dimanche 1 octobre 2023

Bulles de feu #54 - Septembre 2023

Un petit récapitulatif de mes lectures BDs/mangas/comics du mois, pour en garder une trace.
Le classement est absolument imparfait, insatisfaisant et un peu aléatoire mais peut donner un ordre d'idée. Les avis sont (ultra)brefs, n'hésitez pas à demander un complément d'informations en commentaire si nécessaire.

Bien / Ok / Correct


Yojimbot T.3/? - Sylvain Repos

C'est toujours aussi joli et coloré, le cadre est sympa, mais l'histoire est malheureusement toujours aussi infime.


Toutes les princesses meurent après minuit - Quentin Zuttion

Une belle BD sur la découverte de soi et de sa sexualité, qui n'était pas particulièrement pour moi mais que j'ai tout de même trouvé touchante.
Très bien


L'Attaque des titans T.23-27/34 - Hajime Isayama

Énorme changement pour ce deuxième grand arc du manga, ça passe réellement un cap, c'est inattendu et impressionnant, titanesque. Ça peut paraitre presque disproportionné par moment mais c'est terriblement exaltant.


Le Maître des livres T.11-12/15 - Umiharu Shinohara

Toujours aussi bien, intelligemment humain, un bel hommage aux bibliothèques et aux bibliothécaires.


L'Université des chèvres - Christian Lax

Pas forcément exaltant, un peu survolé (mais avec logique) dans sa première partie et perturbant par son changement d'époque, mais ça s'avère finalement une très bonne BD qui clame l'importance d'un accès à une éducation libre pour tou.te.s. Une éducation qu'on cherche à orienter et contrôler en tous lieux et toutes époques, ce que montre très intelligemment Christian Lax dans cette BD qui ne peut qu'énerver mais qui est importante.


Le grand vide - Léa Murawiec

Il faut passer outre l'aspect "outrancier" et l'ultra-dynamisme épuisant du style graphique - qui fait parfaitement sens avec l'univers du récit mais qui peut rester un frein au démarrage - pour découvrir une critique très maline du culte de la personnalité, du besoin d'être connu, de la nécessité d'exister pour les autres.


Underwater T.1-2/2 - Yuki Urushibara

Un petit bijou qui mérite son comparatif d'oeuvre entre "Le Voyage de Chihiro" et "Quartier lointain". Une histoire simple de deuil et de souvenirs, aux touches de fantastique pour se composer sur deux époques en miroir, très belle et très touchante.

lundi 25 septembre 2023

Emily St. John Mandel - L'Hôtel de verre

L'Hôtel de verre, Emily St. John Mandel, 2020, 398 pages
« Et si vous avaliez du verre brisé ? »
C'est le graffiti qui apparait un soir sur une vitre de l'hôtel Caiette, un hôtel de luxe isolé sur une île de la région de Vancouver. Un graffiti qui perturbe les rares touristes de l'établissement tout comme les employés, Vincent la barmaid en tête mais aussi Paul, l'homme à tout faire, son demi-frère. Un graffiti qui semble destiné au propriétaire de l'établissement, le riche homme d'affaires Jonathan Alkaitis.

L'Hôtel de verre est un livre extrêmement difficile à résumer. Le pitch ci-dessus n'est pas vraiment le début du roman mais est surtout l'élément le plus saillant du récit, ce qui se rapproche le plus d'un élément perturbateur permettant de lancer l'intrigue. Sauf que l'intrigue n'évolue en fait pas particulièrement à partir de ce point, parce qu'elle n'existe pas réellement. L'Hôtel de verre est plus une addition de tranches de vies. De vies brisées.

L'Hôtel de verre n'est pas un mauvais roman. Il est dynamique, sautant de personnage en personnage, et se lit très facilement. Ce n'est pas inintéressant, je n'ai pas passé un mauvais moment, mais je ne l'ai pas non plus trouvé particulièrement intéressant. J'aurais pourtant voulu l'aimer, mais je l'ai surtout trouvé désespéramment vide. Il ne crée ni surprise ni empathie, il ne s'y passe rien. Après mes réserves concernant Station Eleven - roman avec lequel il partage le même manque d'étincelle et d'excitation - Emily St. John Mandel ne semble définitivement pas une autrice pour moi.

Couverture : © Getty images / Traduction : Gérard de Chergé
D'autres avis : Yuyine, Lune, Le Maki, Le nocher des livres, Zina, ...

mardi 19 septembre 2023

Martin Page - Je suis un dragon

Je suis un dragon, Martin Page, 2015, 278 pages

Margot est une jeune fille normale en apparence. Solitaire certes, mais rien qui ne la fasse réellement sortir du lot. Sauf que Margot a un secret qu'elle est bien déterminée à cacher : elle est indestructible, son corps ne peut pas être blessée. Mais aucun secret, surtout de cette importance, ne peut rester indéfiniment dissimulé
« - Oui, tu es un monstre. Comme pas mal de gens. Mais toi, tu es un gentil monstre.
Et Janet Xanadu pensa à elle-même, à son absence de vie sociale et sentimentale, à son attirance pour la folie et le désordre, à sa conviction que les être les plus bizarres et hors normes représentaient davantage l'universel que ceux qui entraient dans la norme.
»
Je suis un dragon reprend le thème classique de l'apparition et du développement d'un super-héros et en propose une version aussi crédible que possible, entre honnêteté et manipulation, entre popularité et haine. S'il ne s'agit pas d'un roman de super-héros à la DC/Marvel, plein de menaces universelles et de combats épiques, ce n'est pas pour autant juste un décor pour un roman de littérature blanche. Il est évidemment question, sous la figure super-héroïque, d'humanité et de normalité - comme la majorité des ouvrages de science-fiction - mais la question du super-héros, sa gestion et son impact, est aussi une part importante du roman.

On ne peut même pas dire qu'il y a un aspect métaphorique tant il est clair que l'anormalité de Margot permet de parler de l'anormalité de tout un chacun, et de la difficulté de trouver sa place dans le monde. Un caractère explicite, une clarté, que j'ai trouvé très agréable et qui n'empiète pas sur un récit prenant basé pourtant essentiellement sur l'évolution du personnage de Margot. Un personnage fondamentalement bon et gentil pour un roman globalement à son image. Il pourrait presque paraitre un peu gentillet par moment, notamment au début, mais il cache en fait de véritables accès de violence et un effet d'ensemble loin d'être mièvre, tout en conservant une certaine aura de douceur et en dégageant quelque chose de réconfortant. Un très bon roman.
« Margot raconta une vie d'abandon, de trahison et de coups. Factuellement elle mentait, mais émotionnellement elle disait la vérité. L'imagination est parfois ce qui rend le mieux compte de la réalité. »
Couverture : Sandrine Bonini et Merwan
D'autres avis : ...

mercredi 13 septembre 2023

P. Djèli Clark - Le Mystère du tramway hanté

Le Mystère du tramway hanté, P. Djèli Clark, 2019, 101 pages

Égypte uchronique, où les djinns sont une présence quasi-normale, début du XXème siècle. Hamed et Onsi sont deux agents du ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles. Ils sont appelés pour traiter le cas d'une rame de tramway hantée par une mystérieuse présence - oui, le titre est vraiment très explicite.

Le Mystère du tramway hanté est une novella se déroulant dans le même univers que L'Étrange affaire du djinn du Caire et Maître des djinns. Elle se déroule chronologiquement entre ces deux textes, même si elle peut autant se lire en découverte de l'univers qu'après la lecture des deux autres récits - la preuve. P. Djèli Clark y développe une nouvelle fois son monde légèrement uchronique où des entités surnaturelles ont ouvertement pris place sur Terre, changeant quelque peu les rapports de force et les évolutions de la société.

Le Mystère du tramway hanté est une bonne novella. C'est une enquête simple, sans rien d'époustouflant, mais qui permet de revenir avec joie dans un univers appréciable et de côtoyer de sympathiques personnages. Et un bon moment, ça ne se refuse pas.

Couverture : Stephan Martinière / Traduction : Mathilde Montier
D'autres avis : Sabine, L'ours inculte, Jean-Yves, Célinedanaë, Le nocher des livres, Apophis, Elessar, lutin82, Marc, Boudicca, ...

jeudi 7 septembre 2023

Bulles de feu #53 - Août 2023

Un petit récapitulatif de mes lectures BDs/mangas/comics du mois, pour en garder une trace.
Le classement est absolument imparfait, insatisfaisant et un peu aléatoire mais peut donner un ordre d'idée. Les avis sont (ultra)brefs, n'hésitez pas à demander un complément d'informations en commentaire si nécessaire.

Bien / Ok / Correct


Terukan Boys - Yû Nakahara

Une bonne petite histoire qui tient la route, sur notamment le passage à la vie d'adulte, mais qui aurait mérité de compter 2-3 tomes pour être pleinement développée.


March comes in like a lion T.3-4/16 - Umino Chica

Deux nouveaux tomes qui laissent un sentiment aussi mitigé et étrange que les deux premiers : c'est parfois ennuyant et exubérant pour pas grand chose (même si j'imagine que ça peut servir à contrebalancer l'amoncellement de drames que recèle ce manga), parfois prenant comme un bon manga de sport.


Soloist in a cage T.1/3 - Shiro Moriya

Un manga sombre et violent, quasiment un battle royale, porté surtout par son dessin qui arrive à être parfois lumineux dans toute cette noirceur.


Nettoyage à sec - Joris Mertens

Une BD qui commençait très bien, des personnages qui sonnaient vrais, une vraie patte dans le dessin (surtout dans les pleines pages), une attente qui montait comme un thriller... et puis ça se termine brutalement, de manière assez désespérante à tout point de vue.


Speed Ball - Florian Pigé et Étienne Gerin

Un récit loufoque et assez violent/trash qui n'est pas ce que je préfère mais ça reste correct, porté surtout par l'ambiance graphique Funky Cops/Tyler Cross sous acide.
Très bien


La Dernière Reine - Jean-Marc Rochette

Une très bonne BD "à la Rochette", peut-être un chouïa moins marquante que "Ailefroide Altitude 3954" et "Le Loup" mais néanmoins captivante de bout en bout. Un hymne à la nature et à la bêtise humaine qui ravira les misanthropes.


L'Attaque des titans T.20-22/34 - Hajime Isayama

La fin de la première grande partie du manga avec d'énormes révélations qui ne déçoivent pas.


Les Chimères de Vénus T.1-2/3 - Alain Ayroles et Étienne Jung

Une très bonne surprise que cette histoire dans l'univers du "Château des étoiles" d'Alex Alice. Proche et différent de "l'original" tout à la fois, mais parfaitement dans l'esprit. Une solide aventure très plaisante.