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vendredi 18 novembre 2016

Pierre Pevel - Le Royaume immobile

Le Royaume immobile, Pierre Pevel, Tome 3/3 du Paris des Merveilles, 2015, 377 pages.

Après Les Enchantements d'Ambremer et L'Élixir d'oubli, Le Royaume immobile est le troisième et dernier tome du cycle du Paris des merveilles. Et il est parfaitement au niveau de ses prédécesseurs !

Anecdotiquement, ce roman a été écrit et est paru 12 ans - ! - après le second tome. Je l'écris vraiment pour le caractère surprenant de l'information car cela ne se ressent absolument pas à la lecture tant il n'existe aucune rupture de style entre les deux livres. C'en est prodigieux de maîtrise.

Par rapport aux deux premiers tomes, il n'y a ici rien à ajouter, ni à enlever. Toutes les qualités d'écriture de Pierre Pevel sont au rendez-vous : c'est fluide, il n'est pas possible de s'ennuyer et les personnages sont appréciables. Les péripéties et thématiques sont peut-être un peu plus graves, mais cela apporte simplement une petite touche de nouveauté, sans bouleverser le plaisir existant. Surtout, Pierre Pevel n'est pas redondant. Ce n'est pas l'histoire de trop, ça ne commence pas à devenir lassant. Au contraire, cette histoire apparait comme essentielle et se lit avec le même plaisir que le premier volume.

Le lecteur qui aura apprécié le(s) (deux) premier(s) tome(s) pourra sans hésitation se jeter sur celui-ci sans prendre aucun risque : Pierre Pevel sait construire des trilogies de qualité et d'intérêt égaux jusqu'à la fin. D'ailleurs, au petit jeu des comparaisons, la trilogie du Paris des Merveilles se place en bonne position dans la bibliographie de Pierre Pevel : bien meilleure que Les Lames du Cardinal, elle se situe juste derrière la Trilogie de Wielstadt, qui aurait dû partager son rang si le chevalier Kantz ne la rendait pas intouchable.

Amateurs de magie discrète, d'univers à taille humaine, de personnages sympathiques et d'aventures aux relents d'enquêtes saupoudrées d'actions qui sentent bon le fer et la poudre, n'hésitez plus : le Paris des Merveilles vous attend !

dimanche 6 novembre 2016

Pierre Pevel - L'Élixir d'oubli

L'Élixir d'oubli, Pierre Pevel, Tome 2/3 du Paris des Merveilles, 2003, 379 pages.

Deuxième tome des aventures de Griffont et Isabel de Saint-Gil dans le Paris des Merveilles. Si vous avez aimé le premier, celui-ci devrait de la même manière vous ravir. Et prolonger la visite de Paris, en en parcourant de nombreux lieux et rues, agrémentés parfois de quelques éléments historiques. On n'ira pas jusqu'à citer Neverwhere de Neil Gaiman, mais presque.

Pour autant, L'Élixir d'oubli n'est pas simplement une redite des Enchantements d'Ambremer car Pierre Pevel en fait plus. Il reprend certes son écriture fluide et son narrateur sympa, mais il densifie son intrigue pour en faire une vraie enquête digne d'un polar, tout en gardant, sans le rendre omniprésent, cet univers magique si particulier. Cette densité provient aussi de l'ajout d'un second fil narratif, approfondissant autant la grande histoire des personnages que la présente aventure.

L'Élixir d'oubli est une nouvelle réussite. Il parvient à prolonger le plaisir du premier tome et même à le surpasser grâce à une intrigue plus dense. Intelligemment, Pierre Pevel propose un certain renouvellement avant même qu'une quelconque habitude - et son risque de lassitude - puisse s'installer. L'envie de lire le troisième tome s'en trouve grandie !

mercredi 2 novembre 2016

Pierre Pevel - Les Enchantements d'Ambremer

Les Enchantements d'Ambremer, Pierre Pevel, Tome 1/3 du Paris des Merveilles, 2003, 382 pages.

Si la couverture de ce premier tome du Paris des Merveilles - anciennement Cycle d'Ambremer - est magnifique, elle est aussi quelque peu effrayante. Quelle nouvelle histoire pleine de clichés de steampunk (ou de fantasy urbaine) va-t-on bien pouvoir lire ? Et pourtant, pas de panique à avoir car un nom doit vous rassurer : Pierre Pevel.

Paris au début du XXème siècle, la Belle Époque. Tel que vous avez pu l'apprendre dans les livres d'Histoire. Ou presque. Car ici, le monde ancien de la magie - avec ses fées, ses dragons, ses gnomes et toute sa ménagerie - ne s'est pas éloigné petit à petit avec le passage des siècles. Au contraire, les deux univers, la Terre et l'Outremonde, sont plus que jamais unis et se côtoient ouvertement. C'est dans ce bi-univers que se déroulent les aventures de Griffont, mage et héros de cette trilogie.

La première qualité des Enchantements d'Ambremer est de ne pas être une simple visite guidée où l'auteur servirait toutes ses trouvailles les unes à la suite des autres au détriment d'une vraie histoire. Si l'univers est riche, il n'est pas foisonnant et ne donne ni sensation d'overdose ni la lecture d'une suite sans répit de péripéties et d'actions.

Construit à partir de cours chapitres, presque des scénettes, le récit est pourtant complet et facile à suivre. Il en est de même avec les personnages : brossés rapidement, sans longues descriptions, ils sont pourtant très visuels et facilement sympathiques. L'écriture de Pierre Pevel fait son oeuvre : c'est subtil, clair et délié. Avec en petit bonus un narrateur externe sympa qui, quelque fois, n'hésite pas à prendre à partie le lecteur pour donner un peu de peps à la lecture.

Les Enchantements d'Ambremer est donc un très bon premier tome avec une intrigue simple mais bien menée qui alterne les scènes de recherche et les quelques scènes d'action. Un sympathique moment à passer dans un style bien fluide qui ne peut que donner envie de retrouver les personnages dans un deuxième tome.

À noter que cette réédition de Bragelonne est complétée d'une courte nouvelle : un petit hommage à Jules Verne qui n'a rien d'extraordinaire ou de bien particulier mais se laisse lire. On préfèrera largement retenir le récit principal qui est, rappelons-le une dernière fois, de très bonne facture !