Cartographie des nuages, David Mitchell, 2004, 660 pages
Après avoir mené à bien des affaires en Océanie, Adam Ewing attend que le navire qui le transporte soit en état de le ramener à San Francisco. Il en profite pour faire la rencontre du docteur Goose et en apprendre un peu plus sur les peuples autochtones de la région.
Ainsi commence Cartographie des nuages. Sauf que ce bout d'intrigue du XIXème siècle n'est en fait qu'1/6ème - et pas le plus attractif - de ce qui constitue l'ouvrage. Car Cartographie des nuages est un livre étonnant qui multiplie les temporalités et localités, chacune ayant son intrigue propre tout en étant aussi liée de manière intradiégétique aux autres.
Toutes évoquent pourtant des histoires d'avidité et de cupidité, de pouvoir, de cette folie humaine de contrôler et posséder toujours plus. Les cas sont extrêmement variés, dans la forme et dans le fond, mais ils reviennent toujours à ça. Et ce n'est guère brillant pour l'humanité, plus réaliste que pessimiste malheureusement, même si dans le brouillard de l'idiotie collective pointe quelques éclaircies d'espoir individuel.
Si je pense avoir préféré L'Âme des horloges du même auteur, plus excitant à la lecture immédiate, Cartographie des nuages n'en demeure pas moins une oeuvre admirable, au sens premier du terme. Elle est comme un tableau dont le spectateur peut admirer la composition, de la finesse du moindre détail jusqu'au somptueux panorama qui se dégage de l'ensemble. Et David Mitchell est un excellent peintre.
Couverture : Cédric Scandella / Traduction : Manuel Berri
D'autres avis : Vert, Yogo, Brize, FeyGirl, Alys, ...






