jeudi 16 novembre 2017

Ursula Le Guin - L'Effet Churten

L'Effet Churten, Ursula Le Guin, 1990/1993/1994, 183 pages.

L'univers de l'Ekumen d'Ursula Le Guin repose sur un principe (ou deux, selon le point de vue) : les informations peuvent se déplacer de manière instantanée d'une planète à une autre, grâce aux ansibles, tandis que les déplacements physiques, bien que de vitesse luminique, restent de très longue durée. Et si cette dernière contrainte s'envolait ? Si les déplacements physiques devenaient eux-aussi instantanés ? C'est ce qu'évoquent les trois nouvelles de L'Effet Churten, du nom du phénomène permettant ce déplacement.

L'histoire des Shobies conte le premier test de cet effet churten sur un équipage entier. Pour un résultat étonnant, à tous point de vue, très bien rendu par Ursula Le Guin.

Mais l'effet churten est surtout une excuse pour permettre à Ursula Le Guin de faire ce qu'elle fait de mieux : parler de l'humain et de la différence. C'est encore plus évident dans les deux nouvelles suivantes : La Danse de Ganam conte la découverte d'une nouvelle planète quand Le Pêcheur de la mer Intérieure nous transporte entre Hain et la planète O (planète "déjà" explorée dans deux nouvelles de L'Anniversaire du monde).

Certes, il n'y a rien de flamboyant ou d'exceptionnel dans ce petit recueil. Juste - mais c'est déjà tout à fait bien - le plaisir de lire trois nouvelles d'Ursula La Guin, sans grande ampleur mais jamais innocentes.

lundi 13 novembre 2017

Jean-Philippe Jaworski - Chasse Royale (2)

Chasse Royale 2, Jean-Philippe Jaworski, Tome 2b/3 de Rois du Monde, 2017, 349 pages.

Chasse Royale est la suite directe de Chasse Royale. Pas le tome suivant, non, la vraie suite directe. Le deuxième chapitre. Et même pas le dernier puisqu'un troisième "volume" viendra conclure cette deuxième branche. Le deuxième tome de la série Rois du monde sera donc une trilogie. Une trilogie dans la trilogie, en toute simplicité. Un découpage à rendre jaloux Pygmalion.

Qu'est-ce que cela change au final ? Pas grand chose. Un peu moins d'aide pour le lecteur peut-être, l'histoire reprenant comme le chapitre suivant la fin de Chasse Royale 1, sans les éventuels rappels de début de tome de certaines séries. À part ça, la différence est invisible, hormis une potentielle excuse pour le lecteur qui trouverait le tome un peu plus faible ou inactif : ce n'est pas un tome, juste le chapitre du milieu. Mais qui tiendrait compte d'une telle excuse ?

De toute façon, nul besoin d'excuse. Certes le démarrage est difficile : l'intrigue est riche en lieux, peuples et personnages, alors pour se souvenir de tout... Et pourtant, ça revient rapidement, parole de poisson rouge. Oh, surement pas tous les détails mais, après quelques allusions, les évènements du volume précédent reviennent en mémoire. Parce qu'ils étaient quand même bien marquants quand on y repense !

Après quelques dizaines de pages, on se retrouve de nouveau pleinement engagé dans l'histoire. Et si vous avez un peu de mal, pas de problème : le récit est, une nouvelle fois, entrecoupé de nombreux flashbacks - qui permettront d'enfin découvrir tout un pan encore inconnu de l'histoire de Bellovèse - et s'appuie sur eux pour développer toute la trame de ce volume.

Verdict ? C'est toujours excellent. Plus lent que le volume précédent certes, mais tellement instructif sur les zones d'ombre de l'histoire. Et puis, qui se soucie de ça quand on a le bonheur de lire du Jean-Philippe Jaworski ? Parce qu'encore une fois, cette écriture fait des merveilles. Vite, le chapitre suivant !

vendredi 10 novembre 2017

Glen Cook - La Rose blanche

La Rose blanche, Glen Cook, Tome 3 des Annales de la Compagnie noire, Tome 3/3 des Livres du Nord, 1985, 443 pages.

Troisième tome des Annales de la Compagnie noire, après La Compagnie noire et Le Château noir, et fin du cycle des "Livres du Nord". Et c'est indéniablement une fin de cycle.

Je ne sais trop quoi penser de ce troisième tome. Il est d'un côté dans la lignée du deuxième tome, assez convenu et gentillet dans son enchaînement. Et d'un autre côté, il regorge de surprises et d'éléments assez étonnants. Une bonne chose me direz-vous ? Certes. Mais avec un bémol : est-ce toujours de la surprise ou est-ce parfois un peu de facilité ? Je suis incapable de répondre à cette question. Car il me faudrait d'abord répondre à une autre : suis-je objectif ou ai-je simplement désapprouvé certaines tournures de l'aventure ?

Il reste néanmoins un élément objectif : j'ai lu ce troisième tome aussi vite que les deux premiers. Et avec plaisir. Oui, nous ne sommes pas dans l'exceptionnel et la baffe infligée par le premier volume. Mais cela reste une bonne suite et une bonne épopée. Et c'est bien là l'essentiel !

mardi 7 novembre 2017

Robin Hobb - Le Retour de l'Assassin

Le Retour de l'Assassin, Robin Hobb, Tome 8b/9 du cycle de L'Assassin royal, 2015, 451 pages.

Le Retour de l'Assassin est la suite de En quête de vengeance. À eux deux, il forme Fool's Quest, le deuxième tome du troisième cycle de l'Assassin Royal.

Et on remercie Wikipédia pour nous remettre en tête l'histoire puisque nous commençons ici en plein milieu d'un tome - comme une fois sur deux avec les publications de Pygmalion...

Mais c'est bien là le seul point négatif. Oh bien sûr, comme toujours, il faut quelques pages pour se remettre dedans. Une pointe de doute peut même éventuellement arriver : mais pourquoi suis-je fan de cette série déjà ? C'est un peu mou et longuet, non ?
Et puis discrètement, doucement, la magie se remet à opérer et on se retrouve pris dans le flot d'Art dans l'histoire, complètement attaché aux personnages et en ayant une seule envie : poursuivre la lecture. Tout particulièrement avec cette dernière partie où l'on retrouve un récit plus actif et plus mystérieux, comme aux plus belles heures de la série. 
La suite, vite !

dimanche 5 novembre 2017

Glen Cook - Le Château noir

Le Château noir, Glen Cook, Tome 2 des Annales de la Compagnie noire, Tome 2/3 des Livres du Nord, 1984, 411 pages.

Deuxième tome des Annales de la Compagnie noire, après La Compagnie noire.

Un tome en deux temps. La première partie est assez perturbante car elle change presque du tout au tout par rapport au tome précédent : des chapitres courts, deux points de vue alternés, une compagnie globalement en retrait, ... La magie ne s'opère plus vraiment, la lecture se fait moins passionnante. Ce qui, étrangement et involontairement - n'est-ce pas ? - correspond un peu à l'état d'esprit de la compagnie : démoralisée, lassée, ... Heureusement, la seconde partie du tome vient relever le niveau en se recentrant sur la compagnie et en nous remettant au coeur de l'action.

Au final, Le Château noir est de qualité inférieure au premier tome. Outre la première partie moyenne, on perd énormément d'éléments qui faisait la particularité et le charme de La Compagnie noire pour se retrouver ici avec une histoire bien plus linéaire et convenue. Néanmoins, la seconde partie reste plaisante à lire et laisse espérer une fin de cycle en apothéose. Réponse dans La Rose blanche...