mardi 30 juillet 2013

K.J. Bishop - Aquaforte

Aquaforte, K.J. Bishop, 2003, 376 pages.

Dans ma chronique précédente, Le Diable chuchotait, j'ai dit que le hasard faisait parfois bien les choses. Peut-être aurez-vous noté la présence du "parfois", qui n'était pas là par hasard. Car parfois, le hasard ne fait pas bien les choses. Comme avec Aquaforte.

Tout commençait pourtant mieux que prévu, les personnages de Gwynn et Raule étant plus intéressants et moins antipathiques que prévu après lecture de la quatrième de couverture. On les suit se retrouvant et fuyant ensemble vers la ville-état d'Escorionte. Bien que le style d'écriture soit basé en très grande partie sur la description, avec peu de dialogues, c'est plutôt sympa, dans une ambiance un peu western. Puis ils arrivent à Escorionte. Et rien ne va plus.

Vous pensez que l'histoire va vraiment commencer ? Au contraire. Il y a bien 150 pages, si ce n'est 200, où il ne se passe rien. On suit nos deux personnages, mais ils n'ont aucun but, et ils ne leur arrivent pratiquement rien. On les regarde vivoter de-ci de-là, et voilà. Raule est assez rapidement mise en retrait, avec un semblant de petite histoire qui ne mènera à rien. Quant à Gwynn, il trouve une eau-forte (un tableau gravé à l'acide), représentée sur la couverture du livre (en gros, et si j'ai bien compris), et s'en va chercher la femme dont la tête est représentée par le sphinx. J'ai envie de dire que l'utilisation de la couverture est le bon point du livre, sauf que ce n'est pas l'originale... Donnons un bravo à l'Atalante.

En fait, le peu d'histoires qu'il y a sont basées sur des histoires d'amour. L'amour entre Gwynn et Beth la graveuse, assez bizarre, entre l'artiste et sa muse autant qu'entre le sphinx et le basilic. Une sorte de rencontre entre âmes soeurs, fusionnelle et dévorante. Et puis il ne faut pas oublier l'amour à sens unique d'un autre personnage masculin pour un autre personnage féminin (je vous laisse du suspense... ou alors je n'ai juste pas les noms là comme ça), qui lancera la dernière partie du livre, où il y a un peu plus d'actions. En tout cas, tant qu'à n'avoir pas apprécié ce livre, je peux au moins me réjouir de le voir intégrer le challenge de Vert MSO(SFFF)L (si si, vraiment, même Wikipédia le dit (en anglais, et mieux que moi) : « The Etched City is a fantasy about love, unexplainable magics, and exile. »).

Bon, je suis assez négatif, mais vous pouvez y trouver de bonnes choses. C'est un roman exigeant à la lecture, du fait de la prépondérance des descriptions, mais qui doit pouvoir créer une vraie atmosphère pour peu de rentrer dedans. Surtout, il y a un vrai travail de réflexion sur, entre autres, l'art, la magie, l'amour et la religion. Sauf que cela manque pour moi d'une histoire de fond, où il se passe quelque chose. Parce qu'écrire pour écrire c'est bien beau, c'est artistique, et c'est surement très intéressant, mais moi ça m'ennuie.

samedi 27 juillet 2013

Miyuki Miyabe - Le Diable chuchotait

Le Diable chuchotait, Miyuki Miyabe, 1989, 372 pages.

La lecture japonaise du mois de juillet, toujours dans le cadre du Challenge Écrivains Japonais d'Adalana. Ce mois-ci est consacré à Miyuki Miyabe, auteure de romans policiers. J'ai choisi Le Diable chuchotait absolument sans raison, si ce n'est peut-être le titre. Comme quoi, le hasard fait parfois bien les choses.

Je ne sais absolument pas comment commencer. Vous raconter l'histoire ? Compliqué... la quatrième de couverture le fera mieux que moi. Toujours est-il que l'on suit le jeune Mamoru. J'ai envie de vous dire qu'on le suit dans son enquête pour sortir son oncle de prison, mais j'ai peur de vous mettre sur une mauvaise voie de compréhension. On le suit, voilà tout. Et parmi tout ce qu'on va suivre avec lui, il y a une enquête concernant son oncle. Voilà, c'est plus correct.

Non, je ne suis pas pris d'une crise de folie dans le paragraphe précédent (pas plus que d'habitude tout du moins). Mais je trouve très dur de parler de ce livre. Je peux  vous dire que c'est un polar. Mais ne vous attendez pas à une grande enquête haute en couleur, avec son lot de rebondissements. C'est assez minimaliste. Presque gentil. Je dirais bien que cela sonne "japonais", mais je ne suis pas assez spécialiste pour généraliser ainsi. Quoiqu'il en soit, le fait est que cela reste très intéressant.

Mais résumer Le Diable chuchotait à une simple enquête d'un adolescent ne serait pas rendre honneur à ce livre. En effet, en suivant Mamoru, on suit de nombreuses petites histoires et de mystères en tout genre. Autant vous l'avouer, au début je ne comprenais pas vraiment l'intérêt de tout ça, ça me semblait un peu une perte de temps et quelque chose d'inutile. Et puis, à un moment, après presque les deux tiers du livre il me semble, j'ai compris. J'ai compris ce qui reliait toutes ces petites histoires dans l'histoire. Et je ne vais pas vous le dire, de peur de gâcher une part du mystère qui entoure ce roman. Mais j'ai trouvé ça magnifique, e très intelligent.

Ce n'est peut-être pas révolutionnaire dans ce que ça raconte, mais j'ai tout de même trouvé l'idée vraiment maline et les faits racontés intéressants. Surtout en se souvenant que le livre date de 1989. C'est globalement prenant, les pages se tournent toutes seules, et la fin est littéralement haletante. Laissez-vous piéger !

mercredi 24 juillet 2013

Antoine Tracqui - Point Zéro

Point Zéro, Antoine Tracqui, Tome 1/3 ?, 2013, 878 pages.

Une nouvelle fois, c'est grâce/à cause de Kissifrott, le Dévoreur de livres, que j'ai découvert Point Zéro, le premier roman d'Antoine Tracqui. Un énorme coup de coeur pour lui (et encore, "énorme" est peut-être réducteur...). Il a d'ailleurs réussi à en convaincre Lune et Cornwall, et pour elles aussi ce fut le coup de coeur. Comment dire... vous aussi vous sentez l'obligation de lire ce livre, et la pression qui en découle ?

Bon, je me lance et je vais le dire tout de suite : j'ai moins aimé qu'eux, ce n'est pas un énorme coup de coeur. Non, ne me tapez pas, s'il vous plait, je vais quand même en dire du bien ! Pour un premier roman, c'est extrêmement impressionnant. Près de 900 pages où l'intrigue est millimétrée, ce n'est pas donné à tout le monde. Mais ce que j'ai le plus aimé, c'est le côté historique/réalisme. Oui, c'est une fiction, et même de la science-fiction, mais tout est basé sur des faits réels. Que cela soit les événements, les théories, les objets (un avion est-il un objet ?), et même les personnages, on retrouve énormément de références à notre réalité et à notre Histoire et ses mystères. C'est à la fois fascinant et effrayant. Un grand chapeau en tout cas pour le travail de recherche et d'imagination pour tout intégrer en une théorie (parce que oui, pour moi ce livre est presque une théorie).

Il y a une comparaison qui m'a sauté aux yeux assez rapidement dans ma lecture : Power Plays. Tout d'abord dans la structure, avec un récit très cadré, avec changement de points de vue au bon moment, et des sous-chapitres commençant toujours par la date et l'heure (il manque le lieu pour être exactement comme dans Power Plays). Et puis comme dans la série de Tom Clancy/Jerome Preisler (selon le point de vue...), on a une histoire avec des implications géopolitiques, où un très riche et puissant Monsieur, dirigeant une organisation mondiale s'occupant d'un peu de tout, a sous ses ordres un groupe de personnes toutes plus fortes et invraisemblables les unes les autres, pour servir ses intérêts et le monde dans des situations toujours plus improbables et sanglantes (d'accord, c'est un peu très caricatural, mais ça colle parfaitement aux deux oeuvres). Je donne tout de même un avantage à Point Zéro pour les personnages qui m'ont paru plus vivants, et pour l'ambiance plus chaude (la série de Tom Clancy est assez froide dans mon souvenir). Précisons tout de même que j'aime bien Power Plays, c'est sympa dans son genre, un genre proche du blockbuster. Et c'est exactement ça : Point Zéro est un blockbuster, que j'imagine très bien adapté par Hollywood.

Sauf que, et c'est surement un contrecoup du côté blockbuster, il y a un moment où je n'y ai plus cru. Quand les héros passent 42 fois à un cheveu de la mort dans les 242 premières pages, j'arrête de me faire du souci pour eux ensuite. En fait, je dois avouer m'être un peu ennuyé par moment. Toute l'histoire est très détaillée, très minutée,... et finalement peut-être un peu trop. La partie en Arctique m'a semblé ne jamais vouloir finir... Vous ne pouvez imaginer mon soulagement quand j'ai vu apparaître la nouvelle partie et une nouvelle carte (parce que oui, point positif, il y a des cartes, et ça c'est le bien, même si je n'ai toujours pas trouvé le point n°4 de la légende de la deuxième carte...). Et je n'ai pas eu vraiment une très grande empathie pour les personnages, à l'exception de One-Shot. Enfin, sous réserve que ce ne soit pas moi qui l'ai ratée, c'est un détail mais il y a une petite explication qui me manque concernant une révélation (et pas une qu'on aura dans la suite à mon avis), mais je ne peux rien vous expliquer sous peine de vous spoiler.

Au final, malgré quelques longueurs et un aspect blockbuster américain (tiens, un point que j'ai oublié d'aborder, mais j'ai trouvé ça très américanisé) qui apporte quelques défauts, Point Zéro reste un bon livre, avec un bon titre (mystérieux tout en ayant du sens après lecture). Une mention spéciale pour l'utilisation de faits historiques troubles, qui donne de la profondeur à une intrigue tout-en-bourrin. Et puisqu'il y a un peu de mystère en suspens, j'attends la suite (puisque ce sera une trilogie, comme on l'apprend dans l'excellente interview d'Antoine Tracqui par Arieste, à lire ici).

dimanche 21 juillet 2013

Estelle Faye - Porcelaine : Légende du Tigre et de la Tisseuse

Porcelaine : Légende du Tigre et de la Tisseuse, Estelle Faye, 2013, 274 pages.

Il y a quelques mois déjà, Kissifrott, le Dévoreur de livres, m'avait fait découvrir Porcelaine. Intéressé, je m'étais dit qu'à l'occasion, il me faudrait le lire. Il faut bien l'avouer, la couverture est splendide et la quatrième de couverture intrigante. Pourtant, bien que Vert m'ait permis un rappel, il m'aura fallu un peu de temps avant de m'y mettre.

Ai-je eu un peu d'appréhension sur le "Où ?" et le "Quand ?" de cette histoire ? Peut-être. Mais n'en ayez pas, il n'y a pas de raison. L'action prend place en Chine. Que dire, hormis que c'est sympa et que ça change. C'est un territoire qui est à ma connaissance étonnamment peu utilisé (à l'exception de la littérature asiatique évidemment). On s'y habitue très bien, et cela n'est absolument pas dérangeant. Et n'ayez crainte, il n'y a pas des dizaines de noms chinois à mémoriser (y a t-il plus de 10 personnages déjà ?). Concernant le temporalité de l'action, il faut préciser une chose par rapport à la quatrième de couverture : l'histoire ne se déroule pas pendant quinze siècles. Non, elle se déroule pour une première partie au IIIème siècle, puis dans une seconde partie au XVIIIème siècle.

Porcelaine porte très bien son sous-titre, Légende du Tigre et de la Tisseuse. C'est vraiment ça, une légende, un conte. On entre dans une ambiance aux accents merveilleux et fantastiques. C'est calme et c'est beau. La magie elle-même n'est pas assénée violemment, mais par petites pointes, tout en douceur. Ce livre est à la fois reposant et dépaysant. A cela s'ajoute le fait de suivre une troupe de théâtre ambulante, un synonyme d'aventures en mouvement. Je ne saurais bien l'expliquer, mais vous aurez surement compris que l'élément essentiel pour moi de ce roman est l'atmosphère qui s'en dégage.

L'histoire en elle-même, sortie du contexte, est presque classique. Grossièrement, c'est un triangle amoureux, entre Xiao Chen, jeune homme-tigre, Brume-de-Rivière, fille-fée du IIIème siècle et Li Mei, tisseuse exceptionnelle du XVIIIème siècle, avec d'un côté un amour qui se crée petit à petit et de l'autre un amour qui tourne à la haine. On a un peu de tout (de l'amour se cherchant, de l'amour contrarié, de l'amour s'apprivoisant,...), mais ça n'est pas mielleux ou gnan-gnan. Tout est plus dans le non-dit et la subtilité, c'est à la fois central et en retrait. Du coup, ça passe plutôt bien. Un seul petit regret peut-être : la trop faible utilisation de la porcelaine, qui s'avère pourtant vitale. J'aurais bien vu ça avoir une place un peu plus importante (d'accord, j'avoue que j'avais imaginé quelque chose avec des inspirations du côté de La Mécanique du coeur de Mathias Malzieu).

Au final, bien que ce ne soit pas une histoire pleine d'actions et de rebondissements, pour ne pas dire aux accents sentimentaux, j'ai complètement accroché. J'ai été conquis par l'atmosphère de calme et de simplicité. J'ai eu l'impression de voyager et de m'évader. Que demander de plus ?

samedi 20 juillet 2013

Feux Divers #1 - Des challenges !

Wouhou ! C'est la fête !

Oui, c'est la première apparition de la rubrique "Feux Divers", qui, comme son nom l'indique, me permettra de parler d'un peu de tout ce qui peut concerner ce blog mais qui ne rentre pas dans les chroniques habituelles.

Bon d'accord, j'avoue, je ne sais pas vraiment ce qu'est le futur de cette rubrique. Mais j'en connais son présent, qui est aussi la raison de sa création : faire le point et présenter les challenges auxquels je participe.

Challenge Écrivains Japonais

Le Challenge Écrivains Japonais est organisé par Adalana. Le but en est simple : découvrir des auteurs japonais (comment ça vous l'aviez deviné ?), à raison d'un par mois. Commencé en janvier 2013, il a cours jusqu'à la fin de l'année.

Pour le moment, j'ai découvert 6 auteurs, avec des succès variés. Le septième est en cours, et je compte bien poursuivre l'aventure jusqu'au bout. Mes chroniques sont à retrouver ici.


Défi Jack Vance

Le Défi Jack Vance est organisé par Cornwall, avec une seule règle : lire du Jack Vance. Il a lieu du 28 juin au 28 décembre.

Je n'ai jamais lu cet auteur, malheureusement décédé cette année, et ce défi sera l'occasion de le découvrir. Je ne sais pas encore ce que je lirai, ni quand je le lirai, mais une chose est sûre : j'en lirai !


My Summer of (SFFF) Love

My Summer of (SFFF) Love, magnifiquement abrégé MSO(SFFF)L, est organisé par Vert. L'idée est de lire des romans sentimentaux dans le domaine de l'imaginaire. Il a lieu du 21 juin au 22 septembre.

Comment vous dire... ce n'est pas, à la base, mon genre favori. Pour ne pas dire que je n'en lis jamais, ou tout du moins pas volontairement. Et comme vampires et zombies ne sont pas mes plus grands amis, c'est pas gagné (oui, j'associe vampires et zombies avec amour mielleux). Mais que voulez-vous, le logo est joli et j'adorerai l'afficher en bas d'une de mes chroniques ! Et puis, suivre une idée un peu folle, c'est sympa.
Je viens de lire, un peu par hasard, un roman rentrant dans les critères de ce challenge. Je ne sais pas si d'autres lectures pourront suivre le même chemin, on verra bien. Une occasion de découvrir Twilight ?