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mercredi 28 octobre 2015

René Barjavel - La Faim du tigre

La Faim du tigre, René Barjavel, 1966, 215 pages.

La Faim du tigre n'est pas un roman. C'est un essai sur la condition humaine. Son titre est extrait d'une citation de Charles-Louis Philippe, citation qui donne bien le ton et la thématique de l'essai de Barjavel :
« La faim du tigre est comme la faim de l'agneau. C'est la faim naturelle et implacable, mais douloureuse, de vivre. C'est cet appétit insatiable de provoquer ou d'endurer l'atrocité au quotidien, pour perdurer, toujours, ce sinistre théâtre où s'illustrent souffrances, crimes, terreur et esclavage, auxquels seule la Mort peut mettre fin. La Faim du tigre, c'est enfin et surtout la recherche rageuse de la raison pour laquelle, dans un cynisme sordide, ce sont la grâce, la beauté, l'innocence et l'amour, qui ont été choisis pour rythmer cette tragédie. »
Pas de récit politique ici mais un monologue sur les raisons de la vie humaine et sur son apparition, avec comme point d'orgue la recherche du "Créateur" et la redéfinition du terme "Dieu" à une entité primaire non galvaudée par les religions. C'est purement philosophique et métaphysique, et c'est pourtant facile d'accès et grand public grâce à un style très imagé et limpide, accompagné de nombreux exemples et phrases qui font mouche.

De par l'objectif initial du livre et pour quelques idées, je ne peux pas dire que j'ai apprécié ma lecture et que je la recommande. Pour autant, ça reste agréable à lire dans sa grande majorité, il y a de l'intelligence et de belles démonstrations dans un phrasé percutant. Barjavel se fait plaisir et ça se ressent. Un livre bien particulier, étonnant et détonant.
« Coupez en deux un petit ver flamaire, sa tête va reconstituer une queue, et sa queue une tête, et vous aurez deux vers. Essayez d'en faire autant avec un caniche... »

CITRIQ

lundi 20 juillet 2015

René Barjavel - Le Voyageur imprudent

Le Voyageur imprudent, René Barjavel, 1944, 245 pages.

En 1940, Pierre Saint-Menoux est à la guerre quand il fait la rencontre de M. Essaillon, un physicien avec lequel il a déjà correspondu dans une revue de mathématiques. Ce dernier vient de finir une découverte et lui propose de l'essayer avec lui : voyager dans le temps.

Écrit en 1943, à l’exception de sa postface dickienne écrite par René Barjavel en 1958, Le Voyageur imprudent ne fait pas sentir le poids des années écoulées. À l’exception de quelques phrases sexistes, peu nombreuses heureusement, le roman n’apparaît que très peu daté. Au contraire, il semble même encore tout à fait d’actualité.

Évidemment, le sujet pourra sembler déjà lu pour les adeptes du genre. Mais il faut recontextualiser l’œuvre pour bien en saisir toute sa force. Après le fameux La Machine à explorer le temps de H.G. Wells, Le Voyageur imprudent est l’un des premiers romans à traiter du voyage temporel.

Et il le fait bien, en évoquant toutes les grandes problématiques du sujet : autocorrection du passé, analyse du futur, influence sur soi-même,... Avec en prime quelques idées intéressantes et un sens du rythme certain : le roman est à la fois très cadré dans ses nombreuses questions posées qui n’empiètent pas les unes sur les autres, mais pourtant tout à fait fluide et sans temps mort.

Le Voyageur imprudent est un court roman – d’une taille parfaite pour le sujet à développer - qui se lit très bien. C’est aussi, surtout, une excellente introduction à la thématique du voyage temporel, balayant ses principales contraintes de manière simple et efficace.


Quatrième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF

Quatrième décalage temporel pour le challenge Retour vers le Futur

jeudi 13 mars 2014

René Barjavel - L'Enchanteur

L'Enchanteur, René Barjavel, 1984, 471 pages.

J'ai déjà lu du René Barjavel. Au moins un. Mais ce n'est pas la raison pour laquelle j'ai lu ce livre. Je me souvenais de l'avoir vu dans la bibliographie du Winter Mythic Fiction. Surtout, j'avais envie de (re)découvrir Merlin et Arthur.

De la légende arthurienne, tout ce que je connais me provient principalement de deux sources : la série Kaamelott et le dessin animé Merlin l'enchanteur. Autant dire que je ne suis pas le plus grand spécialiste du sujet. Néanmoins, après un détour post-lecture vers wikipédia, je suis en mesure de croire que René Barjavel a fait du très bon travail en respectant sur un grand nombre de points la véritable histoire.

L'Enchanteur, comme son titre l'indique, suit évidemment le personnage de Merlin dans ses interventions pour aider à la quête du Graal. Mais ce sont bien les aventures de toute une galerie de chevaliers que nous offre l'auteur. Une lecture quasiment historique dans son tour d'horizon de la Table Ronde et de ses principaux événements.

L'apport principal de René Barjavel se situe dans le style. Un style moderne, notamment dans les dialogues, qui permet une lecture facile d'accès et complètement XXIème siècle de ce mythe du Moyen-Age. Attendez-vous aussi à quelques anachronismes, pointes d'humour disséminées ici et là.

Je ne sais pas ce que vaut L'Enchanteur pour quelqu'un féru de la légende arthurienne. Mais pour moi, piètre connaisseur, ce fut un très bon moyen d'approfondir mes connaissances. Une lecture qui n'emporte pas forcément le lecteur mais qui fait le boulot pour découvrir les aventures de la Table Ronde.

Cinquième participation au Winter Mythic Fiction