Retour à n'dau, Kij Johnson, 2020, 78 pages
Les Hors-Séries de la collection Une Heure-Lumière sont des petites friandises annuelles offertes pour l'achat de deux novellas de l'excellente collection du Bélial' dédiée au format mi-court. Cette édition 2020 se compose de trois parties dont la pièce centrale est une nouvelle de Kij Johnson. Après elle se trouve le catalogue de tous les titres de la collection, auréolés d'une petite citation qui permet de faire un quasi-who's who d'un certain microcosme de chroniqueurs d'imaginaire.
Avant elle se trouve une série de courtes interviews des traducteurs des 23 premières novellas étrangères de la collection. C'est tout à fait intéressant à lire et cela me donne l'occasion parfaite de remercier publiquement Erwann Perchoc, Eric Betsch, Jean-Daniel Brèque, Michelle Charrier, Sylvie Denis, Pierre-Paul Durastanti, Mélanie Fazi, Gilles Goullet, Anne-Sylvie Homassel, Mathieu Prioux et Laurent Queyssi pour leur travail primordial - et à priori excellent - qui nous permet de lire de si bons textes. Merci.
Et donc, la nouvelle, Retour à n'dau. Katia et sa famille sont éleveurs de chevaux. Ils parcourent la planète au rythme du déplacement lent du soleil, de Midi à Aube, pour être en n'dau, la position idéale, celle qui doit être, où l'ombre de chaque individu correspond parfaitement à son gabarit. Mais leur cheminement sera bouleversé par l'arrivée d'une troupe de cavaliers étrangers.
Retour à n'dau est une sublime nouvelle qui traite notamment de résilience. Sans en avoir toute la puissance, quoique, elle se rapproche en de nombreux points de l'excellentissime Un Pont sur la brume. Par la création d'un univers simple mais dépaysant et captivant d'une part, où se déroule une histoire simple, avec des personnages normaux, mais passionnante. Et surtout par la capacité de Kij Johnson à écrire les non-dits, tout en subtilité, et à exprimer toute la beauté qu'il peut s'en dégager. Retour à n'dau est comme un diamant : son éclat ne tient pas à sa taille mais à la finesse de son travail. Et Kij Johnson est une excellente diamantaire.
Couverture : Aurélien Police / Illustrations intérieures : Nicolas Fructus / Traduction : Anne-Sylvie Homassel
D'autres avis : Vert, Lorhkan, Xapur, lutin82, Célindanaé, OmbreBones, Apophis, Yuyine, Shaya, ...


