mardi 5 décembre 2017

Laurent Genefort, Laurent Whale, Pierre Bordage - Crimes, aliens et châtiments

Crimes, aliens et châtiments, Laurent Genefort, Laurent Whale et Pierre Bordage, 2016/2017, 299 pages.

Crimes, aliens et châtiments aurait pu être un simple recueil de nouvelles ou une anthologie quelconque sur le thème "Polar et ET". Mais il est un peu plus que ça grâce à son court préambule contextualisant et liant le tout. Un détail certes, insignifiant pour beaucoup sans doute, mais que je trouve pour ma part intéressant et motivant. Ne serait-ce qu'en tant que preuve d'un minimum d'implication dans le livre - et non pas la publication d'un nouveau recueil au pif.

Les extraterrestres ont donc débarqué sur Terre, cohabitant avec les terriens et mettant les auteurs de science-fiction au chômage. Trois d'entre eux ont rangé leurs crayons pour devenir détectives privés. Avec évidemment, forts de leur ancien travail, une spécialisation dans les enquêtes liées aux ETs. Nous voilà donc plongés à leur suite dans trois aventures sur cette "nouvelle Terre".

Jennifer a disparu de Laurent Genefort est la nouvelle qui est le plus dans la dérision, voire dans le pastiche. Où es-tu, mon Choo ? de Pierre Bordage est certainement la plus sérieuse des trois nouvelles tandis que L'Affaire du FBG de Laurent Whale conte l'enquête la plus aboutie - dans le sens qu'elle est la moins linéaire. Mais ne vous y trompez pas : ce recueil n'est pas axé sur le polar mais bien sur l'humour et la détente. Et s'il n'est pas le recueil de l'année, il accomplit parfaitement son objectif en étant un bon divertissement !

dimanche 26 novembre 2017

Christian Chavassieux - Les Nefs de Pangée

Les Nefs de Pangée, Christian Chavassieux, 2015, 453 pages.

Livre lu il y a plusieurs mois, je ne m'aventurerai donc pas à en parler longuement.
De toute façon, d'autres ont fait ça très bien - mieux que je n'aurais pu le faire - pour en conter toutes les qualités.

Qu'une seule chose soit dite et retenue : c'est excellent. Et si je n'aime pas le terme de "chef-d’œuvre", on en a rarement été aussi proche.
Qualité supplémentaire : l’œuvre est complète en un seul volume.
Merci Monsieur Chavassieux.

mercredi 22 novembre 2017

Nancy Kress - Après la chute

Après la chute, Nancy Kress, 2012,253 pages.

La structure d'Après la chute se comprend mieux par son titre original : Before the Fall, During the Fall, After the Fall. Trois fils narratifs donc : avant la catastrophe, avec une simili-enquête sur des disparitions d'enfants ; pendant la catastrophe, avec les étapes du drame ; après la catastrophe, avec quelques rares survivants cherchant à faire perdurer l'humanité.

À la fois post-apo et uchronie, Après la chute est surtout la mise en récit d'une théorie (dont on ne parlera évidemment pas pour ne pas divulgacher le livre). Qu'on y adhère ou non n'est pas la question : comme Nancy Kress le dit dans l'interview qui conclut le livre, Après la chute est simplement là pour questionner un futur possible. Et si quelques éléments restent flous et faciles, l'ensemble fonctionne plutôt bien, en grande partie car il s'agit d'une novella, n'obligeant donc pas le lecteur en désaccord ou désintéressé à se taper 450 pages dans sa lutte pour avoir le fin de mot de l'histoire. Le format court dans sa plus belle force.

dimanche 19 novembre 2017

Dino Buzzati - Le K

Le K, Dino Buzzati, 1966, 380 pages.

Résumer un recueil de nouvelles est toujours une chose compliquée. Encore plus en chroniquer, pour ceux qui font ce genre de choses - mais n'ayez crainte, pas de ça ici ! Alors, à plus forte raison, comment parler d'un recueil qui se compose de 51 courtes nouvelles ?

N'ayant pas pris de notes pendant ma lecture, je serais bien incapable d'en dire grand chose d'utile. Surtout que ma lecture m'aura occuper quelques mois, picorant une nouvelle de temps à autre. C'est d'ailleurs surement ainsi que ce recueil se savoure le mieux : en ne le lisant pas d'une traite. Comme souvent avec les recueils, certes, mais encore plus avec celui-ci qui ne comporte que des nouvelles de quelques pages.

À part ça, l'adage ordinaire aux recueils : il y a du bon et du moins bon. Des nouvelles surprenantes et des nouvelles anecdotiques. L'ensemble est globalement bon même si je ne l'ai pas trouvé aussi excellent que ce à quoi je m'attendais.

jeudi 16 novembre 2017

Ursula Le Guin - L'Effet Churten

L'Effet Churten, Ursula Le Guin, 1990/1993/1994, 183 pages.

L'univers de l'Ekumen d'Ursula Le Guin repose sur un principe (ou deux, selon le point de vue) : les informations peuvent se déplacer de manière instantanée d'une planète à une autre, grâce aux ansibles, tandis que les déplacements physiques, bien que de vitesse luminique, restent de très longue durée. Et si cette dernière contrainte s'envolait ? Si les déplacements physiques devenaient eux-aussi instantanés ? C'est ce qu'évoquent les trois nouvelles de L'Effet Churten, du nom du phénomène permettant ce déplacement.

L'histoire des Shobies conte le premier test de cet effet churten sur un équipage entier. Pour un résultat étonnant, à tous point de vue, très bien rendu par Ursula Le Guin.

Mais l'effet churten est surtout une excuse pour permettre à Ursula Le Guin de faire ce qu'elle fait de mieux : parler de l'humain et de la différence. C'est encore plus évident dans les deux nouvelles suivantes : La Danse de Ganam conte la découverte d'une nouvelle planète quand Le Pêcheur de la mer Intérieure nous transporte entre Hain et la planète O (planète "déjà" explorée dans deux nouvelles de L'Anniversaire du monde).

Certes, il n'y a rien de flamboyant ou d'exceptionnel dans ce petit recueil. Juste - mais c'est déjà tout à fait bien - le plaisir de lire trois nouvelles d'Ursula La Guin, sans grande ampleur mais jamais innocentes.