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lundi 25 septembre 2023

Emily St. John Mandel - L'Hôtel de verre

L'Hôtel de verre, Emily St. John Mandel, 2020, 398 pages
« Et si vous avaliez du verre brisé ? »
C'est le graffiti qui apparait un soir sur une vitre de l'hôtel Caiette, un hôtel de luxe isolé sur une île de la région de Vancouver. Un graffiti qui perturbe les rares touristes de l'établissement tout comme les employés, Vincent la barmaid en tête mais aussi Paul, l'homme à tout faire, son demi-frère. Un graffiti qui semble destiné au propriétaire de l'établissement, le riche homme d'affaires Jonathan Alkaitis.

L'Hôtel de verre est un livre extrêmement difficile à résumer. Le pitch ci-dessus n'est pas vraiment le début du roman mais est surtout l'élément le plus saillant du récit, ce qui se rapproche le plus d'un élément perturbateur permettant de lancer l'intrigue. Sauf que l'intrigue n'évolue en fait pas particulièrement à partir de ce point, parce qu'elle n'existe pas réellement. L'Hôtel de verre est plus une addition de tranches de vies. De vies brisées.

L'Hôtel de verre n'est pas un mauvais roman. Il est dynamique, sautant de personnage en personnage, et se lit très facilement. Ce n'est pas inintéressant, je n'ai pas passé un mauvais moment, mais je ne l'ai pas non plus trouvé particulièrement intéressant. J'aurais pourtant voulu l'aimer, mais je l'ai surtout trouvé désespéramment vide. Il ne crée ni surprise ni empathie, il ne s'y passe rien. Après mes réserves concernant Station Eleven - roman avec lequel il partage le même manque d'étincelle et d'excitation - Emily St. John Mandel ne semble définitivement pas une autrice pour moi.

Couverture : © Getty images / Traduction : Gérard de Chergé
D'autres avis : Yuyine, Lune, Le Maki, Le nocher des livres, Zina, ...

mercredi 30 juin 2021

Emily St. John Mandel - Station Eleven

Station Eleven, Emily St. John Mandel, 2014, 475 pages

En pleine représentation du Roi Lear, Arthur Leander s'effondre et meurt, malgré l'intervention rapide d'un secouriste, sous les yeux de Kirsten Raymonde, une jeune enfant actrice.
« De tous ceux qui étaient présents ce soir-là, ce fut le barman qui survécut le plus longtemps. Il mourut trois semaines plus tard, sur la route, en quittant la ville. »
Deux périodes se chevauchent dans la narration de Station Eleven : l'avant épidémie, où l'on découvre la vie d'Arthur et de certains autres personnages gravitant autour de lui, et l'après épidémie, où les rares survivants, Kirsten en premier lieu, évoluent dans un monde post-apocalyptique. Les deux trames, en plus d'avoir leurs vies propres, sont évidemment liées, se développant l'une l'autre. À défaut d'être réellement ambitieuse, restant finalement assez simple, cette construction est réussie et est surement l'une des points forts de l'ouvrage.

Bien plus axé sur des tranches de vie que sur une véritable intrigue, Station Eleven est un bon roman, solide, mais qui ne m'aura jamais enthousiasmé plus que ça. Il comporte pourtant pas mal de bons éléments, mais beaucoup semble avoir déjà été vu en mieux ailleurs. Surtout, l'assemblage fonctionne mais manque d'une étincelle, d'un petit quelque chose pour rendre le récit vraiment spécial. Un roman néanmoins plaisant à lire, loin d'être morose malgré la thématique, mais qui ne m'aura pas marqué plus que ça.

Couverture : Michael Kenna / Traduction : Gérard de Chergé
D'autres avis : Lune, Lorhkan, Gromovar, Yuyine, Yogo, Acr0, ...