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jeudi 23 juillet 2026

Stark Holborn - La Porteuse de mort

La Porteuse de mort, Stark Holborn, 2021, 314 pages

Dix Low survit sur Factis, une lune désertique, où elle met à profit ses compétences de médecin pour améliorer le Compte. À la suite du crash d'un vaisseau, elle sauve une jeune fille qui s'avère être la Générale Gabriella Ortiz, une adolescente génétiquement modifiée et l'une des figures les plus connues de l'Accord, la force militaire contrôlant la majorité de l'univers. Et ce crash s'avère rapidement ne pas être accidentel.

Ainsi commence le voyage de Dix et de la Générale pour réussir à faire quitter la planète à cette dernière. Un voyage qui sent (pas) bon le sable, la chaleur, la misère, la poussière, l'aridité. Un voyage rendu difficile tant par les conditions environnementales que par les habitants de Factis, loin d'être tous amicaux. Un voyage, une survie ballottée par les évènements, c'est bien ça qu'est La Porteuse de mort, bien plus qu'une histoire classique avec un objectif clair.

De par son ambiance, La Porteuse de mort a tout du western. Et les fusillades n'y sont qu'un petit bonus. La Porteuse de mort a presque des airs de blockbuster avec cette fuite effrénée où les situations explosives et mortelles reviennent régulièrement. Mais il n'est pas que ça, notamment parce qu'il a aussi un fort aspect mystique, presque métaphysique, notamment avec un élément que je n'ai pas encore évoqué : les Si. Des voix qu'entend Dix, qui se nourriraient des probabilités et des choix, et qui sèmeraient la mort sur le chemin de la médecin. Un élément mi-science-fiction mi-fantastique qui donne une touche particulière et étrange au roman.

La Porteuse de mort est un roman étonnant. Il fait peut-être un peu trop de choses pour son propre bien et a du mal à aboutir pleinement ses idées. Mais il a le mérite d'avoir justement des idées et de tenter des choses. Il est atypique et donne l'impression de lire quelque chose de différent. Il lui manque un petit truc pour être vraiment très bien mais il a dans le même temps ce petit truc qui le rend singulier, et ça c'est déjà remarquable.

Couverture : Manchu / Traduction : Laurent Philibert-Caillat
D'autres avis : Shaya, FeyGirl, Le nocher des livres, Célinedanaë, Lutin82, Anudar, ...


Deuxième escale pour le Summer Star Wars Grogu

lundi 29 juin 2026

Becky Chambers - Apprendre, si par bonheur

Apprendre, si par bonheur, Becky Chambers, 2019, 135 pages

Apprendre, si par bonheur est le rapport de mission que quatre astronautes, partis il y a bien longtemps explorer quatre exoplanètes, ont envoyé à la Terre. Une certaine urgence et une grande importance émergent des premières lignes, mais il faudra attendre la conclusion pour comprendre la raison de cet envoi et le besoin crucial d'une réponse. Ce qui n'est nullement un moyen de faire durer le suspense, le chemin étant essentiel pour bien comprendre la destination.

Le chemin, c'est donc l'exploration de quatre planètes et la recherche de formes de vie. À l'image des personnages, les quatre mondes sont totalement différents et offriront des expéditions mouvementées et surprenantes. L'histoire est très simple mais ça ne l'empêche pas d'être prenante, d'être complète malgré sa concision et de permettre de s'attacher à ce groupe d'astronautes positifs mais loin d'être lisses.

Apprendre, si par bonheur - dont la référence, absolument parfaite, est expliquée en toute fin d'ouvrage - est une novella qui a clairement un but, qui est là pour poser une question. Et si elle incite à une réponse, Becky Chambers a l'intelligence de laisser toutes les voies ouvertes. Car le vrai objectif est la réflexion, pas la réponse en elle-même. Et tout ça sans oublier de proposer une vraie aventure. Que peut-on demander de plus à une novella ?

Couverture : Nicolas Sarter / Traduction : Marie Surgers
D'autres avis : Vert, Le Maki, Yuyine, Lorhkan, Le chien critique, FeydRautha, Zoéprendlaplume, Lectures du panda, Célinedanaë, Lune, Anne-Laure, OmbreBones, ...


Première escale pour le Summer Star Wars Grogu

vendredi 30 août 2024

Sue Burke - Semiosis

Semiosis, Sue Burke, 2018, 435 pages

Fuyant une Terre de moins en moins habitable, un groupe d'humains triés sur le volet s'est installé sur une lointaine planète verdoyante baptisée Pax. Iels espèrent y créer une société meilleure, en symbiose avec leur nouvel environnement. Mais tant la cohabitation avec la faune et la flore de Pax que la vie communautaire entre ex-terriens leur réservera quelques surprises.

Semiosis est divisé en grands chapitres, chacun suivant un narrateur différent appartenant à une nouvelle génération de colons. Le style de la narration évolue en même temps que ces changements de parties, personnifiant encore plus chaque narrateur dont les histoires personnelles font partie intégrante de la grande Histoire de Pax. En un sens, Semiosis peut se lire comme un fix-up de nouvelles et c'est peut-être là son trait le plus caractéristique et sa plus grande réussite.

L'autre réussite de Semiosis, c'est sa volonté de présenter jusqu'au bout une utopie tout en n'évitant pas les conflits et les problèmes concrets - jusqu'à même flirter par moment avec la dystopie. Tout est loin d'être parfait, que ça soit la solide dose de suspension d'incrédulité nécessaire pour accepter la situation démographique ou le déroulé du récit qui n'a rien de réellement surprenant ou novateur, de bonnes idées mais rien de vraiment époustouflant. Mais le fait d'avoir une vraie idée directrice réhausse le sentiment que le livre laisse et participe de faire de Semiosis un livre agréable à lire.

Couverture : Manchu / Traduction : Florence Bury
D'autres avis : TmbM, Yuyine, Le chien critique, Lorhkan, FeydRautha, Gromovar, Le Maki, Célinedanaë, Anne-Laure, Apophis, Marc, Lune, Cédric, lutin82, Boudicca, Brize, Anudar, Acr0, ...


Cinquième escale pour le Summer Star Wars Ahsoka

vendredi 18 novembre 2022

Michel Demuth - La Course de l'oiseau Boum-Boum

La Course de l'oiseau Boum-Boum, Michel Demuth, 1967, 47 pages (epub)

La colonisation de la planète Miage se déroulerait parfaitement bien si ce n'était pour ce mystérieux oiseau Boum-Boum, ressemblant à une autruche, qui habite à proximité et a parfois des accès de violences envers les humains. Kellus Berg, ornithologue, est envoyé en mission sur Miage pour résoudre ce problème de manière pacifique.

La Course de l'oiseau Boum-Boum est une histoire de premier contact et de compréhension de l'autre, en l'occurrence la faune locale. L'idée est bonne, il y a un certain mystère dont on a envie d'avoir la résolution, mais la finalité est déconcertante et un peu décevante - même si je n'exclus pas de n'en avoir pas saisi toute l'ampleur. Ce n'est pas un mauvais texte, mais il n'a rien de vraiment marquant ou particulier. Si ce n'est peut-être son écriture très vive, qui se lit comme un sprint... mais qui étonnamment tire malgré tout un peu en longueur. Un texte très simple, trop simple, qui ne surprend réellement que par son occasionnelle utilisation DES MAJUSCULES.

Nouvelle offerte en téléchargement gratuit par Le Bélial' pour fêter la réédition de Les Galaxiales de Michel Demuth.

Couverture : Philippe Druillet

jeudi 6 septembre 2018

Jack Vance - Les Baladins de la Planète Géante

Les Baladins de la Planète Géante, Jack Vance, 1951, 288 pages.

Retour sur La Planète Géante, cette planète sauvage où chaque peuplade à des moeurs bien particulières, déjà visitée dans le roman éponyme. Mais nulle suite ici : la comparaison s'arrête au cadre - et encore, la région explorée ici est complètement nouvelle.

Les Baladins de la Planète Géante suit Apollon Zamp et sa troupe sur son bateau-théâtre, L'Enchantement de Miraldra, voguant tranquillement de ville en ville pour présenter leurs oeuvres. Jusqu'à ce qu'un concours, organisé par un grand seigneur, leur fasse mettre le cap plus au nord... avec de nouvelles embuches à la clé.

Il n'est pas nécessaire de s'attarder trop longuement sur la finalité de leur voyage, qui n'est quasiment qu'une excuse pour faire vivre à Apollon Zamp et ses camarades des aventures sur le chemin qui les y mènera. Mieux vaut le savoir, car la fin est vraiment mauvaise, presque bâclée. Quant au chemin... Ça se lit, certaines (més)aventures sont sympathiques, mais ça n'a rien d'exceptionnel. Le problème vient surtout des personnages qui sont dans leur grande majorité - pour ne pas dire tous - antipathiques.

Tout n'est pas à jeter. L'écriture m'a semblé ici meilleure, plus posée, que dans La Planète Géante et dans son ensemble cela se lit sans peine. C'est de la pure aventure où Jack Vance se fait une nouvelle fois plaisir à explorer sa Planète Géante et ses différents peuples. Rien de transcendant, rien de primordial, mais ça reste sympathique.