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jeudi 9 novembre 2023

Guillaume Chamanadjian - Les Contes suspendus

Les Contes suspendus, Guillaume Chamanadjian, Tome 5/6 de la Tour de Garde, Tome 3/3 de Capitale du Sud, 2023, 501 pages

Après Le Sang de la Cité et Trois lucioles, Les Contes suspendus est la conclusion de Capitale du Sud et le début de la fin pour l'inédite saga de La Tour de Garde menée avec Claire Duvivier. Et si quelqu'un hésitait encore à se lancer en se demandant si la qualité serait au rendez-vous jusqu'au bout, iel peut maintenant commencer sans crainte.

S'il y avait peu de doute, après deux excellents premier romans, que Guillaume Chamanadjian allait nous offrir un nouveau très bon livre, la seule petite interrogation qui subsistait concernait la rencontre concrète entre les personnages des deux trilogies parallèles et comment chaque histoire allait se raconter, et encore plus se conclure, sans empiéter sur le récit de l'autre. Toute inquiétude est à dissiper : comme tout le reste de la série, c'est parfaitement maitrisé. Les espaces libres pour l'histoire de Claire Duvivier sont évidents et visibles, mais cela ne semble jamais forcés, chaque personnage gardant son histoire propre au sein de cet univers partagé, d'une manière qui fait totalement sens.

C'est admirable, au même titre que tout ce que propose Guillaume Chamanadjian ici. Les Contes suspendus est une nouvelle fois un tome qui se dévore - quasi-littéralement tant il conserve jusqu'au bout son ambiance unique où la nourriture est importante. Les personnages sont mémorables, les petits rebonds et surprises sont régulières, la temporalité est palpable et l'ensemble fait sens en toutes occasions. Jusqu'au final qui parvient à la fois à être absolument logique, ne pouvant que se conclure ainsi, tout en ne faisant jamais ressentir un quelconque "passage obligé" plus faible, gardant de la fraîcheur jusqu'au bout pour un aboutissement parfait.

La fraîcheur, c'est un terme qui caractérise très bien cette lecture. Le confort aussi, tant il est confortable de retourner à Gemina et ses environs, où quelques pages seulement sont nécessaires pour s'y retrouver pleinement à l'aise. Et puis il y a le plaisir. Capitale du sud est simplement un immense plaisir de lecture, de la première à la dernière page. Et je n'ai même pas évoqué l'habileté avec laquelle Guillaume Chamanadjian utilise la notion de conte, entre invention et réalité, et joue avec jusqu'au terme d'un intelligent épilogue. Il y aurait beaucoup à dire tant tout ce qui fait les trois tomes de cette série est excellent. Mais aucun mot ne vaudra la lecture de ceux de l'auteur.

« Une pièce d'argent pour un conte en or » dit l'adage repris régulièrement durant la trilogie. Nul doute que le conte de Guillaume Chamanadjian est fait de l'or le plus pur, mais il vaut certainement bien plus d'une pièce d'argent.

Couverture : Elena Vieillard
D'autres avis : Tigger Lilly, Le Nocher des livres, Célinedanaë, Boudicca, Sometimes a book, ...

lundi 8 août 2022

Guillaume Chamanadjian - Trois lucioles

Trois Lucioles, Guillaume Chamanadjian, Tome 3/6 de la Tour de Garde, Tome 2/3 de Capitale du Sud, 2022, 394 pages

Après Le Sang de la Cité, Trois lucioles poursuit les aventures de Nox, l'épicier-un-peu-plus-qu'épicier, dans la ville de Gemina. Situé dans la continuité presque immédiate du premier volume, le récit démarre sur un rythme déjà bien engagé, sans que ça ne soit non plus sur les chapeaux de roues. À posteriori, on peut même dire que c'est relativement calme. Relativement, tant tout ne va aller que crescendo jusqu'à la dernière page.

Trois lucioles ne souffre pas du syndrome du deuxième tome, parfois synonyme de tome de transition dans une trilogie. Il sert bien sûr à avancer les pions et à préparer le feu d'artifice final. Mais il est surtout pleinement satisfaisant en soi, apportant autant de développements dans les relations et personnalités des personnages que de petites révélations sur le mystère qui rôde derrière cette ville de Gemina. Sans compter quelques actions d'éclat. Le tout faisant sens, ne donnant jamais l'impression de décisions imbéciles ou d'aveuglement pour faciliter le récit.

S'il faut vraiment trouver un léger bémol, je ne suis pas fan des petites prémonitions sur la suite du récit, même si c'est heureusement moins présent que dans Citadins de demain - premier tome de la trilogie parallèle de Claire Duvivier. Un bémol que compense allègrement la présence d'un résumé du tome 1 en début d'ouvrage. Et surtout par le fait que Trois lucioles est un très bon roman, très plaisant. Une nouvelle réussite pour Guillaume Chamanadjian, qui ne donne qu'une hâte : lire le troisième et dernier tome !

Couverture : Elena Vieillard
D'autres avis : Tigger Lilly, Le Nocher des livres, Célinedanaë, ...

mercredi 15 décembre 2021

Guillaume Chamanadjian - Le Sang de la Cité

Le Sang de la Cité, Guillaume Chamanadjian, Tome 1/6 de la Tour de Garde, Tome 1/3 de Capitale du Sud, 2021, 394 pages
« Et dans une ville dont on disait que le sang des habitants était fait de vin, un épicier dévoué était plus précieux qu'un corps de garde dans son entier. »
Nohamux, dit Nox, est commis d'épicerie à Gemina, une gigantesque ville portuaire très vivante où chaque quartier est dirigé par une famille ducale. Pupille du Duc de la Caouane, Nox va par hasard être pris dans les jeux de pouvoirs de la Cité.

La Tour de Garde est un projet singulier, un univers partagé par deux auteurices, Guillaume Chamanadjian et Claire Duvivier. Chacun y propose une trilogie qui peut - à priori - se lire de manière indépendante, centrée chacune sur une des deux villes de ce monde, Gemina et Dehaven. Le Sang de la Cité est le premier volume de la trilogie de Guillaume Chamanadjian. Et ça commence fort, car c'est un très bon premier tome.

Ça commence moins fort niveau action, mais ce n'est nullement grave. Au contraire, car l'imprégnation de ce qu'est la cité de Gémina fait partie intégrante de la singularité de la lecture. Le livre démarre donc comme une visite de la ville, une ville florissante et débordante, où les rues sont encombrées tant de bâtiments que de populations et où les bruits et les odeurs sont tous aussi importants que les apparences. Une ville indéniablement vivante. Pour cette balade, Nox est un agréable et sympathique guide auquel on prend le temps de s'attacher.

Peu à peu, une part de mystère et une autre d'intrigues de pouvoir vont se développer et monter en puissance, jusqu'à donner au roman, dans son dernier quart, un ton étonnamment plus sombre que la promenade de santé initiale. Et ça fonctionne parfaitement, pour au moins deux raisons : la ville de Gemina qui est un personnage à part entière ; la galerie de personnages crédibles, avec en tête Nox, ayant à la fois des caractéristiques classiques des héros de romans d'apprentissage tout en étant suffisamment lucide et intelligent pour comprendre rapidement son rôle et ses limites et agir en conséquence. Est-ce que j'ai vibré pour lui ? Oui. Est-ce que j'ai envie de me jeter sur la suite ? Oui. J'imagine que ça donne quelques indications sur la réussite qu'est Le Sang de la Cité.

Couverture : Elena Vieillard
D'autres avis : Tigger Lilly, Gromovar, Lune, Sometimes a book, Cédric, Le nocher des livres, Boudicca, Yuyine, Célinedanaë, Lianne, Le Chroniqueur, Vanille, Sabine, ...