lundi 18 mai 2026

Sacha Bertrand - 11h02, le vent se lève

11h02, le vent se lève, Sacha Bertrand, 2025, 348 pages

L'humanité a disparu à la suite d'une catastrophe écologique. Dans un massif montagneux, Myriam survit seule depuis sept ans, se terrant lorsque la brume toxique revient sur les hauteurs. Jusqu'à ce qu'elle découvre un jeune garçon sauvage, qu'elle prénomme Jonas et tente d'apprivoiser.

11h02, le vent se lève - dont le titre provient d'une horloge en panne sur cet horaire - est entre le post-apo et le nature writing. Mais il n'a ni l'aspect angoissant que le premier peut avoir, ni l'aspect un peu longuet et contemplatif que le second peut avoir. Ce qui ne l'empêche pas de bien faire ressentir une ambiance "huis clos sur une montagne inhabitée".

Si je dis qu'il n'est pas angoissant, cela ne veut pas pour autant dire qu'il est joyeux. Principalement parce que l'histoire repose essentiellement sur la relation d'emprise que crée Myriam sur Jonas. Une situation très bien rendue, crédible et peu réjouissante. Mais la personnalité de Jonas, sa soif de découverte, va heureusement permettre de conserver un côté lumineux à l'ensemble, salvateur et plein de pulsions de vie.

11h02, le vent se lève n'est pas un roman parfait, notamment parce qu'il demande un petit effort de suspension d'incrédulité sur certains éléments, notamment la situation de base. Mais une fois cet écueil dépassé, il s'avère un ouvrage rondement mené et découpé, bien rythmé par l'enchaînement de courts chapitres prenant tour à tour le point de vue des deux protagonistes, jusqu'à un final logique mais réussi et satisfaisant. Une vraie bonne surprise.

Couverture : Samuel Boivin

14 commentaires:

  1. La suspension d'incrédulité devient pour moi un défaut reçurent dans la littérature (française) et qui me fait perdre beaucoup d'intérêt à la lecture. Je vais donc passer celui-ci...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @Le Maki : Mouais. Tu devrais lire plus d'imaginaire, ça t'aiderait à travailler ta suspension d'incrédulité.

      Supprimer
  2. Oui pourquoi pas? Je le lirai en bibliothèque. La brume est souvent présente dans les romans.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @Carmen : C'est vrai que c'est un élément qu'on voit régulièrement, c'est pratique et mystérieux.
      Bonne lecture !

      Supprimer
  3. Je me disais tiens ça ressemble un peu à la constellation du chien et puis je lis relations d'emprise, ha non pas tant que ça, mais pour le nature writing + postapo ça y est bien. Tu l'as lu ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @Tigger Lilly : J'ai été relire ta chronique et je vois pourquoi tu fais le parallèle. Mais ça me semble quand même bien différent. Je te laisse lire celui-ci pour (in)valider définitivement la (non-)comparaison.

      Supprimer
  4. Pas sûre que ça me tente pour le coup, j'ai pas envie de relation d'emprise ni de catastrophe écologique....

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @shaya : Ce ne sont pas du tout des thèmes qui me tentent non plus, et pourtant j'ai trouvé ça vraiment très bien, loin de l'angoisse et du mal-être potentiels.

      Supprimer
  5. La question qui se pose est bien sûr: pourquoi et comment ce livre? :)
    La couverture est superbe!!
    L'élément de la brume et de la montagne, ça me fait penser à La Brume l'emportera, évidemment. Mais les deux livres n'ont rien à voir, d'après ce que tu en dis.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @Alys : Par pur hasard à la bibliothèque, le titre a attiré mon regard.
      Ça n'a effectivement rien à voir. Leur seul point commun c'est qu'ils ont été deux excellentes lectures pour moi. ^^

      Supprimer
    2. Marrant: j'ai écouté, aujourd'hui, un épisode de C'est plus que de la SF sorti la semaine dernière. L'invitée était Julian Colin, qui a écrit Passer la brume. Présentation de l'éditeur: "La Brume n’épargne personne. Quiconque se trouve sur son chemin finit dévoré. Vair est une Passe-Brume. [...] Elle seule peut faire traverser les montagnes à celles et ceux qui veulent atteindre le sud, ce monde qu’on dit épargné par les nappes mortelles."
      Voilà. Il semble y avoir une thématique "brume et montagne" chez les auteurs français.

      Supprimer
    3. @Alys : C'est une véritable épidémie ! 😲

      Supprimer
    4. Encore plus marrant: ce midi, en remontant dans des billets de blog non lus, je découvre que Caro from Woodland parle (ou plutôt parlait, au passé, car ça date de février...) du Roi berger de Rachel Gillig, qu'elle présente ainsi: "Dans le royaume de Bourde, la brume dévore tout. Ceux qui la respirent contractent la Fièvre. Mortelle pour la plupart, ceux qui en réchappent développent des dons interdits pour lesquels ils sont pourchassés et exécutés par l’ordre des Destriers."
      La brume envahit mon quotidien, en somme.

      Supprimer
    5. @Alys : Je te souhaite qu'il n'y ait pas de la brume chez toi prochainement, ça risquerait de devenir un peu angoissant.

      Supprimer