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dimanche 1 août 2021

Eoin Colfer - Mauvaise prise

Mauvaise prise, Eoin Colfer, Tome 2/? de Daniel McEvoy, 2013, 318 pages

Deuxième aventure pour Daniel McEvoy après les évènements de Prise directe. Soucieux de se ranger et de mener une vie plus calme, McEvoy s'apprête à ouvrir son club. Mais avant cela, il faut rester en vie et solder une ancienne dette, qui l'entraînera dans un puits apparemment sans fond d'improbables péripéties.

Mauvaise prise est un deuxième tome qui se lit de manière totalement indépendante. La preuve ? Je n'avais pas le moindre souvenir du premier volume. Et pourtant ça se lit très bien, de manière fluide et sans jamais donner l'impression de manquer quelque chose. De toute façon, il n'y a pas grand chose à manquer.

Mauvaise prise est un roman qui va pied au plancher du début à la fin, dans une avalanche de situations toujours plus débridées où la gouaille et les fanfaronnades du héros font le style et le plaisir du livre. Du pur divertissement, un peu (totalement) fou, qui atteint efficacement son objectif.

Couverture : © Image Source - Getty Images / Traduction : Sébastien Raizer

mercredi 10 juin 2020

Bulles de feu #25 - Parfum africain

Fela back to Lagos, Loulou Dédola & Luca Ferrara, 2019, 105 planches

Adedola est un Area Boy, un adolescent de Lagos, Nigéria, chef d'un petit groupe commettant divers méfaits pour gagner leur vie. Son seul rêve est de quitter l'enfer de la ville pour aller vivre avec son grand-père, pêcheur isolé qui lui raconte ses souvenirs de Fela Kuti. Mais les choses tournent mal...

Fela back to Lagos démarre tranquillement en mettant en scène les derniers jours de Fela Kuti, puis en présentant le personnage d'Adedola. Le rythme est assez calme, le dessin est clair et lisible. Tout bascule dans la deuxième partie : le rythme s'accélère, bien trop, ne laissant pas assez de temps au lecteur pour digérer tous les évènements et informations. Quant au dessin, il prend des formes plus sombres ou fantasmagoriques, qui correspondent au récit mais ne sont pas toujours des plus simples à appréhender.

J'en ressors avec un sentiment mitigé. Je ne peux malheureusement pas dire que j'ai apprécié ma lecture et que je la recommande. Et c'est d'autant plus dommage qu'elle se construit sur d'excellentes bases en voulant mettre en lumière la ville de Lagos. Mais à vouloir parler tout autant, entre autres, de Fela Kuti, de la mythologie yoruba, de la mainmise des gangs et des prêcheurs, de la misère sociale et de la corruption, Fela back to Lagos n'a le temps de se concentrer sur rien et aucun sujet ne semble pleinement abouti. Si le message passe malgré tout, l'histoire est noyée et il reste l'impression tenace qu'il y avait les ingrédients pour faire plus satisfaisant à tous les niveaux.

Le Dernier Atlas, Gwen De Bonneval, Fabien Velhmann, Hervé Tanquerelle et Fred Blanchard, Tome 1/?, 2019, 205 planches

Lieutenant d'une bande mafieuse, Ismaël ne fait pas de vagues. Il se retrouve malgré lui en relation directe avec "Dieu le père", le grand chef, qui lui confie une mission : trouver une source nucléaire pour la revendre. Une seule solution : les Atlas, ces gigantesques robots abandonnés suite à la catastrophe de Batna.

Le Dernier Atlas est un thriller uchronique où l'uchronie est discrète. Enfin, aussi discret qu'un robot géant puisse être. Il faudra d'ailleurs attendre la postface pour avoir de vrais détails sur le point de divergence de l'Histoire, mais sans que cela ne se ressente comme un manque pendant la lecture. Et pour cause : l'uchronie est essentiellement là pour insérer des robots géants nucléaires dans un passé proche d'une intrigue qui, pour le moment du moins, aurait très bien pu se dérouler simplement dans le futur.

Le Dernier Atlas est donc surtout un thriller sur fond de souvenirs de la guerre d'Algérie, de grande criminalité, de recherches scientifiques et... d'un grand évènement mystérieux qui se développe. Une intrigue riche sans le paraitre, multipliant avec maitrise les personnages et parvenant à leur donner du volume en peu de planches et quelques grandes cases. Cela se lit sans mal et semble bien maitrisé, à défaut d'apparaitre comme exceptionnel. Un premier tome qui fait office d'un peu plus qu'une simple grande présentation, suffisamment en tout cas pour avoir envie de voir ce que donnera la suite.

Quelques planches ici.

dimanche 3 août 2014

David S. Khara - Le Projet Bleiberg


Le Projet Bleiberg, David S. Khara, Tome 1 des Projets, 2010, 261 pages.

Trader de qualité, Jay Novacek vit une existence dépravée, entre luxe et luxure, pour s'échapper de sa dépression. Jusqu'au jour où l'armée vient lui annoncer la mort de son père, qu'il n'a pas vu depuis son enfance. Et que sa mère lui remette une mystérieuse clé portant un symbole nazi. Sans oublier un agent du Mossad lancé sur ses traces.

CIA, Mossad, MI6, Nazi. Un cocktail qui a tout pour faire peur. Gare au complot mondial et à l'intrigue invraisemblable. Ou pas. Car David S. Khara ne tombe pas dans le piège d'en faire trop. Bien sûr, on n'évite pas quelques petits écueils, mais les gros ne pointent pas leur nez.

La réussite principale, c'est d'avoir limiter l'action à une certaine crédibilité grâce à un certain minimalisme : l'action se borne à quelques personnages, dure quelques jours, en peu de lieux. Pas de surenchère d'explosions et de cascade de rebondissements plus incroyables les uns que les autres (il y en a tout de même, mais en nombre acceptable). Plutôt de la simplicité qui donne bien plus de crédit au sujet sous-jacent : les recherches secrètes nazies.

Après ma lecture, j'en suis arrivé à comparer ce livre avec Point Zéro d'Antoine Tracqui. Si ce dernier est un gros blockbuster qui aime en faire beaucoup, Le Projet Bleiberg est en quelque sorte sa version soft (enfin, c'est en fait l'inverse, vu les dates de publication).

Le Projet Bleiberg est un donc bon thriller, qui préfère garder de la simplicité plutôt que de tomber dans l'excès et l'accumulation d'actions de péripéties. N'en reste pas moins un foisonnement d'espions et d'organisations internationales, un cocktail vitaminé qui offre un bon moment de lecture pour peu que l'on arrive à une certaine suspension d'incrédulité.

dimanche 13 octobre 2013

Eoin Colfer - Prise directe

Prise directe, Eoin Colfer, Tome 1/? de Daniel McEvoy, 2011, 309 pages.

Eoin Colfer est l'auteur d'Artemis Fowl, ainsi que du sixième tome de la trilogie en cinq volumes H2G2 (vous avez assez de chiffres, c'est bon ?). Mais j'ai découvert complètement par hasard qu'il écrivait aussi des polars, dont Prise Directe que j'ai essayé sans hésiter.

Vu que je vais le faire à un moment ou à un autre, autant faire tout de suite référence à Harlan Coben et son Myron Bolitar. À la fois pour le type de personnage, un ex-FBI et un ex-casque bleu rangés dont le passé castagneur revient à la charge, que pour le style d'écriture. En effet, la narration est simple, basée en très grande partie sur les actions et les dialogues, ce qui donne une grande fluidité.

Et puis l'humour est grandement présent dans les deux cas. Mais si Myron doit son amusement quasi-exclusivement à ses réparties suicidaires, Dan s'offre une palette un peu plus large et dotée d'un peu plus de réflexion. Autant dire que c'est encore mieux !

Concernant l'histoire en elle-même, on suit Daniel McEvoy qui perd son amie et son docteur, et se retrouve en quête de réponses, en parcourant une palette de personnages tous plus tordus les uns que les autres. C'est un polar très honorable avec une histoire prenante et qui tient la route, avec son lot d'actions survitaminées, servi par un personnage principal sympathique et drôle. Et même si ce roman peut se suffire à lui-même, une suite est sortie en VO en mai dernier : Screwed. Vivement la VF !

mercredi 24 juillet 2013

Antoine Tracqui - Point Zéro

Point Zéro, Antoine Tracqui, Tome 1/3 ?, 2013, 878 pages.

Une nouvelle fois, c'est grâce/à cause de Kissifrott, le Dévoreur de livres, que j'ai découvert Point Zéro, le premier roman d'Antoine Tracqui. Un énorme coup de coeur pour lui (et encore, "énorme" est peut-être réducteur...). Il a d'ailleurs réussi à en convaincre Lune et Cornwall, et pour elles aussi ce fut le coup de coeur. Comment dire... vous aussi vous sentez l'obligation de lire ce livre, et la pression qui en découle ?

Bon, je me lance et je vais le dire tout de suite : j'ai moins aimé qu'eux, ce n'est pas un énorme coup de coeur. Non, ne me tapez pas, s'il vous plait, je vais quand même en dire du bien ! Pour un premier roman, c'est extrêmement impressionnant. Près de 900 pages où l'intrigue est millimétrée, ce n'est pas donné à tout le monde. Mais ce que j'ai le plus aimé, c'est le côté historique/réalisme. Oui, c'est une fiction, et même de la science-fiction, mais tout est basé sur des faits réels. Que cela soit les événements, les théories, les objets (un avion est-il un objet ?), et même les personnages, on retrouve énormément de références à notre réalité et à notre Histoire et ses mystères. C'est à la fois fascinant et effrayant. Un grand chapeau en tout cas pour le travail de recherche et d'imagination pour tout intégrer en une théorie (parce que oui, pour moi ce livre est presque une théorie).

Il y a une comparaison qui m'a sauté aux yeux assez rapidement dans ma lecture : Power Plays. Tout d'abord dans la structure, avec un récit très cadré, avec changement de points de vue au bon moment, et des sous-chapitres commençant toujours par la date et l'heure (il manque le lieu pour être exactement comme dans Power Plays). Et puis comme dans la série de Tom Clancy/Jerome Preisler (selon le point de vue...), on a une histoire avec des implications géopolitiques, où un très riche et puissant Monsieur, dirigeant une organisation mondiale s'occupant d'un peu de tout, a sous ses ordres un groupe de personnes toutes plus fortes et invraisemblables les unes les autres, pour servir ses intérêts et le monde dans des situations toujours plus improbables et sanglantes (d'accord, c'est un peu très caricatural, mais ça colle parfaitement aux deux oeuvres). Je donne tout de même un avantage à Point Zéro pour les personnages qui m'ont paru plus vivants, et pour l'ambiance plus chaude (la série de Tom Clancy est assez froide dans mon souvenir). Précisons tout de même que j'aime bien Power Plays, c'est sympa dans son genre, un genre proche du blockbuster. Et c'est exactement ça : Point Zéro est un blockbuster, que j'imagine très bien adapté par Hollywood.

Sauf que, et c'est surement un contrecoup du côté blockbuster, il y a un moment où je n'y ai plus cru. Quand les héros passent 42 fois à un cheveu de la mort dans les 242 premières pages, j'arrête de me faire du souci pour eux ensuite. En fait, je dois avouer m'être un peu ennuyé par moment. Toute l'histoire est très détaillée, très minutée,... et finalement peut-être un peu trop. La partie en Arctique m'a semblé ne jamais vouloir finir... Vous ne pouvez imaginer mon soulagement quand j'ai vu apparaître la nouvelle partie et une nouvelle carte (parce que oui, point positif, il y a des cartes, et ça c'est le bien, même si je n'ai toujours pas trouvé le point n°4 de la légende de la deuxième carte...). Et je n'ai pas eu vraiment une très grande empathie pour les personnages, à l'exception de One-Shot. Enfin, sous réserve que ce ne soit pas moi qui l'ai ratée, c'est un détail mais il y a une petite explication qui me manque concernant une révélation (et pas une qu'on aura dans la suite à mon avis), mais je ne peux rien vous expliquer sous peine de vous spoiler.

Au final, malgré quelques longueurs et un aspect blockbuster américain (tiens, un point que j'ai oublié d'aborder, mais j'ai trouvé ça très américanisé) qui apporte quelques défauts, Point Zéro reste un bon livre, avec un bon titre (mystérieux tout en ayant du sens après lecture). Une mention spéciale pour l'utilisation de faits historiques troubles, qui donne de la profondeur à une intrigue tout-en-bourrin. Et puisqu'il y a un peu de mystère en suspens, j'attends la suite (puisque ce sera une trilogie, comme on l'apprend dans l'excellente interview d'Antoine Tracqui par Arieste, à lire ici).

vendredi 21 juin 2013

Serge Brussolo - Ceux qui dorment en ces murs

Ceux qui dorment en ces murs, Serge Brussolo, 2007, 341 pages.

Je crois n'avoir jamais lu aucun livre de Serge Brussolo. Je ne saurais en même temps l'assurer, tant sa bibliographie s'étend dans divers genres. Ceux qui dorment en ces murs est... est beaucoup de choses. Un thriller forcément, puisque c'est écrit sur la couverture. Du mystère, il y en assurément. Presque un livre d'horreur par moment, avec une vraie atmosphère de peur et de tension qui s'abat. Sans oublier le registre fantastique et la magie, disséminés ici et là. Le tout dans un contexte contemporain réaliste. Un grand fourre-tout ? Un peu.

Je ne sais pas quel avis j'ai de ce livre. Il y a presque autant de choses que j'ai aimé, que d'éléments que je n'aime pas. Il faut d'abord diviser le livre en deux parties. La première traite de la vie générale dans la cité de Sâo Carmino, ville de vieux riches, avec favela intégrée, au milieu de la jungle (en bien résumé). Cela commence bien, mais cela tourne rapidement un peu en rond. Il manque selon moi un but. On suit l'histoire sans trop savoir pourquoi. Jusqu'à la deuxième partie, qui devient une sorte de roman d'aventure. Plus prenante, plus intéressante, mais en même temps un peu bizarre : l'aventure sort un peu de nulle part, et on perd le lien avec le "Maître d'école", personnage énigmatique dont parle la quatrième de couverture.

C'est en fait un problème plus global : la quatrième de couverture est quasiment mensongère. Je ne sais pas vous, mais moi, après l'avoir lu, je m'attendais à suivre la vie d'une ville, en quasi auto-gestion, avec le juge blanc pour chapeauter le tout. Avec des réflexions sur le bien et le mal. Bon d'accord, dit comme ça, ça ressemble beaucoup à ce que j'ai décrit pour la première partie... Mais en fait non. Je ne saurais pas vraiment l'expliquer, mais je n'ai pas du tout eu ce à quoi je m'attendais. Je voyais peut-être ça plus comme une prison. Et puis, la deuxième partie s'éloigne énormément de ce qui faisait selon moi l'intérêt du livre. Alors est-ce que c'est juste personnel, ou est-ce que ça peut s'appliquer à vous, vous lirez et vous me direz.

Malgré tout, il y a de très bonnes choses. Notamment la fin. Par contre, il y a un élément dont je n'arrive pas à savoir si je l'ai apprécié ou non : les personnages sont tous méchants (caricaturalement). Le petit David est surement le seul qui ne l'est pas, mais je n'ai eu absolument aucune empathie pour lui. C'est surprenant. Cela m'a donné un sentiment assez particulier, mitigé. Cela symbolise bien ce que j'ai ressenti un peu sur l'ensemble du livre : je suis partagé.