vendredi 9 octobre 2026

Céline Minard - Faillir être flingué

Faillir être flingué, Céline Minard, 2013, 326 pages

Quelque part dans le Far West, différents personnages - d'âges, sexes et origines variées - sont sur les routes en quête, consciemment ou non, d'un quelque part où ils pourraient vivre une belle vie. Leurs destins vont se croiser, notamment autour d'une petite bourgade en pleine expansion.

Et l'intrigue ? Quelle intrigue ? Qui a besoin d'une intrigue quand on a des personnages attachants, une belle écriture et une fabuleuse ambiance western ? Faillir être flingué est simplement un excellent western. Et ces trois mots ont autant d'importance les uns que les autres. Il est simple, limpide malgré un nombre important de protagonistes, fluide dans sa gestion des différentes situations et du passage du temps. Il est excellent, prenant de bout en bout, faisant s'attacher à cette communauté qui se crée sous nos yeux. Il est western, convoquant quasiment tous les éléments habituels du genre, personnages comme lieux, pour en proposer une vision qui respecte les codes tout en apportant sa propre touche.

Faillir être flingué sent le sable et le cow-boy. Mais il n'est pas aride pour autant. C'est même un ouvrage qu'on pourrait, un peu étonnamment, qualifier de joyeux. Il a un côté très satisfaisant qui rend heureux pour les personnages. Faillir être flingué est donc simplement un excellent western hautement plaisant à lire.

Couverture : /
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samedi 3 octobre 2026

Bulles de feu #90 - Septembre 2026

Un petit récapitulatif de mes lectures BDs/mangas/comics du mois, pour en garder une trace.
Le classement est absolument imparfait, insatisfaisant et un peu aléatoire mais peut donner un ordre d'idée. Les avis sont (ultra)brefs, n'hésitez pas à demander un complément d'informations en commentaire si nécessaire.

Bien / Ok / Correct


Ces lignes qui tracent mon corps - Mansoureh Kamari

Un témoignage autobiographique sur la répression iranienne vis-à-vis des femmes. Assez minimaliste mais ça ne l'empêche d'être rude et effroyable. Très joliment et intelligemment dessiné.


Peanut rain - Yôjirô Orita

Un manga étonnamment bon alors que son point de départ - un quiproquo sur un baiser volé élève/prof - avait tout pour être hasardeux. Une volonté de lueur d'espoir dans un désespoir crédible et sans pitié.


Blue Lock T.11-13/? - Muneyuki Kaneshiro et Yûsuke Nomura

Un manga hyper efficace, avec pour le moment une bonne créativité pour les matchs, et un côté malsain qui s'atténue.


La Maison - Paco Roca

Une bonne histoire sur une adelphie qui se retrouve suite au décès de leur père. Un peu classique sur le principe et pas forcément renversant, mais c'est bien réalisé et c'est plein d'humanité.


Sous un ciel nouveau - Kei Fujii et Cocoro Hirai

Un recueil de quatre histoires portées sur les relations humaines. Une histoire moyenne, deux histoires bonnes et une dernière - qui donne son titre à l'ouvrage et en occupe la moitié - vraiment très bonne, un bel hymne à la vie.
Très bien


Frieren T.15/? - Kanehito Yamada et Tsukasa Abe

Un très bon tome, plein de tension entre trois groupes d'adversaires crédibles. La série parvient à créer plus d'intrigue et d'action tout en conservant son ton particulier, un peu détaché, l'évolution est remarquable.


Beat & Motion T.1-2/? - Naoki Fujita

Ma très bonne surprise du mois. Un très sympathique manga sur la création artistique - musique et animation - avec un duo de protagonistes attachants. Et qui évite les habituelles longues hésitations, tâtonnements et quiproquos, passant rapidement à une relation intelligente et agréable à suivre.


Evol T.9-10/10 - Atsushi Kaneko

Voilà, Evol c'est terminé, avec une conclusion satisfaisante qui ajoute un peu d'explications à l'ensemble. Dix tomes, dix baffes. La série est imparfaite et est certainement critiquable sur plein de points, mais c'est un hurlement qui fait du bien, c'est un exutoire nécessaire pour une rage et un désespoir qui ont besoin de sortir.

dimanche 27 septembre 2026

Loïc Henry - Un Soupçon d'humanité

Un Soupçon d'humanité, Loïc Henry, 2025, 348 pages

Dans un futur proche, la France, comme une majorité du monde, fait confiance aux IA pour diriger le pays. Ce qui semble avoir résolu de nombreux problèmes, pauvreté et criminalité en tête. Mais l'infaillibilité supposée des IA est mise à mal lorsqu'un dirigeant d'une grande société de sécurité est abattu par un drone, sans que l'IA ne trouve à y redire. Deux policiers vont assister l'IA de la police pour résoudre ce mystère et en chemin mettre au jour une frange de la société opposée aux IA.

Avez-vous compris le thème de ce roman ? Indice : j'ai déjà utilisé cinq fois le terme IA. Un Soupçon d'humanité parle donc d'IA, de leur impact mais surtout des conséquences qu'une généralisation et une prise de pouvoir pourraient avoir. Encore plus que l'IA, Un Soupçon d'humanité parle de transhumanisme. Des mots qui peuvent faire peur mais que Loïc Henry traite avec simplicité et accessibilité, dans un roman dynamique découpé en courts chapitres alternant les points de vue.

N'ayant aucune affinité avec le sujet de l'IA, cette relative simplicité était la bienvenue. À défaut d'être emballé, j'ai trouvé la lecture tout à fait correcte. Je ne suis pas totalement convaincu par le contexte et le propos, qui me paraissent un peu trop théorique et basés sur de généreuses hypothèses. Mais le roman a le mérite d'avoir un objectif, une idée claire qu'il veut mettre en avant, ce qui est toujours appréciable et respectable.

Couverture : Kévin Deneufchatel
D'autres avis : Le Maki, FeydRautha, Le nocher des livres, ...

lundi 21 septembre 2026

Adam-Troy Castro - La Marche funèbre des marionnettes

La Marche funèbre des marionnettes, Adam-Troy Castro, Tome 1/2 des Marionnettes, 1997, 116 pages

La planète Vlhan a une particularité. Autre que ses habitants, les Vlhanis, de grands êtres faisant penser à des marionnettes et au langage presque incompréhensible. Non, la vraie particularité c'est le Ballet, une gigantesque danse annuelle de milliers de Vlhanis qui se termine par leur mort. Attirant de nombreux observateurs en quête de compréhension, le phénomène va changer de dimension lorsqu'une humaine, augmentée pour l'occasion, va tenter d'y prendre part.

La Marche funèbre des marionnettes prend place dans un univers bien connu de l'auteur, celui d'Andrea Cort. Son histoire ne pourra pas manquer d'évoquer des souvenirs à celleux ayant lu la trilogie puisque les évènements relatés ici ont été évoqués dans le troisième tome, La Guerre des marionnettes. Et si la novella reste lisible de manière indépendante, mon avis est forcément biaisé par le plaisir que j'ai eu à revenir dans cet univers.

Bien que mes souvenirs étaient déjà assez flous, cela a indéniablement facilité ma compréhension et ma visualisation de la situation de base. Mais les qualités du reste du texte ne peuvent pas être uniquement attribuées à cela. La Marche funèbre des marionnettes est un texte prenant qui se lit d'une traite. Malgré un côté un peu vain de l'intrigue, elle accroche de bout en bout, faisant trembler et réfléchir. C'est tout simplement un très bon texte et une nouvelle preuve qu'Adam-Troy Castro excelle dans le format court.

Couverture : Aurélien Police / Traduction : Benoît Domis
D'autres avis : Tigger Lilly, Le Maki, Yuyine, FeyGirl, FeydRautha, Gromovar, Le nocher des livres, Jean-Yves, lutin82, Anudar, Herbefol, ...


Quatrième et dernière escale pour le Summer Star Wars Grogu

mardi 15 septembre 2026

Perrine Tripier - Conque

Conque, Perrine Tripier, 2024, 197 pages

Martabée est convoquée par l'Empereur. En sa qualité d'universitaire réputée, elle est désignée pour être la rapporteuse officielle des fouilles archéologiques qui viennent de démarrer. Un chantier pas comme les autres puisqu'il concernerait les Morgondes, le peuple légendaire dont Martabée et les siens seraient les descendants.

Un empire inconnu, un peuple légendaire, le cadre et le début de Conque respire la fantasy. Une impression qui s'effritera peu à peu. Plus que de la fantasy, c'est surtout une intemporalité qui est apportée par cet univers imaginaire. Ce qui correspond parfaitement au propos, qui lui-même ne se restreint ni à une époque ni à un lieu, et ce alors même que sa modernité est évidente.

Conque est un roman qui se lit très bien dès son démarrage. Mais sa première moitié pourrait laisser quelque peu dubitatif. Hormis la présence un peu malsaine de l'Empereur et quelques thématiques qui se laissent entrevoir, les enjeux paraissent un peu flous. Il faudra attendre la bascule du dernier tiers pour vraiment les saisir. Les ressentir.

Dans Conque, il est question d'histoire, de roman national, de mémoire et de vérité. Des thèmes importants qui sont traités ici avec finesse et intelligence. C'est un roman beau dans son écriture mais dur dans son propos. Un roman qui laisse un goût un peu amer en bouche une fois la dernière page tournée. Mais une bonne amertume, celle qui est désirée et qui fait sens. Celle qui marque, comme marque Conque.

Couverture : /
D'autres avis : Noni, ...

mercredi 9 septembre 2026

Audrey Pleynet - Sintonia

Sintonia, Audrey Pleynet, 2025, 408 pages

Tout commence par un massacre dans la ville-tige de Venise. Dont les victimes sont, ironiquement, la guilde Sintonia, une famille d'assassines toutes liées entre elles par le Diapason. Malgré tout, quatre soeurs parviennent à survivre, chacune pensant être la dernière et devant réapprendre à vivre seule.

Sintonia happe dès les premières pages, avec son énergique prologue sanglant, créant instantanément l'envie d'en savoir plus sur cet univers et sur la vengeance possible des Sintonia. L'univers, c'est une science-fiction technologique, basée sur des nanobots. Dans un monde extérieur qu'on devine avoir des airs post-apocalyptiques. Avec des structures et des dynamiques qui sonnent fantasy. Fourre-tout ? Pas du tout. L'assemblage fonctionne parfaitement bien.

L'histoire fonctionne elle aussi très bien. Le point de vue change régulièrement entre les quatre soeurs, pour quatre fils tout aussi différents et intéressants les uns que les autres. Il y a du mystère et de la montée en puissance, c'est prenant et plaisant à découvrir. La progression est croissante et régulière... jusqu'à une brusque accélération finale, un peu trop rapide, qui ne donne pas le sentiment d'apothéose espéré, plutôt l'idée que bon, allez, il faut finir.

C'est d'autant plus dommage qu'il y a une vraie proposition dans cette fin, qui ajoute au fond développé pendant tout le roman. C'est le petit détail qui l'empêche pour moi d'atteindre le plus haut niveau d'excellence. La bonne nouvelle, c'est que ça ne l'empêche pas d'atteindre le palier juste en-dessous, celui des très bonnes lectures qui se lisent avec grand plaisir.

Couverture : Aurélien Police
D'autres avis : Vert, shaya, Le Maki, FeydRautha, Célinedanaë, Boudicca, Anudar, ...

jeudi 3 septembre 2026

Bulles de feu #89 - Août 2026

Un petit récapitulatif de mes lectures BDs/mangas/comics du mois, pour en garder une trace.
Le classement est absolument imparfait, insatisfaisant et un peu aléatoire mais peut donner un ordre d'idée. Les avis sont (ultra)brefs, n'hésitez pas à demander un complément d'informations en commentaire si nécessaire.

Bien / Ok / Correct


Écoute, jolie Márcia - Marcello Quintanilha

Une plongée dans les favelas, dure par son contexte et son intrigue mais lumineuse par son personnage principal.


Loin - Alicia Jaraba

Une bonne BD sur la peur de l'inconnu, intelligente dans son déroulé et crédible dans ses problématiques.


Ajin T.15-17/17 - Gamon Sakurai

Une vraie bonne fin de série, toujours aussi dynamique et essoufflant, satisfaisant à l'image de la série dans son ensemble.


Kagurabachi T.7-8/? - Hokazono Takeru

C'est vraiment très solide, il y a la sensation que tout est bien préparé et anticipé, que ce ne sont pas juste des péripéties improvisées au fur et à mesure.


Silent Jenny - Mathieu Bablet

Un ouvrage massif mais limpide à lire. Du post-apo bien pensé et avec quelques bonnes trouvailles. Ça manque d'un petit truc qui me fasse vibrer mais c'est bien fait et plus digeste que d'autres oeuvres de l'auteur.
Très bien


Lyndon - Irene Marchesini et Carlotta Dicataldo

Une très sympathique BD, mignonnette, sur l'acceptation du passé et la reconstruction. Ça m'a fait penser, graphiquement et thématiquement, à Minuit passé mais avec un peu plus d'intrigue. Rien de révolutionnaire mais c'est bien fait et ça dégage quelque chose.


Akari - Marco Kohinata

Un très beau manga sur un artisan vitrailliste veuf et sa petite-fille. Assez minimaliste mais très tendre et touchant.

vendredi 28 août 2026

Lou Jan - Un corps d'avance

Un corps d'avance, Lou Jan, 2025, 206 pages

Un traitement anti-vieillissement offre désormais à tous les individus un corps avec l'apparence et les fonctionnalités d'un adulte d'une vingtaine d'années. Cela va même plus loin puisqu'il permet de vivre 750 ans. À une condition : effectuer un reset tous les 75 ans et repartir de zéro dans un nouveau pays. C'est ce que s'apprête à vivre Jinseï, qui prend la direction de la France pour sa "deuxième vie".

Malgré son pitch, Un corps d'avance n'est pas vraiment un roman sur la beauté et les apparences. C'est un récit qui parle surtout d'histoires de coeur. Il faut dire que les personnages n'ont pas grand chose d'autre à se soucier dans un monde où tous les problèmes matériels et physiques semblent avoir été résolus. Des histoires de coeur donc, entrecoupées d'étranges interludes moyenâgeux, en écho à l'obsession acquise par Jinseï et d'autres après leurs resets. Il faudra un peu plus de la moitié du roman pour comprendre l'intrigue sous-jacente à tout cela et en quelque sorte le véritable but du récit.

Un corps d'avance a le mérite d'avoir une idée et d'essayer quelque chose. Mais si j'arrive à voir le projet, je n'ai jamais réussi à entrer pleinement dedans. J'avais plutôt envie de suivre Jinseï dans les premiers chapitres mais je m'en suis éloigné peu à peu devant la vanité de son existence. Et je n'ai jamais réussi à regagner cet intérêt, l'intrigue perdant en palpabilité quand elle essaye de gagner en rebondissement. J'ai vu le projet, mais je n'ai pas eu de plaisir à le lire.

Couverture : Aurélien Police
D'autres avis : Célinedanaë, ...

samedi 22 août 2026

Sarah Beth Durst - La Petite Boutique de sortilèges

La Petite Boutique de sortilèges, Sarah Beth Durst, 2024, 413 pages

Kiela est bibliothécaire. Plus à l'aise avec les livres qu'avec les gens, elle vit littéralement dans la Grande Bibliothèque d'Alyssium. Jusqu'au jour où la révolution éclate dans l'empire et qu'elle doit fuir la bibliothèque incendiée. Elle retourne alors sur l'île de son enfance, dans la maison héritée de ses parents, accompagnée de Caz, son assistant plante araignée, et de quelques livres de sortilèges illégalement sauvés.

La Petite Boutique de sortilèges est un livre de cosy fantasy, un livre amical et bienveillant où les choses finissent bien. C'est évident dès les premières pages et c'est explicité par l'autrice dans ses remerciements. C'est l'effet recherché et c'est aussi l'effet réalisé car Sarah Beth Durst réussit parfaitement son objectif en offrant une petite bulle de joie et de bonheur.

Même la romance, clairement pas ma partie préférée de l'ouvrage, a le bon goût de rester limitée en effusions et de ne pas retarder son dénouement par des péripéties inutiles. Elle reste mignonne, surtout qu'elle est portée par des personnages sympathiques et attachants. C'est d'ailleurs ce qui porte le roman dans son ensemble : les personnages sont agréables et charismatiques. L'intrigue est là pour les mettre en valeur et, à défaut de se demander comment cela va finir, elle est efficace pour se demander de quelle manière iels vont s'en sortir.

Je ne pourrais pas lire ça tous les jours mais en l'occurrence ce fut une vraie bonne lecture. Une dose de bienveillance offerte avec intelligence et sans tomber dans la niaiserie, ça ne fait pas de mal, bien au contraire.

Couverture : Lulu Chen / Traduction : Clémentine Curie
D'autres avis : Lullaby, ...

dimanche 16 août 2026

Ursula K. Le Guin - Searoad

Searoad, Ursula K. Le Guin, 1987-1991, 295 pages

Searoad est un recueil de nouvelles ayant pour point commun de se dérouler dans la ville fictive de Klatsand, dans l'Oregon, en bordure de l'océan Pacifique. Les douze nouvelles proposent des tranches de vie d'habitantes, plus ou moins installées ou de passage, en proie aux difficultés communes de la vie. Chaque récit est indépendant mais certains éléments pourront parfois se faire écho d'un texte à l'autre.

Il ne se passe rien d'exceptionnel dans Searoad. Ce sont de pures tranches de vie, pas particulièrement tristes ou joyeuses. La lecture immédiate est satisfaisante mais je suis assez sûr que je n'en aurai rapidement aucun souvenir. Le seul élément vraiment saillant à la lecture étant l'écriture, particulièrement dans Main, coupe, coquillage qui présente trois points de vue sans aucune différenciation visuelle, pas même un saut de paragraphe, et qui est pourtant extrêmement clair. Ce qui rend assez ironique le fait que La Maison Herne, la dernière nouvelle et la plus longue (une centaine de pages), est celle qui m'a le moins plu, trop décousue alors que les changements de points de vue sont là très bien marqués.

S'il ne m'a pas particulièrement emballé, Searoad reste un bon recueil dont les qualités en font presque autant un recueil de poésie qu'un recueil de nouvelles. Une écriture humaine au service de textes humains.

Couverture : Miles Hyman / Traduction : Hélene Collon

lundi 10 août 2026

James S.A. Corey - La Guerre de Caliban

James S.A. Corey, La Guerre de Caliban, Tome 2/9 de The Expanse, 2012, 620 pages

La Guerre de Caliban est le deuxième tome, après L'Éveil du Léviathan, de The Expanse, la saga spatiale qui prend littéralement tout le système solaire pour cadre de son histoire. Une histoire qui se découpe cette fois encore en deux fils principaux - tous les deux d'un même intérêt - dont l'un suit toujours Jim Holden et son équipage.

La Guerre de Caliban a un défaut : il ne commence pas par un résumé du premier tome - merci aux contributeurices de Wikipédia pour la compensation. À part ça, c'est un pur plaisir du début à la fin. The Expanse, c'est la définition même du space opera : des voyages dans l'espace, des conflits entre superpuissances, du mystère alien, des batailles spatiales, tout y est. De manière dosée et sans jamais perdre de vue le plus important : l'humain. C'est un savant mélange d'actions et de discussions, ainsi qu'une capacité à rendre compte de la grandeur des enjeux et des actions tout en conservant une hauteur humaine dans le point de vue et le ressenti.

Parler de grandeur des enjeux est presque trop faible au regard de ceux qui sont développés ici. C'est absolument gigantesque. Planétairement gigantesque. Et il reste pourtant encore sept tomes. Je n'ai aucune idée de comment ça va bien pouvoir continuer sur ce rythme. Mais j'ai une idée sur comment le savoir : en poursuivant la lecture de cette excellente grande aventure spatiale.

Couverture : DR / Traduction : Thierry Arson
D'autres avis : shaya, Lorhkan, Le Maki, Gromovar, Anudar, Apophis, Herbefol, Lune, ...


Troisième escale pour le Summer Star Wars Grogu

mardi 4 août 2026

Bulles de feu #88 - Juillet 2026

Un petit récapitulatif de mes lectures BDs/mangas/comics du mois, pour en garder une trace.
Le classement est absolument imparfait, insatisfaisant et un peu aléatoire mais peut donner un ordre d'idée. Les avis sont (ultra)brefs, n'hésitez pas à demander un complément d'informations en commentaire si nécessaire.

Mouais


Vagabond T.22-23/? - Takehiko Inoue

Ce n'est pas mauvais mais je n'ai à peu près aucun attachement pour les personnages.
Bien / Ok / Correct


Weekly - Juan Díaz Canalès et Giovanni Rigano

Un spin-off de l'excellente série Blacksad sur la jeunesse de Weekly. C'est ok mais ça reste assez anecdotique.


La Brute et le divin - Léonard Chemineau

Une bonne petite histoire écologique, idéologiquement basique mais agréable à suivre.


La Cuisine des ogres T.1/? - Fabien Vehlmann et Jean-Baptiste Andréae

Une BD qui a autant des airs de jeunesse (une jeune héroïne et une histoire simple) que de pas-jeunesse (sanguinolent et rude, dans les dessins et les idées). Une vraie bonne aventure qui utilise astucieusement plein de figures légendaires connues pour en faire sa propre tambouille.


Slam Dunk T.14/20 - Takehiko Inoue

Un bon tome de transition qui parvient à être intéressant et très important pour la suite.
Très bien


Grandville T.3/5 - Bryan Talbot

L'enquête n'a rien d'exceptionnel mais ce n'est pas un problème parce qu'on lit pour l'univers et les personnages et à ce niveau-là c'est toujours très bien.


Les Carnets de l'apothicaire T.1-2/? - Itsuki Nanao et Nekokurage

Un très bon début de série, à la hauteur de sa réputation, une héroïne attachante et un vrai plaisir de lecture.


Fantasy - Yoann Kavege

Un ouvrage unique qui ne contient pas une mais deux histoires, la première se lisant en prenant le livre dans le sens classique des BDs et la deuxième se lisant en prenant le livre "à l'envers", dans le sens manga. Deux histoires qui partagent une même conclusion mais sont chacune indépendantes et offrent leur propre aventure. Ce n'est pas forcément révolutionnaire dans les thèmes et l'univers mais c'est vraiment malin, ça a de bonnes idées et c'est très bien réalisé, en plus d'être visuellement très agréable.


Les Météores - Jean-Christophe Deveney et Tommy Redolfi

Sur le papier, ce sont des tranches de vies qui se croisent, très simples et peu joyeuses. Dans les faits, c'est une représentation rare de la "vraie vie", très touchante et d'une rare puissance.

mercredi 29 juillet 2026

Rosa Montero - Des animaux difficiles

Des animaux difficiles, Rosa Montero, Tome 4/4 des aventures de Bruna Husky, 2026, 283 pages

La trilogie mettant en scène Bruna Husky s'était clôturée en 2018 avec Le Temps de la haine. Enfin, c'est ce qu'on croyait, avant que n'apparaisse ce quatrième ouvrage mettant en scène la réplicante enquêtrice. Un livre qui prend place peu de temps après la fin du troisième tome et qui trouve justement sa justification dans cette fin (dont évidemment je ne me souvenais pas et qu'aucun résumé ne vient rappeler), Rosa Montero souhaitant traiter les conséquences qu'elle a pour Bruna.

Des conséquences qui ressemblent fortement aux tourments auxquels Bruna était déjà précédemment confrontée. Des atermoiements qui n'ont guère évolué et qui ne vont guère évoluer de presque tout le roman. Sur ce point, et sur les personnages plus globalement, ce retour dans l'univers de Bruna n'apparait pas indispensable. Ce n'est pas mieux au niveau de l'intrigue. L'enquête est réduite à son minimum, sans vrais rebondissements ni même de bonnes péripéties. L'histoire n'est là que pour évoquer deux sujets : le développement de l'IA et la montée du fascisme. Des thèmes très actuels mais qui ne paraissent pas à leur place dans une histoire censée se dérouler au XXIIème siècle. Un décalage qui est amplifié par un traitement basique, sans subtilité ni réel apport.

Difficile de voir en Des animaux difficiles un apport nécessaire et bienvenu à l'univers de Bruna Husky. Ça ne se lit pas si mal que ça et cela permet peut-être à Rosa Montero d'offrir à son héroïne la fin qu'elle lui souhaitait. Mais le chemin pour y parvenir n'était guère plaisant à parcourir.

Couverture : Design VPC ; photo © zf L - Getty Images et © PASIEKA - Getty Images / Traduction : Myriam Chirousse
D'autres avis : ...

jeudi 23 juillet 2026

Stark Holborn - La Porteuse de mort

La Porteuse de mort, Stark Holborn, 2021, 314 pages

Dix Low survit sur Factis, une lune désertique, où elle met à profit ses compétences de médecin pour améliorer le Compte. À la suite du crash d'un vaisseau, elle sauve une jeune fille qui s'avère être la Générale Gabriella Ortiz, une adolescente génétiquement modifiée et l'une des figures les plus connues de l'Accord, la force militaire contrôlant la majorité de l'univers. Et ce crash s'avère rapidement ne pas être accidentel.

Ainsi commence le voyage de Dix et de la Générale pour réussir à faire quitter la planète à cette dernière. Un voyage qui sent (pas) bon le sable, la chaleur, la misère, la poussière, l'aridité. Un voyage rendu difficile tant par les conditions environnementales que par les habitants de Factis, loin d'être tous amicaux. Un voyage, une survie ballottée par les évènements, c'est bien ça qu'est La Porteuse de mort, bien plus qu'une histoire classique avec un objectif clair.

De par son ambiance, La Porteuse de mort a tout du western. Et les fusillades n'y sont qu'un petit bonus. La Porteuse de mort a presque des airs de blockbuster avec cette fuite effrénée où les situations explosives et mortelles reviennent régulièrement. Mais il n'est pas que ça, notamment parce qu'il a aussi un fort aspect mystique, presque métaphysique, notamment avec un élément que je n'ai pas encore évoqué : les Si. Des voix qu'entend Dix, qui se nourriraient des probabilités et des choix, et qui sèmeraient la mort sur le chemin de la médecin. Un élément mi-science-fiction mi-fantastique qui donne une touche particulière et étrange au roman.

La Porteuse de mort est un roman étonnant. Il fait peut-être un peu trop de choses pour son propre bien et a du mal à aboutir pleinement ses idées. Mais il a le mérite d'avoir justement des idées et de tenter des choses. Il est atypique et donne l'impression de lire quelque chose de différent. Il lui manque un petit truc pour être vraiment très bien mais il a dans le même temps ce petit truc qui le rend singulier, et ça c'est déjà remarquable.

Couverture : Manchu / Traduction : Laurent Philibert-Caillat
D'autres avis : Shaya, FeyGirl, Le nocher des livres, Célinedanaë, Lutin82, Anudar, ...


Deuxième escale pour le Summer Star Wars Grogu

vendredi 17 juillet 2026

Megan Whalen Turner - Le Voleur

Le Voleur, Megan Whalen Turner, Tome 1/6 de Le Voleur de la Reine, 1996, 251 pages

Depuis qu'il a volé le sceau royal et s'est montré peu discret à ce sujet, Gen croupit en prison. Jusqu'à ce que le Mage, conseiller principal du roi, vienne le sortir de là. Avec un objectif : que Gen le suive, lui et ses apprentis, dans un royaume voisin et qu'il y vole une relique sacrée.

Le Voleur a tout de la bonne fantasy à capuche. Au-delà de son univers, une péninsule découpée en trois royaumes concurrents, l'aspect imaginaire y est assez limité et se concentrera sur quelques légendes divines et cosmogoniques. L'aspect capuche est lui bien plus présent : Gen se vante de pouvoir tout voler et a la répartie et l'aplomb attendus de ce genre de personnages, tout en étant assez intelligent pour savoir se taire et agir logiquement. Et le vol n'est pas qu'une excuse pour lancer l'histoire, il est bien au coeur du récit.

À l'image de son héros, Le Voleur est un ouvrage extrêmement malin dans sa narration. Toutes les informations, sur l'univers et sur les personnages, sont disséminées au fil des dialogues, qui eux-mêmes ont des raisons diégétiques. Ça ne révolutionne rien mais c'est bien fait et ça rend la lecture encore plus plaisante.

Ça vaut pour l'ensemble du roman : il ne révolutionne rien mais il fait tout très bien. C'est une lecture enthousiasmante avec une histoire prenante, qui réserve quelques surprises, et un héros entraînant. J'ai adoré. C'est en plus un tome 1 qui se suffit à lui-même, ayant une véritable fin. Mais vu l'excellence de celui-ci, impossible de ne pas avoir envie de dévorer les suivants !

Couverture : Sofonisba Anguissola / Traduction : Yoko Lacour
D'autres avis : Sometimes a book, Le nocher des livres, ...

samedi 11 juillet 2026

Haruki Murakami - 1Q84 (Livre 1, Avril-Juin)

1Q84 - Livre 1, Avril-Juin, Haruki Murakami, Tome 1/3 de 1Q84, 2009, 534 pages

1Q84 suit en alternance deux personnages. Aomamé est professeure d'arts martiaux... et secrètement tueuse d'hommes violents envers leurs femmes. Tengo est lui professeur de mathématiques et apprenti écrivain. Son éditeur va lui proposer de réécrire le roman d'une jeune adolescente, exceptionnel sur le fond mais manquant de forme.

Et en dire plus serait quasiment divulgâcher l'ensemble du récit tant les rebondissements et les avancées sont peu nombreuses. Ce premier tome de 1Q84 est une longue mise en place, présentant les personnages et semant les graines du problème et de l'aspect imaginaire - à base notamment d'un potentiel monde parallèle. Des graines, car comme toujours avec Haruki Murakami, le fantastique apparait par petites touches pour juste faire bifurquer, de manière presque naturelle, l'ordinaire dans l'extraordinaire.

Ce livre 1 de 1Q84 se lit bien et le mystère, lié à une secte et à cet aspect fantastique, est prometteur. Mais il est aussi un peu frustrant tant il ne fait qu'effleurer les enjeux. Ce premier tome représente un tiers de la série et je n'ai quasiment aucune idée de ce que je lis ni de ce que j'en pense. Si ce n'est que l'obsession des personnages pour les seins, et la relation un peu trouble entre Tengo et l'adolescente, n'est pas pour me plaire, et ce alors que le roman propose aussi de vrais enjeux féministes. Pour ce sujet comme de manière plus générale, 1Q84 est pour le moment un livre ambivalent, à la fois bon et moins bon, comme les deux faces d'une même pièce. À voir de quel côté celle-ci tombera dans le tome 2.

Couverture : ? / Traduction : Hélène Morita
D'autres avis : FeyGirl, ...

dimanche 5 juillet 2026

Bulles de feu #87 - Juin 2026

Un petit récapitulatif de mes lectures BDs/mangas/comics du mois, pour en garder une trace.
Le classement est absolument imparfait, insatisfaisant et un peu aléatoire mais peut donner un ordre d'idée. Les avis sont (ultra)brefs, n'hésitez pas à demander un complément d'informations en commentaire si nécessaire.

Bien / Ok / Correct


Vagabond T.20-21/37 - Takehiko Inoue

Dans la continuité, les mêmes qualités de fluidité du dessin mais la même inanité de l'histoire.


Kaiju n°8 T.16/16 - Naoya Matsumoto

Une vraie bonne conclusion pour une vraie bonne série qui n'aura rien révolutionné mais qui aura toujours été plaisante et qui se termine pile au bon moment.


La Dent - Nicolas Pitz et Pierre Lecrenier

Un exemple de "show, don't tell". Une BD historique qui se lit totalement 'comme une histoire', sans aucune cartouche. Elle n'a pas vocation à être exhaustive sur la figure de Lumumba mais elle permet un bon premier aperçu à approfondir par soi-même.


Fannie la Renoueuse Tome indépendant 4/? des Contes de la Pieuvre - Gess

L'univers est toujours aussi bon mais cette histoire est la moins bonne des quatre publiées. Notamment car moins indépendante et un peu plus commune, plus un développement de personnages vus dans le deuxième tome qu'une nouvelle découverte.
Très bien


Gachiakuta T.1-3/16 - Kei Urana

Un très bon début de série tant au niveau de l'univers que de l'histoire et des personnages. Un potentiel évident avec pour l'instant une clarté remarquable, hormis pour les dessins des scènes de combats.


Dans le sens du vent T.1-2/? - Aki Irie

Un manga difficile à résumer tant les deux premiers tomes n'ont rien à voir l'un et l'autre. Le premier a une approche enquête/mystère quand le deuxième est plus une grande présentation de l'Islande. Un bémol sur la (future) romance adolescente assez cliché shonen mais ça reste un aspect mineur pour le moment, qui ne doit pas masquer un très bon potentiel, un côté atypique et une passion pour l'Islande qui se ressent.


Knight Club T.1/? - Arthur De Pins

Une très bonne revisite des sept samouraïs/mercenaires version "au XIIème siècle pendant les croisades". Les personnages sont hauts en couleur et l'histoire est très dynamique, tant par son scénario que par son dessin, ça donne l'impression de regarder un film d'animation.