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samedi 11 janvier 2020

Fabien Clavel - Le Châtiment des flèches

Le Châtiment des flèches, Fabien Clavel, 2010, 353 pages

En 997 meurt Géza, prince suprême des sept tribus magyares. Son fils István lui succède et entend poursuivre la christianisation entamée par son père, qui devrait permettre la survie et la prospérité de ce qui deviendra la Hongrie. Mais d'autres ont des vues sur le pouvoir et ne partagent pas les ambitions du jeune prince. C'est notamment le cas de Koppány, duc de Somogy, qui se réclame prince légitime en vertu des traditions tribales.

Le Châtiment des flèches est un excellent roman de fantasy historique. Sur les bases historiques connues de la Hongrie du XIème siècle, Fabien Clavel conte l'histoire d'István, s'arrangeant au mieux des zones d'ombre de l'Histoire en y ajoutant notamment une dose de magie et de chamanisme. Le récit en lui-même est parfois un peu distant - pas froid, mais tiède - surtout dans la première partie, mais cela n'enlève en rien au plaisir de la lecture.

Un plaisir qui est d'ailleurs double, autant dans le plaisir brut de l'intrigue - lutte de pouvoir et création d'une nation entre autres - que dans le plaisir de découvrir l'Histoire hongroise et ses légendes. Les deux étant agréablement liés par Fabien Clavel et son remarquable travail historique. Le Châtiment des flèches est simplement un excellent roman, instructif et plaisant.

Couverture : Alain Brion
D'autres avis : Boudicca, ...

jeudi 23 août 2018

Fabien Clavel - Feuillets de cuivre

Feuillets de cuivre, Fabien Clavel, 2015, 329 pages.
« - Une bibliothèque, c'est une âme de cuir et de papier. Il n'y a pas meilleur moyen pour fouiller dans les tréfonds d'une psyché que de jeter un oeil aux ouvrages qui la composent. (...) Me croiriez-vous si je vous disais que j'ai résolu toutes mes enquêtes à partir de livres ? »
Ainsi parle, pense et agit Ragon, le policier héros des Feuillets de cuivre, un livre où tout tourne, d'une manière ou d'une autre, autour de la littérature. Tout en restant, fort heureusement, parfaitement lisible pour qui n'a pas les références : Fabien Clavel n'étale pas son savoir, il l'utilise à bon escient en n'oubliant pas ses lecteurs et en ne les rabaissant pas.

Mais avant Fabien Clavel, je dois remercier Étienne Barillier pour cette lecture, lui qui signe une magnifique préface m'ayant convaincu au moment où je doutais de lire un nouveau roman "steampunk lambda". Et lambda il en est loin, l'aspect steampunk, un steampunk fantastico-ésotérique, étant ici un arrière-plan et non pas l'élément primordial du livre. Mais Étienne Barillier détaille ça bien mieux que moi et vous convaincra assurément, donc n'hésitez pas à lire la préface si vous passez devant le roman !

Roman ou fix-up d'ailleurs, la frontière est mince. La première partie étant un enchainement de courts chapitres - nouvelles - détaillant chacun une enquête avant que la seconde partie ne se concentre sur un duel Moriarty-esque. Car osons la comparaison facile : lire les aventures de Ragon, c'est comme lire du Sherlock Holmes, où le plaisir n'est pas, en tant que lecteur, de résoudre l'énigme mais bien d'admirer les démonstrations d'intelligence et de logique du détective. Et elles sont ici à la hauteur.

Ces Feuillets de cuivre sont donc un grand livre - jusque dans son écrin - qui ne peut se résumer à du steampunk, du polar ou un hommage à la littérature. C'est un savant assemblage de tous ces ingrédients, et bien d'autres, par le maître horloger Clavel qui ménage ses effets et garde toujours un tour dans sa manche. Il mérite de passer outre quelques scènes un peu - très - crues : la récompense vaut très largement l'effort.

« - Et comment procédez-vous lorsque la victime ne possède pas de publications ?
- Dans ce cas, il s'agit d'un meurtre sans intérêt et sans finesse. Ces affaires ne méritent même pas d'être mentionnées. Elles reposent toujours sur les mêmes canevas primitifs. On les résout en un claquement de doigts. »