart Turton, 2018, 537 pages

Evelyn Hardcastle sera assassinée ce soir à 23h. Par qui et comment ? C'est ce que doit découvrir notre protagoniste principal. Il a pour cela 8 jours... 8 fois cette même journée cruciale, en prenant à chaque fois place dans un hôte différent.

Difficile de ne pas jouer au jeu des comparaisons et du mash-up en parlant de ce roman tant ses éléments principaux sont caractéristiques : une boucle temporelle complètement timey-wymey, une intrigue en un seul lieu, des personnages ayant tous des secrets, un polar aux rebondissements en série, ... Pour autant, Les Sept Morts d'Evelyn Hardcastle n'est pas une pâle copie d'un Agatha Christie ou d'Un Jour sans fin. Au contraire, Stuart Turton a su prendre le meilleur de chaque élément, les mixer et aller encore plus loin en ajoutant sa propre touche. Le résultat est magistral.

Digne des plus grands whodunits, Les Sept Morts d'Evelyn Hardcastle tient en haleine de la première à la dernière page. La lassitude ne pointe jamais, bien au contraire : le plaisir et l'intérêt parviennent même à augmenter encore dans la seconde moitié du récit.

Un excellent roman, utilisant astucieusement la SF pour proposer une très belle variation - et même plus - d'un thème pourtant déjà traité plus que de raison. Le tout maîtrisé à la perfection par l'auteur. Magistral, c'est le mot.

D'autre avis : Gromovar, Yuyine, TmbM, Yogo, Lune, Tigger Lilly, FeydRautha, ...

mercredi 28 août 2019

Lisa Goldstein - L'Ordre du Labyrinthe

L'Ordre du Labyrinthe, Lisa Goldstein, 1996, 246 pages

Molly Travers fait la rencontre d'un détective privé qui enquête sur sa famille, précisément sur son grand-père et ses soeurs, membres d'une même troupe de magiciens 60 ans auparavant. Titillée par la curiosité et par la découverte, chez sa tante, d'un mystérieux manuscrit mentionnant "L'Ordre du Labyrinthe", Molly commence à mener l'enquête de son côté.

Des identités troubles, des magiciens, du mystère et de l'incompréhension, les premières pages de L'Ordre du Labyrinthe font immanquablement penser au Prestige de Christopher Priest. Pour autant la suite sera bien différente, Lisa Goldstein se servant de cette base pour créer un roman qui pourrait quasiment être classé dans les polars.

L'Ordre du Labyrinthe est une lecture assez folle. Elle comporte à la fois une enquête solide et tortueuse, qui tient la route, et des séquences bien moins ordinaires, presque psychédéliques, qui donne une ambiance très particulière au récit. Et... ça fonctionne, parce que ça sait s'arrêter avant de trop en faire et que le dosage entre normal et anormal est réussi. Une petite expérience facile d'accès.

D'autres avis : Yogo, Anudar, Célindanaé, Boudicca, Cédric, ...

mardi 20 août 2019

Philip Pullman - Les Royaumes du Nord

Les Royaumes du Nord, Philip Pullman, Tome 1/3 d'À la croisée des mondes, 1995, 533 pages

Jeune orpheline, Lyra vit au Jordan College, à Oxford, avec son daemon Pantalaimon. Elle mène une vie simple d'enfant jusqu'à ce qu'elle assiste à une tentative d'empoisonnement de son oncle et apprenne d'étonnantes informations sur une étrange Poussière et une ville dans le ciel.

La découverte et l'émerveillement, c'est le mot d'ordre d'une bonne partie de ce roman. Entre daemons, aléthiomètre et autres panserbjorns, Les Royaumes du Nord regorge de belles trouvailles et d'un univers, sensiblement proche du notre, qui donne envie d'être exploré plus amplement.

Si À la croisée des mondes est une œuvre jeunesse, cela se ressent essentiellement dans une certaine simplicité de ton et d'intrigue ainsi que par la présence d'une jeune héroïne. Pour autant simple ne veut nullement dire simpliste, Philip Pullman faisant confiance à l'intelligence de ses lecteurs. Quant à Lyra, sa jeunesse ne l'empêche pas d'être une héroïne plus maline que bien d'autres héros adultes de romans, tout en conservant une certaine candeur toute sympathique.

Les Royaumes du Nord est une belle réussite. Certes l'intrigue ne déborde pas de rebondissements et de surprises et l'aspect théologique de la dernière partie n'est pas nécessairement sa plus grande satisfaction. Mais ces bémols sont faibles en regard de la qualité des trouvailles de l'auteur et du nombre d'idées habilement distillés au fil de cet efficace récit. À mettre entre les mains des petits comme des grands.

Lecture commune avec le Cercle d'Atuan : Vert, ...
D'autres avis : AcrO, ...

lundi 12 août 2019

Laurent Genefort - La Muraille Sainte d'Omale

La Muraille Sainte d'Omale, Laurent Genefort, Tome 3/? d'Omale, 2004, 372 pages

Suite de l'exploration d'Omale avec cette fois une expédition scientifique à destination du Landor, cette région ceinte par la Muraille Sainte d'Omale, gigantesque ouvrage construit par des religieux humains dans le but de se prémunir du contact des chiles et des hodgqins. Une région habituée à vivre en quasi-autarcie mais qui fait désormais face à un exode massif, la population fuyant "la fin du monde".

Après deux premiers tomes en légère demi-teinte, La Muraille Sainte d'Omale est très clairement un ton au-dessus et peut facilement être considéré comme le tome tant attendu, celui où Omale devient véritablement l'univers fascinant entraperçu, et ce sans mettre de côté l'histoire. Pourtant cette dernière n'est toujours pas flamboyante, mais elle est cette fois parfaitement équilibrée et possède des personnages qui donnent envie de s'intéresser à eux. Sans compter un aspect ethnologique habilement mené et une découverte d'Omale qui continue dans la démesure et l'étonnement.

La Muraille Sainte d'Omale est une belle récompense à la hauteur du chemin parcouru jusqu'ici. Un tome qui redonne pleinement l'envie de poursuivre l'aventure omalienne.

D'autres avis : Gromovar, Tigger Lilly, Le chien critique, ...

Deuxième escale pour le Summer Star Wars - Solo

mardi 6 août 2019

Léo Henry - Pour toujours l'humanité

Pour toujours l'humanité, Léo Henry, 2016, 14 pages

Au détour d'une balade, la narratrice rencontre Michael Collins, héros de son enfance, le "troisième homme" de l'expédition Apollo 11. L'occasion de se remémorer cette mission.

Pour toujours l'humanité est une courte nouvelle qui repose sur deux idées. La première est une petite surprise à découvrir peu à peu, qui n'apporte pas de grands éclats mais n'est de toute manière pas présentée de manière à en provoquer. La seconde est une conclusion douce-amère sur les étoiles, les rêves et le temps qui passe. Un final qui vient quelque peu réhausser une nouvelle somme toute assez anecdotique, dans le bon comme dans le mauvais sens du terme.

Nouvelle gracieusement offerte par le Bélial' jusqu'au 31 août.