mardi 13 mars 2018

L.L. Kloetzer - CLEER

CLEER, L.L. Kloetzer, 2010, 406 pages.

Est-il vraiment possible de parler de CLEER ? Le sous-titre, « Une fantaisie corporate », dit certainement tout ce qu’il y a à savoir. Je suis en tout cas heureux de n’avoir pas pris l’habitude de commencer mes « avis » par un résumé de l’histoire...

Fantaisie corporate donc. À la fois capitaliste et onirique, concrète et flou. Ayant déjà lu auparavant Anamnèse de Lady Star, je savais en partie à quoi m’attendre - et je n’ai pas été déçu. Je serais bien incapable de conseiller ce livre à quiconque : comment savoir s’il va plaire ? Personnellement, je l’ai trouvé hypnotisant. Et j’aime être hypnotisé par L.L. Kloetzer.

samedi 10 mars 2018

Vladimir Lortchenkov - Des Mille et une façons de quitter la Moldavie

Des Mille et une façons de quitter la Moldavie, Vladimir Lortchenkov, 2006, 250 pages.

Plusieurs fois au cours de ma lecture, je me suis posé une question essentielle : est-ce que j’aime ce livre ? Étonnamment, j’étais bien incapable d’y répondre - et je le suis toujours.

Des Mille et une façons de quitter la Moldavie se lit facilement, aidé en cela par des chapitres courts et des personnages hauts en couleur. C’est même assez souvent drôle, si on apprécie l’humour noir et loufoque. Il y a un peu des Groseilles de novembre d’Andrus Kivirähk - un excellent roman soit dit en passant ! - dans ce livre, dans la manière de conter un village entier avec un ton décalé.

Mais. Mais j’ai été aussi trop souvent mal à l’aise en lisant les tentatives de ces moldaves, dépeints comme la lie du monde, pour migrer en Italie. Un sentiment que je n’avais pas eu en lisant « Les Groseilles de novembre ». Peut-être parce que, malgré la loufoquerie, tout parait très premier degré et bien trop réel. Sans que je parvienne vraiment à déceler un autre but que de simplement se moquer.

Est-ce que j’ai aimé ce livre ? Je ne sais pas. Mais je crois qu’il me fait bien trop douter pour pouvoir répondre oui. Dommage.

mercredi 7 mars 2018

Estelle Faye - Les Seigneurs de Bohen

Les Seigneurs de Bohen, Estelle Faye, 2017, 592 pages.

Parlons-en tout de suite : oui, Marc Simonetti signe une nouvelle fois une magnifique couverture. Et en parfaite adéquation avec le roman. Car la joie n’est guère au rendez-vous dans Les Seigneurs de Bohen et le sombre est le ton du livre.

Pour autant, pas de déprime dans cette lecture qui reste parfaitement plaisante. Notamment grâce à sa ribambelle de personnages : chose rare dans un roman à autant de voix, je les ai tous appréciés et n’était jamais déçu en en renvoyant un. Certainement une nouvelle preuve de la finesse d’écriture d’Estelle Faye qui réussit une nouvelle fois un très bel ouvrage dans un style pourtant différent de ces précédentes œuvres.

Besoin d’une autre preuve de la qualité d’écriture d’Estelle Faye ? La fin de l’histoire nous est connue dès le début. Et pourtant, nul ennui à la lecture, bien au contraire. Quand c’est bien écrit, c’est bien le chemin qui est le plus important.

dimanche 4 mars 2018

Fredric Brown - Lune de miel en enfer

Lune de miel en enfer, Fredric Brown, 1944-1958, 366 pages.

Lune de miel en enfer est un recueil de 21 nouvelles, dont un certain nombre de très courtes (3-4 pages), dont les thématiques principales sont le voyage dans le temps et la rencontre avec des extraterrestres. La seule vraiment « longue » (61 pages) est la nouvelle éponyme qui ouvre le recueil... et est loin d’être la meilleure.

Comme dans tout recueil, il y a du bon et du moins bon. Par chance, la qualité a tendance à s’améliorer au fil des récits. Mais deux problèmes subsistent globalement : le manque de punch sur les chutes et le classicisme de certaines histoires, donnant une impression de « banalité ». Ce dernier problème étant à relativiser - ou à expliquer - au vu de la période d’écriture de ces nouvelles (1944-1958). De ce point de vue, le talent de Fredric Brown est indéniable. Pour le lecteur moderne, même si certaines nouvelles restent fort plaisantes (« Galerie de glaces », « Le dernier Martien », « Une souris », « Géométrie plane », « L’arène », « L’arme », « Bruissement d’ailes »), le recueil dans son entièreté n’est ni un chef d’œuvre ni une lecture indispensable, mais reste tout à fait lisible.

jeudi 1 mars 2018

Robert A. Heinlein - Double étoile

Double étoile, Robert Heinlein, 1956, 291 pages.

Encore un bon Heinlein ! Certes, ce n’est peut-être pas une œuvre incroyable et révolutionnaire, mais quel plaisir à lire ! Avec en prime, cette fois, une mise en avant du métier d’acteur saupoudrée d’un peu de coulisses politiciennes.

Mais qu’importe les thématiques. Robert Heinlein signe là un nouveau bon roman... ou bien est-ce un film ? Car Double étoile semble être taillé pour le cinéma, au moins dans sa première partie très rythmée, énigmatique et visuelle. Et même si la seconde partie est plus douce, on reste accroché à son siège jusqu’au bout, attaché sans s’en rendre compte à ce (ces ?) personnage principal qui n’inspirait pourtant pas forcément la sympathie au démarrage.