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mardi 21 décembre 2021

Olga Tokarczuk - Histoires bizarroïdes

Histoires bizarroïdes, Olga Tokarczuk, 2018, 182 pages

Histoires bizarroïdes est un recueil de 10 nouvelles d'Olga Tokarczuk, prix Nobel de littérature 2018. Un recueil qui porte bien son nom, avec ses histoires qui tendent vers l'imaginaire, que cela soit de petits éléments sortant de l'ordinaire à des univers entiers. Dans tous les cas, les explications et la clarté ne seront pas au rendez-vous, le bizarre étant là pour le rester.

Que retenir alors de ces Histoires bizarroïdes ? C'est bien là la question que je me pose et à laquelle je n'ai pas trouvé de réponse satisfaisante - si ce n'est en relisant, après coup, la chronique de Gromovar. Les textes sont indéniablement bien écrits, avec un style assez riche, et sont prenants à lire. Pourtant, ça n'a guère fonctionné pour moi, n'arrivant que rarement à m'emporter et à me créer des émotions, restant bien souvent au stade de l'anecdotique ou au premier chapitre d'un roman n'existant pas.

Dans le même temps, tout n'est pas à jeter, loin de là. Sans atteindre une pleine satisfaction, Les Coutures, La Montagne de Tous-les-Saints ou Le Calendrier des fêtes humaines possèdent un truc, une aspiration. Quant à La Visite et Le Transfugium, ce sont deux nouvelles de belle qualité. Suffisamment pour me marquer sur la durée ? C'est loin d'être sûr.

Parfois les rencontres ne se font pas. Alors que j'aime les nouvelles d'Haruki Murakami, pleines elles aussi d'incompréhension et d'éléments bizarres jamais clarifiés, les nouvelles d'Olga Tokarczuk ne m'ont pas parlé. Étonnamment, malgré cette lecture en demi-teinte, je n'en ressors pourtant pas avec l'idée de ne plus jamais lire l'autrice, tant les qualités restent visibles. Qui sait, la rencontre se fera peut-être une prochaine fois ?

Couverture : Björn Wylezich / Traduction : Maryla Laurent
D'autres avis : Gromovar, ...

jeudi 17 septembre 2020

Zygmunt Miloszewski - Te souviendras-tu de demain ?

 
Te souviendras-tu de demain ?, Zygmunt Miloszewski, 2017, 546 pages

« - Une meilleure version de l'Histoire ?
Ludwik grimaça. L'histoire de l'humanité démontrait que les changements et les alternatives étaient rarement meilleurs, dans les cas les plus favorables, ils étaient aussi sanglants et dénués de sens que les originaux.
»
En 2013, Ludwik et Grazina fêtent leur cinquantième anniversaire de mariage. Le lendemain matin, ils se réveillent 50 ans plus tôt, en 1963, dans leurs corps de l'époque et une situation presque identique à ce qu'ils ont connu. Presque. Car dans cette version de l'Histoire, la Pologne n'est pas membre du bloc de l'Est mais est une proche alliée de la France, entre autres.

Te souviendras-tu de demain ?
est à la fois une uchronie historique et une uchronie personnelle. Cette dernière peut sembler la plus centrale à la lecture mais la première est toujours là en filigrane, essentielle à la vie des deux protagonistes, dans un mariage très réussi. Les deux aspects sont forts intéressants et sont surtout un terreau fertile pour les bonnes réflexions de l'auteur.

Passé un démarrage assez déstabilisant, très axé sexualité - de manière intéressante et rare, néanmoins -, le livre trouve ensuite son rythme de croisière dans une atmosphère qui n'est pas sans rappeler Stephen King (particulièrement 22/11/63) : il ne se passe pas grand chose, on s'attarde beaucoup à décrire le cadre et la société, et c'est pourtant captivant.

Te souviendras-tu de demain ? ne réinvente pas la roue et traite toutes les - nombreuses - thématiques habituelles de l'uchronie. Mais il le fait très bien. Avec en prime un petit goût exotique pour le lecteur puisque tout est centré sur la Pologne - et un amusement supplémentaire pour le lecteur français puisque la France est elle aussi omniprésente. Un très bon livre qui sonne juste de bout en bout.

Photo de couverture : Elliott Erwitt / Traduction : Kamil Barbarski
D'autres avis : Lune

jeudi 17 septembre 2015

Stanislas Lem - Solaris

Solaris, Stanislas Lam, 1961, 250 pages.

Solaris est une planète très particulière et un mystère pour les scientifiques depuis des dizaines d’années. En orbite autour de deux soleils, elle n’en reste pas moins stable. Inhabitée, elle est pourtant recouverte d’un océan qui pourrait être intelligent. C’est dans ces conditions que le docteur Kelvin arrive dans la station scientifique qui étudie Solaris.

Solaris est un livre étrange. En premier lieu pour son démarrage, qui semble parfaitement improbable avec ce scientifique qui arrive dans une station presque désertée sans être préalablement au courant et la découverte de ce qui sera le cadre d’un quasi-huis clos, le tout in media res.

Pourtant, il se dégage rapidement une ambiance à la Doctor Who, par ce décor fermé avec peu de personnages rapidement caractérisés mais surtout par cet esprit de mystère surnaturel scientifique qui ne demande qu’à être exploré et résolu.

Mais le Docteur n’arrive jamais. Malheureusement. À la place on trouve plutôt de longues descriptions scientifiques. Le travail sur cette planète nouvelle est fascinant mais cela s’avère tout de même bien trop aride et long pour garder la pleine attention du lecteur. D’autant plus que l’histoire en elle-même, pourtant suffisamment accrocheuse dans ses moments actifs, ne mène presque nulle part.

Malgré quelques forces – un très grand sens de la création notamment - et bons passages, Solaris ne s’avère pas un livre marquant ni même vraiment recommandable, l’histoire semblant pouvoir se résumer en 5 lignes. À la différence du docteur Kelvin, vous voilà avertis.


Cinquième escale pour le Summer Star Wars

Onzième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF