Célestopol, Emmanuel Chastellière, 2017, 346 pages
C'est en fusée que l'on se rend à Célestopol - comme le protagoniste au début de la première nouvelle. Et pour cause : la grandiose cité de l'empire de Russie se situe sur la Lune, à l'abri d'un gigantesque dôme de verre. Sous l'autorité du Duc Nikolaï, la ville est devenue, en ce XXème siècle fantasmé, la pionnière en matière de technologies grâce au sélénium, une ressource lunaire, permettant notamment la création d'automates perfectionnés.
Célestopol est un recueil de 15 nouvelles steampunk. Steampunk dans l'esprit, nécessairement, avec ce sélénium, sa brume et ces automates, mais bien loin des poncifs steampunk dans le ton. Plus qu'un recueil, Célestopol est un fix-up tournant autour de la ville éponyme et du Duc Nikolaï - l'un pouvant-il vraiment aller sans l'autre ? La découverte de ces deux fascinantes figures se fait en filigrane de récits axés sur leurs personnages et leur humanité, l'auteur parvenant habilement à développer à la fois des histoires en soi et un cadre d'ampleur. Un équilibre admirable où l'arrière-plan est aussi le premier plan, mais sans faire d'ombre au premier plan originel.
Ouvrage maitrisé, Célestopol ne reste pas au stade des promesses et des présentations mais finit aussi par oser un vrai développement - même si ce dernier pourra s'avérer quelque peu frustrant, ce qui n'enlève en rien à sa qualité. Le tout est un vrai grand plaisir de lecture, à tous les niveaux. Dans ses remerciements, Emmanuel Chastellière indique que d'autres textes basés sur Célestopol pourraient voir le jour. Prolonger l'aventure et parcourir une nouvelle fois les rues et canaux de la cité lunaire ? Avec grand plaisir !
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D'autres avis : Xapur, Lorhkan, Célindanaé, lutin82, Lhisbei, Marc, Boudicca, Le chien critique, Mariejuliet, OmbreBones, TmbM, ...