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vendredi 13 mars 2020

Fredric Brown - Une étoile m'a dit

Une étoile m'a dit, Fredric Brown, 1942-1951, 300 pages
« Le dernier homme sur la Terre était assis tout seul dans une pièce. Il y eut un coup à la porte... »
Eh oui, c'est dans le recueil Une étoile m'a dit que se trouve la nouvelle Un coup à la porte et son idée de départ - qui n'en est pas tout à fait l'incipit - devenue légendaire. Une sympathique nouvelle qui est aussi un bel exercice de style.

De sympathiques nouvelles, c'est aussi ce dont on peut dire des 7 autres récits qui composent ce recueil, même si certaines sont bien éloignées de la veine humoristique pour laquelle l'auteur est surtout connu. Il y a vraiment une patte, un art de créer du mystère et de l'intérêt pour une histoire dès les premières pages, voire les premières lignes, qui est fort agréable à retrouver. C'est prenant et surprenant, et tellement riche d'imagination. Le tout dans un style direct qui convient parfaitement et ne laisse pas pour autant le lecteur sur sa faim. Il y a indéniablement un quelque chose dans l'écriture et les idées de Fredric Brown qui en font un génial novelliste.

Le seule reproche peut éventuellement venir de certaines fins, parfois un peu en deçà de la tension des intrigues, mais qui n'amoindrissent pas pour autant la qualité générale des nouvelles - et je dis ça alors que je préfère les nouvelles à chute. Simplement un très bon recueil de Fredric Brown, un de plus, comme l'auteur savait si bien en faire.

Couverture : Adri Berger / Traduction : Jacques Papy

dimanche 4 mars 2018

Fredric Brown - Lune de miel en enfer

Lune de miel en enfer, Fredric Brown, 1944-1958, 366 pages.

Lune de miel en enfer est un recueil de 21 nouvelles, dont un certain nombre de très courtes (3-4 pages), dont les thématiques principales sont le voyage dans le temps et la rencontre avec des extraterrestres. La seule vraiment « longue » (61 pages) est la nouvelle éponyme qui ouvre le recueil... et est loin d’être la meilleure.

Comme dans tout recueil, il y a du bon et du moins bon. Par chance, la qualité a tendance à s’améliorer au fil des récits. Mais deux problèmes subsistent globalement : le manque de punch sur les chutes et le classicisme de certaines histoires, donnant une impression de « banalité ». Ce dernier problème étant à relativiser - ou à expliquer - au vu de la période d’écriture de ces nouvelles (1944-1958). De ce point de vue, le talent de Fredric Brown est indéniable. Pour le lecteur moderne, même si certaines nouvelles restent fort plaisantes (« Galerie de glaces », « Le dernier Martien », « Une souris », « Géométrie plane », « L’arène », « L’arme », « Bruissement d’ailes »), le recueil dans son entièreté n’est ni un chef d’œuvre ni une lecture indispensable, mais reste tout à fait lisible.

mercredi 19 octobre 2016

Fredric Brown - Martiens, go home !

Martiens, go home !, Fredric Brown, 1955, 216 pages.

[Ceci n'est pas une véritable chronique, le livre ayant été lu il y a plusieurs mois et les souvenirs - s'ils en restent - étant donc bien plus flous qu'à l'habitude. Les quelques bafouilles suivantes sont là pour tout de même garder une trace de cette lecture.]

L'un des sujets les plus classiques de la science-fiction, l'arrivée d'extraterrestres sur Terre, à la sauce Fredric Brown. Soit quelque chose d'un peu moins classique, mais beaucoup plus amusant. Extraterrestres loufoques, scènes cocasses, absurdités à tous les coins de pages, Martiens, go home ! est drôle.

L'idée de base - simple et efficace - est bonne et fonctionne pendant la majeure partie du roman. On s'amuse, mais pas que : s'il propose une oeuvre humoristique, Fredric Brown en profite aussi pour faire une critique de nombreux aspects de la société, américaine notamment. Ça part un peu dans tous les sens, mais c'est intelligent et ça fait mouche.

Tout semble donc bien aller. Jusqu'au dénouement, malheureusement un peu attendu et décevant. Cela n'enlève en rien au bon moment passé précédemment, mais cela limite l'impact et la postérité de l'oeuvre. Martiens, go home ! ne peut donc pas se targuer d'être un très grand roman. Mais cela reste un récit tout à fait plaisant.

jeudi 21 août 2014

Fredric Brown - L'Univers en folie

L'Univers en folie, Fredric Brown, 1949, 291 pages.

Keith Winston est journaliste dans Aventures extraordinaires, une revue de science-fiction. En week-end chez son patron, où il en profite pour tomber amoureux d'une collègue, il assiste au lancement d'une fusée sur la lune... qui s'écrase finalement sur lui et l'envoie "ailleurs". Dans un univers en folie, où tout semble identique hormis la conquête spatiale.

L'Univers en folie est une satire des revues de science-fiction de l'époque, des pulps caricaturaux remplis de héros musclés aux yeux bleus, de pin-up peu vêtues et de monstres hideux. Fredric Brown en reprend les codes, s'en moque et construit une histoire qui n'a rien à leur envier.

Amusant sans être foncièrement drôle, L'Univers en folie est surtout un récit captivant. Malgré un monde proche du notre, le sens de la découverte et de l'exploration est bien là, à la recherche des subtiles modifications. Et bien que les résolutions ne soient pas forcément toujours à la hauteur, l'aventure prend le pas sur les quelques défauts et offre une très sympathique lecture.

Sixième participation pour le Summer Star Wars : Episode II