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mercredi 22 novembre 2017

Nancy Kress - Après la chute

Après la chute, Nancy Kress, 2012,253 pages.

La structure d'Après la chute se comprend mieux par son titre original : Before the Fall, During the Fall, After the Fall. Trois fils narratifs donc : avant la catastrophe, avec une simili-enquête sur des disparitions d'enfants ; pendant la catastrophe, avec les étapes du drame ; après la catastrophe, avec quelques rares survivants cherchant à faire perdurer l'humanité.

À la fois post-apo et uchronie, Après la chute est surtout la mise en récit d'une théorie (dont on ne parlera évidemment pas pour ne pas divulgacher le livre). Qu'on y adhère ou non n'est pas la question : comme Nancy Kress le dit dans l'interview qui conclut le livre, Après la chute est simplement là pour questionner un futur possible. Et si quelques éléments restent flous et faciles, l'ensemble fonctionne plutôt bien, en grande partie car il s'agit d'une novella, n'obligeant donc pas le lecteur en désaccord ou désintéressé à se taper 450 pages dans sa lutte pour avoir le fin de mot de l'histoire. Le format court dans sa plus belle force.

lundi 5 mai 2014

Nancy Kress - L'une rêve, l'autre pas

L'une rêve, l'autre pas, Nancy Kress, 1991, 154 pages.

Qui ne s'est jamais dit "si je pouvais ne pas dormir, je pourrais faire tellement plus de choses" ? Lire des livres par exemple. Et pourquoi pas L'une rêve, l'autre pas. Où Leisha, l'héroïne, est une Non-Dormeuse.

Par une manipulation génétique, décidée par ses parents, Leisha n'a pas besoin de dormir. Ce n'est pas le cas d'Alice, sa soeur jumelle (et non prévue). En résulte, notamment, un décalage d'apprentissage entre les deux soeurs.

Bien que participant à la conclusion du récit, le lien entre Alice et Leisha ne forme pas le coeur de cette novella. À la différence de ce que le titre pourrait laisser présager, Nancy Kress ne parle pas de l'importance du sommeil et des rêves ou des différences d'évolution entre une personne dormant et une personne ne dormant pas. Même si l'on peut voir quelques réflexions sur la construction de la famille, cela reste une petite déception par rapport à ce que j'avais anticipé.

Mais alors, de quoi parle ce livre ? Des minorités, de leur intégration dans la société, de l'effet de masse. De nos systèmes de pensée en général. Et c'est pas joli joli.

L'une rêve, l'autre pas est une lecture sympathique. À la fois par la forme, de courts paragraphes, du rythme et une maquette des Éditions ActuSF très agréable à lire, que par le fond avec quelques axes de réflexion qui ne peuvent que parler à chacun. Et une petite note d'espoir pour finir. C'est toujours bon à prendre.

Quatrième participation au challenge SFFF au féminin

jeudi 17 avril 2014

Nancy Kress - Les Hommes dénaturés

Les Hommes dénaturés, nancy Kress, 1998, 263 pages.

J'ai découvert ce livre en lisant la chronique de Vert. Je ne sais pas vraiment pourquoi mais j'ai eu envie de le lire. De 4 pierres 2 coups, cela me permet aussi de faire mon entrée dans le challenge SFFF au féminin de Tigger Lilly.

Dans un futur proche (à la fois temporellement et en terme d'apparences), la stérilité a pris le pas sur la fertilité. En cause, la pollution de l'air. Les jeunes sont devenus une ressource rare dans cette société vieillissante. Alors, pour combler les besoins de maternité de certains couples, des substituts se créent, pas toujours de manière légale...

L'histoire se découpe en alternance selon trois points de vue et se suit comme un polar. Shana a vu ce qu'elle n'aurait pas du voir et se retrouve, avec Nick et Cameron (c'est un garçon - au cas où vous liriez le livre et vous poseriez comme moi la question pendant assez longtemps), à entrer dans les méandres du système.

Sous couvert d'une histoire de science-fiction futuriste, c'est évidemment le présent que questionne Nancy Kress. Plusieurs sujets au programme : l'impact de la pollution/des produits toxiques, la stérilité, la mort, la recherche scientifique, le rôle et le but des élites,... Pas vraiment joyeux dans l'ensemble mais rien de déprimant pour autant, même une pointe d'espoir. En cela, l'aspect "polar" aide bien à dédramatiser un peu (ou en tout cas à dramatiser sur autre chose).

Les Hommes dénaturés est un bon livre, une lecture qui est relativement facile tout en abordant des sujets "sérieux". Il n'est pas exempt de quelques défauts : une technologie vieillotte (même si personnellement ça ne m'a pas gêné), une vision du monde américano-américaine et un climax qui retombe brusquement à plat. Mais c'est négligeable en comparaison du rythme envolé du récit et de l'intelligence du questionnement.

Première participation au challenge SFFF au féminin