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mardi 20 avril 2021

Amor Towles - Un Gentleman à Moscou

Un Gentleman à Moscou, Amor Towles, 2016, 573 pages

En 1923, à la suite de la révolution russe de 1917 et à l'instauration d'un régime communiste, le comte Alexandre Ilitch Rostov est condamné par un tribunal bolchévique en vertu de son statut d'aristocrate. Néanmoins, pour un poème aux accents révolutionnaires écrit des années auparavant, la sentence est plus clémente que prévu : le comte est condamné à ne plus quitter sa résidence, l'Hôtel Métropol en plein coeur de Moscou.

Est-il possible de rendre intéressant un roman se déroulant au sein d'un même hôtel pendant des décennies ? Oui, et c'est plus qu'intéressant, c'est passionnant. Un Gentleman à Moscou est un excellent roman qui met en scène un personnage principal exceptionnel. Le comte Rostov est un homme sensé, intelligent, fin observateur et agréable à vivre. Il est plein de classe et d'élégance, les vraies, pas de celles qui rabaissent leur entourage, bien au contraire.

Au fur et à mesure des pages, des personnages secondaires s'affirment, le passé se dévoile et l'évolution politique de l'URSS est habilement mis en scène en arrière-plan. Mais Rostov reste toujours l'élément central, frais et amusant, qui rend la lecture agréable de bout en bout. Il fait de cet hôtel un ilot de simplicité et de plaisir, et de ce livre un excellent roman, joli, touchant et optimiste.

Couverture : Mélissa Four / Traduction : Nathalie Cunnington
D'autres avis : Lune, Gromovar, Yogo, ...

mercredi 20 mai 2020

Catherine Dufour - Ada ou la beauté des nombres

Ada ou la beauté des nombres, Catherine Dufour, 2019, 245 pages
« Il faut dire que celle-ci compte dans ses rangs, entre autres désastres moraux, Lady Melbourne, soit madame de Merteuil à Mayfair, qui donne à son époux huit enfants dont sept ressemblent aux meilleurs amis de leur père. »
Ada ou la beauté des nombres est une biographie d'Ada Lovelace, pionnière de l'informatique ayant écrit ce qui est considéré comme le premier programme informatique de l'Histoire et ayant conceptualisé les principes de l'ordinateur moderne. Mais plus encore que la vie d'Ada Lovelace, Catherine Dufour conte la vie de tout son entourage et plus globalement le fonctionnement de la société anglaise du XIXème siècle. Divulgâchage : ce n'est pas beau à voir, vraiment pas.

En plus d'être un ouvrage intéressant et instructif dans son propos, Ada ou la beauté des nombres est aussi une belle réussite sur la forme. Catherine Dufour y joue de sa plume mordante, n'hésitant pas à placer quelques saillies fort drôles, dans un ton résolument moderne qui offre une lecture simple, limpide, et tout à fait recommandable.
« Mais, en tant qu'être humain, Byron est homme, titré, célèbre et fortuné, ce qui lui donne toute licence pour se comporter comme un parfait connard. »
Couverture : Louise Cand (d'après un portrait attribué à A.E. Chalon)
D'autres avis : Tigger Lilly, Lune, Lhisbei, Elhyandra, Yuyine, ...

lundi 2 décembre 2013

50 auteurs - 50 micronouvelles

50 micronouvelles, 50 auteurs différents, 2013, 105 pages.

50 micronouvelles, 50 auteurs est un recueil numérique de micronouvelles, et plus particulièrement de textes de moins de 140 caractères (toute ressemblance avec un réseau social n'est absolument pas fortuite), proposant un panorama de 50 auteurs différents, certains connus, d'autres anonymes, à mes yeux au moins. Découvert grâce à Lune, il est téléchargeable gratuitement ici.

Je m'étais légèrement initié au domaine de la nouvelle brève, voire ultra brève, avec la lecture de 188 contes à régler de Jacques Sternberg. J'avais apprécié le recueil, mais je crois que je l'apprécie encore plus aujourd'hui. Car la première conclusion que j'ai tiré de 50 micronouvelles est simple : n'est pas Sternberg qui veut.

À l'image de ces micronouvelles, je ne vais pas faire très long, et je ne vais pas vous détailler les 50 textes. Dans l'ensemble, le recueil est inégal. Il y a une quinzaine de récits qui tiennent la route, avec quelques textes vraiment  bons, dans des genres assez variés. Pour le reste, j'ai trouvé ça vraiment moyen, ne voyant souvent pas l'intérêt. J'ai eu mon lot de "Oui. Et ?" à la fin d'un certain nombre de nouvelles.

Le format aidant, je ne résiste pas au fait de vous proposer trois exemples de ces micronouvelles, parmi celles qui m'ont convaincu. J'ai dû relire trois fois la première avant de la comprendre, et j'ai aimé l'image qui s'en dégage. La deuxième m'a décroché un rire. La troisième est excellemment bien pensée.
« Nue dans son appartement, elle est surprise de le voir passer si vite du 58e au 56e étage. »
Henri Lehalle
« - Me quitte pas, ai-je dit en regrettant le sang qui coulait de sa lèvre fendue.
- Fumier, jamais plus je vivrai aux crochets d’un boxeur ! »
Pierre Hanot
« ... boucle immédiatement. Police paradoxale ! Quittez cette ... »
Serge Lehman
Au final, je suis un peu mitigé. Mais pour le temps très réduit que prend la lecture, et pour le prix que cela coûte, vous ne prenez pas un grand risque à lire ce recueil. Si ce n'est de croiser quelques bonnes idées. Un bon risque, non ?

Une participation de plus pour le JLNN