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vendredi 5 février 2021

Une Heure-Lumière - Hors-Série 2020 (Kij Johnson - Retour à n'dau)

Retour à n'dau, Kij Johnson, 2020, 78 pages

Les Hors-Séries de la collection Une Heure-Lumière sont des petites friandises annuelles offertes pour l'achat de deux novellas de l'excellente collection du Bélial' dédiée au format mi-court. Cette édition 2020 se compose de trois parties dont la pièce centrale est une nouvelle de Kij Johnson. Après elle se trouve le catalogue de tous les titres de la collection, auréolés d'une petite citation qui permet de faire un quasi-who's who d'un certain microcosme de chroniqueurs d'imaginaire.

Avant elle se trouve une série de courtes interviews des traducteurs des 23 premières novellas étrangères de la collection. C'est tout à fait intéressant à lire et cela me donne l'occasion parfaite de remercier publiquement Erwann Perchoc, Eric Betsch, Jean-Daniel Brèque, Michelle Charrier, Sylvie Denis, Pierre-Paul Durastanti, Mélanie Fazi, Gilles Goullet, Anne-Sylvie Homassel, Mathieu Prioux et Laurent Queyssi pour leur travail primordial - et à priori excellent - qui nous permet de lire de si bons textes. Merci.

Et donc, la nouvelle, Retour à n'dau. Katia et sa famille sont éleveurs de chevaux. Ils parcourent la planète au rythme du déplacement lent du soleil, de Midi à Aube, pour être en n'dau, la position idéale, celle qui doit être, où l'ombre de chaque individu correspond parfaitement à son gabarit. Mais leur cheminement sera bouleversé par l'arrivée d'une troupe de cavaliers étrangers.

Retour à n'dau est une sublime nouvelle qui traite notamment de résilience. Sans en avoir toute la puissance, quoique, elle se rapproche en de nombreux points de l'excellentissime Un Pont sur la brume. Par la création d'un univers simple mais dépaysant et captivant d'une part, où se déroule une histoire simple, avec des personnages normaux, mais passionnante. Et surtout par la capacité de Kij Johnson à écrire les non-dits, tout en subtilité, et à exprimer toute la beauté qu'il peut s'en dégager. Retour à n'dau est comme un diamant : son éclat ne tient pas à sa taille mais à la finesse de son travail. Et Kij Johnson est une excellente diamantaire.

Couverture : Aurélien Police / Illustrations intérieures : Nicolas Fructus / Traduction : Anne-Sylvie Homassel
D'autres avis : Vert, Lorhkan, Xapur, lutin82, Célindanaé, OmbreBones, Apophis, Yuyine, Shaya, ...

vendredi 9 novembre 2018

Kij Johnson - Magie des renards / Mêlée / Poneys

Magie des renards, Kij Johnson, 1993, 33 pages.

Magie des renards conte l'histoire d'une famille de renards, et plus précisément de kitsune. Plongée donc dans un imaginaire japonisant pour un drame onirique où l'héroïne, une renarde, tente de séduire un homme. C'est moins bien qu'Un Pont sur la brume - forcément - mais ça se lit très bien malgré des contours tragiques.

Nouvelle parue, en français, dans l'anthologie "Extrême-Orient" des Éditions de l'Oxymore, puis distribuée gratuitement en août 2016 par Le Bélial' et reprise dans l'anthologie 2018 des Utopiales.

D'autre avis : Lorhkan, Elessar, Lhisbei, ...

Mêlée, Kij Johnson, 2009, 11 pages.

Une femme et un alien se retrouvent coincés dans une capsule de sauvetage au milieu de l'espace. Sans moyen de communication entre eux, ils se retrouvent à "communiquer" de manière "tactile".

Enfin, je crois, peut-être. À vrai dire j'ai essayé de lire cette nouvelle le plus rapidement possible - ne l'ayant pas stoppée seulement parce qu'elle est courte - avec la volonté de l'éloigner de mon esprit au plus vite. C'est très cru, très particulier, et s'il y a quelque chose à en tirer n'hésitez pas à me le signaler. Personnellement j'ai trouvé ça bien trop horrible à lire pour en retirer quoi que ce soit.

La nouvelle est lisible gratuitement sur le site d'Angle Mort.

Poneys, Kij Johnson, 2010, 7 pages.

Une petite fille et son poney ailé sont invités, pour la première fois, à une fête avec d'autres petites filles et leurs poneys. Sauf qu'on est bien loin de My Little Pony. Très loin.

Si je suis pas certain de ce qu'il faut comprendre de cette courte nouvelle (métaphore des difficultés d'intégration au sein d'un groupe ? de la perversité des enfants/adultes ?), elle reste avant tout un monument d'atrocité. C'est horrible sans être horrifique, très marquant, et je n'ai aucune idée de s'il faut en conseiller la lecture ou non.

La nouvelle est lisible gratuitement sur le site d'Angle Mort.

mardi 31 juillet 2018

Kij Johnson - Un Pont sur la brume

Un Pont sur la brume, Kij Johnson, 2011, 124 pages.
« Kit arriva à Procheville avec deux malles et un porte-documents en tissu huilé contenant les plans du pont sur la brume. »
Et ainsi je fus conquis, allez savoir pourquoi. Peut-être car toute la simplicité de cette novella tient dans cet incipit, qui résume - presque - entièrement l'intrigue : un ingénieur, Kit Meinem d'Atyar, vient construire un pont, le premier entre l'Ouest et l'Est de l'Empire, au-dessus d'une dangereuse et mystérieuse brume navigable.

Mais ne croyez pas que cette "simplicité" soit un défaut. Bien au contraire, surtout quand elle est proposée avec un tel talent. Ajoutez à cela une belle sensibilité dans l'aspect humain, et vous n'avez aucune raison de ne pas vous y précipiter. Cerise sur le gâteau, j'ai ressenti un même sentiment d'intérêt et de fascination envers la construction du pont que j'en avais eu pour la cathédrale de Les Piliers de la Terre de Ken Follett. Amis auteurs, n'hésitez pas : les constructions de grands ouvrages font de parfaits sujets de livres.

Comme Kij Johnson, disons-le simplement : Un Pont sur la brume est un grand livre, bien plus grand que son petit format.
« C'est à cette époque que Kit remarqua qu'une grande partie de la structure constituant un pont ou une tour était faite de gens. »