Le Voyageur imprudent, René Barjavel, 1944, 245 pages.
En 1940, Pierre Saint-Menoux est à la guerre quand il fait la rencontre de M. Essaillon, un physicien avec lequel il a déjà correspondu dans une revue de mathématiques. Ce dernier vient de finir une découverte et lui propose de l'essayer avec lui : voyager dans le temps.
Écrit en 1943, à l’exception de sa postface dickienne écrite par René Barjavel en 1958, Le Voyageur imprudent ne fait pas sentir le poids des années écoulées. À l’exception de quelques phrases sexistes, peu nombreuses heureusement, le roman n’apparaît que très peu daté. Au contraire, il semble même encore tout à fait d’actualité.
Évidemment, le sujet pourra sembler déjà lu pour les adeptes du genre. Mais il faut recontextualiser l’œuvre pour bien en saisir toute sa force. Après le fameux La Machine à explorer le temps de H.G. Wells, Le Voyageur imprudent est l’un des premiers romans à traiter du voyage temporel.
Et il le fait bien, en évoquant toutes les grandes problématiques du sujet : autocorrection du passé, analyse du futur, influence sur soi-même,... Avec en prime quelques idées intéressantes et un sens du rythme certain : le roman est à la fois très cadré dans ses nombreuses questions posées qui n’empiètent pas les unes sur les autres, mais pourtant tout à fait fluide et sans temps mort.
Le Voyageur imprudent est un court roman – d’une taille parfaite pour le sujet à développer - qui se lit très bien. C’est aussi, surtout, une excellente introduction à la thématique du voyage temporel, balayant ses principales contraintes de manière simple et efficace.
Quatrième lecture pour le challenge Summer Short Stories of SFFF
Quatrième décalage temporel pour le challenge Retour vers le Futur








