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jeudi 24 septembre 2015

Feux Divers #10 - Fin de l'été et fin de challenges

Le 23 septembre est une date cruciale pour la blogosphère : ce n'est pas un, mais bien deux challenges qui arrivent à leurs termes !
L'occasion de faire un petit bilan de mes participations à ces deux évènements, ainsi que de fêter l'arrivée d'un petit nouveau qui répond au cri du corbeau.

Summer Star Wars épisode III

Le Summer Star Wars Épisode III était organisé par Lhisbei et M. Lhisbei du 21 juin au 23 septembre. Il consistait toujours à chroniquer des oeuvres de space-opera ou de planet-opera.

Après un poussif décollage, la navette est parvenue à prendre de l'altitude pour terminer à hauteur de 6 participations spatiales :

- La Danse des étoiles de Spider & Jeanne Robinson
- La Stratégie Ender d'Orson Scott Card
- Kirinyaga de Mike Resnick
- Le Livre des rêves de Jack Vance
- Solaris de Stanislas Lem
- Jackpots de Robert A. Heinlein

Merci Lhisbei pour cette nouvelle plongée estivale dans l'espace !


Summer Short Stories of SFFF

Le Summer Short Stories of SFFF était organisé par Xapur du 21 juin au 23 septembre. Le S4F3, de son petit nom, consistait en la lecture de romans ou recueils de nouvelles SFFF de moins de 350 pages.

L'avantage d'un challenge de lectures courtes, c'est qu'il est plus facile d'enchaîner, même si j'aurais pu encore en lire davantage. Ainsi, je compte 12 lectures à mon actif, pour une très grande majorité de bons moments, merci Xapur !

- Les Fusils d'Avalon de Roger Zelazny
- Le Signe de la licorne de Roger Zelazny
- Les Âmes envolées de Nicolas Le Breton
- Le Voyageur imprudent de René Barjavel
- La République des enragés de Xavier Bruce
- La Musique du silence de Patrick Rothfuss
- La Main d'Oberon de Roger Zelazny
- Les Cours du chaos de Roger Zelazny
- Les Groseilles de novembre d'Andrus Kivirähk
- L'Océan au bout du chemin de Neil Gaiman
- Solaris de Stanislas Lem
- Jackpots de Robert A. Heinlein


Challenge Recueils And Anthologies Addict

Le CRAAA est organisé par Cornwall du 15 juillet 2015 au 15 juillet 2016. Il consiste en la lecture de recueils de nouvelles ou d'anthologies ou de fix-up. Comme son nom l'indique.
Je ne suis pas spécialement un "addict" du genre, mais comme j'aurais certainement dans l'année quelques lectures qui rentreront dans le sujet, il n'y avait pas de raison de ne pas me lancer pour le palier le plus faible : 2 lectures.

Et justement, 2 lectures c'est déjà mon nombre de participations, dont une d'ailleurs gagnée grâce au CRAAA (merci Cornwall !) :

- Kirinyaga de Mike Resnick
- Jackpots de Robert A. Heinlein



Retour vers le Futur

Le challenge Retour vers le Futur est organisé par Lune jusqu'au 21 octobre 2015. Évidemment, le voyage dans le temps est à l'honneur !

Petit à petit, je progresse, à hauteur d'une nouvelle participation par bilan. Malheureusement, le challenge ne durera pas 4 ans et je ne vois pas comment je pourrais terminer les 12 lectures annoncées :

- Les Lumineuses de Lauren Beukes
- Black-Out de Connie Willis
- La Patrouille du temps de Poul Anderson
- Le Voyageur imprudent de René Barjavel

dimanche 20 septembre 2015

Robert A. Heinlein - Jackpots

Jackpots, Robert A. Heinlein, 1941-1953, 234 pages.

Un pilote obligé de se lancer dans un dangereux voyage dans l’espace. Un homme cherchant à contrôler l’arme nucléaire. Une apparition extraordinaire sur la Terre. Une année particulièrement folle. Tout ça, c’est dans Jackpots.

Jackpots est un recueil de 4 nouvelles de Robert Heinlein, dont une inédite. Et quelle inédite ! « La Création a pris huit jours » est une nouvelle superbe, malgré sa tristesse et son inexorabilité, qui traite de la rencontre extraterrestre à un niveau bien différent des habitudes. Bien que datant de 1942, le récit est parfaitement actuel, ne sent absolument pas la poussière – c’est d’ailleurs le cas de l’ensemble des textes présents ici - et est un bel apport à la science-fiction.

Si cette nouvelle nécessite à elle seule la lecture de ce recueil, les autres nouvelles ne sont pas en reste et sont toutes bonnes. « Sous le poids des responsabilités » est un récit très humain sur le destin d’un pilote de vaisseau. « Solution non satisfaisante », écrite en 1941, traite par anticipation de l’arme nucléaire, de ses conséquences et de son contrôle : un récit fortement politisé. Enfin, « Une année faste » est une amusante digression sur les prédictions, les statistiques, les cycles, mais tourne à autre chose qu’une simple farce.

Jackpots est un très bon recueil où l’on retrouve toutes les qualités de Robert Heinlein, une écriture simple et dynamique en tête, dans des sujets quelque peu différents de ses romans. Avec en plus un très bon travail des éditions ActuSF, notamment avec une courte introduction très intéressante à chaque nouvelle, avez-vous vraiment encore une raison de ne pas lire ce recueil ?


Sixième escale pour le Summer Star Wars

Douzième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF

Deuxième participation pour le CRAAA

jeudi 17 septembre 2015

Stanislas Lem - Solaris

Solaris, Stanislas Lam, 1961, 250 pages.

Solaris est une planète très particulière et un mystère pour les scientifiques depuis des dizaines d’années. En orbite autour de deux soleils, elle n’en reste pas moins stable. Inhabitée, elle est pourtant recouverte d’un océan qui pourrait être intelligent. C’est dans ces conditions que le docteur Kelvin arrive dans la station scientifique qui étudie Solaris.

Solaris est un livre étrange. En premier lieu pour son démarrage, qui semble parfaitement improbable avec ce scientifique qui arrive dans une station presque désertée sans être préalablement au courant et la découverte de ce qui sera le cadre d’un quasi-huis clos, le tout in media res.

Pourtant, il se dégage rapidement une ambiance à la Doctor Who, par ce décor fermé avec peu de personnages rapidement caractérisés mais surtout par cet esprit de mystère surnaturel scientifique qui ne demande qu’à être exploré et résolu.

Mais le Docteur n’arrive jamais. Malheureusement. À la place on trouve plutôt de longues descriptions scientifiques. Le travail sur cette planète nouvelle est fascinant mais cela s’avère tout de même bien trop aride et long pour garder la pleine attention du lecteur. D’autant plus que l’histoire en elle-même, pourtant suffisamment accrocheuse dans ses moments actifs, ne mène presque nulle part.

Malgré quelques forces – un très grand sens de la création notamment - et bons passages, Solaris ne s’avère pas un livre marquant ni même vraiment recommandable, l’histoire semblant pouvoir se résumer en 5 lignes. À la différence du docteur Kelvin, vous voilà avertis.


Cinquième escale pour le Summer Star Wars

Onzième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF

jeudi 13 août 2015

Neil Gaiman - L'Océan au bout du chemin

L’Océan au bout du chemin, Neil Gaiman, 2013, 310 pages.

De retour dans le village de sa jeunesse pour un enterrement, un homme va retrouver le lieu de son enfance. L’occasion, au détour d’un plan d’eau, de se remémorer les événements de l’année de ses 7 ans…

L’Océan au bout du chemin est typiquement gaimanien. On y retrouve tout ce qui fait le plaisir de ses romans : des personnages qui prennent vie en peu de mots et une douceur dans les mots malgré des scènes parfois « violentes » dans l’action.

Roman sur l’enfance, mais pas que, L’Océan au bout du chemin n’est absolument pas enfantin. Le ton n’est ni bête ni naïf. Bien au contraire, c’est intelligent et sensé, et cela apporte une note supplémentaire de réalisme et d’empathie. Une empathie qui ira croissante au fil des pages, de la même manière que le roman se fait de plus en plus touchant.

Je m’attendais à une lecture un peu floue, abstraite, quasi-philosophique. J’ai été agréablement surpris. Si la réflexion et le fantastique sont bien là, le récit reste parfaitement concret et clair, et surtout très palpable, augmentant là aussi le lien qui se crée avec le narrateur.

Gaiman fait ce qu’il sait faire et il le fait bien, très bien. Avec son écriture caractéristique, il offre un roman touchant qui monte crescendo en intensité, tant dans l’action que dans l’émotion. Un beau moment à passer. Et qui sait, peut-être finirez-vous aussi pour découvrir un océan au bout du chemin…

« Personne ressemble vraiment à ce qu’il est réellement à l’intérieur. Ni toi. Ni moi. Les gens sont beaucoup plus compliqués que ça. C’est vrai pour tout le monde. »


Dixième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF

lundi 10 août 2015

Andrus Kivirähk - Les Groseilles de novembre

Les Groseilles de novembre, Andrus Kivirähk, 2000, 266 pages.

Sous la coupe d’un seigneur vivant dans son manoir, un village estonien n’en fait qu’à sa tête. Le vol est le sport national et les anciennes croyances sont toujours bien présentes malgré l’évangélisation : le Diable et autres créatures rôdent dans les parages, prêts à ajouter de la zizanie à la zizanie.

Comme dans L’Homme qui savait la langue des serpents, Andrus Kivirähk base son roman sur l’histoire estonienne et ses traditions. Le Moyen-Âge tardif du pays est une nouvelle fois le cadre du récit, l’occasion de prendre une légère leçon d’Histoire. Légère, car cela tourne bien rapidement à la comédie, et l’on en apprendra bien plus sur le folklore ancestral que sur l’Histoire en elle-même.

Les Groseilles de Novembre est un roman très étrange. Sans intrigue réelle, il suit simplement la vie de tout un village en alternant les différentes aventures de ses habitants. Et des aventures, il y en a à la pelle !

Pour autant, pas de grand bazar dans le déroulé du récit. Andrus Kivirähk parvient très habilement à livrer un panorama complet et clair de son univers, dans lequel le lecteur se sent parfaitement à l’aise. On se sent rapidement membre à part entière de ce village et l’on suit avec joie ses péripéties quotidiennes.

Mais l’atout majeur de ce roman, c’est son ton. Bizarre et surprenant au départ, il devient rapidement très amusant par son côté loufoque et parfaitement incroyable. Bien que n’étant pas seulement une comédie, cela reste l’ambiance principale du récit et en fait une lecture fort plaisante.

Sympathique et prenante lecture, Les Groseilles de Novembre est surement, en comparaison de L’Homme qui savait la langue des serpents, une porte d’entrée plus simple à l’univers d’Andrus Kivirähk, un auteur qui est définitivement à suivre dans ses prochaines parutions françaises tant son style à quelque chose d’unique et de différent.


Neuvième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF

samedi 1 août 2015

Roger Zelazny - Les Cours du chaos

Les Cours du chaos, Roger Zelazny, Tome 5/10 du cycle des Princes d’Ambre, 1978, 224 pages.

Après Les Neuf princes d'Ambre, Les Fusils d'Avalon, Le Signe de la licorne et La Main d'Oberon, Les Cours du chaos est le cinquième tome du cycle des Princes d’Ambre. C’est surtout la fin du sous-cycle de Corwin et la conclusion des quatre romans précédents.

Alors que tout était en place, alors que « La Main d’Obéron » avait apporté son lot de nouveautés à détailler et utiliser, Les Cours du chaos ne prend absolument pas la route prévisible. Pas de retournements de situation en série, pas de poker menteur à quadruple anticipations, pas de complot avec triple machination, pas de folle guerre et de fiers combats.

L’action a bien lieu. Mais le lecteur ne la voit pas, il ne fait que l’imaginer en arrière-plan et en rattraper le dénouement au dernier moment. Car la caméra est braquée sur Corwin, et Corwin est seul dans un périple quasi-psychédélique pour la majeure partie du roman.

Les Cours du chaos est un tome étonnant, et la différence avec l’attente du lecteur et avec les tomes précédents peut facilement en faire un tome moins apprécié. Et pourtant, il possède d’autres forces qui lui font garder toute sa qualité. Avec en premier lieu le talent de conteur de Roger Zelazny, qui se permet de revenir plus concrètement à ses influences et thèmes favoris.

Et si ce roman est longtemps étrange et moins dans l’abondance, la dernière partie revient à une formule bien plus connue et offre une très bonne conclusion qui récupérera même l’enthousiasme des plus dubitatifs. Une conclusion à la hauteur de cet excellent cycle de Corwin. Un cycle assurément à conseiller et une œuvre qui mérite bien sa réputation et ses éloges.


Huitième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF

mercredi 29 juillet 2015

Roger Zelazny - La Main d'Oberon

La Main d’Oberon, Roger Zelazny, Tome 4/10 du cycle des Princes d’Ambre, 1976, 268 pages.

Après Les Neuf princes d'Ambre, Les Fusils d'Avalon et Le Signe de la licorne, La Main d’Oberon est le quatrième tome du cycle des Princes d’Ambre et vient poursuivre les aventures de Corwin et de sa famille. Pour le résumé complet, le deuxième chapitre fait cela très bien en reprenant tous les éléments des trois premiers tomes, et c’est impressionnant de densité.

Faut-il encore le répéter ? Cette série est bonne, très bonne. Et ce tome le confirme encore une fois. On y retrouve toutes les qualités des romans précédents, bien que l’ennemi et le mystère se situent de plus en plus à l’extérieur de la famille et que la mythologie ne cesse de s’élargir.

La Main d’Obéron est un roman extrêmement vif et compact. En un peu plus de 250 pages, il se passe un nombre incroyable d’événements et de rebondissements. Sans aucun temps mort pour le lecteur, qui ne se retrouve pour autant jamais perdu, la plume de Roger Zelazny étant d’une redoutable efficacité.

Outre le plaisir immédiat de cette rapidité d’exécution et de ce rythme élancé, cela permet aussi d’empêcher le naïf lecteur de réfléchir et d’anticiper le twist final, bien caché mais pourtant parfaitement anticipable. Cela ne fait que renforcer le talent de Roger Zelazny.

À l’issue de ce quatrième tome, tous les éléments sont en place pour que la résolution soit phénoménale. Réponse très vite dans Les Cours du chaos.


Septième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF

dimanche 26 juillet 2015

Patrick Rothfuss - La Musique du silence

La Musique du silence, Patrick Rothfuss, 2014, 167 pages.

Si vous lisez un jour La Musique du silence, vous aurez peut-être un léger sentiment de déjà-vu vis-à-vis de tout ce que je vais écrire ci-dessous. Car la préface de Patrick Rothfuss est déjà une chronique parfaite de son livre et un modèle d’objectivité et de lucidité.

La Musique du silence traite d’Auri, un personnage de la série Chronique du tueur de roi du même auteur, et du Sous-Monde. L’histoire se déroule pendant La Peur du sage, même si elle n’apporte aucune information essentielle au récit de ce dernier et que Kvothe n’y apparait pas.

Si La Musique du silence n’est pas un complément nécessaire de la série, c’en est encore moins une bonne introduction. C’est simple : si vous ne lisez pas la série, ne lisez pas ce livre, il vous serait bien incompréhensible.

Alors, qu’est-ce que ce livre ? C’est un moment onirique, une parenthèse dans un autre monde à l’ambiance bien particulière. C’est différent de tout. C’est extrêmement spécial et c’est déroutant. Cela semble même décevant pendant bien longtemps, et puis le charme finit par opérer, doucement, sans qu’on s’en rende compte, et on retrouve tous les sentiments qu’Auri a pu nous faire ressentir.

La Musique du silence est une expérience. À l’attention d’un public très ciblé, exclusivement réservé aux lecteurs acquis à Patric Rothfuss, elle a tout de même tous les risques de ne pas vous plaire. Et pourtant, il y a aussi cette possibilité qui fasse de cette lecture un moment tout particulier et charmant, une sympathique addition à la série.

Sixième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF

jeudi 23 juillet 2015

Xavier Bruce - La République des enragés

La République des enragés, Xavier Bruce, 2015, 297 pages.

En 1952, 9 enfants aux talents particuliers, cobayes du professeur Frédéric Heintelle, s’évadent de l’institut qui les retient. En Mai 1968, tous ont grandi et plusieurs se retrouvent mêlés au fameux événement historique.

Rares sont les romans d’imaginaire à traiter de Mai 68, pour ne pas dire qu’ils sont inexistants. À ce titre, La République des enragés est déjà rafraîchissant et marque des points avant même de démarrer. La lecture ne fait que confirmer cette impression : le cadre soixante-huitard est bien présent, d’autant plus grâce à plusieurs faits et anecdotes réels, et donne une vraie atmosphère au récit.

Logiquement, La République des enragés est de fait un roman au parfum politique, que cela soit dans les messages que dans l’intrigue qui navigue dans ce Mai 68. Pour autant, ce n’est pas un récit purement et essentiellement politique, et ce n’est pas forcément ce qui marquera le plus le lecteur. Surtout que Mai 68 reste bien le cadre et non l’intrigue de l’œuvre.

L’intrigue – les intrigues – est teintée de fantastique et alterne différents fils narratifs dans de courts chapitres découpés selon la trame horaire de l’action. Cela en fait un récit très vif et rythmé où il n’est pas permis de s’ennuyer. D’autant plus que les personnages ont de fortes personnalités et attirent l’attention.

Pour être complet, il faut tout de même rajouter qu’un autre aspect est fortement présent dans le récit : la sexualité. Rien de cru ou d’osé ici, rien qui puisse contre-indiquer la lecture, mais le plaisir charnel est un élément moteur des pensées, des relations et des actions des personnages et pèse un poids important dans le récit. Heureusement, l’écriture de Xavier Bruce fait passer cela très naturellement.

La République des enragés est un très bon roman. Presque uchronique, il navigue entre art et politique au cours d’une intrigue très rythmée mais toujours maîtrisée. La bonne plume de Xavier Bruce en fait un livre à la fois plaisant et intelligent.


Cinquième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF

lundi 20 juillet 2015

René Barjavel - Le Voyageur imprudent

Le Voyageur imprudent, René Barjavel, 1944, 245 pages.

En 1940, Pierre Saint-Menoux est à la guerre quand il fait la rencontre de M. Essaillon, un physicien avec lequel il a déjà correspondu dans une revue de mathématiques. Ce dernier vient de finir une découverte et lui propose de l'essayer avec lui : voyager dans le temps.

Écrit en 1943, à l’exception de sa postface dickienne écrite par René Barjavel en 1958, Le Voyageur imprudent ne fait pas sentir le poids des années écoulées. À l’exception de quelques phrases sexistes, peu nombreuses heureusement, le roman n’apparaît que très peu daté. Au contraire, il semble même encore tout à fait d’actualité.

Évidemment, le sujet pourra sembler déjà lu pour les adeptes du genre. Mais il faut recontextualiser l’œuvre pour bien en saisir toute sa force. Après le fameux La Machine à explorer le temps de H.G. Wells, Le Voyageur imprudent est l’un des premiers romans à traiter du voyage temporel.

Et il le fait bien, en évoquant toutes les grandes problématiques du sujet : autocorrection du passé, analyse du futur, influence sur soi-même,... Avec en prime quelques idées intéressantes et un sens du rythme certain : le roman est à la fois très cadré dans ses nombreuses questions posées qui n’empiètent pas les unes sur les autres, mais pourtant tout à fait fluide et sans temps mort.

Le Voyageur imprudent est un court roman – d’une taille parfaite pour le sujet à développer - qui se lit très bien. C’est aussi, surtout, une excellente introduction à la thématique du voyage temporel, balayant ses principales contraintes de manière simple et efficace.


Quatrième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF

Quatrième décalage temporel pour le challenge Retour vers le Futur

mardi 14 juillet 2015

Nicolas Le Breton - Les Âmes envolées

Les Âmes envolées, Nicolas Le Breton, 2014, 321 pages.

Paris, 1912. Les dirigeables, le moyen de transport normal de l'époque, fleurissent dans le ciel. Louis Lépine, préfet de police, se retrouve à enquêter sur une mort aux apparences normales mais qui l'emmènera sur les traces d'une mystérieuse organisation qui pourrait bien bouleverser l'ordre du monde.

Steampunk. Ce simple mot suffit à expliquer très facilement l'ambiance de ce roman. L'atmosphère steampunk est là, bien visible, dans l'omniprésence des aérostiers et de leurs atours. Je ne suis absolument pas un spécialiste du genre, mais la thématique semble bien respectée. Et au milieu de cela se côtoient les personnages plus ou moins célèbres, remis en situation pour les besoins de l'intrigue.

Qui dit steampunk dit aventures. Le rythme est enlevé, envolé même, dès le prologue qui nous plonge en plein coeur de l'action. Et cela enchaîne, s'enchaîne, sans cesse, avec tout de même quelques scènes un pu plus reposantes. Et pourtant.

Pourtant, je n'ai pas réussi à accrocher. Je n'ai pas réussi à trouver ce petit plus pour garder mon intérêt passer le premier tiers du livre. Pas d'empathie pour les personnages, pas de véritable intérêt pour suivre ces innombrables péripéties, pas plus d'envie que cela de dévoiler le mystère. Comme souvent pour moi avec ces livres axés sur l'action-aventure, ça passe ou ça casse sans que j'arrive à identifier précisément les raisons. Ici, ça casse.

Les Âmes envolées parlera surement aux amateurs du genre. D'autant plus que sa conclusion est de qualité permettant aussi bien d'en faire un surprenant one-shot ou le départ d'une potentielle série. Elle aura malheureusement été trop tardive pour que mon plaisir général soit comblé.


Troisième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF

samedi 4 juillet 2015

Feux Divers #9 - En route pour l'été !

Les chroniques ne se multiplient pas, mais pourtant je n'ai pas su résister à l'appel de deux nouveaux challenges pour l'été : l'un est légendaire et incontournable, l'autre a déjà un excellent acronyme pour le devenir !

Summer Star Wars épisode III

Le Summer Star Wars, organisé par Lhisbei et M. Lhisbei, revient pour son épisode III, soit sa 6ème édition. Du 21 juin au 23 septembre, il consiste toujours à chroniquer des oeuvres de space-opera ou de planet-opera.
Assurément, je ferai plus d'un tour dans l'espace cet été !


Summer Short Stories of SFFF

Le Summer Short Stories of SFFF est organisé par Xapur du 21 juin au 23 septembre. Le S4F3, de son petit nom, consiste en la lecture de romans ou recueils de nouvelles SFFF de moins de 350 pages.
Ça tombe bien, si la production actuelle n'est pas friande de textes courts, ils foisonnent au siècle dernier et j'ai des tas de choses à rattraper !

Déjà deux participations :

- Les Fusils d'Avalon de Roger Zelazny
- Le Signe de la licorne de Roger Zelazny


Et n'oublions pas les challenges présents précédemment. L'un est terminé, l'autre se poursuit et désespère de se remplir :

Morwenna's List

Le challenge Morwenna's List est organisé par Cornwall et s'est terminé le 1er juillet 2015. Il consistait en la lecture d'oeuvres citées dans Morwenna, le livre de Jo Walton.
Au final, 12 participations pour moi, et beaucoup de belles découvertes. Outre les mythiques Ursula Le Guin, Roger Zelazny et Poul Anderson, il ne faut pas oublier la très belle surprise qu'a été le trop méconnu Pavane de Keith Roberts. Merci Cornwall pour m'avoir poussé à lire autant de bonnes choses !

- Les Dépossédés d'Ursula Le Guin
- Terremer d'Ursula Le Guin
- Le Vagabond de l'espace de Robert Heinlein
- Terremer d'Ursula Le Guin
- Un Cantique pour Leibowitz de Walter M. Miller
- Morwenna de Jo Walton
- L'Épée brisée de Poul Anderson
- Tous à Zanzibar de John Brunner
- Les Neuf princes d'Ambre de Roger Zelazny
- La Patrouille du temps de Poul Anderson
- Les Fusils d'Avalon de Roger Zelazny
- Le Signe de la licorne de Roger Zelazny


Retour vers le Futur

Le challenge Retour vers le Futur est organisé par Lune jusqu'au 21 octobre 2015. Évidemment, le voyage dans le temps est à l'honneur !
Les 12 participations semblent toujours bien lointaines, mais le chiffre augmente peu à peu...

- Les Lumineuses de Lauren Beukes
- Black-Out de Connie Willis
- La Patrouille du temps de Poul Anderson

mardi 30 juin 2015

Roger Zelazny - Le Signe de la licorne

Le Signe de la licorne, Roger Zelazny, Tome 3/10 du cycle des Princes d'Ambre, 1975, 296 pages.

Suite des aventures de Corwin et compagnie après Les Neuf princes d'Ambre et Les Fusils d'Avalon. Aux côtés de la lutte fraternelle pour la conquête du trône, une autre menace prend une forme de plus en plus concrète et accapare l'attention.

Avec la fin du deuxième tome, on aurait pu croire que l'intrigue allait quelque peu varier pour se concentrer hors de la ligne de succession. Il n'en est rien, Le Signe de la licorne étant peut-être le tome où le jeu d'échecs familial est le plus important et le plus au premier plan. Pour le plus grand plaisir du lecteur qui apprécie d'autant plus le jeu qu'il maîtrise désormais une partie de l'univers.

En parlant de l'univers, on en apprend encore et toujours plus sur celui-ci et son histoire. Mais pas d'inquiétude, dans le même temps de nouveaux mystères et subtilités se dévoilent, notamment dans l'étrange conclusion du roman. Il faudra néanmoins attendre le tome suivant pour espérer quelques réponses au mystère principal qui ne fait que s'épaissir. Définitivement, Roger Zelazny sait donner envie au lecteur de poursuivre l'aventure.


Douzième emprunt à la bibliothèque pour le challenge Morwenna's List

Deuxième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF

dimanche 28 juin 2015

Roger Zelazny - Les Fusils d'Avalon

Les Fusils d'Avalon, Roger Zelazny, Tome 2/10 du cycle des Princes d'Ambre, 1972, 327 pages.

Suite des aventures de Corwin, peu de temps après la fin des Neuf Princes d'Ambre. Toujours en quête du trône, Corwin se met en route vers Avalon pour y trouver de l'aide.

Roger Zelazny prouve ici sa capacité à mélanger les influences tout en gardant une parfaite harmonie. Ainsi, la mythique Avalon côtoie des monstres légendaires et notre bonne vieille Terre dans un cadre de fantasy à la fois habituel et novateur. L'univers est ici un vrai personnage à part entière.

Quant à l'histoire, elle se poursuit avec les mêmes qualités que dans le premier tome. Le mystère est moins grand pour Corwin, mais il reste de taille pour le lecteur qui continue de découvrir pas à pas le fonctionnement d'Ambre et ses secrets.

Il y a peu de choses à rajouter sur Les Fusils d'Avalon. Dans la directe lignée des Neuf Princes d'Ambre, il vous satisfera si vous avez apprécié ce dernier et confirme la qualité de cette série. Il possède tout de même une particularité supplémentaire : une fin abrupte, peut-être la plus abrupte que j'ai jamais lu. De quoi donner encore plus envie de poursuivre immédiatement avec le troisième tome.


Onzième emprunt à la bibliothèque pour le challenge Morwenna's List

Première lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF