Walter Kurtz était à pied, Emmanuel Brault, 2020, 243 pages
« La route dessinait notre futur, qui tiendrait tout entier en une règle : avancer, toujours. »Dany et Sarah vivent avec leur père, parcourant le monde dans leur Peugeot 203. Ce sont des Roues, une humanité liée corps et âme à l'automobile, ne vivant plus que pour rouler, pleinement épanouie. Mais tous les hommes ne sont pas des Roues. Il existe aussi des Pieds, vivant en communauté sédentaires, une engeance haïe par les Roues pour les accidents de la route qu'elle peut provoquer.
Walter Kurtz était à pied était un ouvrage étonnant, déroutant, qui vaut tant dans la métaphore évidente qu'il propose que par son aspect premier degré, satisfaisant en soi - et ce même si on n'est pas porté sur les voitures. Emmanuel Brault n'assène pas, ne prêche pas, il déroule et conte un monde si différent et si proche à la fois.
L'intrigue est mince - mais suffisante - l'ouvrage étant plus l'exposé d'une dégénérescence qu'un véritable récit classique. Cela importe peu car tout fonctionne, dans une montée en puissance de plus en plus crue et violente qui captive du début à la fin. Walter Kurtz était à pied est assurément une route à emprunter.
« Nous avions choisi cette vie à courir le k-plat. Nous sentions combien cela était dérisoire, mais il nous semblait encore plus dérisoire de demeurer dans la même maison une vie durant. Il y avait tant de routes ! »Couverture : Kévin Deneufchatel
D'autres avis : Gromovar, Yogo, ...
