Demain, une oasis, Ayerdhal, 1991, 245 pages
Haut fonctionnaire à l'Organisation Mondiale de l'Expansion Spatiale, le narrateur est un soir brusquement kidnappé. Après quelques jours de pérégrinations dans une semi-conscience, il se réveille au sein d'un petit village africain en plein milieu du désert. Médecin de formation, il se voit confier, sans autre explication, la responsabilité des soins des villageois.
Demain, une oasis est à l'image du début du roman : il donne des baffes. Il montre de plein fouet la misère d'un continent et, surtout, l'égoïsme des pays riches. Mais il le fait de manière très intelligente. Jamais culpabilisant - pas excessivement en tout cas, car coupable nous le sommes forcément - ou condescendant, il énonce juste lucidement des faits, des faits qu'il ne fait jamais de mal de rappeler. Le fond étant implacable, Ayerdhal s'attache ensuite plus sur la manière, sur l’inévitable combat de la fin et des moyens.
Si s'estomaquer de l'extrême pauvreté dans le monde est politique, alors oui, Demain, une oasis est un livre politique. Mais il est bien plus que ça. C'est un livre profondément humain qui s'attarde sur des individus concrets et qui garde toujours, au bout du chemin, l'idée d'un rêve, d'un espoir. Et qui n'oublie même pas d'être, en plus de tout ça, un thriller efficace aux personnages attachants. Une lecture nécessaire, un cri de détresse dans le désert.
Couverture : Olivier Fontvieille





