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vendredi 22 novembre 2024

John Scalzi - Superméchant débutant

Superméchant débutant, John Scalzi, 2023, 312 pages

Charlie Fitzer est divorcé, a perdu son emploi, est fauché et est sur le point de perdre son logement - tout va bien quoi. La surprise est donc plutôt bonne quand il apprend qu'il doit hériter d'un riche oncle magnat des parkings. Elle l'est un peu moins quand les funérailles n'attirent que des porte-flingues et que sa maison explose. Car Charlie n'a pas seulement hérité de la fortune légale de son oncle mais aussi de son deuxième secteur d'activité : être un superméchant.

La couverture résume parfaitement le roman : un univers de méchants, des chats et une bonne dose d'imagination débridée et amusante. Superméchant débutant n'est pas une révolution mais c'est un divertissement très efficace. Au-delà d'être facile et agréable à lire, il a le mérite d'éviter de tomber dans le "trop". L'intrigue est resserrée - tant en nombre de personnages qu'en nombre de péripéties - et n'essaye pas de multiplier les inventions et les extravagances - les dauphins marxistes suffisent bien largement. Même les petites références pop culture et les piques faciles sont, heureusement, en nombre restreint (et surtout cantonnées à la première partie du livre). Superméchant débutant est en quelque sorte un roman loufoque-raisonnable. Et c'est franchement plaisant à lire.

Couverture : Tristan Elwell / Traduction : Mikael Cabon
D'autres avis : FeyGirl, Le nocher des livres, Alias, ...

lundi 2 novembre 2020

John Scalzi - L'Effondrement de l'empire

L'Effondrement de l'empire, John Scalzi, Tome 1/3 de l'Interdépendance, 2017, 331 pages
« - La question n'est pas de savoir si elle en parlera mais si elle sera crue.
- C'est la vérité.
- Oh, ma fille... laissa tomber Huma, attendrie. Ne me dis pas que tu ignores le poids que revêt cette notion de nos jours.
»
Loin de la Terre, l'humanité vit désormais sur une multitude d'étoiles au sein d'un empire nommé l'Interdépendance, dirigé par trois forces - l'Église, le Parlement et les Guildes marchandes - au-dessus desquelles trône l'Emperox. Tout cela n'est possible que grâce au Flux, un réseau de voies plus rapides que la lumière qui est le seul moyen d'unir les différentes planètes et de les rendre viables. Mais des perturbations semblent toucher le Flux et mettre tout l'Empire en danger.

Si vous avez lu le titre du livre, vous vous doutez que les choses ne vont pas bien se passer. C'est d'ailleurs un bon indicateur de ce qui se trouve dans ce premier tome : l'important n'est pas le développement d'une grande intrigue politique à suspense mais bien la découverte et le suivi des personnages. Pour la surprise, on verra (peut-être) plus tard. L'Effondrement de l'empire est en cela un pur tome 1 de mise en place qui invite à lire la suite.

Présenté ainsi, ce n'est pas forcément engageant. Et pourtant c'est excellent. C'est prenant de la première à la dernière ligne, les personnages sont sympathiques, l'univers agréable à découvrir, le rythme est parfait et la plume efficace, sympathique et moderne de John Scalzi porte le tout. En résumé : ça se lit tout seul. Et une fois la dernière page tournée, une seule hâte : dévorer la suite.
« - Je travaillais dans le marketing. Avant de devenir prophétesse. Après également, mais nous n'appelions plus ça ainsi. »
Couverture : Sparth / Traduction : Mikael Cabon
D'autres avis : FeydRautha, Lutin82, Chut... maman lit !, Lune, Yogo, Shaya, Lorhkan, OmbreBones, Anudar, Célindanaé, Gromovar, Lianne, ...

mardi 19 novembre 2019

John Scalzi - Deus in machina

Deus in machina, John Scalzi, 2009, 140 pages

Le dieu est dans la machine. Littéralement. Il sert de moteur au vaisseau spatial commandé par Ean Tephe. Pas de bonne grâce certes, mais il est contraint d'obéir. Pour combien de temps encore ?

Des dieux et des vaisseaux spatiaux, oui, c'est l'étonnant programme de Deus in machina. Mais ce sont surtout sur ces premiers que va reposer le texte et ses réflexions sur la place et l'impact du divin. Ce n'est pas mauvais, les idées ne sont pas inintéressantes, mais ça ne réveille pas non plus Griaule la nuit.

Heureusement Deus in machina c'est aussi, et avant tout, un récit vif, tout en dialogues et actions, qui se lit sans mal et donne envie d'avoir le fin mot de l'histoire. Et la conclusion est à la hauteur du reste : acceptable. C'est le résumé de cette novella : ce n'est pas le texte le plus marquant de John Scalzi, mais c'est une lecture acceptable.

D'autres avis : Célindanaé, ...

mardi 9 juillet 2019

John Scalzi - Les Enfermés

Les Enfermés, John Scalzi, 2014, 379 pages
« Rien ne tient debout dans cette affaire. Nous avons un meurtre qui n'en est sans doute pas un, sur un homme encore non identifié, qui a rencontré un intégrateur peut-être déjà intégré, qui prétend ne pas se rappeler des évènements dont il aurait dû garder le souvenir. Quel méli-mélo ! »
Un nouveau virus est apparu sur Terre. En plus de tuer une bonne partie de ses porteurs, il "enferme" certains survivants à l'intérieur de leurs corps, les laissant conscients mais sans plus aucun contrôle. Heureusement, des implants cérébraux furent créés pour permettre à ces "enfermés" - les "hadens" - d'intégrer des androïdes, voire même certains autres humains rescapés sains du virus - les "intégrateurs". Chris Shane est "haden" et se retrouve, pour son premier jour en tant qu'agent du FBI, avec un vrai méli-mélo sur les bras.

Les Enfermés est un polar SF où l'aspect science-fictif est surtout là pour apporter de nouvelles ficelles et possibilités à l'aspect polar. Il y a indéniablement une intéressante métaphore - quoique, est-ce encore une métaphore quand c'est aussi visible ? - avec les "hadens", étayée de quelques intelligentes réflexions, mais cela reste globalement en arrière-plan - et ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose.

C'est donc l'aspect polar qui tient le devant de la scène. Un polar efficace, facile à lire et très simple dans son intrigue. Ce n'est pas le meilleur polar de l'Histoire, c'est certain, mais ça fait le boulot et le mélange polar/SF apporte une fraicheur agréable. N'est-ce pas déjà suffisant ?

À noter que le roman tient en fait en 300 pages, la suite étant consacré à une nouvelle (?) intitulée "Une histoire orale du syndrome Haden" dont l'intérêt est à mon sens proche du néant.

D'autre avis : Lorhkan, Apophis, Lune, Lianne, Lutin82, Anudar, Yogo, Le chien critique ...

lundi 9 avril 2018

John Scalzi - Imprésario du troisième type

Imprésario du troisième type, John Scalzi, 2005, 407 pages.

Les extraterrestres sont là ! Enfin, presque, puisqu’ils sont pour le moment en orbite, attendant de savoir comment faire leur apparition pour ne pas effrayer les humains. Car les Yherajks sont des tas de gélatine informes, des blobs, et qui plus est puants ! Pour les aider, ils embauchent Tom Stein, agent de stars à Hollywood. Trouvera-t-il une solution ?

C’est ainsi que se présente l’intrigue, tant en quatrième de couverture que dans les premières pages. Ce qui peut s’avérer tentant à lire, non ? Fausse joie. L’histoire ne conte quasiment pas cette problématique, préférant se concentrer sur le travail d’agent du héros et nous plonger au cœur d’Hollywood.

Malgré tout, ça se lit très facilement, notamment car tout est quasiment en dialogues, et c’est même plutôt plaisant dans son style. Mais il n’en reste pas moins l’impression de s’être fait un peu floué et de n’avoir pas vu l’idée de base être réellement développée. Dommage.

mardi 22 juillet 2014

John Scalzi - Redshirts

Redshirts, John Scalzi, 2012, 331 pages.

2460. Andrew Dahl, ainsi que 4 autres enseignes, prend son poste au sein de l'Intrépide, le principal vaisseau spatial de l'Union Universelle. Au programme pour les 5 recrues : de dangereuses missions et la découverte de leur nouvel environnement.

Le concept de "redshirt" naît dans Star Trek. Il désigne les nombreux personnages secondaires, portant des tenues rouges, qui partent en mission avec les héros et dont la principale utilité est de mourir. Par extension, le terme "redshirt" désigne un type de personnage secondaire destiné à mourir pour accentuer le danger d'une scène et servir de faire-valoir aux héros.

Redshirts, c'est un hommage à tous ces personnages, cette chair à canon nécessaire, ces anonymes sacrifiés sur l'autel de l'intrigue et du suspense. C'est par la même occasion un hommage à de nombreuses séries de science-fiction, Stargate et Star Trek en tête, qu'elles soient télévisuelles ou littéraires. Il parlera à tous : qui n'a jamais croisé ce type de personnages ?

Je ne dirais pas grand chose de l'intrigue pour éviter tout risque de spoilers. Avec intelligence, John Scalzi ne l'a pas fait reposer sur une seule bonne idée en tirant à la ligne pour la préserver. Au contraire, une fois la première grande révélation venue, l'intérêt reste de mise, l'auteur parvenant à trouver de nouvelles voies pour développer son idée de base et ajouter à la surprise du lecteur.

Un mot résume pour moi parfaitement le sentiment de ma lecture : fun. Facile à lire grâce à une écriture simple et efficace et globalement très amusant, c'est un bon mélange de scènes d'actions et de réflexions qui tient en haleine jusque dans ses codas. Vraiment, Redshirts est fun.

Quatrième participation pour le Summer Star Wars : Episode II