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lundi 20 mai 2019

Marie Pavlenko - La Fille-Sortilège

La Fille-Sortilège, Marie Pavlenko, 2013, 427 pages

Au milieu du désert, la Cité des Six est une Cité-État qui vit en quasi-autosuffisance autour des six clans qui la composent et qui exercent chacun une spécialité en s'aidant de la magie. Une harmonie parfaite... si ce n'est pour les orklas - les hors-clans - qui tentent de survivre en marge de ce système. L'histoire suit les traces d'Érine, une orkla, qui déterre et revend des cadavres pour survivre et qui va, bien évidemment, se voir involontairement mêler à une intrigue au coeur des arcanes de la Cité.

La Fille-Sortilège peut sembler très classique sur le papier, et il l'est sur certains points. Ce n'est d'ailleurs pas un défaut en soi, puisqu'il faut bien des oeuvres un peu "classiques" pour que puissent exister des oeuvres atypiques. C'est encore moins un défaut quand ces aspects classiques sont bien menés, comme c'est le cas ici : un bon rythme qui ne tire pas inutilement à la ligne, des révélations logiques et bien dosées, une visualisation et une caractérisation très efficaces, ... Même la partie finale, nécessairement un peu plus dans de l'action, est suffisamment courte pour ne pas tomber dans l'ennui.

Tout cela ne veut pas dire qu'il n'y a aucune surprise ni trouvaille, bien au contraire. Surtout, l'histoire commence bien après ce qui aurait pu être le début du récit, un choix intelligent qui permet d'avoir une héroïne ayant déjà du vécu et de recentrer l'intrigue sur une plus courte durée.  

La Fille-Sortilège est un bon roman, simple et efficace, porté tout autant par une intéressante cité que par une sympathique héroïne. Un livre à taille humaine qui ne perd jamais le lecteur en évitant l'écueil de la grandiloquence, avec en prime un fond évoquant, tout en finesse et discrétion, l'écologie et l'égalité. Une réussite, peu importe l'étiquette qu'on lui colle.

D'autre avis : Xapur, Mariejuliet, ...

dimanche 8 mars 2015

Naomi Novik - Par les chemins de la soie

Par les chemins de la soie, Naomi Novik, Tome 3/9 de Téméraire, 2006, 356 pages.

Suite des aventures de Téméraire et Laurence. Après la découverte dans Les Dragons de Sa Majesté et le voyage en Chine dans Le Trône de Jade, retour en Occident avec ce troisième tome.

Par les chemins de la soie est un roman à deux vitesses. La première partie est lente et prévisible, un fastidieux voyage de retour sans grand rebondissement ni véritable intérêt malgré quelques, rares mais toujours intéressantes, réflexions de Téméraire. À la moitié du livre, difficile de ne pas penser être devant le tome le plus faible de la série.

Et Napoléon arriva. La deuxième partie revisite la campagne de Prusse de 1806. Avec force actions, combats, événements, nouveautés, rebondissements. Un retour au très bon niveau habituel en somme.

Ainsi, malgré un démarrage décevant, Par les chemins de la soie s'avère tout de même un bon tome, poursuivant de manière efficace cette très bonne série qu'est Téméraire.


Trente-troisième participation au challenge SFFF au féminin

vendredi 25 juillet 2014

Naomi Novik - Le Trône de jade

Le Trône de jade, Naomi Novik, Tome 2/9 de Téméraire, 2006, 388 pages

Après la bonne surprise que fut le premier tome, Les Dragons de Sa Majesté, il ne m'aura pas fallu longtemps pour attaquer le deuxième tome de la série Téméraire. Comment résister à un bon livre avec des dragons ?

Cette fois-ci, direction la Chine pour notre duo d'héros, dans la logique des événements précédemment rencontrés. Les deux premiers tiers se passent en mer et sont parfois un peu longuets dans le fait que certaines péripéties n'apportent vraiment pas grand chose. Le dernier tiers, se déroulant en Chine, est quant à lui un rush d'intensité et de dénouements. Une apothéose de fin qui me fait espérer qu'on reviendra visiter la Chine ultérieurement.

On retrouve tous les éléments qui font la force du premier tome, notamment quelques grandes batailles aéro-navale (bien que la plus haletante ne contienne étonnamment pas de dragons). La trame générale n'avance pas énormément mais ce tome comporte tout de même des éléments essentiels pour la suite de l'aventure, ne serait-ce que pour le développement de Téméraire.

Je n'attendais pas grand chose du premier tome et j'avais été agréablement surpris de trouver quelque chose de plus intelligent qu'un simple divertissement. Je pensais avoir désormais saisi le principe. Mais Naomi Novik a encore réussi à me surprendre par l'aspect politique et philosophique des réflexions portées par Téméraire dans ses dialogues avec Laurence. Le dragon révolutionnaire s'interroge sur les concepts de liberté, de gouvernement, de devoir,... et la justesse de certaines de ses pensées, malgré une certaine naïveté, sont troublantes.

Dans la continuité de son prédécesseur, bien que légèrement en dessous, Le Trône de jade est donc un bon roman, un divertissement dragonesque de qualité. La suite surement dans les prochains mois.


Dix-huitième participation au challenge SFFF au féminin

dimanche 13 juillet 2014

Naomi Novik - Les Dragons de Sa Majesté

Les Dragons de Sa Majesté, Naomi Novik, Tome 1/9 de Téméraire, 2006, 347 pages.

C'est grâce à Vert que j'ai véritablement découvert cette série qui m'avait déjà fait de l'oeil sur les rayonnages de la bibliothèque. Il ne m'en fallait pas moins pour me laisser tenter.

Téméraire, c'est le - sympathique - nom d'un dragon. Un jeune dragon aux caractéristiques exceptionnelles dont la charge revient au capitaine Laurence de la Navy. Une recrue de choix pour les anglais dans leur guerre contre les troupes françaises menées par Napoléon.

Car nous sommes au début du XIXème siècle. Les guerres napoléoniennes font rage, l'Histoire est presque identique à celle que nous connaissons. À une exception près : dans cet univers, les dragons existent et servent d'armée de l'air.

Ce livre comporte deux légers obstacles. Le premier, c'est que le cadre historique, bien qu'omniprésent, n'est pas vraiment rappelé, Naomi Novik comptant sur les connaissances de ses lecteurs. Le deuxième, c'est que le point de vue est anglais et que le "méchant" est français. Une fois que votre esprit est parvenu à franchir ses deux contraintes, le reste n'est que du bonheur.

Je n'attendais pas forcément grand chose à la lecture de ce roman, si ce n'est un petit divertissement avec des dragons (un argument en soi). Divertissant, il l'est assurément, ne serait-ce que pour ses manoeuvres aériennes très visuelles. L'écriture est limpide et va à l'essentiel, ne jouant pas sur de grands rebondissements mais assurant une tension constante.

Mais Les Dragons de Sa Majesté est plus qu'un simple divertissement. L'aspect dragon est bien développé et décliné (races, caractéristiques et croisements compris). Outre cette belle galerie de dragons, Naomi Novik offre aussi une belle galerie de personnages humains. Mais c'est surtout le duo principal qui fait la différence. Pas d'initiation adolescente, pas de longue mise en route, Naomi Novik évite toutes les habitudes du genre. Téméraire est intelligent, responsable, adulte-né. Laurence a déjà de l'expérience, est noble et respectueux tout en sachant s'adapter. Les deux forment rapidement un couple attachant.

Ce n'est pas forcément le roman le plus révolutionnaire de la littérature, mais il est tout de même au-dessus de simplement faire le boulot et juste proposer quelque chose de sympathique. Il y a une vraie ambiance qui se dégage de cette série. Et avec elle l'envie d'y revenir. Ça tombe bien, Téméraire compte 8 tomes pour le moment. De quoi voir venir.

Dix-septième participation au challenge SFFF au féminin

vendredi 16 mai 2014

Justine Niogret - Coeurs de rouille

Coeurs de rouille, Justine Niogret, 2013, 273 pages.

Je me souvenais avoir lu du bien de ce livre à sa sortie. Je ne me souvenais pas que la quatrième de couverture était l'une des pires de tous les temps, spoilant ouvertement le mystère du livre. Il est donc raisonnable de l'écrire en gras : quand vous aurez le livre entre vos mains, n'en lisez pas la quatrième de couverture !

Heureusement pour moi, ce n'est qu'à la fin de ma lecture, en la lisant, que je m'en suis rendu compte (me rappelant enfin la mise en garde, huhu.). Que Griaule bénisse la blogosphère de me donner la confiance (et la mémoire) de choisir des livres sans en relire le pitch.

Heureusement encore, car c'est bien ce mystère qui m'a fait me questionner durant toute ma lecture (et qui m'aurait presque tenu en haleine si j'en avais eu le temps). Quelle est cette cité ? Qu'y a-t-il à l'extérieur ? Et je n'ai pas été déçu de la réponse (qui m'était restée imprévue).

Mais Coeurs de rouille est bien plus qu'un simple mystère. C'est avant tout une aventure angoissante dans les méandres d'une cité. Ambiance road-trip post-apo. L'histoire et l'atmosphère sont sombres, durs, tristes, aidées en cela par un certain minimalisme, que ce soit par le cadre unique et ce quasi-huis clos que par le nombre restreint de personnages (3 en tout).

Le roman est court (et en plus doté d'une large typographie). Mais il ne faut pas beaucoup de mots à Justine Niogret pour plaquer une ambiance forte et oppressante. Cela laisse largement le temps de proposer une course-poursuite sans temps mort et quelques rudes moments de réflexion pour notre héros (sur la vie, les sentiments, les souvenirs).

Ne vous fiez pas à la couverture, Coeurs de rouille est loin d'être rose. Mais il est aussi loin d'être mauvais.

Sixième participation au challenge SFFF au féminin