Le Docteur Pascal, Émile Zola, Tome 20/20 des Rougon-Macquart, 1893, 363 pages
Pascal Rougon vit à Plassans avec Clotilde, sa nièce, et Martine, sa bonne à tout faire. Ne faisant plus que de rares visites de routine - et d'expérience - auprès de quelques patients, le Docteur Pascal se concentre essentiellement sur ses recherches en matière d'hérédité. Pour lesquelles il a un matériel de travail de choix : sa propre famille, les Rougon-Macquart.Toute ressemblance avec une personne ayant réellement existé ne serait pas fortuite. Le Docteur Pascal est un roman terriblement méta puisque le héros éponyme est indéniablement un avatar d'Émile Zola lui-même. Tous deux travaillent sur l'hérédité, tous deux étudient les Rougon-Macquart, tous deux valorisent la science sur les croyances, ... et tous deux retrouvent la vitalité de leur jeunesse dans les bras d'une jeune femme - avec Jeanne Rozerot pour Zola, tandis que pour Pascal c'est, léger divulgâchage, avec sa nièce...
Ce jeu des similarités est peut-être le seul point d'intérêt du roman. Car Le Docteur Pascal n'est pas vraiment un bon roman. Au-delà de la relation consanguine qui jette un froid, l'intrigue est mince et peu palpitante, les considérations intellectuelles sont peu intéressantes et même l'aspect historique et sourcé de l'hérédité est fortement daté. Tout n'est pas à jeter, mais bien peu de choses sont à garder - Ramond, un peu Félicité et la scène de l'armoire ? Même la personnification de Zola dans Pascal a ses limites : le livre ne cesse de vanter les mérites de la maitresse de l'auteur... qui ne trouve rien de mieux que de dédier le roman à sa femme. Il n'y a finalement qu'une seule morale à en tirer : l'amour peut définitivement rendre aveugle.
Couverture : Microscope vers 1895, Paris, musée du CNAM
Lecture commune avec la Zolerie, Tigger Lilly et Alys.


