Les Lames du Cardinal, l'intégrale de la trilogie, Pierre Pevel, 2007-2010, 765 pages.
Le cycle de Wielstadt m'a laissé un souvenir impérissable, notamment pour son personnage du chevalier Kantz (un de mes préférés tous livres compris). Il était grand temps que je m'attaque à l'autre grande trilogie de Pierre Pevel : Les Lames du Cardinal. Pas de demi-mesure : les trois tomes (Les Lames du Cardinal, L'Alchimiste des Ombres, Le Dragon des Arcanes) à la suite grâce à cette intégrale !
La découverte de ce Paris, 1633, s'ouvre par une surprise (déjà annoncée dans le titre, mais une surprise tout de même) : c'est une troupe au service du Cardinal de Richelieu que nous allons suivre. Contre-pied aux habituelles aventures des mousquetaires où Richelieu est le plus souvent un antagoniste, Pierre Pevel a changé ma vision légèrement manichéenne de la situation.
Mais avant de découvrir "Les Lames" en tant que groupe, c'est individuellement que l'on rencontre un beau petit nombre de personnages tous plus extraordinaires, sympathiques et arrogants les uns que les autres. L'écriture est vive et rythmée, un changement de point de vue toutes les 2-3 pages en moyenne, et le restera tout au long de la trilogie.
L'histoire est exactement celle que l'on attend, un roman de cape et d'épée avec son lot de combats de rapières toujours très visuels. Le petit plus de Pierre Pevel (outre la canicule), ce sont les dragons. Ils sont là, un peu partout, sous diverses formes (résidus d'âmes, sang-mêlés, humanisés,...), formant une société qui n'est pas sans rappeler la franc-maçonnerie. Évidemment, ils vont être les adversaires des Lames et cela va être explosif. Les dragons sont aussi au coeur de mon seul bémol : un petit problème de crédibilité de temps à autre, leur puissance n'étant jamais très claire, je me suis parfois demandé pourquoi ils ne dominaient pas le monde. Mais le problème n'est pas gênant pour vivre pleinement les aventures et apprécier la lutte.
La trilogie est maîtrisée. Chaque tome a une histoire propre mais l'ensemble forme un véritable tout tant les éléments précédemment lus ont leur importance dans la suite. Certains regretteront peut-être le manque d'informations sur le passé des personnages : on sait juste exactement le minimum qu'il nous faut connaitre. Cela ne m'a pas gêné plus que ça, c'est une concession d'un élément non essentiel qui permet de se concentre sur le plus important : l'aventure et le présent.
Les Lames du Cardinal sont donc une bonne trilogie, très sympathique pour quiconque recherche une lecture d'actions/aventures agréable et facile à lire. On retrouve tout ce qu'on peut attendre d'un roman de cape et d'épée dans un cadre historique très bien utilisé. On se sent véritablement plongé dans Paris au XVIIème siècle, bien aidé en cela par quelques paragraphes "historiques" et de multiples références.
Je dédie le silence qui suit ce billet à Almadès, fière Lame du Cardinal, il le mérite.
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