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vendredi 4 octobre 2019

Justine Niogret - Mordre le bouclier

Mordre le bouclier, Justine Niogret, Suite de Chien du Heaume, 2011, 197 pages
« - Quel esprit faut-il avoir pour aller planter son arme dans le ventre d'autres vivants, de toute façon ? Pour s'en aller tuer un homme qu'on cherche depuis des dizaines d'années dans un col entre deux montagnes ? Dis-moi le sens de nos vies, Chien, si tu le peux ; je t'écoute. » 
Six mois après la fin de Chien du heaume, Chien et Bréhyr prennent la route, sur la trace des Croisés, pour achever la vengeance de cette dernière.

Six ans après la lecture de Chien du heaume, il ne m'en restait pas grand chose, si ce n'est rien ; à une exception près sur la fin, et encore, cela ne gêne en rien la lecture de ce livre-ci.

Une chose est néanmoins certaine : l'excellente plume de Justine Niogret est toujours au rendez-vous. Si le roman peut sembler un peu bavard par moment, jouant bien plus la carte de l'introspection, du souvenir et de la discussion que de l'action, il n'en demeure pas moins un vrai plaisir de lecture tant le texte est ciselé et propose de beaux moments de bravoure verbale.

Si Mordre le bouclier doit être lu pour son écriture, il doit aussi l'être pour ses personnages et leurs évolutions, leurs progressions. Car même s'il suit deux héroïnes d'âge mûr, c'est bien d'un récit initiatique dont il s'agit. Un récit de vengeance et de mort certes, mais surtout un récit de vie, quelque part entre la crasse et l'onirisme.
« Vois-tu, tout ce que je pense des livres tient dans la marge d'un texte, où la plume d'un copiste, noire et droite à côté des vives enluminures, a noté de travers : « Dieu, j'ai si froid. » Voici la voix qui monte des livres. Voici ce que j'entends en parcourant un ouvrage ; la voix des morts, la voix des gens passés. Ainsi, je n'oublie pas que je ne suis pas le seul à avoir vécu, le seul à arpenter la terre, que d'autres l'ont fait avant moi, et mieux, et plus longuement. Eux aussi avaient froid. »
D'autre avis : L'Ours inculte, Dionysos, Xapur, Lorhkan, Shaya, Lhisbei, ...

jeudi 4 juillet 2019

Justine Niogret - Mordred

Mordred, Justine Niogret, 2013, 166 pages

Alité, agonisant, Mordred se remémore comment il en est arrivé là. Surprise : Mordred conte l'histoire de Mordred, passé, présent et futur, de son point de vue. C'est assez intéressant, mais ça l'est surement encore plus si l'on a des connaissances préalables sur le personnage. J'ai ainsi préféré le livre a posteriori, une fois renseigné sur ce fameux Mordred.

Avant cela, le parcours fut parfois laborieux, à cause du manque de repères, ne sachant guère où menait le chemin ni ce qu'il cherchait à raconter. L'introduction était pourtant forte et il y a une indéniable présence dans ces pages, comme bien souvent avec Justine Niogret. Heureusement la dernière partie fut la meilleure, certainement car plus active.

Mordred fait partie de ces rares et étranges livres où la lecture ne fut pas forcément très agréable sur le moment - même si d'une indéniable qualité - mais où le sentiment et le souvenir a posteriori restent globalement positifs.
« - Sans Ysengrin, pas de Renart. Il faut une victime à toute histoire. Il faut l'argent d'un miroir éteint pour que certains parviennent à voir leur visage. Une chandelle sans nom pour que les scarabées dansent. À tout héros, il faut son reflet. Un perdant, pour que d'autres gagnent. Voilà ce que je vois, Mordred, voilà ce que je vois, et mon coeur en saigne plus durement que le loup blessé sur sa glace. »
D'autres avis : Xapur, Lhisbei, Vert, Lune, Julien, Lorhkan, Gromovar, ...

vendredi 16 mai 2014

Justine Niogret - Coeurs de rouille

Coeurs de rouille, Justine Niogret, 2013, 273 pages.

Je me souvenais avoir lu du bien de ce livre à sa sortie. Je ne me souvenais pas que la quatrième de couverture était l'une des pires de tous les temps, spoilant ouvertement le mystère du livre. Il est donc raisonnable de l'écrire en gras : quand vous aurez le livre entre vos mains, n'en lisez pas la quatrième de couverture !

Heureusement pour moi, ce n'est qu'à la fin de ma lecture, en la lisant, que je m'en suis rendu compte (me rappelant enfin la mise en garde, huhu.). Que Griaule bénisse la blogosphère de me donner la confiance (et la mémoire) de choisir des livres sans en relire le pitch.

Heureusement encore, car c'est bien ce mystère qui m'a fait me questionner durant toute ma lecture (et qui m'aurait presque tenu en haleine si j'en avais eu le temps). Quelle est cette cité ? Qu'y a-t-il à l'extérieur ? Et je n'ai pas été déçu de la réponse (qui m'était restée imprévue).

Mais Coeurs de rouille est bien plus qu'un simple mystère. C'est avant tout une aventure angoissante dans les méandres d'une cité. Ambiance road-trip post-apo. L'histoire et l'atmosphère sont sombres, durs, tristes, aidées en cela par un certain minimalisme, que ce soit par le cadre unique et ce quasi-huis clos que par le nombre restreint de personnages (3 en tout).

Le roman est court (et en plus doté d'une large typographie). Mais il ne faut pas beaucoup de mots à Justine Niogret pour plaquer une ambiance forte et oppressante. Cela laisse largement le temps de proposer une course-poursuite sans temps mort et quelques rudes moments de réflexion pour notre héros (sur la vie, les sentiments, les souvenirs).

Ne vous fiez pas à la couverture, Coeurs de rouille est loin d'être rose. Mais il est aussi loin d'être mauvais.

Sixième participation au challenge SFFF au féminin

lundi 18 mars 2013

Justine Niogret - Chien du Heaume

Chien du heaume, Justine Niogret, 2009, 211 pages.

Alors que fleurissent depuis quelques temps les chroniques sur Gueule de Truie de Justine Niogret. Pour rester dans la thématique, j'ai fait mon grand rebelle et j'ai lu Chien du Heaume. Bon, c'est surtout parce que je ne l'ai jamais lu... Oui, honte à moi, tout ça, tout ça. Enfin, beaucoup moins désormais, puisque ça y est, je l'ai lu.

Plus que l'avoir lu, je l'ai bien aimé. Comment ne pas aimer quelqu'un qui se bat avec une hache ? (au passage, j'ai l'habitude de dire du mal des couvertures, mais il faut aussi saluer quand c'est du bon boulot, et là, c'est beau, et tout à fait dans l'univers). Voilà, il y a une hache (et même deux ! \o/), donc c'est bien, donc c'est à lire. Fin. Hum. Insuffisant ?

J'ai mieux : l'ambiance. C'est pas la grosse fiesta : soleil, chaleur, bien-être, gentillesse, tout est bien, tout va bien. Rien de tout ça (enfin, si, un peu, mais c'est pour l'idée d'ensemble). Je pense qu'on peut qualifier ce roman de sombre. Pas de manichéisme, pas de grands héros. Mais des personnages rongés, en souffrance, dans un monde moyenâgeux dur et froid. Pour un portrait chinois, la couleur de ce roman serait assurément le noir. Mais avec une pointe d'espoir tout de même, pour nous éviter de partir en dépression.

C'est simple, c'est cru (dans le sens que rien n'est idéalisé), et c'est bien. L'histoire suit parfaitement l'ambiance : pas de grandes envolées chevaleresques, d'immenses batailles, d'exploits impossibles. On suit la quête de Chien du Heaume, à la recherche de son nom (une idée formidable, soit dit en passant). On s'attache à ce personnage qui n'a pourtant pas grand chose au premier abord pour être attachant.

Chien du Heaume peut se lire comme un one-shot, un livre qui se suffit à lui-même. Ou être prolongé par Mordre le bouclier, que j'espère avoir la chance de lire prochainement. Et où j'espère trouver la petite chose qui manque pour faire atteindre à ce livre les plus hauts sommets (entendons-nous bien, ce livre est super, mais j'ai il y a un je-ne-sais-quoi qui ne le fait pas passer au cap du 5/5).