Le Jeu de la dame, Walter Tevis, 1983, 433 pages
Après la mort de sa mère, Beth Harmon, 8 ans, est placée dans un orphelinat. C'est là qu'elle découvrira les échecs grâce au gardien de l'établissement, un jeu pour lequel elle fait preuve d'un véritable don. Mais ce don sera-t-il suffisant pour accéder au plus haut niveau mondial ?
Impossible de ne pas commencer en évoquant l'excellente série Netflix ayant adapté ce livre, tant elle fait partie de mon expérience de lecture. Oui, j'ai visualisé les personnages tels que représentés dans la série. Mais ce n'est nullement un problème, tant l'adaptation est d'une fidélité stupéfiante, reprenant précisément le déroulé du livre.
Ayant la série encore bien en tête, la lecture a-t-elle été moins enthousiasmante ? Absolument pas. C'est une lecture emballante et prenante malgré la connaissance préalable de l'histoire. Une preuve supplémentaire du talent d'écriture de Walter Tevis - l'auteur, faut-il le rappeler, du chef d'oeuvre L'Oiseau moqueur.
Un talent qui se retrouve dans la description des parties d'échecs, que le commun des mortels ne peut évidemment pas réellement saisir mais qui se lisent comme de la poésie, sans avoir besoin d'en comprendre précisément les implications pour apprécier le ballet des pièces et la tension sous-jacente. Ajoutez à cela des petites touches de féminisme intelligentes et une lucidité sur le monde d'hommes blancs dans lequel évolue l'héroïne, et vous obtenez Le Jeu de la dame, un très grand livre.
Couverture : Riki Blanco / Traduction : Jacques Mailhos

