11h02, le vent se lève, Sacha Bertrand, 2025, 348 pages
L'humanité a disparu à la suite d'une catastrophe écologique. Dans un massif montagneux, Myriam survit seule depuis sept ans, se terrant lorsque la brume toxique revient sur les hauteurs. Jusqu'à ce qu'elle découvre un jeune garçon sauvage, qu'elle prénomme Jonas et tente d'apprivoiser.
11h02, le vent se lève - dont le titre provient d'une horloge en panne sur cet horaire - est entre le post-apo et le nature writing. Mais il n'a ni l'aspect angoissant que le premier peut avoir, ni l'aspect un peu longuet et contemplatif que le second peut avoir. Ce qui ne l'empêche pas de bien faire ressentir une ambiance "huis clos sur une montagne inhabitée".
Si je dis qu'il n'est pas angoissant, cela ne veut pas pour autant dire qu'il est joyeux. Principalement parce que l'histoire repose essentiellement sur la relation d'emprise que crée Myriam sur Jonas. Une situation très bien rendue, crédible et peu réjouissante. Mais la personnalité de Jonas, sa soif de découverte, va heureusement permettre de conserver un côté lumineux à l'ensemble, salvateur et plein de pulsions de vie.
11h02, le vent se lève n'est pas un roman parfait, notamment parce qu'il demande un petit effort de suspension d'incrédulité sur certains éléments, notamment la situation de base. Mais une fois cet écueil dépassé, il s'avère un ouvrage rondement mené et découpé, bien rythmé par l'enchaînement de courts chapitres prenant tour à tour le point de vue des deux protagonistes, jusqu'à un final logique mais réussi et satisfaisant. Une vraie bonne surprise.
Couverture : Samuel Boivin

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