Affichage des articles dont le libellé est Tyler L.C.. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Tyler L.C.. Afficher tous les articles

jeudi 10 novembre 2016

L.C. Tyler - Mort mystérieuse d'un respectable banquier anglais dans la bibliothèque d'un manoir Tudor du Sussex

Mort mystérieuse d'un respectable banquier anglais dans la bibliothèque d'un manoir Tudor du Sussex, L.C. Tyler, Tome 3/? des Aventures d'Elsie et Ethelred, 2010, 287 pages.

Mort mystérieuse d'un respectable banquier anglais dans la bibliothèque d'un manoir Tudor du Sussex (dont on ne citera le nom entier qu'une fois car c'est tout de même un peu long - ce qui n'empêche pas de souligner l'excellent travail de l'éditeur au niveau des titres qui compensent allégrement les jeux de mots intraduisibles des originaux), Mort mystérieuse... donc, est la troisième aventure d'Ethelred, écrivain de polar de troisième zone, et d'Elsie, son agent littéraire.

L.C. Tyler poursuit sa série de polars humoristiques en s'attaquant cette fois à deux nouveaux classiques du genre : le meurtre en chambre close et... le Cluedo. Comme d'habitude, les idées de base sont bonnes et l'humour est présent dans les dialogues et remarques des deux narrateurs tout comme une certaine dose de métafiction, souvent simple et efficace (et ce dès le début : alors que le chapitre 1 vante les mérites de ne pas utiliser de flashback dans un roman, le chapitre 2 commence évidemment par un flashback...).

Si les éléments habituels sont bien présents, Mort Mystérieuse est pourtant clairement le moins bon tome de la série car deux défauts principaux viennent entacher le tableau. Premièrement, l'impression d'être pris pour un idiot ou, au choix, le sentiment que les personnages sont complètement idiots, assez frustrant à la longue. Deuxièmement, la compréhension de la résolution de l'histoire après seulement un tiers du roman. Si quelques détails et explications ne sont découverts que logiquement à la fin du récit, les grandes lignes ne sont presque jamais mystérieuses. Et un polar sans mystère, ça perd grandement de son charme.

Ainsi, ce troisième volume est une déception. S'il se lit malgré tout très bien et qu'il reste globalement amusant, le manque d'une intrigue forte et d'un vrai suspense en font un polar seulement passable. Mieux vaudra attendre le quatrième tome avant de se lancer sur celui-là, histoire de savoir si ce n'était qu'une petite sortie de route ou déjà la fin d'un bon procédé.
« - Ce n’est pas un diner : on recommence une partie de Cluedo.
- Seulement si l’un d’entre nous se fait assassiner, répondis-je, le sourire confiant. Quelle est la probabilité, à ton avis ? »

lundi 8 décembre 2014

L.C. Tyler - Homicides multiples dans un hôtel miteux des bords de Loire

Homicides multiples dans un un hôtel miteux des bords de Loire, L.C. Tyler, Tome 2 des Aventures d'Elsie et Ethelred, 2009, 278 pages.

Dans le très bon Étrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage, nous faisions la connaissance d'Ethelred, auteur de polar (entre autres) au succès limité, et d'Elsie, agent littéraire accro au chocolat. Les voilà de retour, dans une aventure qui les mène cette fois en France, dans un hôtel miteux des bords de Loire, à proximité d'une réunion de philatélistes, où deux homicides vont avoir lieu coup sur coup. Ceci dit, je ne vous apprends pas grand chose, vous aviez lu le titre.

Homicides multiples dans un hôtel miteux des bords de Loire reprend tous les éléments qui ont fait la réussite du premier tome. C'est donc une nouvelle fois un polar en douceur, sans violence (en tout cas au premier plan), à la Agatha Christie, que nous livre L.C. Tyler. Mais l'intérêt n'est pas seulement de lire un polar, l'intrigue étant aussi bien souvent une excuse pour faire évoluer nos deux héros dans des situations amusantes ou pour jouer avec le lecteur.

Une nouvelle fois, L.C. Tyler démontre sa maîtrise des codes du genre et de l'univers de l'édition en général. Habilement, il parvient à s'en amuser, à s'en moquer, tout en les respectant parfaitement. Et si on pouvait avoir peur que le filon soit épuisé et ne fasse que se répéter, il n'y a finalement pas d'inquiétude à avoir : ce deuxième tome est encore meilleur que le premier.

Peu importe que l'on devine rapidement le fin mot de l'histoire, le récit est suffisamment divertissant en lui-même pour passer un excellent moment. Et en allant en terrain connu, en retrouvant nos deux héros-qui-n'ont-rien-de-héros, le plaisir est encore plus fort que lors de la première découverte. Un nouveau coup de génie de la part de L.C. Tyler qui nous offre un livre parfaitement drôle et très intelligent.


Je fourrai Elsie dans la voiture et lançai :
« Roulez ! »
Le chauffeur de taxi, qui connaissait mal les conventions du roman policier, se contenta de se retourner, une cigarette ballante au bord des lèvres.
« Où ça ? »

lundi 6 janvier 2014

L.C. Tyler - Étrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage

Étrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage, L.C. Tyler, Tome 1 d'Elsie & Ethelred, 2007, 229 pages.
« Il y a une différence majeure entre la fiction et la vraie vie. La fiction doit être crédible. »
Ai-je besoin d'expliquer pourquoi ce livre m'a attiré ? Quand j'ai lu ce titre chez Adalana, la question de savoir de quoi il s'agissait était presque superflue. À noter que ce titre est une totale invention de la version française, pour compenser un jeu de mots intraduisible (The Herring Seller's Apprentice en VO, puis une déclinaison sur "Herring" dans les tomes suivants). Un tel titre implique deux choses : il va attirer les gens mais il va aussi augmenter leurs attentes. Un risque donc. Un risque réussi.

Avant tout, ce roman, au titre beaucoup trop long pour être utilisé comme sujet d'une phrase, est un hommage au polar classique, symbolisé entre autres par Agatha Christie. Par l'intermédiaire d'Ethelred puis d'Elsie, les narrateurs, L.C. Tyler s'amuse des codes du genre, les détaillant et les moquant juste avant de les utiliser à son tour. Pas de méchanceté ici, l'esprit est bon enfant et respectueux, avec un tas de références aux anciens.

Mais derrière l'hommage parodique se cache un véritable polar. Bien ficelé, il atteint exactement son but : qu'on le résolve juste avant la fin, après avoir passé un bon moment à imaginé des tas de solutions. L.C. Tyler qualifie lui-même son style de "cosy crime" : pas de sang, pas de violence, pas d'insulte, c'est simple, "gentil" et globalement "traditionnel".

Outre le mystère réussi et l'hommage bien mené, la qualité du livre vient de son humour. Il vient à la fois, comme dit plus haut, de la moquerie des ficelles du genre, mais aussi des dialogues et réflexions (avec un beau lot de citations à copier !) qui ont ce côté absurde à l'anglaise, avec un ton sans rupture par rapport à l'ensemble. Et puis, l'auteur en profite pour égratigner un peu tout l'univers du livre : auteurs, éditeurs, agents et lecteurs en prennent pour leurs grades.

Au final, ce livre est une excellente découverte. Un bon polar agrémenté d'un bel hommage au genre. Le ton est moqueur et drôle, mais sans jamais se départir d'une forme de respect et de tendresse pour l'objet moqué. Un moment agréable à passer dans une ambiance cosy.
« Il serait injuste de laisser croire que mon père n’était rien d’autre qu’un universitaire raté. Bien qu’il ait eu moins de temps à y consacrer, son échec dans le domaine politique était tout aussi et infiniment plus humiliant à la fois pour lui et pour sa famille. »